LE CHOIX ULTIME DE NOTRE VIE
Par
Fadila
La mauvaise gouvernance au niveau politique crée une onde de choc qui diffuse ses effets négatifs dans tous les secteurs de la vie nationale, lesquels effets vont s’amplifiant par inertie, comme
une voiture poussée sur une pente raide, moteur éteint et embrayage au point mort.
La dictature de BEN ALI est assimilable à un crime contre l’humanité. Ses dégâts avilissent tant les tunisiens que l’environnement. Le destin commun des tunisiens, hommes, femmes et enfants
qui composent la nation tunisienne, est une chose tellement sérieuse qu’il ne faut pas la gérer à la légère, la galvauder, comme c'est le cas depuis la pseudo-indépendance , il y va de
la vie et de la mort de milliers de tunisiens, de leur dignité, de leur droit au bonheur, à la paix et à l’amour.
La déroute tunisienne a des origines historiques lointaines, mais tellement lointaines que leurs effets s’évanouissent graduellement, au fur et à mesure que la géopolitique internationale change et
que l’armée de technocrates, mercenaires et spéculateurs tunisiens voit ses rangs gonfler.
C’est vrai qu’avec une histoire multiséculaire, relayée par une colonisation destructrice, le tout couronné par une dictature caporaliste, le tableau est plus que complet pour justifier un bilan
plus que négatif! Dramatique.
Le colonialisme, par son côté inhumain, avait avili les tunisiens ; la colonisation, avec son paternalisme tenant lieu d’instruction, l’avait infantilisé ; et enfin la dictature, par son cynisme,
l’a chosifié.
Le zombie sorti d’un tel parcours historique ne pouvait logiquement avoir ni la solidité mentale, ni les ressources intellectuelles et morales nécessaires pour animer avec succès les structures
d’un état moderne, de surcroît dans un pays dévasté par la corruption, et aux ressources trés limitées.
Nonobstant tous ces antécédents historiques, on ne peut plus aujourd’hui, soixante années après l’"indépendance", continuer à attribuer le retard socio-économique de la TUNISIE aux autres, ou
aux lacunes de la colonisation française , aux seuls maux historiques qui ont à l’évidence retardé notre développement, mais dont les effets néfastes s’estompent de jour en jour, et n’attendent de
notre part que l’estocade finale pour disparaître à jamais, et cela ne peut-être que par la disparition de la dictature et la démocratisation de notre pays.
L’échec tunisien est, aussi, à rechercher dans l’homme tunisien lui-même. Et c’est heureux qu’il en soit ainsi, car cela signifie, par déduction logique, que la clé du bonheur et du
paradis tunisien se trouve aussi dans les mains du même tunisien. Personne ne viendra nous donner notre liberté comme un cadeau extérieur. Mais si nous refusons obstinément de nous prendre en
charge et nous libérer, totalement, préparons-nous alors à mourir idiots.
Martin Luther King disait :
« Il nous faut apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir ensemble comme des idiots ».Et ceci est une réalité des
singularités disparates des tunisiens; Le verdict sans appel est que le tunisien, depuis l’indépendance politique voilà soixante ans, n’a pas encore opéré le sursaut de conscience apte
à le doter de l’idéal prométhéen indispensable à la prise en mains de son destin, étape préalable vers la construction de son devenir, pierre après pierre.