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LA REPUBLIQUE DE FATMA

LA REPUBLIQUE DE FATMA  
 Par
 Derbali


Pour la journée de la femme.

 

 

 

Ce que j'aime bien avec elle, c'est qu'elle me dit toujours ce qu’elle pense, et des fois même ce que je pense. elle me dit les choses au bon moment, un timing de tonnerre de Dieu qui me fout les boules et  mes certitudes en l'air , même si elle sait , elle sent "senssait" Embarassed pertinemment que je n'ai aucune envie de les entendre ,on a l'âge de ses artères , et justement à mon âge des fois il vaut mieux être sourd que d'entendre certaines vérités , ou subir les rictus du balancier de l'horloge du salon , maudit soit le jour où je l'ai déniché chez un brocanteur gitan des puces de Montreuil , je veux seulement entendre sa chevelure et les vagues de la mer , des fois qu'elle s'emmène aux portes de Paname ,entendre son sourire , son rire éclatant comme la fin du monde , mort aux cons et putain de mort , le destin et la vie ont été généreux et bons avec moi , plus que je ne le serais jamais avec eux. Du coup, quand elle me rassure, je la crois sans rien comprendre de ce qui me berce et m’endort, j'apprivoise les cobras royaux et je marche sur l’eau, personne n'est obligé de me croire, mort aux cons. Et quand elle me remet en place, je m'énerve contre mes rêves , mes illusions , mes morts et béatement je me mets à aimer mes semblables , la fin des fins , j'ai honte pour mes nuits blanches et mes tatouages, puis j'y repense, et je constate qu'elle a raison , l'amour est immortel , il n'y'a que les cons qui meurent sans savoir pourquoi ils ont vécu.

Ce que j'aime bien chez elle aussi, c'est quelle ne se trompe jamais sur les gens, fallait voir comment elle ridiculise le CLOWN quand je l'emmène au cirque AMAR. Même sur ceux qu'elle n'a jamais rencontrés elle a par procuration sa petite idée. Elle est toujours capable, à partir de ce que j'en dis, de me dire le trait fondamental de la personnalité des gens que je fréquente, des problèmes qui vont se poser et des choses que je peux en attendre. A chaque fois, je ne l'écoute pas, à chaque fois, je lui dis : "Tu ne le connais même pas ! Les gens ne se résument pas comme ça en deux phrases ! ", Mais à chaque fois, 2 ou 3 semaines plus tard, paf, je constate qu'elle avait raison sur toute la ligne.

Ce que j'aime bien, c'est qu'elle est toujours là et qu'elle est toujours à l'écoute même quand elle a autre chose en tête, comme son centre de loisir ou ses anniversaires chez MACDO. Avec elle, j'arrive à geindre parfois, et à dire que je ne vais pas bien. J'arrive à avouer mes faiblesses et mes petites ou grosses déprimes, alors qu'en général, j'essaie de les cacher (même si je n'y arrive pas toujours), conneries de vieux finissant, qui veut des fois démontré qu'il peut encore.



Ce que je n'aime pas chez elle, par contre, c'est que je me sens totalement incapable de lui renvoyer un centième de ce qu'elle me donne. Mais enfin, j'essaierai de m'améliorer.
Wink

