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EL QUAÏDA

 

Pierre-Henri Bunel, officier retraité des services de renseignements de l’armée française.


 

 

Ce texte est extrait du livre "Proche-Orient, une guerre mondiale ?" paru en octobre 2004,

que l'on peut commander à Pierre-Henri Bunel sur son site.

Toutes les sessions de la Conférence Islamique donnent lieu à des relevés de décisions comme toutes les réunions destinées à servir à quelque chose. Pour mettre sur pied les ordres du jour, il fallait au début de l'histoire de l'Organisation de la Conférence Islamique de longues tractations entre les représentants des pays membres. Ces débats avaient lieu à Djeddah, siège du secrétariat de l'OCI, ou dans d'autres villes de pays musulmans. Au prix de longs tâtonnements, les gouvernements échangeaient des informations et des données visant à déterminer l'urgence et l'importance des points à traiter.

Or, en même temps qu'ils ont créé l'organisation de la Conférence islamique, les pays fondateurs ont mis sur pied la Banque Islamique de Développement. On n'est pas encore à la grande heure de l'Internet, mais les banques ont déjà des moyens de communication performants en mesure de transmettre des fichiers informatiques et les ordinateurs capables de stocker des informations sous la forme de banques de données accessibles à distance. Il s'agit d'un intranet avec toutes ses fonctionnalités.

Pendant mon stage à l'école de guerre de Jordanie, en 1985-86, j'apprends un mot arabe que les officiers ne remplacent pas par son équivalent anglais de "data base". Il s'agit du mot Qâeida-t-ulmuetiyât, qui veut dire lui aussi "la base de données". Comme nous n'avons pas d'ordinateurs à notre disposition, je m'intéresse à cette fascination pour ce mot venant du vocabulaire de l'informatique. Et c'est Shakeel Tarmuzy, notre condisciple pakistanais, qui me "met au parfum".

L'Organisation de la Conférence Islamique a décidé d'utiliser les moyens modernes de la Banque Islamique de Développement pour préparer ses réunions et pour communiquer ses décisions. Si les comptes rendus des réunions sont toujours édités dans différentes langues, il faut de plus amples renseignements aux fonctionnaires des États membres pour "coller" aux lignes directrices de la politique islamique élaborée ensemble.

Pour cela, toute une partie des mémoires de la Banque Islamique de Développement a été annexée au profit de la Conférence. On peut y accéder si l'on y est abonné, et alors, sur l'écran de son ordinateur, on peut lire les informations dont on a besoin. Tout est acheminé par un simple réseau téléphonique et les ambassades et gouvernements des pays membres sont abonnés au système.

Ce réseau s'appelle Al Qâeida. La base. Et ce mot a de nombreux sens comme en Français. C'est la base militaire, mais c'est aussi la base en chimie, comme la soude, par exemple. Et bien sûr c'est la base de données, en informatique. D'après ce que j'apprends au stage de l'école de guerre, on peut, si l'on est abonné, consulter deux bases : Qâeida-t-ulmaeloumât, la base [de données] d'informations et Qâeida-t-uttaelimât, la base [de données] des instructions, des directives.

Les officiers jordaniens font parfois référence à ce système en plaisantant. Par exemple, lorsque quelqu'un arrive un peu en retard au bus, en fin de service, on lui dit : "Attention, tu vas te retrouver dans la base d 'informations" sous-entendu, on va te signaler. Quand la plaisanterie se veut plus menaçante, on parle au "délinquant" de la base des instructions ou directives. Là, cela veut dire qu'une décision de sanction va être prise à son encontre. Et si la menace est au plus fort, on ne lui parle pas de Qâeida-t-ulmuetiyât, la base de données qui réunit les deux, mais simplement de Al Qâeida. C'est plus court.

Je dois dire qu'au début du stage, presque personne ne comprenait cette plaisanterie informatique. Les seuls qui en ont saisi dès le début les subtilités étaient les officiers de l'artillerie, de la défense aérienne, des transmissions et ceux de l'arme du renseignement.

