LA RUPTURE
Par
Bilel
La violence civile et violence sociale possible dans l’avenir incertain, de la Tunisie, et porteur de tant d’inconnues et de risques, tellement Zinétron et ses
chaouchs ont depuis toujours bouleversé les structures de la nation tunisiennes et ses acquis surtout, les plans semblent être le phénomène le plus angoissant, qui menace de
devenir la plaie sociale la plus corrosive et la plus génératrice de chaos pour les tunisiens de bon sens, les tunisiens civilisés et mâtures, ceux de l’opposition démocratique, et certains à
l’intérieur du système de ben Ali même, qui grâce à eux surtout, la Tunisie tient encore plus ou moins le choc, ceci est une réalité évidente, il ne s’agit pas de chiffrer, ni de
distribuer des bons et des mauvais points, l’histoire en son temps se chargera de cela, doivent faire le bilan du pays. La violence politique de la dictature de ben Ali,
dérives quotidiennes et permanentes, accompagnée de faits persistants de violence civile, fait de l'insécurité en cette Tunisie dite par la propagande officielle, la Tunisie de l’ère
nouvelle, un problème récurent, qui affecte tous les tunisiens, quelques soit leur condition et leur état d’âme, ainsi que, les secteurs, les couches sociales, la constitution
galvaudée, les institutions réduites à leur plus simple expression de l’apparat dans les détournement et le parjure constant,et les appareils du pouvoir d'un Etat asservis par un
dictateur hors la loi et hors toute réalité, suicidaire, dangereux et malade. La diversité de plus en plus étendue des expressions de la violence civile n'est pas nouvelle, et
pis, elle s’accentue de plus en plus sans aucune limite, autre qu’une contre violence, qui à mon sens sera aussi extrême et très grave pour la Tunisie. Depuis la décolonisation rien n’a
changé sur ces questions fondamentales, au temps de la colonisation, cette violence était somme toute « naturelle », logiquement elle devait accoucher d’une Tunisie nouvelle et d’un tunisien
nouveau, mettant la liberté au-dessus de tout. les français étaient des colons exploiteurs , ethnocidaires et même dans certains cas génocidaires, il n’y’ a pas de colonisation à visage
humain, toute forme de colonisation est liberticide , horrible esclavagiste, celle qui coule du mépris marchand des canonnières dominantes, comme celle de l’intérieur, celle
de Bourguiba et de BEN ALI qui perpétue un néocolonialisme ,qui n’a rien à envier à l’autre, celui des empires et des dorures. Mise à part la délinquance commune, apparaissent
avec force depuis le début de cette fausse indépendance tunisienne, ces séquelles incontrôlables de la désintégration sociale que sont l'appauvrissement accéléré et l'exclusion sociale. La
vague de violence, en termes de crime organisé et d'usage de la torture, achève le tableau du paysage politique tunisien, où les tunisiens pour les élections truquées de 2009 sont appelés à
faire acte de présence et de figuration bien entendu. L'action des milices du RCD, voyous et policiers, rend de moins en moins perceptibles les frontières entre le crime de droit commun et le
crime politique. Dans toute la Tunisie, les bandes de délinquants et les réseaux de criminels liés au parti unique RCD et grand banditisme maffieux et international, apparaissent souvent en
relation avec des fonctionnaires, politiques, policier et membres des forces de sécurité au service de la dictature, totalement contre le peuple tunisien dans sa grande majorité
La délinquance et le crime organisé, qui sont politiques et matériel en Tunisie, l’un ne va pas sans l’autre, accablent la population civile tunisienne. C'est ce que les tunisiens, malgré
leur mutisme, perçoivent comme le problème principal et générateur de nouvelles pathologies de la peur. Outre que cela stimule la persistance de l'impunité politique des appareils de l’Etat
dévoyé de ben Ali, on est en train de cultiver de la même façon une sorte d'impunité sociale et de nouvelles réactions de violence sociale défensive, il ne faut pas croire que SOLIMAN, REDEYEF,
GAFSA etc. sont des incidents isolés , que tout est rentré dans l’ordre. A partir des liens existant entre des milices et des formes de conditionnement par le faux, l’usage du faux et la propagande
la plus absurde encouragées, et planifiées par la dictature, de nouvelles modalités de contrôle social voient le jour. Etant incontrôlables, la criminalité et la violence sociale justifient
dangereusement le renouvellement du rôle des milices et des polices nationales privatisées.
La corruption de fonctionnaires, d'organes et d'institutions de l'Etat tunisien au service de BEN ALI, incrustée dans tous les appareils du gouvernement depuis l’indépendance, et les
situations nouvelles sur le plan international rendent impossibles toutes les applications constitutionnelles et révèlent un manque de confiance, des tunisiens, dans les
institutions et les systèmes politiques en général, c’est en fait l’objectif atteint de la dictature, et la défaite consommée des démocrates tunisiens, qui se marginalisent les uns les autres,
souvent avec un sucés qui dépasse l’imagination, surtout celle de l’Ubu de Carthage. La corruption évidente et scandaleuse des fonctionnaires de tous les organes de cette dictature policière
imposée, des institutions, des partis politiques et des corps de sécurité est présente dans toutes les régions tunisiennes et musèle efficacement l'opinion publique tunisienne et
internationale. Mais les tunisiens, heureusement, perçoivent la corruption comme un problème qui les concerne. Ce qui est nouveau, ce sont, malheureusement, la disponibilité de
beaucoup, à admettre qu’il faut employer la violence, contre cette dictature barbare et violente, en fait, dans sa projection la dictature veut ramener les tunisiens en général, à son niveau
de dérèglement et les réduire à ses sommations, le rapport de force est de son côté.