Mes certitudes en toi comme en la vie divine , comme en ce souffle qui fait mon crépuscule et ma charnière , sont des certitudes de vision qui me donnent assez de lumière , de fureur et de mots pour agrandir mon territoire de l’impossible , l’impossible étoile , elle dans la paume de ta main , dans ta fossette de l’impudeur , dans ton rire de la quintessence , dans ce rien de ton silence qui fait ma tristesse , dans cette ombre qui me frôle et me désespère, dans ton baiser qui fait tout mon sommeil , ma fille mon amour ma petite mère qui perpétue mon innocence. Des jours, des nuits et des murmures incandescents jaillissent de tes forges étincelantes et démontent mes masures, mes rides, mes malformations et le temps qui se croit inaccessible. Mes luttes sont fortes de l'absence qui les écoute sans rien demander, c’est rien que pour cela mon amour que je crois en ta république, les femmes de chez nous sont la terre et le sphinx, le feu et l’eau, l’espoir et l’horizon et je hais toutes les déchéances qui vous font de l’ombre, toujours par l’ignorance et la barbarie. En t’observant attentivement, je t’arrache tes secrets comme un pirate, un flibustier sur la marre aux canards, et ça te fais sourire, car tu sais toi qui aime la vie et qui m’aime que je ne serais jamais un détrousseur de tombes .Tu es ma tombe, et mon linceul au front de l’ignominie. Je sais que j’existe à cause de toi dans le pli de millions de cœurs, ici, ailleurs, ou quelque part au bout du monde, où des hommes dignes et des chiens de la tendresse se tiennent debout. Tu m’as appris à entendre et surtout à écouter les effluves de ma chaire , et même les chimères et les mirages de l’acceptable , sans quoi la vie n’est qu’un volcan en furie , flaire la part des choses qu’ils disent quand il faut aller tout au fond de toutes les choses , nous tunisiens nous mourrons dans le compromis et les compromissions , et notre parole est viciée
J’aime les artistes , je ne peux que les aimer puisque je t’aime ma FATMA, mon guéret au plaisir de l’esprit et de l’œil ! Les artistes , toujours à la révérence de mon galurin , de la tchatche et de la tendresse de mes bourgs et de mes errances, ces enfants de la quille éternelle qui jouent avec l'ombre , la mousse , l’essentiel , le superflu et les frissons pour faire vivre à jamais la lumière de nos propres dénis! Les poètes, FATMA qui brodent mon âme, ils rient sur mon cœur comme il rie dans ton cri l’extase et l’orgasme futurs .Les artistes que tes yeux me poussent à corrompre, ces témoins de ma douce servitude, tu sais tes alarmes brillent sous le ciel de mes attentes comme l’exigence d'une conscience!| elles ont envahi nos lieux communs de leurs espoirs et de mes échecs. Les véritables artistes en Tunisie sont les opposants, quand tu écoutes un KARKER, un MANAÏ, un MARZOUKI, un HOSNI, un DILOU, un ZOUARI, un JEBALI, un JOUHRI….. tu saisis en pleine horreur l’âme de ma terre et le dérisoire , l’art authentique FATMA comme tes yeux qui ne font pas dans mes demi-mesures , suppose fondamentalement d'être VIVANT , comme la rue , comme le peuple , l’art c’est la voix de la vraie vie , l'un ne peut vivre sans l'autre , l’un sans l’autre c’est le règne de la barbarie , des ténèbres et de la mort La résistance est la sève de l'art, parce que l'art est dedans la vie , Et si l'Art c’est la vie , les artistes tunisiens « officiels »de leur ordre établi ne sont que des bricoleurs de « mort ». L'émotion comme mètre étalon du message, voilà le GRAAL. "Créer n'est pas communiquer, c'est résister".
Gilles Deleuze in "Pourparlers», dis leur FATMA aux troubadours tunisiens du fait du prince, aux flagorneurs professionnels, aux pleutres qui font honte à la peur humaine. Quand un peuple est en résistance, c'est que la situation « normale » d’un pays est celle d'une dictature, comme notre Tunisie FATMA. Dès lors, l'art, le vrai,  devient un signe de ralliement pour tous nos rêves et nos projections, le reste, les vautours s’écoutent digérer à coups de prébendes et de baisers de la veuve.
Dis leur ma FATMA que l'art est une expression de la volonté de liberté qui est un des moteurs principaux de la création. L'art n’est jamais symbolique, et ne doit jamais être innocent si on met la liberté et le bonheur au-dessus de tout, on doit donc l'utiliser pour faire passer des messages subversifs contre la dictature et pour dénoncer les agissements de ses auteurs, c’est l'acte d’amour ultime de l’artiste avec la matière. Passe l’éponge ma FATMA, je divague, je suis encore plus exsangue que ma terre, heureusement que tu existes et encore des milliers comme toi, mettez le feu pour nous sortir de cet éternel hiver mon amour, vivrais-je assez longtemps pour apercevoir, ou même pourquoi pas, une fois dans ma vie, vivre un printemps entier ? Caresse encore mes rides et mes instants ma FATMA, tu as bien raison, l’art, et ce mot me coûte et me brûle la bouche en tant que tunisien, c’est résistance et libération ou ne l’est pas. Mort, coquille vide ? Pire en Tunisie, arme de destruction en Tunisie, c’est un assommoir, un somnifère, du Gardénal, de l’opium à la grande pharmacie GOBBELS devant laquelle des légions de zombies se prostituent avec le néant .C’est une licence IV d’alcools frelatés, d’alcool à brûler, d’acide, un vulgaire bar Carthaginois sphincter de 10 millions d’âmes. l’impuissance mortelle de ma vie c’est d’oublier de vivre loin de ces racines qui me bouffent le goût et l’odorat , et je ressemble de plus en plus à un braconnier qui verse des pots de vin pour son propre plaisir, les vrais artistes de ta république FATMA sont les ramoneurs de nos labyrinthes , où nous nous sommes perdus depuis si longtemps sous l’indifférence lâche des artistes du dérisoire ,ceux qui possèdent les patentes , les temps de parole aseptisée , la haine d’eux même et le déni de leurs passions , ceux qui possèdent la technique mais pas l’honneur ni le savoir , ni la rigueur ni la rage des chiens. Un artiste qui n’est pas au plus profond de l’intime de son peuple, rouille l’art, pouvons nous imaginer Picasso sans Guernica ? HIMINGWAY sans Cuba ? BEETHOVEN sans sa surdité ? VILLON sans sa corde de pendu ? LORCA sans douze balles dans la peau, GAVROCHE sans Paris ? TAHA sans sa cécité ? OMAR sans le désert de Libye ? NIZAR sans sa poésie ? YASSINE sans son sourire d'ange et sa chaise roulante ? La PALESTINE sans le GOLAN et l'Oliver? Et la lumière sans les rivages de ma Tunisie ? Tu sais FATMA, Les corps des emmurés pressés sur le mien, me tatouent la marque des pires infamies, et depuis l’éternité de ta naissance, appellent ton corps et tes mots. Tu peux donner une voix à mes silences, la capter dans tes souvenirs où je prendrais vie, je sais que j’aurais moins de regrets mais jamais l’amnésie. Toucher ton nom et toujours t’espérer si prés de moi, c'est te toucher dans l'absence, au-delà du lien narratif et poétique, c’est vaincre un tant soi peu la déchéance.
Si jamais je meurs d’avoir trahi ta république, je voudrais que tu rencontres un besoin de folie qui te donne toute la tendresse que je n'ai pas pu te donner. Et ne crois jamais que je suis un caprice du destin, de la biologie ou un hasard comme un autre, je vais te dire FATMA mon amour, c’est un tordu le hasard, c’est juste un riff de guitare qui déchire le conforme et démasque le fard, un riff de guitare de mon Andalousie, qui se soucie peu des hommes, et qui déride les chromosomes de cette histoire qui nous oublie.
Tu m’as bluffé le tour de l’univers dans ton clin d’œil et j’ai compris que l’on peut aimer la politique comme la poésie, les autres et des fois même soi. Même, tunisiens sous les décombres de son histoire, dans l’impuissance de sa déroute je t’aime aussi pour ça FATMA de mon unicité, aimer la politique comme le verbe, sommes nous devenus des humains à essayer de comprendre l’horreur ? Tu ne m’as pas laissé le choix, mais trop d’amour ne tuera jamais l’amour, trop d’amour tu as bien raison, fait les saisons, la pluie et le beau temps, FATMA, la politique comme la poésie, une vision épique du destin de ta Tunisie. Elle se tient au point d’un tout, le tout de l’amour fraternel et du partage et de l’existence en commun, un tout totalisant, qui est en un sens la reconquête de sa propre humanité.