Il est bien certain que l'accès à cette base demandait au début de sa mise en place des moyens qui n'étaient pas à la portée du tout venant, mais que divers groupes - ONG, particuliers, entreprises - ont maintenant les moyens d'acquérir. En 1986, l'Internet existe, mais reste essentiellement réservé aux universitaires, aux scientifiques et, bien sûr, aux militaires américains. Ce n'est pas que ce système de communication soit à l'accès filtré, mais c'est surtout que les systèmes d'accès destinés au grand public n'existent pas encore.

C'est pourtant en lisant un relevé de décision de l'OCI tiré d'un message électronique imprimé à l'ambassade du Pakistan à Amman que j'ai vu mon premier @ qui était encore noté <a>.

La conférence islamique, qui a pour but de préserver les valeurs traditionnelles de l'islam tout en rejoignant la modernité, s'est donné les moyens techniques les plus avancés pour atteindre ses buts.

Jugez de mon étonnement, quand après avoir passé plus de dix ans au contact d'une partie des différentes branches du terrorisme islamique, je découvre que les "cols blancs" de la CIA ou du FBI, ceux qu'on ne voit jamais sur le terrain, nous affirment doctement que le terrorisme islamiste est le fait d'une seule armée de l'ombre, dûment organisée et centralisée, sous le commandement d'un chef emblématique, barbu comme un imam de banlieue des années 80, Ussama bin Lâdin, et que cette armée s'appelle Al Qâeida.

Al Qâeida, quelle aubaine !

On a vu comment j'avais entendu parler d'Al Qâeida dans les années quatre-vingts. Plus tard, en traduisant des documents saisis par des services de police ou de contre-espionnage, je suis tombé sur des fax ou des notes de directives adressés à des exécutants chargés de rédiger les revendications des attentats commis par d'autres équipes. On y trouvait des passages entiers venant de textes assez feutrés de relevés de décisions ou de minutes de réunion de l'Organisation de la Conférence Islamique.

Il s'agissait pour les destinataires de ces directives de rédiger de façon relativement organisée des tracts énergiques de revendication d'actes terroristes localisés en s'appuyant sur des textes politiques généraux et somme toute assez modérés au départ.

Pour autant qu'on ait pu en juger, les expéditeurs de ces directives résidaient un peu partout dans le monde avec une nette prédominance d'adresses en Allemagne, en Belgique et surtout en Grande Bretagne. La source des textes de références à utiliser pour rédiger les tracts de revendication était indiquée de la manière suivante :

Min nasharat ilumâm ilmuttaHida : Issu des publications de l'ONU, ou Min AlQâeida : Issu de la base [de données]. Il y avait aussi des directives tirées des relevés de décisions de la Conférence des pays non-alignés. Pense-t-on pour autant que l'Assemblée Générale de l'ONU ou celle des Pays non-alignés sont des éléments terroristes ?

Plusieurs fois, j'ai dû expliquer ce qu'était cette fameuse "base" dite Qâeida. Et pendant des années, on a trouvé des directives d'Emirs locaux, en Algérie ou en Europe, qui faisaient référence à cette base de données. Personne parmi nous ne la prenait pour autant pour un réseau terroriste.

Comme toutes les entités multinationales musulmanes, le groupe financier Bin Lâdin a accès aux sites de la Conférence Islamique, dont la fameuse base de données. Alors, en accusant Ussama bin Lâdin de tous leurs malheurs, les dirigeants américains ont eu besoin de le doter de moyens diaboliques pour pouvoir expliquer les "défaillances" des services américains. Ceux-ci coûtent fort cher au contribuable et sont maintenant trop souvent détournés de leurs missions publiques au profit d'intérêts privés.