Cette dérive d'ingouvernabilité organisée en Tunisie a des effets pernicieux sur le projet démocrate de l’ Etat de droit et sa fragilité, sur l'adaptation institutionnelle aux nouvelles
situations et exigences sociales modernes, sur la légitimité et la crédibilité des systèmes politiques, et sur la qualité morale des secteurs du pouvoir de l'Etat pour protéger et garantir
l'application des droits de l'homme, et particulièrement les droits civils et politiques spécialement concernés par l'impunité. L’incohérence des partis de l’opposition démocratique, à
s’organiser en une force nationale, est certainement inscrite dans la stratégie de ben Ali.
Ce travers politique irrationnel de notre opposition démocratique est pratiqué de si longue date, que son constat ne vaut même plus la peine que l'on s'indigne. Par pur opportunisme
politique, nombreux sont ceux qui choisissent la facilité de refuser ce qu'ils n'ont pas la volonté d'explorer. Ainsi s'explique la profusion de procès faits aux particularismes de certains, soit
disant coupable de fragiliser les équilibres traditionnels des partis reconnus par la dictature, de réveiller le feu dormant des contentieux historiques et d'inciter les tunisiens à la contestation
stérile. Les politiques qui répandent ces accusations font délibérément l'impasse sur un fait pourtant patent. Tout en se prononçant en faveur de l'ouverture, la plupart des autorités politiques de
notre pays se sont limités à une démarche minimaliste. Elles ont récupéré (ou plus exactement recopié) dans le modèle démocratique occidental les attributs institutionnels, mais se sont passé de
l'esprit qui devait les accompagner. Or cet esprit est essentiel, car il constitue une invite permanente à l'innovation, à l'originalité et au penser libre, en cela je suis en accord total avec des
gens comme MONCEF MARZOUKI ou MOKTAR YAHYAOUI ; A.MANAI ect…qui sont si différents sur la pensée politique , mais aussi très réalistes et très pragmatiques quand à la capacité des tunisiens à
s’unir sur un projet commun minimum, capable de bouleverser le paysage politique tunisien, et cela ne laisse aucune place à l’unilatéralisme et à l’aventurisme..
Toutes les vertus, inhérentes à la démocratie, ont besoin pour s'exprimer d'actions et de stratégies formelles, ainsi que de vraies tribunes, et si possible de grandes voix, tout cela existe
bel et bien dans l’opposition politique et démocratique tunisienne, ce qui manque c’est la volonté de FAIRE, sans arrière-pensées. En effet, et il faut l’accepter en tant que tel, que c’est
dans ces approches que se développent les analyses les plus pertinentes, mais aussi les plus sévères et que se disent les vérités les moins agréables, mais où se forgent les principes et les
convictions les plus solides qui ne laissent aucune place aux compromissions et aux atermoiements. Ces vérités cependant ne peuvent souffrir d’aucun déficit de lucidité. Aujourd’hui dans notre
opposition démocratique aussi, à un degré moindre que dans la dictature et quelques fois, la liberté de parole y est trop souvent bridée par des contraintes partisanes, tribales et
souvent sectaires, dont il serait hypocrite de nier la force et pis, la force de nuisance et le pouvoir de démoraliser et de démobiliser beaucoup trop de consciences tunisiennes,
et à les pousser vers l’individualisme et l’indifférence. Il nous faut dans les contingences des courants démocratiques tunisiens générer une formidable libération de la parole et un
bouillonnement intellectuel sans précédent, la société civile tunisienne a bien du mal à prendre de la carrure, depuis que le politique de la gestion des ego a assis sa prépondérance. Le discours
de ses représentants n'est que très périodiquement audible, et surtout sur les médias internationaux. Il ne prospère qu'en période de crise, lorsque la défense des droits de l'homme et la
dénonciation des dérives autoritaristes ont besoin de porte-voix supposés emblématiques.
Notre société civile tunisienne, sur le papier est une des meilleures du genre, se laisse endormir dans la routine du quotidien. En oubliant que pour bon nombre de tunisiens ordinaires, ce
quotidien en apparence banal, est atroce, il est porteur de tares terribles et graves pour l’avenir de la nation tunisienne. Notre société civile, du moins celles qui est sous les
sunlights événementiels, subventionné et aidé par la solidarité internationale, s’est désengagée d'une présence dans le quotidien tunisien, elle a perdu toute possibilité de peser
vraiment sur les événements lorsque arrivent les circonstances exceptionnelles où son intervention (ou son intercession) devient nécessaire.
La Tunisie dans son espace démocratique se retrouve en souffrance d'une grande voix ; d'un grand témoin ; d'une personnalité qui aurait le courage de fustiger sans complaisance, et l'autorité
morale suffisante pour faire accepter l'impartialité de son jugement, pourtant les potentialités ne manquent pas, il suffit pour tous de mettre le bleu de chauffe, et d’assumer ses responsabilités
devant l’histoire, c’est à ce prix , que nous pourrons espérer la mobilisation générale des tunisiens pour marginaliser la dictature, par le pacifisme, la désobéissance civile, et le refus de
l’arbitraire et la mort qui sont la seule raison d’être de la dictature. Nous sommes aujourd’hui dans le besoin de l'utilité d'une conscience morale qui de temps en temps se
ferait la voix des sans voix et donnerait à entendre le souffle du pays vrai.
Mais une stature nationale ne s'accapare pas, comme l'ont tenté certains. Elle se construit pendant des années de prises de positions courageuses et désintéressées, ainsi qu’avaient réussi à le
faire certains opposants tunisiens.