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CACOPHONIE A LA TUNISIENNE

CACOPHONIE A LA TUNISIENNE
Par
  S.D   



A propos de la tolérance chez nous, en TUNISIE, il y’a énormément de malentendus, pour certains elle prend un tour carrément antimusulman, ils ont mal lu Voltaire, très mal compris sa naturelle face sombre, comme celle de tout un chacun de nous, leur « écrasons l’infâme » au sien ressemble, pour eux « l’infâme » n’est autre que l’islam. Aujourd’hui nous nous trouvons face à un contentieux terrible entre une pensée aliénée qui se dit tolérante et l’Islam, jugé intolérant .La tolérance comprise de nos jours est très différente d’hier, parce que cette dernière telle qu’on l’entend désormais, chez nous par un pouvoir réducteur et révérencieux dominé par nos anciens colonisateurs, n’est même plus irriguée par les exigences des lumières. C’est une tolérance frileuse, prostituée, sans aucun goût, aucune audace. La tolérance dans notre révolte nous oblige à être l’autre et à accepter ses choix, à partir de là et chez nous, nous ne pourrons jamais rester indifférents à la politique, c’est de notre vie qu’il s’agit et de l’honneur de l’humanité, De ne pas s’en désintéresser. C’est d’une importance capitale car elle détermine le bien commun, ce commun nous concerne si nous aimons notre terre et notre prochain. Ignorer la politique ,  dans notre combat contre la dictature , ou tout simplement dans notre façon de vivre et de sentir notre pays , c’est un crime , un crime contre l’intelligence , et un crime contre la communauté des hommes , qu’ils soient libres ou pas .La politique c’est de la détermination , de l’action , de la fraternité , de la solidarité et de l’amour , ce ne sont pas des ego caricaturaux et mortifères. Ce n’est pas du Nietzsche à la petite semaine. Quand elle nie la masse et l’individu dans le désordre des sentiments, et l’exaltation des égoïsmes. La voila, la fascination du néant. Beaucoup de choses ont été dites ces derniers temps à propos de l’inamovibilité des ténors des partis de l’opposition, des hommes, de leur cheminement, de leur trajectoire. Certaines, surtout des seconds couteaux , les habituels sous fifre qui polluent le net tunisien , notamment certains qui se complaisent dans l’anonymat , et qui veulent rendre les autres comptables , de leurs peurs et de leurs lâchetés à ne pas assumer leur destin , ou à vivoter de leurs calomnies, reprenaient le bêtisier habituel des critiques maintes fois ressassées par une rumeur publique schizophrénique et moutonnière .Ces chefs de partis de toutes tendances qui ont , qui par calculs , qui par passion , qui par honneur , chacun selon son état d’esprit et c’est tout à fait humain, sacrifiés et leurs vies et celles de leurs proches à contester la dictature , à réclamer des droits et libertés citoyens pour la Tunisie et les tunisiens , ces gens là sont désignés par des passifs , comme étant au même titre que ben Ali et sa clique ennemis de la liberté. Cette indignation des lâches est simpliste et totalitaire, jargonnante, hermétique et sectaire, elle est la marque de Zorro de BEN ALI , ceux qui pensent ainsi des emmurés et des prisonniers politiques islamistes tunisiens sont au moins ses clones , au pire ses courtisans inavoués , et travaillent inconsciemment , peut-être , à désespérer toutes les bonnes volontés .Oui , ils insinuent l’ignominie sur des tunisiens qui non seulement , combattent la dictature avec leurs faibles moyens , mais jusqu’à ce jour n’ont reconnu aucun circonstance atténuante à ben Ali , ce monstre autoritaire, chef de file d'une bande d'adulateurs formés à tous les jeux du pouvoir maffieux. Ignorantes, ces inepties ne valent pas que l'on s'y arrête, sinon peut-être pour dire qu'elles avaient un aspect particulièrement charognard en l'occasion(le dernier congrès d’ITTAJDID fut particulièrement ignoble à ce point de vue). Pour le reste, ce ne sont pas les chefs de parti du bloc démocratique et des islamistes en particulier qui posent problème,  qui font blocage dans la question politique tunisienne catastrophique , mais bel et bien les tunisiens qui ne s’engagent pas , ou si peu , dans les luttes , pour réclamer leurs droits à la dictature , et dans les partis pour choisir leurs représentants , personne dans l’opposition démocratique n’interdit aux tunisiens de militer et de s’organiser dans les partis , bien au contraire .Ce sont bien les tunisiens qui ignorent ces