On a toujours avantage à présenter l'adversaire comme très dangereux. On a d'autant plus de mérite à le vaincre. C'est ainsi qu'on a prétendu que l'Irak alignait devant les forces de la coalition de 1990 "la quatrième armée du monde". Maintenant, l'administration américaine nous présente Bin Lâdin comme un général à la tête d'une armée secrète digne du KGB de la guerre froide !

Cela permet d'expliquer les échecs en cours partout dans la lutte de l'administration Bush-fils contre le terrorisme islamiste.

Tout le mal est dû à Bin Lâdin, selon la propagande de la Maison Blanche. Mais ce système a des limites. D'abord parce que Bin Lâdin n'a jamais revendiqué quelque attentat que ce soit malgré les commentaires de presse et de télévision. J'ai bien écouté ce qu'on nous a transmis des paroles de "l' ennemi public numéro 1". Comme je comprends Al Jazeera dans le texte, je l'ai entendu se féliciter, se réjouir, remercier Dieu, féliciter des gens que les Américains avaient désignés comme responsables des coups, je l' ai entendu exhorter les combattants à la bataille, mais jamais il n'a revendiqué le montage d'aucune opération.

J'irai même plus loin. Avant la polémique qui s'est développée sur l'Internet - et dans l'édition en France - autour de la frappe sur le Pentagone, Ussama bin Lâdin ne parle que des deux tours du World Trade Center, dans les cassettes qu'on lui attribue. Même dans une cassette qui semble complètement fabriquée par des propagandistes, il ne parle pas du ministère de la défense américain. C 'est pour moi très significatif. Les autorités américaines ont porté toute leur communication sur New York, laissant largement le Pentagone dans l'ombre. Dans cette fameuse cassette assez longue où l'on voit Bin Lâdin "en famille" et qui me semble une manipulation, il n'évoque que le World Trade Center. Si cette cassette est une manipulation des services américains, c'est qu'eux-mêmes ne veulent pas attirer l'attention sur ce qu'il faut bien appeler maintenant un "Pentagate". Et si ce n'est pas une manipulation, alors, c'est que Bin Lâdin n'a rien à voir avec la frappe sur le Pentagone puisqu'il omet d'en parler. Pourtant, c'est un coup d'une autre portée que de faire tomber deux avions sur des immeubles civils !

Seulement, lorsqu'on examine tous les aspects de cette propagande américaine, on est taxé immédiatement de "révisionnisme" par les zélateurs serviles de la thèse officielle.

Et pourtant, la réalité est qu'il n'y a pas d'armée de l'ombre qui s'appellerait Al Qâeida. Il y a un peu partout dans le monde des groupes de patriotes - ou de terroristes, suivant de quel côté du malheur on est né - qui se battent contre des oppressions ou comme mercenaires par goût de la violence.

Et je suis sidéré de voir de prétendus spécialistes du terrorisme, qui n'ont même jamais vu une bombe de près et encore moins un terroriste, répéter doctement les élucubrations des "analystes" de la CIA, destinées au public, donc mensongères. Car jamais un service de renseignement ne rend public ce qu'il sait.

Pendant des années, jusqu'en 1998 en service actif, j'ai travaillé sur le terrorisme islamiste avec quelques succès reconnus, et jamais il n'a été question nulle part d'un "réseau AlQâeida" ! Nous connaissions bien le néfaste Bin Lâdin qui hébergeait en Afghanistan des moudjahidin venus de tout le monde musulman pour semer la pagaille en Europe ou en Algérie. Nous savions que des instructeurs vivant en Afghanistan, au Pakistan et en Libye formaient ces combattants aux actions terroristes, puis au combat encadré quand les Musulmans de Bosnie-Herzégovine ont eu besoin de soldats volontaires pour remplir les rangs de leurs milices criminelles. Mais Bin Lâdin était intouchable, il n'était pas question de le mettre en cause : c'était un homme de la CIA.

Il faut la préparation de la guerre d'Afghanistan, et surtout les premiers commentaires de spécialistes autoproclamés qui se sont mis à tout expliquer sur le 11 septembre, pour que sorte des tiroirs de bureaux ce fantasme d'Al Qâeida armée verte secrète de Bin Lâdin que tout le monde considère désormais comme une réalité établie.