Ta petite vie d’ange et d’éther , FATMA mon amour , appelle exclusivement à la conscience de ceux qui subissent , ceux qui gisent dans leurs lâchetés , ceux qui tournent en rond dans leur impuissance , ceux qui se taisent , ceux qui crient face au néant , ceux qui se lèvent et ceux qui meurent ; et plus encore , tu me déchires , de ceux qui persécutent, qui torturent , qui violent , qui tourmentent, qui ruinent et qui tuent les autres sous prétexte de civilisation barbare , où certains hommes sont l’enfer pour d’autres. Ceux qui poursuivent par le fer et par le feu l’œuvre de Satan , ceux qui sont entachés de vices énormes, que même toi et encore moins Dieu ne pourraient jamais pardonner .Ceux qui ,dans la démence et loin de tes petites mains qui dessinent ma vieillesse et rient de mes humeurs , dépouillent les autres de leurs biens, qu'ils leur infligent des peines corporelles, psychologiques , qu'ils les font périr de faim et de froid dans des cachots obscurs, en un mot, qu'ils leur ôtent la vie. La difficulté, tu me dis, toi qui a lu dans une autre vie, mon amour réincarné, tout LUTHER KING, que ce n'est pas de rêver, c'est d'accepter et de comprendre les rêves des autres. Et que comme dit la sagesse arabe, que nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots. FATMA ma nostalgie, dans une autre vie, on jouait aux cow-boys et aux indiens, c’était pesé, donné ce n’était pas cher et trois fois rien, comme toi mon amour, en cet instant précis, les filles d’alors, dans mes décors, avaient du chien.
Je t’aime FATMA, et je ne peux qu’aimer toutes les femmes d’un amour incommensurable.
Je t’aime FATMA.

En Tunisie comme dans les autres dictatures du monde arabo-musulman c’est le règne de la barbarie, de l’ignorance et de l’antihumanisme mortifère et radical, où tout est mélangé, spolié lapidé, consommé et détruit dans la frénésie et la folie de quelques criminels. Il ne sert à rien d’étaler un barème et de les nommer dans l’ignominie, ils se valent tous, tous sont solidaires dans l’horreur et la haine. Des rois renégats et usurpateurs du golfe jusqu’à à l’hérésie ben Ali, une belle brochette de tarés diaboliques, pendant que j’écris ces lignes l’aviation sioniste des nazis qui occupent la terre sainte de Palestine survole en toute impunité Damas et le palais du peuple syrien fantôme, elle bombarde Beyrouth et espionne Bagdad ; les G’I us violent les belles et les sépultures et pissent sur nos âmes de la sainte MECQUE jusqu’ au désert esclavagiste de la Mauritanie.

