De l’occident
L’islam politique avec tout ce qu’il représente de singularités et de particularismes , s’oppose naturellement , intellectuellement et , refuse la thèse destructrice du choc des civilisations , thèse belliciste qui veut justifier l’injustifiable , et excuser , expliquer , donner une raison pragmatique et rationnelle aux menées spoliatrices , guerrières , colonisatrices , et racistes des coalitions néocons et sionistes .En fait il ne peut y avoir d’opposition Islam-Occident , la confrontation a toujours existé au niveau des minorités extrêmes , et le dialogue aussi a toujours existé sur tous les plans entre les deux cultures.L’islam politique de tout temps n’a jamais été une réalité aveugle , ni une réalité statique.C’est son exclusion du dialogue et du jeu politique dans nos pays , par nos éternelles dictatures soutenues , il faut bien le dire , par l’occident , qui en intensifie les courants les plus minoritaires et les plus radicaux.L’occident est plus que jamais à la croisée des chemins ,et doit absolument faire son examen de conscience par rapports aux peuples musulmans opprimés par leurs hommes de main , réduits au désespoir le plus ignoble , déchirés entre l’horreur des dictatures , et la tentation nihiliste des forces barbares et rétrogrades.Il est plus que jamais temps que l’occident démocratique , maître du monde , fasse confluer ses différentes approches , dépasser ses schémas manichéens ou bilatéraux qui ne le conduisent qu’à l’alternative des faibles et des égoïstes.D’un côté , face au phénomène de radicalisme de survie , de violence , de terrorisme , continuer à estimer diaboliquement qu’il est de moindre mal , un mal plus que plus que nécessaire ,et continuer d’appuyer des dictatures barbares et fascistes ,comme celle de ben Ali et toutes celles qui dominent le monde arabe sans exception , de l’autre, face à la confrontation bilatérale , malheureusement imposée par un état d’esprit et une grille de lecture colonialistes aux peuples musulmans , laïcité –religion , progrès –archaïsme, modernité-fondamentalisme ; choisir malgré tout de soutenir les forces qui expriment la volonté majoritaire , même si leurs positions sont aux antipodes de celles de l’occident , comme l’élection du HAMAS par exemple , en commençant par boycotter les dictatures et les ignorer , ce type d’approche est le seul efficace pour éloigner les peuples arabes et musulmans de toutes tentations extrémistes.L’occident pour sa propre survie , plus encore aujourd’hui , doit absolument aider les réformistes arabes et musulmans dans leurs propres projections modernistes , agir dans ce sens ,avec la façon la plus efficace et la plus pragmatique possible , rendrait certainement le monde bien plus sûr.Participer sans aucun préjugés ou a priori au débat culturel de fond qui agite nos sociétés , nos jeunes sociétés , un débat culturel qui est aussi idéologique et conceptuel , c’est la seule façon raisonnable , pour lui , de combattre les extrémismes . l’extrémisme le plus dangereux et le plus mortel chez nous , surtout en Tunisie , c’est bien la dictature et pas autre chose.Si l’occident croit encore en ses valeurs fondamentales , il doit se résigner à ces réalités , par une affirmation forte de ses idéaux auprès de nos peuples , en les respectant , en les considérant comme des partenaires possibles , et non pas comme des peuples mineurs exploitables à souhait , l’occident , dans le subconscient collectifs des peuples arabes et musulmans , doit s’affirmer , non pas par sa violence directe ou indirecte , mais par une solidarité foncière , et des projets concrets dans le sens d’une société plus humaine , d’une éthique mondiale pour les nations.Aider les forces culturelles , politiques , religieuses , les forces réformistes investies depuis longtemps dans la confrontation dialectique , politique , culturelle , avec les forces qui veulent l’aliénation et la globalisation maffieuse de la modernité.
Il est temps que l’occident fasse sa mue et comprenne pour sa propre survie , morale , intellectuelle et matérielle même , la récente crise iranienne en est la preuve , que c’est en s’alliant aux forces de progrès , aux réformistes musulmans qui sont la véritable majorité dans nos pays qu’il réussira peut-être de contrer l’extrémisme , non pas en soutenant les horribles dictatures qui les oppriment et ramènent leurs pays au Moyen-Âge.Ce combat sera autrement plus difficile et plus crucial que celui mené contre le pacte de Varsovie.