Il existe quand même des journalistes qui font leur travail, eux, et qui n'ont pas peur de publier ce qu'ils ont appris, même quand cela ne sert pas la soupe aux fauteurs de guerre.

C'est ainsi que dans un article qui contient par ailleurs un certain nombre d'inexactitudes, Alain Lallemand écrit le 11 septembre 2002 dans le journal Le Temps les lignes suivantes :

« Etonnant encore, car Al-Qaïda n'était au départ qu'une cellule de comptabilité des combattants arabes entrant et sortant d'Afghanistan, ainsi qu'un point de contact permettant aux familles des combattants de retrouver la trace d'un de leurs proches. Un projet très éloigné de "l'internationale terroriste" décrite actuellement. Al-Qaida aujourd'hui ? C'est une mission : "Renverser les régimes sans Dieu et les remplacer par des régimes islamiques". Ce qui, en pratique, prendra la forme d'une opposition à toute présence américaine dans le golfe Persique (Arabie Saoudite et Yémen en particulier) et en Somalie, présence perçue comme une colonisation.»

Je rends hommage à ce journaliste qui "s'étonne" de ce qu'on lui a dit de cette prétendue armée secrète. Il a bien raison.

Il est évident que les moyens initiaux de Al Qâeida ont évolué et que la base de données est maintenant hébergée sur des sites complets utilisant l'Internet. Seuls les aspects logistiques de cette base de données sont arrivés aux oreilles de ce journaliste honnête, et non son aspect de coordination politique artificielle. Mais que les aspects actuels de la lutte islamiste impliquent en outre une coordination apparente d'actions locales ne signifie pas qu'il existe pour autant un commandant mondial du terrorisme islamiste qui serait M. Ussama Bin Lâdin.

Et c'est justement parce qu'on ne le cherche pas où il faudrait qu'on ne trouve pas l'ennemi public numéro 1 du moment. Le capturer serait d'ailleurs très encombrant pour les démiurges internationaux qui ont conduit le monde à la situation actuelle. Supposons qu'il parle devant un tribunal international que ne reconnaît pas Washington ! Ce serait aussi dangereux pour les exécuteurs des basses oeuvres de la politique de la Maison Blanche que si Raznatovic, plus connu sous le nom d'Arkan, avait témoigné devant la cour pénale de La Haye. Plus de risque en ce qui le concerne, il a été fortuitement assassiné par des inconnus...

Non, Al Qâeida n'est rien d'autre qu'une variante de la Sainte Vehme [Société secrète allemande qui a semé le trouble dans la République de Weimar mais qu'on n'a jamais pu démanteler, parce qu'elle n'avait jamais existé] ou de la Mamma Coca appliquée au terrorisme.

Elle n'est rien d'autre qu'un moyen de coordonner maintenant que cela peut être utile, et uniquement par un discours politique extrémiste, les revendications de groupuscules violents totalement indépendants les uns des autres. C'est ce qu'on appelle une "nébuleuses". Elle n'a de réalité, en tant qu'armée secrète, que pour ceux qui l'invoquent. Seulement, à force d'en avoir parlé et de lui avoir donné un chef, les démiurges de la Maison Blanche pourraient bien être en train de lui donner ses lettres de noblesse et une certaine réalité. Qui sait, d'ailleurs si ce n'est pas ce qu'ils cherchent ?

Il a toujours fallu aux militaires américains donner un nom à leurs ennemis. Pendant la guerre froide, nous appelions les avions de combat russes par leur appellation soviétique, celle sous laquelle ils se vendaient sur les marchés d'armement : Mig 19, Mig 21, Mi 24, Mi 22, Mi8, Antonov 124, Sukhoï, etc. Les Américains, eux, donnaient des surnoms. Hind, Flogger, Fulcrum etc.

