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Pluies de mai (II)

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Pluies de mai (II)
Par
Mizaanoun

(Quand Sarkozy se découvre l’ami des pays musulmans et arabes qui sont pour l’ouverture, la tolérance, la paix et la stabilité)

 

Une lecture biaisée des choses.

Dans son éditorial, le quotidien espagnol El Pais du 12 décembre 2007, analysant les évènements qui ont eu lieu quelques jours après la visite du président français Nicolas Sarkozy a écrit : « L’Europe et surtout les pays du sud ont plus d’une raison pour s’inquiéter devant l’escalade terroriste qui vient de secouer l’Algérie. Ce n’est pas uniquement parce qu’elle menace les structures économiques du pays nord-africain, un des principaux fournisseurs de gaz de l’Union Européenne, mais aussi pour ce qui est de nature à constituer un front de fanatisme aveugle dans un territoire contigu susceptible, dans le futur, de servir de base à des actions hostiles sur son flanc sud.»

Il est bien clair que dans l’esprit occidental la première priorité et toutes les priorités passent par l’assurance de l’accès, sans entrave aucune, aux sources des matières premières pour qu’elles soient en  abondance sur le marché au plus bas prix – des prix souvent symboliques – pour garantir – selon la doctrine Carter – le bon fonctionnement de la globalisation. Par la suite vient la sécurité, celle du monde occidental bien entendu.

Ce n’est certainement pas le seul journal européen ou occidental qui interprète les choses d’une telle manière. Toutes les déclarations des gouvernements occidentaux vont dans le même sens et font la même lecture des évènements et des choses quand ce ne pas eux-mêmes qui s’y trouvent directement à l’origine. C’est une lecture biaisée qui se fait à partir de prisme d’un égocentrisme  profond, conjugué à des intérêts économiques et géostratégiques dépourvus de toute légitimité. Tous ces intérêts dont on parle ont été  constitués à la faveur de la présence coloniale d’hier de chacun des pays occidentaux séparément  et renforcés par la  domination occidentale  féroce et collective d’aujourd’hui. Des intérêts imposés par la force du feu et du sang en premier lieu et par la loi de la force par la suite. Logiquement aucun pays libre et souverain n’est tenu ni à les respecter ni à les valider comme tels et encore moins à perpétuité et aux dépens de son progrès et des propres intérêts de sa population et de ses valeurs. Et tel qu’on ne cesse de le constater il n’est malheureusement pas le cas. Les dictatures sont installées là où elles se trouvent justement pour tordre le coup à la logique à la vérité et ainsi faciliter la continuité de la domination occidentale.

Faut-il s’étonner de ne trouver dans ce genre d’analyse aucune référence réelle aux intérêts et à la souveraineté des autres peuples? Quant aux arguments sécuritaires, ils sont d’un cynisme écœurant. Depuis plusieurs années, avant que n’apparaisse aucun groupe armé de n’importe quelle nature que ça soit, l’OTAN avaient déjà mis sur pieds des plans d’interventions militaires dans toute la région du sud de la méditerranée. Ces plans sont révisés et mis à jour avec tous les armements nécessaires y compris les missiles, les avions, les porte-avions et toutes les munitions appropriées. La plus grande partie de ces armes est stockée le plus proche de la zone, c’est à dire dans les pays du sud de l’Europe comme l’Espagne, la France et l’Italie. Les manœuvres militaires occidentales se déroulent aussi de manière cyclique dans les eaux territoriales de tous les pays du Maghreb. Elles ont lieu officiellement avec la participation des forces armées de ces pays en tant que forces « amies  ou alliées». Et ce sans compter les éléments de services de renseignements militaires qui résident en permanence dans tous ces pays et sont déguisés sous des formes et des dénominations multiples qui va du corps diplomatique jusqu’aux organisations dites humanitaires. Un renfort de renseignement militaire supplémentaire encore plus sophistiqué est en train de s’organiser sous la houlette de l’Administration américaine qui sera encore plus étendu pour couvrir toute l’Afrique du nord et la partie de l’Afrique saharienne. Cet organisme américain est connu sous les sigles AFRICOM. Évidemment quand le journal parle d’éventuelles futures actions hostiles dirigées vers le flanc sud de l’Europe, il prend nécessairement les lecteurs pour des naïfs ou tout simplement il s’adonne à un exercice d’intoxication. Et ce n’est pas tout.