Un règne ténébriste où la fin et les moyens font corps ; ou l’autre n’est plus que l’ennemi et la vérité, surplus ; où accumulation des crimes d « état » , de dénis , de bassesses étranglent l’espoir et la vie ; où la quête de la profitabilité sans limites et à l’hystérie exige que les copeaux humains soient noyés dans les fosses sceptiques des opportunismes et des usurpations ; où l’amour et l’intelligence , l’effort , la solidarité et le talent ,la morale et le bonheur simple et valorisant ne sont plus évoquées que pour en déplorer le risque et le coût dans l’espoir de les salir et de les éradiquer ; où la recherche optimisée de la spéculation , des détournement , du piratage , des privilèges et de l’illégitimité des choses et des rapports de forces annihile toute velléité de mise en valeur optimisée de l’esprit ; où l’Amérique de BUSCH , ou toute autre entité ou expression criminelle , totalitaire , belliciste , extrémiste et suicidaire est devenue le modèle exalté.

Tu sais FATMA , La liberté dont je rêve pour la Tunisie et pour toi , pour tes petites mains qui creusent mes rides de la colère et de l’impuissance , pour tes mots maladroits à l’endroit de nos parlotes en arabe de Paris , personne n’a le droit de t’en vouloir pour cela ma FATMA , nous t’avons imposé ce monde estropié de l’exil parce que nous n’avons pas su nous aimer , aimer notre terre et refuser l’arbitraire , parce que nous avons failli devant la médiocrité , tellement énorme que nous avons cru les bonimenteurs et les flagorneurs qui nous périraient qu’elle viendra à mourir de son propre venin. La liberté dont je rêve désormais pour ton sourire et ton ailleurs et ton futur dans ton ventre qui sera fécond un de ces jours de mon désarroi et ma profonde solitude, j’en appelle aux vivants , aux hommes libres et aux consciences éveillées , la liberté que je veux pour ta république ma FATMA de tous les saints , sa finalité sera de générer le bonheur réceptif , collectif sans haine ni remords , sans drame ni répulsion , de générer du travail et du progrès et non de les détruire ; de créer de la richesse et de l’abondance pour les distribuer , et non de planifier et d’organiser la fuite des capitaux , le blanchissement de l’argent sale et de toutes les saletés du crime et du déshonneur ; de valoriser l’initiative et la solidarité et le travail grâce au capital, non de l’annihiler au bénéfice de la spéculation ; de contribuer à ce que l’être tunisien accède à l’avoir , non que l’avoir induise la destruction de l’être ; de promouvoir , de dialoguer , de tolérer , non d’exclure , de libérer le quotidien du tunisien , non de l’assécher ; de favoriser l’égalité , la justice , la concurrence saine , non d’utiliser la violence et l’arme du doping pour assassiner la démocratie. Je crie ta république ma FATMA de la fraternité et de la liberté comme le règne de l’émancipation ultime du tunisien mais non pas de l’éradication des singularités et des principes , c'est-à-dire forcément des personnes , rappelle toi de mes frères les JOUHRI , les KARKER, ABBOU et les….j’ai si mal d’être moi et de caresser tes longs cheveux dans leurs longueurs océanes ,tes longs cheveux de l’euphonie , et tes sourcils de jais à damner ma certitude en toute chose , l’univers est dans ton clin d’œil comme ma damnation et le monde me paraît si quelconque tellement le mien que je pourrais t’offrir expire sous les décombres de l’horreur. Les monstres mon ange ont admis que l’horreur dans notre belle demeure, dans notre réclusion absurde, que l‘ignominie l’emportât sur tout sentiment dés lors qu’elle rapporte plus et plus vite. Que la civilisation, l’histoire, la grandeur, l’éducation et la culture soient sacrifiés à l’abrutissement et la vulgarité des conditionnements et la propagande des masses, parce que cela permet aux voyous de détruire et s’enrichir dans la sérénité et le calme plat, parce qu’en que cela permet de distribuer de plus gros dividendes à tous les pirates qui polluent nos côtes. Je te le dis ma FATMA toi qui sait ma folie , mon rire et ma détresse de tout ordre moral bigot, articulé , imposant et putipharder , toi qui sait que je ne cris qu’à la morale consciente , individuelle qui fait le sentiment collectif et le respect de l’être et sa liberté , je meurs de voir en ma Tunisie que ce concept même de « morale » est devenu péjoratif, parce que les forces du mal salissent tout , parce que le retour sur investissement grâce à la saloperie destructrice des hommes et des biens , de l’histoire et du bonheur dans la sphère du bien est trop faible ou trop lent, maintenant chez nous un désordre diabolique dicte sa loi et organise le marché et la prostitution de masse à tous les domaines sacrificiels et aseptisés et à tous les niveaux de mon dégoût.