Ne serait-ce pas une forme de tentative d'exorcisme ? Mais en tout cas, ce n'est pas en partant à la recherche de ce qui n'existe pas qu'on peut en venir à bout. La guerre contre la prétendue Al Qâeida n'est donc pas près de se finir.

Tout ceci pourrait bien avoir un but inavoué : et si on nous bâtissait une nouvelle menace stratégique bien confortable et pratique, une sorte de nouvelle Armée Rouge, mais Verte et de l'ombre, celle-là , pour justifier de nouvelles dépenses de guerre au lieu d'investir dans le bien de l'humanité ?

 

Pierre-Henri Bunel

 

 

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  Attentats de Londres :
La piste s’oriente-t-elle vers les services de renseignement israéliens ?

COUTTE Alain


Les attentats de Londres du 7 juillet 2005 qui ont fait environ 50 morts et plusieurs centaines de blessés se sont déroulés très exactement 24 heures après l’attribution des JO à Londres !

Sympa le groupe Al-Qaïda d’avoir attendu, non ?

Et, par ailleurs, ces attentats ont lieu en plein sommet du G8, alors que le président américain essaie de rallier les Européens à sa ligne de conduite !

Excellent timing et parfaite coïncidence, non ?

Aujourd’hui, les « grands médias politiquement corrects » nous apprennent que les autorités britanniques ont identifié les auteurs comme étant les mêmes que ceux ayant perpétrés les attentats d’Istanbul du 15 novembre 2003 [Ndla : Bush était à Londres le 19 novembre 2003] et de Madrid du 11 mars 2004.

Merci de cette information qui nous amène directement aux services de renseignements usraéliens.

Nous avions mis en ligne, en novembre 2003, juste après les attentats d’Istanbul, un article « explosif » [curieusement, il est le seul à avoir disparu, mais nous en avons conservé des copies], dont le texte principal a été traduit par notre ami Marcel CHARBONNIER - qui parle, écrit et traduit couramment le turc - que nous reproduisons de nouveau ci-dessous.

En conséquence, si les auteurs sont les mêmes que ceux d’Istanbul et de Madrid [ce que confirment tous les médias…], il ne fait plus aucun doute aujourd’hui que les attentats de Londres ont été orchestré - comme lors des attentats d’Istanbul et de Madrid - par les services de renseignements occidentaux et plus probablement ceux d’Israël qui sont des spécialistes des « coups tordus », il suffit de relire nos trop nombreux articles sur le sujet. Nous en ferons prochainement une compilation.

L’affaire de l’attentat des synagogues turques

Le 15 novembre 2003, l’explosion de deux voitures à proximité de synagogues à Istanbul, en Turquie, remplies de fidèles durant la prière du Shabbat, tuent 23 personnes - dont 14 musulmans (61%) - et en blessent plus de 300.

Le 19 novembre 2003, le quotidien turc Yeni Safak implique le Mossad dans l’attentat contre les synagogues du 15 novembre.

Mais l´AFP traduit cet article du quotidien Yeni Safak et « oublie » le chapitre sur le MOSSAD !
C’est ce qu’on appelle la liberté de l’information… et de traduction !

Dans une dépêche (voir ci-dessous), diffusée sur le WEB par Yahoo, l´AFP donne des détails sur les attentats d´Istanbul.
En citant ses sources, le traducteur « oublie » de dire qu´il coupe le paragraphe concernant le MOSSAD et la CIA.

En effet, dans l´article de Yeni Safak, le ministre de l´Intérieur, Abdulkadir Aksu, précise que les exécutants sont turcs et qu´ils sont liés à l´organisation d´origine égyptienne et-Tekfir el-Hicre. Or, ce groupe est connu pour travailler pour la CIA et le MOSSAD. «Le groupe Tekfir est probablement impliqué dans les attentats de Riad » ajoute le Ministre.