D’autre part, l’Occident dans son ensemble, loin d’être dissuadé par les échecs multiples, malgré les destructions massives et les centaines de milliers de victimes, en Afghanistan, en Irak,  au Pakistan et ailleurs, est loin de renoncer à son hégémonie et chaque jour on apprend un peu plus sur les réajustements qu’apportent l’un ou l’autre de ses différents organismes militaires, ses chefs de file politique ou intellectuel.

 

Une base navale française aux EAU, comme au bon vieux temps.

 

M. Sarkozy, précisément c’est lui, en tant que nouvel acteur en plein déchaînement sur la scène nationale et internationale, avec son programme de rupture générale avec tout et avec tous. Il dit qu’il veut tout changer sur tous les plans y compris le sentimental (Ou de l’intimité. Comprendra qui voudra). D’ailleurs de la théorie à l’action. Dès son entrée à l’Élysée il a rompu avec sa deuxième épouse Cécile. Quelques deux mois après il a rompu avec la période de grâce dans ce genre de questions de cœur. Car qui aurait cru que le monsieur, donné comme follement amoureux de Cécile allait tomber amoureux aussi follement d’un sosie de celle-ci ? – Et en plus là aussi il rompt avec les moules et fait tout un spectacle avec sa nouvelle conquête qu’il promène du Disneyland de Paris à Louxor en Égypte en passant par Pétra en Jordanie. Pour les frais de ces voyages d’amour, il rompt aussi, comme il dit avec ses prédécesseurs qui facturaient sur le compte du contribuable, et se fait offrir des avions privés et des palais aussi privés. Tout le monde, en France, sait aujourd’hui que le fournisseur de moyens de transport aérien au chef de l’état, c’est l’homme d’affaires monsieur Bolloré. Pour le logement, c’est la découverte, car aucun de ses prédécesseur n’avaient jamais joui de tant de générosité de la part des émirs du Golfe qui ont mis à sa disposition, à titre amical, leurs  palais privés en Égypte ou en Jordanie. Ils sont sans le moindre doute aussi disposés à en faire de même pour les prochains voyages privés de M. Sarkozy, dans n’importe quelle région arabe ou même dans le monde entier. Les émirs du Golfe ont des propriétés seigneuriales partout. 

Donc après tous les contrats milliardaires dont on a parlé dans la première partie, monsieur Sarkozy a poursuivi sa marche triomphale et s’est rendu dans la région du Golfe. Tout d’abord, au cours d’un discours à Ryad, le 14 janvier dernier, il s’est félicité de « l’Islam modéré » mis en application par les dirigeants saoudiens et a remporté de nouveaux succès considérables dans le domaine économique. Entre quarante et quatre vingt milliards de dollars de contrats, dont un pour la construction d’une « ligne de chemin de fer » reliant la Mecque à Médine et d’autres dans le domaine du nucléaire civil. Par la suite il s’est rendu à Qatar pour rencontrer un autre de ses « grands amis  arabes » du Golfe, l’émir Hamed ben Khalifa Al-Thani.

Oui ce monsieur, qu’on a vu debout aux côtés de M. Sarkozy pendant le défilé du 14 juillet 2007. Bien que la caméra n’ait pas insisté trop longtemps dans la prise de vue, c’était largement suffisant, sur le plan esthétique,  pour distinguer le contraste entre le nouveau chef d’état français en tenue sombre comme l’exigent les circonstances, dans sa taille modeste et un corps plus ou moins svelte, alors que son hôte, gros et gras, le corps drapé de la tête aux pieds dans ce qu’on appelle le costume traditionnel de la région du Golfe  à la couleur blanc – sale  brodé de fil d’or. La scène était insolite. Beaucoup de français et probablement aussi  beaucoup d’arabes se sont-ils posés la question sur la présence d’un tel invité de marque! Le peu de temps qu’a duré la retransmission de cette image on voyait parfaitement le regard du président français tourné vers le lointain. On dirait qu’il scrutait l’horizon tout en ignorant la présence apparemment étrange du personnage qui était à ses côtés, mais la réalité est d’une toute autre nature comme vont  le révéler les détails de la visite qui va avoir lieu quelques mois plus tard.