partis , ce sont bien les tunisiens qui n’ont aucune culture militante .Car c’est bien à l’intérieur des partis démocratiques que les tunisiens pourront s’exercer à la pratique citoyenne et à l’acte démocratique ; dans ce cas de figure tout à fait révélateur , sans avoir à s’inventer des boucs émissaires , il est tout à fait raisonnable et réaliste de constater avec colère et amertume , que les tunisiens sont , ou bien un peuple brisée et qu’il est dans une logique de soumission animale sans aucun lendemain, ou bien il est entièrement satisfait du régime policier qui le guide , moi je dis que , dans les deux cas , ceux qui sont dans l’honneur , ce sont bien ceux là même qui résistent dans le bloc démocratique , et que stratégiquement en terme d’image et de crédibilité cherchent  la solidarité et le rassemblement sans aucune surenchère .Les militants des partis du bloc démocratique sont dans la vérité de ne pas poser la question de la durée de vie de leurs leaders , personnellement je n’en vois pas l’utilité , dans un parti démocratique c’est bien le nombre d’encartés qui crée l’ambivalence , donc les courants et les débats d’idées , aucun parti de l’alliance démocratique ne peut se permettre ce luxe , même pas ENNAHDA qui n’est plus qu’une coquille vide. Certes les avis divergent à l’intérieur de ces tous petits partis, malgré l’apathie de la rue tunisienne , et ces divergences soulignent l'importance du travail politique qui s'opère aujourd'hui à l’intérieur d’un bloc démocratique tunisien qui commence à être cohérant avec ses principes , ses priorités et ses raisons d’être, malgré qu’ il se heurte à la crédulité , à l’incompétence et la paranoïa de certains parasites , et pour longtemps encore. Pour longtemps encore, il faut se rendre à cette piteuse évidence, il vivra sur la mémoire de son engagement. Et donc aussi sur sa continuation et ses usages futurs, sans prendre en considération les pressions négatives de certains lobbys agissant par l’affect et l’incompétence aveugle, surtout sur le net. Le bloc démocratique , aussi squelettique soit-il doit savoir qu’il est pris dans les enjeux du monde qui  l’entoure et qu’il doit faire de la réflexivité la condition même de son travail politique à l’intérieur de la Tunisie , il ne doit pas ignorer , malgré l’ingratitude des clercs et la dureté scientifique de l’action , que son travail aura inévitablement un destin, celui des nécessités patriotiques , humaines reconnues et consacrées, celles dont on dit qu'elles ne meurent pas pour simplement signifier qu'elles survivront au corps de leurs détenteurs *. De tout temps dans les dictatures , il n’y avait que les aliénés à un fatalisme procédurier et soumis à la facilité et à l’humiliation , qui s'opposaient à une dimension pragmatique et une perspective militante qui soient de l’ordre de la discipline révolutionnaire , c'est-à-dire d’une cohérence personnalisée à des personnes qui ont su mettre leur peau au bout de leurs idées , et qui à un certain moment de l’histoire d’une nation s’identifient avec elle dans ce qu’elle a de plus noble comme ambition , dans le cas tunisien , c’est bien de la démocratisation totale du pays qu’il s’agit , ceux qui ont donné leur vie pour cet objectif ne sont pas légion , le moins que l’on puisse faire , quand on est un homme libre , du moins dans son âme et sa tête , c’est de se solidariser avec eux , de s’engager avec sa propre différence avec eux , dans notre situation d’opposant tunisien face à une monstrueuse et puissante dictature ,dans notre camp , il ne peut y avoir aucun lutte pour aucun pouvoir , toute ambition mégalomane ou hégémonique d’un quelconque pouvoir en son sein, car cela  ne peut que l‘affaiblir , car il sème le doute et la discorde , et nous donne le résultat actuel ; une dictature forte qui ne doute pas d’elle , et une opposition qui tient de l’armée mexicaine ,qui possède en son sein cent fois plus de généraux que de soldats , de troufions , de sans-culottes et de grognards. Assurément, cette opposition semble nous renvoyer à une certaine réalité, une réalité dramatique pour les démocrates tunisiens, le peu de renouvellement des militants des partis politique, qui ne tient pas de leurs cadres, ou si peu, mais pour beaucoup d’un peuple qui a totalement perdu ses repères. Il reste que l'on doit s'interroger sur la pertinence, quand même, sur les absences d’une pareille opposition de très grande valeur, dans le travail