Voici l’original du texte en turc, diffusé par Yeni Safak, que les personnes parlant cette langue pourront facilement comprendre :
?I²stanbul´daki terِr sald¦r¦lar¦nda ´kullan¦lan´ yerli ´canl¦ bomba´lar¦n ´Tekfir ve´l Hicre´ ad¦yla tan¦nan M¦s¦r kِkenli bir grupla bagڑlant¦lar¦ oldugڑu ileri sürüldü TEKFI²R VE´L HI²CRE I²stanbul´daki sinagog sald¦r¦lar¦nda, bombal¦ araçlar¦ sinagoglar¦n bulundugڑu sokaklara ulas¸t¦ran Türk eylemcilerin, M¦s¦r kِkenli «et-Tekfir ve´l-Hicre» adl¦ grupla bagڑlant¦l¦ olduklar¦ belirlendi. Bu grubun, Ortadogڑu´daki birçok eylemde, CIA ve MOSSAD´¦n tas¸eronlugڑunu yapt¦gڑ¦ bildiriliyor.
http://www.yenisafak.com/ 19/11/03

Il est étonnant qu´une information aussi capitale soit occultée. Ou plutôt, vu la campagne de reconquête de l´opinion européenne menée tambour battant par les sionistes depuis ces attentats, il n´est pas étonnant que l´AFP se soit auto-censuré.

Traduction
Les tâcherons du Tekfir wa Higrah
[Yeni Safak] - 19.11.2003
[traduit du turc par Marcel Charbonnier]

Les liens à l´étranger des organisateurs des attentats contre les synagogues de Neve Shalom et de Beth Israël, à Istanbul, commencent à apparaître. On a appris que les organisateurs des deux agressions étaient liés au groupe (islamiste) égyptien Et-Tekfîr wa-l-Higrah [Anathème et Exil], dont on sait qu´il est manipulé par les services secrets occidentaux.

Dans les attentats qui ont frappé la synagogue Neve Shalom du quartier de Kuledibi (Beyoglu) et la synagogue Beth Israël du quartier Sisli - Pangalti, à Istanbul, les voitures bourrées d´explosifs qui ont été, pensent les enquêteurs, précipitées contre les deux synagogues l´ont été par des activistes turcs dont les liens avec l´étranger commencent à apparaître. Dans tous les journaux, dont le nôtre, Yeni Shafak, sont cités les noms d´activistes qui ont séjourné plusieurs années durant au Pakistan et qui avaient des liens avec le groupe Et-Tekfîr wa-l-Higrah, utilisé comme tâcheron par les services de renseignement occidentaux, principalement la CIA et le Mossad (israélien). Les liens avec ce groupe des auteurs des attentats d´Istanbul, dont les noms ont été rendus publics - Mesut اabuk et Gِkhan Elaltintas - font actuellement l´objet d´investigations.

Ce groupe, basé en Egypte et qui effectue des attentats dans certains autres pays est l´auteur réel des attentats attribués faussement à l´organisation El-Qa´ida dirigée par Oussama Ben Laden. Ainsi, d´un attentat perpétré contre un quartier résidentiel en Arabie saoudite au moyen de voitures piégées, à l´instar de ceux perpétrés à Istanbul, attribué tout d´abord à Al-Qa´ida et qui s´est avéré, après enquête avoir été l´œuvre de l´organisation égyptienne Et-Tekfîr wa-l-Higrah. Le chef de cette organisation, le Shaïkh bin Hizir al-Hizir a déclaré qu´elle en était bien l´auteur, l´organisation Al-Qa´ida en ayant assuré le financement.

Les similitudes entre les attentats
Le groupe Et-Tekfîr wa-l-Higrah recourt à des attentats suicides à des fins de déstabilisation, et à l´instigation, essentiellement, des services secrets occidentaux. Au premier chef des services secrets recourant à ses services, se trouve la CIA, Service Central de Renseignement des Etats-Unis, le service secret britannique MI6 et l´organisation d´espionnage israélien Mossad. Par ailleurs, le groupe est lié aux services russes, allemands, égyptiens et jordaniens.
Certains membres du mouvement tâcheron égyptien possèdent la « carte verte » américaine (passeport américain) et se font passer pour «non-musulmans» auprès des autres groupes islamistes. Ils nient tout lien avec Al-Qaïda.

