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à la recherche d’un terrain d’entente

 

à la recherche d’un terrain d’entente


Au nom de Dieu le Clément et le Miséricordieux
Les peuples du Maghreb arabe et de l’Afrique sub-saharienne s’ingénient à trouver un moyen, n’importe lequel, pour passer au-delà de la Méditerranée. Patera, cachette secrète dans un véhicule, falsification de papiers, rassemblement familial ou mariage blanc sont, entre autres, des moyens pour réaliser un rêve tant convoité. La destination n’est autre que l’Eldorado européen, la terre promise pour la majorité des jeunes africains. Fantasme nourri certainement, d’une part par le retour ostentatoire de certains « vacanciers » munis de voitures pétillantes ou de fourgonnettes regorgeant de marchandises, d’autre part par la crise économique si étouffante des pays africains. L’image dorée qu’on se fait de la situation de l’immigré en Europe est-elle authentique ? Si malaise il y a, quelle en est la raison ? Et enfin quel remède faut-il y porter?

I- Manifestation d’un malaise :

Certains considèrent l’immigration comme étant une plaie dans le corps européen. Si une frange de la société appelle à une intégration à part entière de ces étrangers ou du moins ceux nés sur les lieux, une autre catégorie politique lance un cri d’alarme contre « la menace immigré ». L’unanimité est loin d’être acquise. Mais force est de constater que les voix anti-immigré se font de plus en nombreuses surtout s’il s’agit d’un immigré musulman. En effet, les musulmans constituent dans certains pays plus de 80% de la population étrangère. Dès le début des années quatre vingt, l’on commence à entendre des slogans de ségrégation tel : "Immigrés d'au-delà de la Méditerranée, retournez à vos gourbis." (1) Propos hautain à connotation péjorative très forte. Le terme gourbis est symbole de misère mais surtout d’une vie caduque et arriérée.
En fait, trois réactions coexistent vis-à-vis du phénomène d’immigration surtout musulmane : les racistes auxquels s’opposent les anti-racistes quoique minoritaires, et entre les deux une politique ferme, celle des autorités qui tentent de stopper le flux migratoire par le biais d’un arsenal juridique strict.
Par ailleurs, le malaise est aussi ressenti par les immigrés. La terre d’accueil d’antan n’est plus chaleureuse et la prospérité n’est plus de mise. L’attitude accusatrice ou du moins froide d’un nombre croissant d’habitants autochtones se fait sentir par ces étrangers surtout s’ils portent une barbe ou se vêtent d’un habit non européen. De plus, la vie ne sourit plus comme avant puisque le chômage gagne du terrain. Ensuite, le conflit des générations vient attiser cet assentiment. Au problème de non intégration vient s’ajouterla mésentente avec les descendants dont certains se remodèlent totalement foulant catégoriquement aux pieds certaines spécificités identitaires ; dans ce sens, on peut citer le différend sexuel. Bref, le malaise est extériorisé par un repli identitaire ou un extrémisme qui prend la forme d’un rejet total ou partiel de l’autre.

II- Tentative de compréhension :

C’est vrai que certains pays vivent en quelque sorte un conflit social à cause de la montée migratoire. Comment le problème est né ? Et quels sont les facteurs qui ont participé à son aggravation?
Au début, l’africain musulman vivait chez lui jusqu’au moment où l’on est venu le chercher là où il habitait pour aller participer à la construction de l’Europe détruite et dont la force de travail était fortement anéantie à cause des ravages de la deuxième guerre mondiale. Le plan Marshall et les trente glorieuses étaient générateurs d’emplois. Mais, avec la crise pétrolière de 73, le printemps européen vire de plus en plus vers un automne sans couleur. Le chômage montant et l’intolérance viennent obscurcir le ciel et font éclater cette haine xénophobe. Un Lepen considère qu’il y a autant de chômeurs que d’immigrés. On comprend de ce propos qu’en l’absence d’étrangers le problème d’emploi pour les français serait résolu. Certes ce rejet de l’autre a une base économique, mais il a surtout une racine culturelle. Il s’agit de la vision chauviniste et réductionniste. L’autre n’est plus un complément mais un ennemi à réduire au néant ou du moins à congédier. La traque des mauvais incidents et leur amplification par les média viennent confirmer cette rétraction sur son identité européenne, nationale ou locale. Aussi, l’ordre mondial unipolaire et sa politique anti-terroriste renforcent-ils cette image rébarbative du barbu. La désinformation achève de jouer le reste.
Par ailleurs, par leurs agissements, certains immigrés participent à cet état de tension. C’est qu’ils ne sont pas conscients du fait qu’ils sont amenés à s’adapter à leurs nouvelles conditions de vie, à chercher des terrains d’entente avec les autochtones, à intégrer la société par le biais des institutions officielles et de la société civile. Le repli maladif sur soi est source de toute incompréhension. D’un autre côté, la participation à un acte terroriste quoique minime et rare ne laissera pas de chauffer les esprits et d’augmenter la tendance xénophobe. Quelle en est donc la solution ?

III- Sortir de l’impasse:

De prime abord, il est à noter que deux solutions sont impossibles : la première c’est de donner raison aux racistes en mettant à la frontière tout immigré, la deuxième est de croire pouvoir trouver un remède qui ne s’inscrit pas dans le temps. Très certainement, le premier pas commence par un ordre mondial juste où les nantis oeuvrent pour le bien-être non seulement de leurs citoyens mais aussi des habitants du Sud. Aussi, faut-il qu’ils cultivent la promotion de l’altruisme, de l’esprit de tolérance et de l’effort à comprendre et à accepter la différence de l’autre comme étant une richesse et non une opposition. Même plus, les états se doivent d’assister les étrangers psychologiquement et socialement et de les traiter à pied d’égalité. En outre, les médias pourront contribuer à combattre cette intolérance en insistant sur les devoirs d’humanisme et en corrigeant les préjugés et les fantasmes sur l’islam et ses adeptes

Par ailleurs, j’appelle l’immigré musulman à bien connaître sa religion pour pouvoir la représenter honorablement. Il doit savoir qu’il est en terre d’appel et non en dar al harbe(2) , qu’il lui est formellement interdit de tuer, ou de participer à assassiner ou à inciter au mal contre qui que soit. Notre Dieu, glorifié soit Son Nom, n’affirme-t-Il pas que tuer une âme sans raison est synonyme du massacre de toute l’humanité? En outre, il faut s’autocritiquer et chercher à s’ouvrir sur les autres. Tout en conservant intacte leur.
 identité et même en cherchant à se fédérer, les musulmans doivent trouver des passerelles avec autrui. Ils ont intérêt à apporter leur lot à la vie associative, sociale et politique surtout au niveau des municipalités pour sortir de leur ghetto et de leur repli identitaire. Dieu dit dans son livre qu’il nous a créés de male et de femelle et nous a rendus peuples et tribus afin de chercher à établir des contacts mutuels, pacifistes et fraternels. Le bel agir doit être devise dans tous nos actes : culte, travail et comportement avec les autres.
HASSEN
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(1) Jean-Pierre Stirbois, Assises nationales du Front national, 30 octobre 1982.
(2)Terre de guerre

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