Aucun être humain digne de ce nom, aucun tunisien un tant soi peu fier de respirer même l’air vicié de la Tunisie sans renoncer à être, ou l’air iodé de l’espoir en refusant de se soumettre, aucun tunisien homme ou femme de progrès, de cœur pour qui l’altruisme n’est pas un simple mot vide de sens ne peut indéfiniment accepter ce basculement dans l’anti-civilisation universelle.



Tu sais FATMA ils ont confisqué toute forme d'expression, toute forme de vie, brisé toute croyance en l’avenir, toute croyance en notre métabolisme et de notre métalangue de tunisiens désormais virtuels et furtifs, comment le monde peut-il s'étonner de sa déchéance ?

La TUNISIE est devenue indépendante en 1956 mais à ce jour pas encore libérée vraiment , ce fut un leurre ,on avait remplacé le vulgaire et ridicule casque colonial par la chéchia et le turban , les babouches , les trois pièces et l’attaché-case des indigènes collaborateurs zélés qui perpétuent jusqu’à ce jour l’ordre tyrannique des empires prédateurs , il n’y’a pas plus con qu’un arabe qui singe sa propre négation .La nation tunisienne ne vit plus que dans le désespoir au point de se demander si cette indépendance en valait vraiment la peine et si en fin de compte cela vaut la peine de vivre sa vie , cette vie de l’aumône et de l’arbitraire. Il a suffi dernièrement que la rumeur se propage sur l’éventualité que l’occident libère les frontières à qui veut quitter et brader sa terre pour que les de grands mouvements de foule s’organisent devant les consulats, et juste à côté à la portée d’un cri MOHAMMED ABBOU crève à petit feu et des centaines d’emmurés ont leurs visas pour l’enfer de ben Ali.

Si le désespoir est la forme ultime de résistance pacifique, il peut facilement basculer dans la violence avait écris un grand penseur. Lorsque, avec des politiques de toutes sortes (économique, sociale, culturelle), on confisque à l'ensemble d'une population son passé et son présent pour lui refuser l'avenir, alors il ne faut pas être surpris par les actions désespérées menées ces derniers temps de leur maudit sept septembre du renouveau , tu sais tous ces jeunes qui servent de nourriture aux poissons , ces centaines de bombes ambulantes sans mèches ni détonateurs un jour seront le cauchemar des tyrans et Carthage brûlera , des milliers de main sèmeront du sel sur ces ruines , SCIPION l’AFRICAIN se retournera dans sa tombe et quand même , les fleurs refleuriront entre les orties et les mauvaises herbes. Pauvre TUNISIE ma FATMA, elle qui n'arrive pas à se libérer d'une caste de maffiosi stupides dont les prétentions et les horreurs deviennent encore plus puissantes lorsqu'elles trouvent et elles trouvent de plus en plus d’échos chez les aliénés et les collaborationnistes tunisiens. Pauvre TUNISIE ma FATMA... Pour gagner du temps et perdurer, la dictature chancelante , branlante, misérable mais toujours debout, nous ressort à chaque fois une , deux ou trois reliques qui, au début font énormément de bruit pour donner l'illusion d'une rupture avec le système honni, mais qui, ensuite, n'hésitent pas à imposer le verrouillage de tout l'espace public , tu as l’embarras du choix , ces sicaires alimentaires paradent sur une mer de forfaitures , de CHARFI , CHAMMERI , les femmes « démocrates » , ettajdid , HALWANI ect…Pour rattraper son silence , son mutisme , son attentisme de presque vingt ans, le tunisien nouveau est arrivé , un résiné qui j’espère sera de première , un beaujolais HALLAL 100% MELLASSINE , DENDEN , MONTAGNE ROUGE et KABARIA pour que les nouveaux riches , les voyous sans âmes , les prostitués de ben Ali réapprennent le langage des bouges , de la fierté , de l’honneur et de la correction ,le tunisien nouveau fou à lier de vie et d’envie , plein de jus et de contradictions , il ne cesse de parler au point de dire une chose et son contraire et promettre à Dieu , à tous les saints et au diable de tout changer , l'école, la justice, les institutions , les rapports entre les gens pour, finalement peut-être, ne rien faire du tout , mais qu’importe ce qui sera fait après l’enfer ben Ali , et qui sera la chose du seul peuple tunisien souverain sera toujours mieux que le désastre ben Ali. L'homme, qui prend ses discours pour des réformes, reste fidèle à ses premières amours, le totalitarisme de Bourguiba en mille fois pire , fondé sur le parti unique , un parti de moutons et de mendiants ,une soupe populaire pour détrousseurs en gériatrie et des politiques conçues pour mettre au pas une société que l'on méprise , parce qu’elle porte en son sein tant de valeurs contraires à la barbarie , la haine et la terreur les mamelles de la dictature tunisienne . Ce mépris s'illustre notamment par l'indécence dont le dictateur fait preuve en recyclant d'anciens barons du crime, pourtant responsables de la tragédie actuelle avec son lot de misère sociale et de décadences.