On les utilise pour discréditer certains mouvements
On apprend que l´organisation est utilisée à de nombreuses reprises par les services de pays tels l´Egypte, l´Algérie, la Tunisie, le Maroc et la Jordanie afin de discréditer d´autres groupes islamistes. Le Tekfîr voit le jour en raison de la répression très dure exercée par les régimes de certains pays musulmans. Mais le groupe jète l´anathème non seulement sur les autorités répressives des pays musulmans, mais aussi sur tous les autres groupes islamistes. Durant la guerre en Afghanistan, elle est utilisée par les services de renseignement égyptiens afin de brouiller les pistes. Par l´intermédiaire des services égyptiens, la CIA a déjà instrumentalisé certains activistes de ce groupe afin de légitimiser la guerre des Etats-Unis contre le terrorisme.
Dans une information du Belochistan Post, on indique qu´Israël utilise des membres du Tekfîr afin d´en former des commandos kamikazes, qui ont perpétré des attentats suicides afin de discréditer des organisations palestiniennes telles le Hamas et le Djihad islamique.

Des alliés d´Al-Qaïda
La stratégie du groupe Tekfîr, à l´instar de celle d´Al-Qaïda, n´est pas entièrement orientée vers des objectifs extérieurs. L´organisation professe que le changement (en paroles) doit partir d´Egypte (pays où elle a vu le jour), et son concept d´action est défini en conséquence. Néanmoins, ce groupe - tout à fait à l´instar des terroristes turcs qui ont perpétré les attentats contre les synagogues - peut éventuellement passer à l´action dans d´autres pays en établissant des liens avec telle ou telle organisation inconnue.
Le concept de fonctionnement de ce groupe a permis qu´il soit utilisé par les Etats-Unis et Israël afin de mettre sur pied des commandos suicides composés de diverses nationalités, chargés d´une mission consistant à noircir la réputation de l´Islam. L´objectif consistait à convaincre un commando composé de latino-américains, de Fidjiens et d´Australiens déshérités à perpétrer un des attentats contre des pays musulmans. Ces hommes se faisant passer pour musulmans et s´affirmant liés au groupe Tekfîr dans divers pays musulmans excitent les membres de cette organisation contre leur propre pays. On sait que ce groupe mis sur pied par les Etats-Unis dirige le Tekfîr conjointement à l´Egypte.

Yeni Safak l´avait écrit
Au lendemain des attentats perpétrés contre les deux synagogues d´Istanbul, Yeni Safak écrivit dans ses colonnes que ces attentats avaient été réalisés par des personnes en contact avec Al-Qa´ida, à l´extérieur de la Turquie, bien que leurs groupes se manifestassent par des formes d´action, différentes de celles de cette organisation, et qui avaient conservé des liens organiques avec elle, en Turquie. Un haut responsable des services (turcs) de sécurité a indiqué à Yeni Safak « Les attentats ont été perpétrés par des nationaux (turcs) soutenus du point de vue de la logistique par un groupe basé à l´extérieur de la Turquie ». Un autre responsable des services turcs de sécurité leur a indiqué, immédiatement après les deux attentats contre les synagogues, qu´il s´agissait d´une organisation inconnue. Ce responsable a ajouté qu´au fur et à mesure que l´enquête permettra d´en savoir plus sur le passé des auteurs de ces attentats, les informations concernant le groupe [complice] se préciseront, elles aussi.