En effet, ce jour-là du 14 juillet, l’émir était invité pour plusieurs raisons. La première est  qu’il voulait être parmi les premiers à venir féliciter le nouveau président français. Monsieur Sarkozy est connu de longue date pour, au moins, son très peu de sympathie pour les arabes et les musulmans où qu’ils se trouvent, en France comme immigrés, ou chez eux. C’est un sentiment que monsieur Sarkozy partage profondément avec les classes populaires françaises, chose qu’il leur a parfaitement démontrée tout au long de sa carrière politique aux différentes institutions mais surtout en tant que ministre de l’intérieur. D’ailleurs c’est sur la base de ce sentiment teinté d’xénophobie et transformé en tout un programme politique  que les français vont l’élire. Donc l’émir et tous ses homologues du Golfe ou les autres despotes arabes sont toujours ravis à chaque fois que la droite pure et dure arrive au pouvoir dans n’importe quel pays occidental. Ça leur donne plus de sécurité quant à leur avenir personnel et plus de latitude  professionnelle dans le contrôle féroce qu’ils exercent impitoyablement sur leurs populations respectives. La deuxième raison à la visite réside dans les énormes contrats milliardaires à la vue que l’émir est venu en personne discuter avec M. Sarkozy et ainsi les confirmer. Un bon nombre de ces contrats se sont effectivement concrétisés par des achats milliardaires à EADS rapportés déjà dans la première partie de cet article et le reste vient de l’être au cours de ce dernier voyage en question de M. Sarkozy dans la région du Golfe. La troisième et dernière raison est d’ordre affectif pour l’émir : son fils et prince héritier, qui fait sa formation militaire au sein des forces armées françaises défilait en cette occasion aux côtés de ses camarades français sur les Champs Élysées. 

Donc au Qatar, il s’est agi de plusieurs autres contrats millionnaires et milliardaires dans des domaines aussi  bien militaires que civils. Le journal Le Monde[1] écrit à ce sujet : « Le contrat prévoyant un « projet d’électrification du Qatar » de la fourniture de sous-stations » pour un montant de 470 millions d’euros a été signé entre AREVA Transmission & Distribution, une filiale du groupe Areva, et la société de distribution d’eau et d’électricité qatarie, Kahrama. Il s’agit, selon le groupe français, du plus important [contrat] jamais signé par ce pôle d’Areva. » Pour ce qui est du nucléaire, le mémorandum d’entente signé entre le groupe EDF et le Qatar prévoit « des discussions sur des coopérations dans les domaines de la production électrique nucléaire et la production d’énergies renouvelables, précise l’Élysée, qui insiste sur le fait que « les discussions porteront dans un premier temps sur un accord d’assistance pour une étude de faisabilité d’acceptabilité, et non sur un investissement ». Par ailleurs, des « opportunités d’investissements dans la chaîne gazière » de ce pays, qui possède les troisièmes réserves mondiales de gaz naturel, existeront également. Parmi les autres documents paraphés lors de cette visite, la présidence française signale un deuxième mémorandum d’entente entre la GDF et le Qatar Petroleum International (QPI) pour une coopération « à l’international dans le domaine de l’énergie », ainsi qu’un « accord-cadre de coopération » en matière de tourisme et une lettre d’intention entre la Gendarmerie nationale française et la Force de sécurité intérieure du Qatar. Les projets évoqués concernent par ailleurs les transports terrestres, l’aviation civile, le BTP, la formation et l’armement. »