Pauvre TUNISIE ma FATMA, elle que cette dictature nauséabonde a violée et défigurée par des diktats fondés sur des notions douteuses comme «le miracle tunisien» et la purification politique, morale, linguistique, etc. De cette Tunisie que je ne connaîtrais peut-être jamais j’entends ton rire qui fait mes vagues à l’âme.

 

 

La véritable république tunisienne postcoloniale se fera dans le future par nos conquêtes citoyennes et démocratiques , le vécu entre le départ de la France t son avènement , l’état de non être qui nous fut imposé par la dictature de Bourguiba et celui de ben Ali à la tête de leur parti unique , parti est un mot obscène , il serait plus juste de parler de capos et de clans maffieux .La véritable république qui mettra fin à cette déroute et cet échec national en Tunisie aura pour principe de base de réconcilier tous les citoyens isolés les uns des autres par la coercition , le mensonge et la violence des laudateurs de tout bord. Cet isolement stérile, mais ô combien efficace pour le pouvoir des tyrans, est en contradiction totale avec l’existence de l’histoire et la civilisation princeps de la nation tunisienne, qui imprègne une grande partie de l’historiographie de l’Afrique et du monde arabo-musulman, par le rayonnement de son cosmopolitisme, de ses hommes, de ses institutions et ses écoles millénaires. Tel est le fondement du multiculturalisme tunisien.
La généalogie du caractère national tunisien démontre que notre histoire , du point de vue sociologique , anthropologique et même ethnicisâtes ,a toujours oscillé sainement entre l’unité et la multiplicité, Oui notre société a toujours été et sans le savoir d’essence républicaine .Par essence et naturellement son républicanisme réside dans ce goût immodéré et extrême pour la diversité , aux démocrates donc de défaire la dictature , de jeter encore plus le pays dans le progrès humain , et de bâtir une république désincarnée , reposant exclusivement sur la citoyenneté , et la primauté du peuple souverain. Le sentiment et la certitude d’appartenance à cette nation tunisienne libérée de ses démons doit faire l’économie de toutes sortes de communautarismes, le débat des idées et le débat politique doit se limiter aux choix politiques et idéologiques dans les limites institutionnelles. La société tunisienne par son histoire et ses mélanges , tout naturellement , est l’héritière de l’universalisme tel qu’il s’exprime nettement et clairement dans les principes idéologiques du droit naturel , ou plus précisément dans l’idéologie des droits de l’homme. Le droit de la cité que les arabo-musulmans ont pratiqué en Tunisie est pour beaucoup dans cette évolution des mentalités générales et de l’esprit , le génie tunisien en particulier , aussi et partant de là , toutes les formes de vie sociales qui ne se déroulent pas dans cadre simplement défini de la cité , au service de la société , c'est-à-dire des citoyens , comme le despotisme , l’anarchie , ect…sont en totale contradiction et en opposition radicale avec le droit naturel. Pour IBN KHALDOUN, il existe non seulement une harmonie essentielle entre le droit naturel et la société civile, mais également une loi naturelle dotée de caractéristiques immuables.

 

Ta Tunisie ma Fatma...