L´équipe du MOSSAD sur la sellette
Dès le soir des attentats, samedi 15 novembre, un ancien directeur des services de renseignement turcs répondait à quelques questions en direct sur le plateau du 20h00 de la chaîne Kanal 7. L´homme semblait passablement énervé et se faisait l´échos des équipes sur le terrain. Dans sa première intervention, il mit en cause l´équipe du Mossad venue soit-disant ramasser les restes humains pour les enterrer par la suite selon un rite précis et qui en fait aurait brouillé les pistes. Ensuite il disserta longuement sur la technique employée par les terroristes et notamment sur l´explosif à base d´engrais trouvé sur place. Ces déclarations venant à l´encontre de la première thèse reprise par la presse, qui nommait le C4. explosif réservé aux spécialistes.
Ces déclarations surprenantes ont immédiatement semé le doute dans les rédactions. Une atmosphère d´après 11 septembre (surtout des manipulations de l´information qui ont suivi) régnait même dans certains milieux. Pour le journal Vakit (proche du Premier ministre Erdogan) il y a plus de questions que de réponses. La rédaction relevait en «une» mardi 18 novembre tous les faits troublants. http://vakit.com.tr - après trois jours d´enquête et l´examen des films des caméras de surveillance en place sur la synagogue, on ne sait toujours pas si un des véhicules utilisés par les terroristes était une camionnette Isuzu blanche ou une voiture Fiat de couleur rouge. Détail qui a son importance puisque le propriétaire de la camionnette est turc et que le conducteur de la voiture rouge était paraît-il de type arabe. Des restes de corps humain à la peau foncée auraient été trouvés sur place ainsi qu´un morceau de passeport pakistanais portant le numéro «VA 765279». Fait étrange puisqu´aucune entrée ni sortie du territoire turc n´aurait eu lieu avec ce passeport [Ndla : apparemment l´affaire du passeport de Mohammed Atta dans l’affaire du 11 septembre 2001 n´a pas servi de leçon]. Ce qui paraît surprenant, c´est que selon les vidéos, le conducteur de la voiture rouge aurait garé la voiture et se serait éloigné avant l´explosion. Alors pourquoi avoir sorti cette histoire de passeport et de restes de morceaux de chair ?
- Un autre point important, Vakit s´interroge sur le fait que l´attentat visait en principe la synagogue mais que l´explosion avait eu lieu en amont, au moment ou la porte était fermée. Quelques instants plus tard, les fidèles allaient sortir et des centaines de personnes pouvaient être tuées. De plus l´explosion a été si violente et le bâtiment si vétuste, que le simple fait de déclencher la bombe devant l´aurait pulvérisé. Les 300 juifs présents aurait été presque tous tués. On serait presque tenté de remercier les organisateurs des attentats pour tant de précautions.
- Des faits nous rapprochent également du 11 septembre. Notamment la polémique sur les victimes et sur les protagonistes. Dans les deux cas l´annonce faite par Israël immédiatement après les attentats que les Palestiniens étaient responsables. L´annonce que toutes les victimes étaient juives (reprise en boucle par Euronews pendant 24 heures), alors que 19 des 25 victimes d´Istanbul sont musulmanes.
Le fait même que l´on cherche à distinguer entre les morts, ceux qui sont Juifs de ceux qui ne le sont pas n´est-il pas tout simplement insupportable ? On se souvient que deux heures à peine après la destruction du WTC, Sharon se lamentait sur les ondes. « 5.000 Juifs avaient péri dans l´attaque » disait-il. Quel énorme mensonge ! D’autant que le nombre de tués, initialement de 6.000 en est désormais réduit à moins de 3.000. D’autant plus mensonger quand on sait que le 11 septembre, les Juifs n´étaient pas venus travailler, occupés qu´ils étaient par une fête religieuse (fête, qui selon le calendrier des institutions juives de France, disponible sur Internet, n´avait lieu que quelques jours plus tard), on ne peut que s´incliner devant un tel cynisme.

Pour la population, le mot qui revient le plus souvent dans les conversations, c´est MOSSAD. Sans preuve peut être, mais la rumeur part souvent d´un peu de vérité.

Pour le gouvernement turc, un état est derrière ces attaques. Aura t-il le courage de dire lequel ?

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