de mémoire qui s'ouvre depuis la « décolonisation », sur le sens de l'œuvre de ceux qui sont tombés au propre et au figuré dans tous les domaines pour que la Tunisie survive, la question des usurpateurs et de la dictature est une question claire et transparente, elle doit être radicalement combattu et jamais discuté. Comme tout fait social, donc forcément politique sous le joug de la dictature tunisienne, en effet, la nécessité de la  mise en place d’une direction de l’opposition qui soit visible, rigoureuse, représentative et coordonnée est un enjeu de luttes, elle est vitale. Et ces luttes ont notamment pour caractéristique , malheureusement à ce jour , de jouer en quelque sorte sur de fausses oppositions qui ne posent aucune limite aux prétentions personnelles, toute mesure de représentativité est impossible, chacun est tenté de jouer sur le flou de la situation, ces luttes à fonds perdus qui, indirectement chauffent et servent la stratégie minimaliste de l’appareil répressif, ont pour effet de réduire la réalité à des alternatives simples, pour ne pas dire simplistes. Or, l'opposition tunisienne largement diversifiée n'est jamais complètement innocente de cette situation absurde, bloquée et plus que suicidaire. En premier lieu, le travail politique de l’opposition démocratique tunisienne a pour finalité de dire la vérité sur la condition sociale et humaine du pays. De même, on peut envisager un travail politique clair, rigoureux et porteur d’un projet libérateur, à la condition de ne pas faire de ce travail politique un instrument de conquête du pouvoir à n’importe quel prix, le RCD est passé maître dans ce genre d’interdits et de conditionnement. Cette ambivalence fondamentale, constitue sans doute la plus précieuse des contributions pour dépasser l'alternative entre sectarisme et imposture, mais aussi pour envisager avec une certaine sérénité le fait que le bloc unifié de l’opposition démocratique puisse assumer une dimension politique sans pour autant céder sur les exigences de la morale démocratique. L’opposition démocratique, même et surtout aujourd’hui, face à ce déficit militant des tunisiens, et de la puissance de l’appareil répressif, se doit de ne rien céder sur les principes démocratiques, et faire toujours plus la démonstration de son sens des responsabilités, en donnant des instruments à celles et ceux qui s'efforcent de transformer par l'action ce qu'ils tentaient de défaire par l’analyse approximative, le dérisoire, l’attentisme, le défaitisme et le verbiage. C'est ainsi qu'il faut concevoir l’engagement politique, il ne s’agit pas de donner des leçons, et de parader dans des sorties ponctuels, mais de s’inscrire dans un travail de fond et qu’importe les termes. Non pas imposer une sorte de pensée unique ou un terrorisme intellectuel qui frisent un pathos patibulaire, mais de respecter les différences, voire les différends, et l'autonomie des engagements, et leur trouver un lien commun qui organise le cadre militant avec tout ce que cela suppose de réformes et de critiques. Tant qu'il y a des luttes, il y a de l'histoire, et donc de l'espoir, disait le CHE. Les démocrates tunisiens plus que jamais doivent veiller que cet espoir soit lucide, sur les obstacles à franchir, les pesanteurs innombrables de la société tunisienne défaites et sans vrais repères, sur l'immense concentration de pouvoir, politique, économique, militaire, culturel et médiatique , entre les mains de la dictature et les ennemis de la Tunisie et des tunisiens , à laquelle il faut faire face.. Cette exigence lucidité n'a rien de pessimiste ou de frileux. Elle rappelle que réalisme, pragmatisme et engagement intègre vont de pair. Sartre disait : « Qu'il vaut mieux savoir qu'ignorer. Que l'ignorance est mère de toutes les servitudes et que la liberté humaine est une conquête permanente ». *Il faut rendre hommage aux opposants au pays , à tous ces militants déclarés et à visage découvert qui n’ont pas renoncé à leur honneur , à ABBOU ,aux avocats et magistrats rebelles , aux "nettoyens" qui ne se contentent pas d’être des spectateurs de leurs propres vies , et à ces milliers de tunisiens anonymes qui refusent l‘arbitraire et la soumission. Il est plus que temps de ne plus se disperser, de se compter dans des actions et des mobilisations qui inciteront le « troupeau » à prendre conscience de l’état catastrophique de notre pays.
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