En effet combattre une idéologie basée sur un système culturel et économique plus que vicié au départ est une chose, mais diaboliser comme le font les tenants des chocs de civilisations , les néocons et les sionistes , l’imaginaire fou des évangélistes prosélytes et incendiaires , combattre au propre comme au figuré et avec tous les moyens possibles et imaginables , une culture et une religion qui existent depuis presque mille cinq ans en est tout autre.L’extrémisme islamique s’attaque en premier lieu au génie musulman , et à son élite , cet extrémisme , cela coule de source , prend souche à cause de sérieux et profonds problèmes politiques , sociaux et économiques , un déficit humain , qui ne seront jamais résolus par la répression, bien au contraire.
De la justice
Toute institution démocratique qui sera mise en place à la libération de la Tunisie ,et en premier lieu , la justice , sans qui , rien ne pourra être possible , elle est le fondement et la base de tout .La Justice justement pour préserver et pérenniser les libertés citoyennes , doit avoir un double statut .En tant qu’espace social , elle doit réglementer et sanctionner ; en tant qu’institution constitutionnelle , elle agit , à travers chacune de ses activités, pour que tout tunisien puisse accéder à une liberté raisonnable et fondamentale.
Elle doit donc s’obliger de lier deux exigences.D’une part, organiser son fonctionnement en s’appuyant sur un système de règles et aussi d’interdits, dont l’application doit être juste ; d’autre part, mettre en œuvre des situations qui permettent, aux tunisiens libérés et libres, de se constituer progressivement en sujets, en citoyens qui délibèrent et agissent lucidement.
J'entends bien je ne suis pas assez naïf pour croire que le renouveau et le printemps reviendront avec la disparition de ben Ali.Dans le subconscient collectif tunisien , dans notre façon de faire en général , le poison , de ces plus que cinquante ans de parti unique et de dictatures , a fait son oeuvre , et je ne suis pas loin de penser qu'il faudra des générations , pour que nous deviendrons en tant que peuple, des gens "normaux" , c'est à dire fonctionnel selon une grille de lecture simple , transparente , sans aucune schizophrénie ni paranoïa.
Je pense que vous avez compris le mot justice dans son sens littéral, moi j'essaie d'en parler dans son sens philosifo-politique, c'est à dire la justice en tant qu'institution fixant les limites des libertés publiques afin d'éviter tout débordement extrémistes, et même les limites législatives pour protéger les droits des minorités, préserver le droit au recours, à l'alternative ect...
En fait , je réclame rien à la dictature , mais je pense qu'une fois la démocratie instaurée en Tunisie , avec un parlement souverain , le chantier le plus important pour justement sauvegarder les libertés publiques , sera l'institution judiciaire , car elle porte en elle la loi et l'esprit de la loi républicaine (monarchique aussi , il n'en reste pas moins , que c'est une institution fondamentale sous toute forme de régime , pour la paix civile et la protection des biens et des personnes).La justice n'est nullement une revendication droil'hommiste , bien au contraire en tant qu'institution , c'est un socle essentiel garant de l'existence d'une société de progrès, et de toutes les affaires publiques.Une institution de justice assez forte qui domine le pouvoir politique , sans pour autant basculer sous la coupe d'un pouvoir des juges , juges qui sont là pour vérifier que la constitution , le droit et la loi républicains sont appliqués , et non pas pour légiférer .Une institution judiciaire qui sera un contre pouvoir au pouvoir politique qui sera toujours tentés par le rapport de force , justement , et là je rejoins vos légitimes préoccupations , aura aussi et je dirais même surtout à lutter contre l'extrémisme , la corruption , la dégénérescence et la déliquescence sociaux , les détournements , la corruption ect... en bref contre tous les maux endémiques d'aujourd'hui, qui caractérisent la Tunisie soudoyé et violée par ces dictatures post-coloniales.En résumé je ne revendique pas une justice disons "petit bras" qui se contente de régler les problèmes de forme , mais d'une justice qui sera le fond d'une nouvelle société qui se remettra totalement en cause , sans pour cela nier ni sa culture ni son histoire.Les tunisiens ne pourront jamais s'absoudre de la dictature , mais ils peuvent s'en guérir , pour cela malheureusement il faudra du temps , encore beaucoup de sacrifices , du travail , et aussi des institutions réalistes , pragmatiques , honorables sous l'égide d'une institution judiciaire impavide et intemporelle qui veille à l'application des lois et de la constitution , émanations du seul peuple souverain.Bien entendu je vous rejoins sur la plus part de vos remarques sur l'état général de la mentalité qui sévit dans notre pays actuellement , et qui demain à sa libération ne disparaîtra pas d'un coup de baguette magique , et dans ce cas de figure , j'espère qu'une institution judiciaire forte sera le métronome essentiel pour la remise en marche du pays dans le bon sens , j'espère , qu'elle sera morale , respectueuse des droits et des devoirs , audacieuse et , qui ne confondra pas l'autorité nécessaire avec l'autoritarisme.