Tout de suite après le Qatar, le 15 janvier 2008, M. Sarkozy s’était rendu à Abou Dhabi, aux Émirats A. Unis. Les détails de cette visite étaient mis au point[2] lors d’un entretien à Paris entre le président français et le prince héritier d’Abou Dhabi au mois de juin dernier. Au sujet de cette visite  sous le titre « La France va disposer d’une base navale permanente à Abou Dhabi, le journal El Pais[3] écrit : « La France disposera d’une base militaire permanente qui lui permettra de contrôler le détroit d’Ormuz, par lequel transitent les 40% du pétrole mondiale… Le président Nicolas Sarkozy qui a visité hier, en dernière étape de sa tournée dans la région du Golfe, les Émirats a signé cet accord militaire et d’autres accords de coopération dans le domaine de l’énergie atomique à travers lequel le fabriquant des centrales nucléaires AREVA, la compagnie pétrolière TOTAL et la compagnie électrique SUEZ vont construire deux réacteurs EPR de troisième génération… Le journal citant le président français écrit plus loin : « La France, dit-il, est pour la paix et la stabilité dans cette région du monde où les enjeux sont considérables. La France sera toujours aux côtés des pays musulmans et des pays arabes qui sont pour l’ouverture, la tolérance, la paix et la stabilité »… La base navale permanente, qui sera située face aux côtes iraniennes accueillera entre 400 et 500 militaires, selon des sources de l’Élysée. C’est un signal, dit Sarkozy, que la France envoie au monde entier,  pour démontrer qu’elle est directement concernée par la stabilité de cette région de la planète. Toute fois il ajoute une nuance, « il ne s’agit pas d’affronter l’Iran.» Toujours dans le même article on lit : « Il ne s’agit pas de la première base permanente hors du territoire que la France construit depuis la fin de l’époque coloniale. Ce n’est qu’un pas de plus en avant vers le rapprochement entre Paris et les états du Golfe et particulièrement des Émirats Arabes Unis. Et comme démonstration de ces relations, avant d’entreprendre le voyage de retour, le président Sarkozy a visité le terrain où va se construire le futur musée du Louvre à Abou Dhabi et a contemplé la maquette, œuvre de l’architecte français Jean Nouvel.» Faut-il encore ajouter qu’à part la nouvelle base navale aux Émirats et une identique au Qatar, la France dispose aussi d’une autre base, à l’embouchure de la mer Rouge, à Djibouti.

Donc comme on peut le lire dans le même article le président français affirme que la France sera toujours aux côtés des pays musulmans et arabes qui défendent l’ouverture, la tolérance, la paix et la stabilité. On dirait le même discours de Napoleon Bonaparte en Egypte. En tout cas  aujourd’hui il ne diffère en rien avec le président Bush ou tous ses autres homologues occidentaux dans leur « affection commune » qu’ils portent aux « musulmans et aux arabes qui s’ouvrent pour la tolérance, la stabilité et la paix ». Et puis ces installations militaires françaises aux Émirats, au Qatar et dans le reste de la région ne sont destinées ni  pour confrontation avec l’Iran ni – comme on peut bien l’imaginer – pour intervenir dans les affaires intérieures de la région. Il ne reste plus qu’à déduire qu’elles ne seraient finalement que des installations touristiques !

Si on regarde la carte de toute cette zone du Golfe on y trouve à part l’occupation militaire de l’Irak, un déploiement de forces militaires américaines spectaculaire[4] : Au Koweït 45.000 « marines », 9.000 soldats de l’armée de terre et 1.400 de l’armée de l’air. En Arabie « Saoudite » 5.000 éléments de l’armée de l’air. Au Qatar : 3.300 aussi des  forces aériennes et 1.000 des forces terrestres en plus de la Centrale du Commandement, Centcom. Au Bahreïn en plus de la présence permanente de la V flotte, on y trouve 1.900 des forces aériennes et 1.200 des forces navales. Aux Émirats se trouvent déjà 500 des forces aériennes. À Oman, il y a 1.300 des forces aériennes dans la base de l’aéroport international de Seeb et 3.000 autres dans la base aérienne de Thumrait. En même temps mouillent dans les eaux du Golfe le navire de guerre l’USS Kitty Hawk avec 8.000 marins à bord, le navire de guerre l’USS Abraham Lincoln avec aussi 8.000 marins, le navire de guerre l’USS Constellation avec 5.630 marins et finalement le navire de guerre British Naval Task Group avec 4.000 hommes.[5] Avec toutes ces armadas américaines les 500 hommes de la marine française aux Émirats et autant au Qatar ne seraient qu’à titre presque symbolique pour le moment.