Elle pourra faire partie de ce petit groupe de sociétés qui au prix d’énormes sacrifices et de souffrances accumulées se sont éloignés des contraintes avilissantes de la faim, de la misère, de l’arbitraire, de l’esclavagisme et de la maladie. Le progrès incroyable des sciences et des techniques nous interpelle et nous ouvre de nouveaux horizons, c’est une chance historique pour le haut degré civilisateur tunisien de prendre conscience des données du moment, de briser le carcan qui étouffe notre pays, de nous évader des routines, de la peur et du mutisme qui vident notre nation de ses énergies, des habitudes toujours pesantes qui bloquent notre sens de l’initiative , et des conservatismes aveugles et studieux de nos institutions qui, depuis longtemps, sont bafoués.
Quelle tristesse, quelle gabegie, quelle dérision de voir tant de valeurs et tant de cerveaux fructueux, inventifs, de notre peuple millénaire, éveillé, pacifique et entreprenant, englués dans le confort sordide de l’exil pur et pire de l'exil intérieur, malgré lui et comme paralysé par l’arbitraire des despotes qui pendant si longtemps nous exploitent et nous pillent aux seuls profit de leurs spéculations actives, que ceux qui ont tout pris sur eux des contingences et des contraintes soient toujours fixés et centrés par des médiocrates suffisants sur des choix dépassés.
Tout projet pour la Tunisie progressiste, démocratique, et valable, doit exclure et purger le pays des réminiscences même de ce système barbare qui a détruit ses fondements, qui l’a défiguré, tout projet doit être clair dans ses buts, ses objectifs et sa feuille de route simple et méthodique, transparente et lisible, il doit aussi sous peine de dérapages et de forfaitures s’inscrire dans sa double réalité historique et sociale.
Une nation moderne ne peut être qu’une communauté humaine, faite radicalement de son histoire propre, us et coutumes et traditions, et horizontalement de groupes humains divers de par leurs origines, leur éducation et leur culture qui la composent.
Notre projet , celui de la raison s'il est , et il l'est pour énormément de tunisien de tout bords j'en suis convaincu , dans nos aspirations arabo-musulmanes , jouit d’une double légitimité historique et culturelle, longtemps bouleversé, agressé, dilapidé, il doit absolument s’inscrire sur le long terme, expliqué sans aucune ambiguïté et dans toutes ses lignes, c’est en fin de compte seulement au peuple tunisien qu’il reviendra le droit de choisir sa société de liberté et de progrès, la seule qui pourra le réconforter dans cet espace arabo-musulman déchiré par les conflits et l’ignorance de ses tyrans et l’agression de toutes sortes de bellicismes prédateurs, le seul qui doit constituer une référence tunisienne pour toutes les générations à venir et rendre à notre beau pays sa mission civilisatrice qui a toujours été la sienne depuis l’aube des temps.

Les Tunisiens d’aujourd’hui sont totalement exclus de la société dans laquelle ils vivent et ne peuvent la comprendre; les lourdeurs et les abus administratifs, l’arbitraire bureaucratique, la violence étatique qu’ils subissent, le caractère catastrophique auquel ces crimes ont conduit, l’impuissance des oppositions et des idéologies d’importation à leur fournir des perspectives, expliquant et s’opposant à la morosité et à l’état d’abandon qui les érodent.

Les Tunisiens aujourd’hui plus que jamais au vu de leur statut social et national, au vu de leurs capacités et leurs potentialités ont du mal à comprendre et à expliquer la tyrannie qui les désintègre et le monde dans lequel ils vivent .La répression morale et civique de la Tunisie, le caractère irrationnel de la triste réalité du pays et l’impuissance manifeste des idéologies des oppositions subventionnées, médiatisées, acculturées et aliénées à leur fournir des perspectives qui les satisfassent , expliquent pour beaucoup ce retour aux sources somme toute naturelle, il est leur seule véritable réalité millénaire qu’il suffit de dépoussiérer et d’adapter complètement à leurs besoins quotidiens et contemporains. Beaucoup de nos compatriotes adhérent aux projets civilisateurs des techniques et des progrès mais sont aussi persuadés d'un monde complètement réformé et libéré de sa triste réaction semblable à leur passé de grandeur, libre, paisible, progressiste, rustique, convivial et familier. Ils ressentent au plus profond d’eux-mêmes, aussi et en même temps, l’inévitabilité du changement nécessaire, et d’accorder leur culture et leur savoir-faire avec les réalités nouvelles et les demandes créées par le progrès humain. Au vu des nouvelles générations ils aiment l’avenir plus qu’ils ne le redoutent car il est porteur d’espoir, l’espoir de se défaire des chaînes de la dictature, de la décadence et du néo-colonialisme à tous les niveaux.
Après l’indépendance vers les années soixante, la Tunisie, un des deux seuls état-nation avec l’Egypte du monde arabe était une société qui avait des potentialités énormes, à la fois traditionnelles et évoluées, elle était à la fois rurale et agricole, masculine et gérontocratique avec une hiérarchie respectable et respectée, la qualité de ses productions et de sa vie intellectuelle ou le talent de son art et de sa vie politique et son organisation sociale digéraient t et adaptaient le progrès et la modernité sans aucun complexe.
La dépendance totale à l’égard de la société de consommation est une des marques de l'agression la plus redoutable et la plus visible de la dictature au jour d'aujourd'hui. Les activités de base qui étaient exercées autrefois d’une façon rationnelle et autonome par le Tunisien , voire des fois par l’ensemble de la famille et du clan, des choses élémentaires comme se nourrir, se déplacer, jouir de son temps libre et de ses loisirs ont été transférés et complètement pris en charge par le système marchand, ce système qui en Tunisie ne tend vers aucun progrès, au contraire, assujettis entre les mains de bandes organisées de spéculateurs qui pillent le pays sous la protection vénale et rapprochée du régime dictatorial, qui applique à son seul profit ce système, et cela va de l’alimentation, la production à tous les niveaux à l’habillement, au tourisme, à l’organisation des vacances et des loisirs en passant par les simples soins de beauté, les cures thalasso ou la gestion de l’épargne familiale, un système de captation mafieuse , d’où il résulte la plupart du temps des dérives spéculatives et de fausses faillites avec d’énormes fuites de capitaux vers les banques étrangères off shore, il en résulte en fait de tout ce système un endettement et une dépendance catastrophique vis-à-vis d’un système économique mondialiste, spéculateur et marchand, basé sur les détournements et les montages crapuleux aux dépends des peuples et des nations.