C’était une fois
Je ne sais pas pourquoi, au cours d’une promenade dans la frontière sud ouest de la Tunisie, ma Tunisie gironde à me crever les veines, à me redonner une seconde jeunesse et merde aux artères, m’est soudain revenue en mémoire l’allusion que SK avait faite à Bilel notre contrebandier et "haregue" intellectuel, fils de Bab Ejedid et grand amoureux de la montagne et du ballon rond. Étrange chose n’est-ce pas : «Quand la mémoire va chercher du bois mort, elle ramène le fagot qui lui plaît» dit quelque part un conteur dont je crois me souvenir qu’il est arabe du DJERID , mais qu’importe tous les bons conteurs sont arabes et ont de forte chance d’être des natifs du DJERID .Ce conteur qui avait ébloui SK , de toutes les façons, aussi , il ne pouvait être autrement , son arabité autant que son islam sont jubilatoires, sains , et plus qu’humain , mon ami et mon frère qui survit depuis un an et des murmures dans la quatrième dimension de la non- vie , que Dieu dans sa miséricorde et son immense générosité le bénisse . Il n’y avait aucune relation entre ma promenade tranquille dans ma patrie et le souvenir de SK , logiquement .Mais moi la logique comme Descartes depuis ma premiére acné m’ont jeté dans les bras de la folie , je lui ai souvent fait ses courses , à la folie , jamais je n’ai bradé un seul instant du bonheur , ni ulcère , ni insomnie , rien que la démesure en tout dans les nues ou au ras des pâquerettes , tout ce que j’aime n’a pas de fin , ni les idées , ni les hommes. Quoi qu’il en soit, cette réminiscence s’est peu à peu construite dans ma tête avec l’évidence des vérités historiques avec lesquelles par lassitude je ne pouvais absolument pas tricher, tricher est un verbe plus que noble, il te permet de te couler entre les gouttes des infamies et de ne rien ignorer de la bonté de toutes les choses. SK était un politique brillant qui avait comme beaucoup remis en cause les pratiques de certains caciques et autres arriérés d’ENNAHDA , notre amitié était partie d’amis communs , nous n’étions ni du même bord , ni même de la même culture politique , en bref nous nous sommes retrouvés au niveau des idées quand il avait été exclu arbitrairement d’ENNAHDA et assigné à l’enfer de l’oubli par le pouvoir politique français de l’époque sous la botte de Pasqua à la demande de son ami intime ben Ali , grand protecteur du fils PASQUA un gangster cherché par Interpol , un peu comme le frère de ben Ali et réfugié d’ailleurs l’un comme l’autre dans notre pauvre pays.Ce beau pays qui au fil des ans est devenu un sanctuaire pour toutes les maffias . Très engagé politiquement, dés son plus jeune âge , il avait très vite choisi une structure politique qui remettait en cause le pouvoir dictatorial de Bourguiba.Aujourd’hui en ces années de turbulences , lui sur sa chaise roulante , moi et Fatma plaisantant de sa réclusion de DIGNES , aujourd’hui plus que jamais , je me rends compte de la force d’amour que ce petit homme avait et a pour sa patrie , aujourd’hui je me rappelle plus que jamais et avec tendresse d’il y’a plus que trente ans quand il organisait dans mon quartier de Denden des réunions clandestines chez feu SAHNOUN JOUHRI , qui était plus qu’un frère pour moi , à l’époque je n’avais jamais accepté d’assister à ces réunions , je n’étais qu’un passager , ma vie se passait en France , la musique comptait plus pour moi que la politique , et même l’islam.Pourtant mon ami SALAH KARKER est un fin mélomane , c’était le destin , déjà en ces temps là , je n’avais même pas pris le temps de bien le connaître.
Un an dejà, ici dans notre silence partagé par la force des choses, tu es plus loin qu’à DIGNE-les-BAINS.