Dépendance du citoyen au travail sans aucune garantie de la part du système de production , qui ne lui laisse aucune place à la réflexion et à l’organisation sociale, dépendance du quotidien à l’égard d’un système politique népotique et des centres urbains, et bien sûr ces dépendances accrues vis-à-vis du système dictatorial limite toute participation sociale intellectuelle et politique, même l’organisation naturelle d’une vie culturelle hors des carcans traditionnels de la propagande est complètement proscrite.
La communauté étroite et conviviale de jadis où tout le monde connaissait tout le monde, et où tout un chacun vivait de et pour l’autre et dans laquelle le citoyen se trouve reconnu et enserré, encensé par un réseau de cérémonies, d’affections, de solidarités depuis la naissance jusqu’à la mort, a fait place à l’industrialisation de la peur et de l’affairisme, et les relations sont devenues plus difficiles, diffuses, délétères et froides. Ces déviations voulues et planifiées par la dictature, pour mieux contrôler et soumettre la société tunisienne, ont permis le rétrécissement de l’horizon individuel, annihilé la liberté de chacun et cela dans tous les domaines, rendu plus fragile et plus ténu le progrès social et l’évolution générale du peuple tunisien.

La disparition des relations de voisinage, le cloisonnement des groupes sociaux, la déformation des réalités historiques, le manque crucial de liberté , l’uniformisation de l’espace et du temps dans une vie placée sous contrôle total, ont conduit à un effroyable univers éclaté et décadent où le lien de la proximité populaire s’est brisé, où règne la peur, le mutisme, la solitude et l’anonymat, et où tout un chacun éprouve dans son paysage lunaire ses impuissances, ses doutes , et dans la défiguration de ses paysages , il perd totalement ses repères et sa part de l'intime, bref la nostalgie d’une unité et d’un monde perdu où les lieux communs le poussaient à se surpasser et à briller pour le collectif en tant que citoyen, en tant qu'individu responsable.



Dans cette démarche réformatrice qui doit nous absoudre totalement de ben Ali et son règne calamiteux, catastrophique et criminel, la république doit s’affirmer à l’intérieur et à l’extérieur du pays comme la seule force de progrès possible, ouverte par sa diversité sur le monde et les autres, une fois la démocratie instaurée en Tunisie et la dictature aux oubliettes de l’histoire, après sa mise au ban de notre histoire, par une justice libre et indépendante , et l'application de sa rigueur contre tous ces criminels, bien entendu, qui ne laisse place ni aux doutes ni aux sentiments d’injustice qui longtemps ont fait de notre peuple un peuple d’esclaves. Ce vade-mecum de notre histoire jusqu’à l’indépendance qui semblait faire de nous un peuple émergeant du limbe du colonialisme, mais qui en fait nous a plongés, grâce à nos dictateurs maisons dans une servitude aussi néfaste et meurtrière que ce dernier. La Tunisie est un pays dominé sur tous les plans, sa minorité népotique et criminelle pérennise en fait la colonisation, une société émiettée, des citoyens écartelés, broyés, déboussolés, une société apeurée, une nation de serfs faibles et sans aucune réactions, aux idées à courte vue, qui vit dans la terreur de s’assumer, l’opposition est décalée de ses propres devoirs, elle est l’otage de ses calculs, ses lâchetés et du conformisme de ses compromissions. Engluées et otage du seul penser correct aseptisé à la traîne de ses propres chimères et utopies , non pas parce qu’elle pense toujours mal ou contre la réalité ou parce qu’elle ne jouit pas des solidarités internationales , mais dramatiquement parce qu’elle ne pense plus l’avenir de la Tunisie, elle n’a plus de projet national de mobilisation populaire, elle emprunte sans honte et sans vertu , bêtement , celui des autres , ce dérisoire immanent qui semble permettre à n’importe qui, sans aucune identification aux réalités tunisiennes, de s’approprier les attentes de notre société.
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