D’autre part lors de son périple au Maghreb, quelque temps plus tôt, monsieur Sarkozy a rencontré aussi des musulmans pour «tolérance, la stabilité et la paix.» À tous les dirigeants de cette région, à part les affaires et les contrats milliardaires, il leur a témoigné le soutien de la France ! Enfin  si le nouveau chef d’état français est  décidé à rompre avec tous ses prédécesseurs, il fait mieux qu’eux tous pour renouer avec la page la plus sombre de l’histoire de la France. 

 

Davos 2008 ou la ruée vers « l’or arabe »

 

Dans la chasse aux milliards « souverains » le président français a dépêché au fameux Forum Économique Mondial (WEF les sigles en anglais) qui se tient à Davos en Suisse l’un de ses plus proches collaborateurs, le premier ministre François Fillon. Il ne pouvait pas être la vedette de ce Forum, car il a un voyage officiel en Inde. Pour cette  38ième édition de la messe économique qui réunit la crème mondiale de personnages qui va de politiciens aux hommes d’affaires les plus célèbres pour discuter de la situation générale dans le monde tous  les regards des 2500 participants sont braqués aussi sur les émirs du Golfe qui, loin d’avoir tout dépensé avec les achats multiples d’avions civils et militaires et les accords signés avec Bush, Blair et Sarkozy concernant des projets de constructions les plus divers, ils restent les plus aptes à sauver les uns et les autres du cataclysme financier qui vient de causer le premier séisme boursier mondial. Selon les spécialistes et les experts de la finance, le salut économique passerait désormais par les centaines milliards de dollars détenus par les émirs.

 

Pour les Émirats Arabes Unis qui viennent en tête avec 943 milliards de dollars disponibles, ils sont représentés par M. Saïd Mbarak Al Hajri en tant que directeur d’ « Abou Dhabi Investment Authority ». Ils sont suivis par le représentant de la famille Saoud, Mohammed Al-Jasser, vice gouverneur de la banque centrale des saoudiens, qui offre de son côté 400 milliards de dollars. Quant au patron de la « Kuwait Investment » Bader Essaad, il arrive avec 300 milliards de dollars. Le chiffre que proposerait le « Qatar Investment Authority » n’est pas révélé, mais il ne doit pas être moins que celui de l’un ou de l’autre. Les « Cheikhs » qui sont représentés par des dinamiques dirigeants, tous formés dans les grandes écoles occidentales et particulièrement américaines, comme c’est le cas de l’émirati Al Hajri qui est diplomé de la célèbre université américaine de Harvard, ne sont plus intéressés aux dépôts bancaires à faibles risques. Leur nouvelle stratégie est « plus agressive ». Cette offensive à laquelle fait allusion M. Sarkozy quand il dit : « Face à la montée des fonds spéculatifs extrêment agressifs et des fonds souverains, qui n’obéissent à aucune logique économique, il n’est pas question que la France reste sans réagir…Pourtant à Riyadh, le 14 janvier dernier il a tenu un autre ton et a dit  : « La France sera toujours ouverte aux fonds souverains dont les intentions sont sans ambiguïté, dont la gouvernance est transparente et dont le pays d’origine pratique la même ouverture à l’égard des capitaux étrangers[6]. Le journal Le Monde qui rapporte l’information ajoute : « Ce n’est pas par hasard si Nicolas Sarkozy a tenu ces propos à Riyadh et non pas à Moscou ou Pékin. Quoiqu’ils s’en défendent, les occidentaux accueillent aujourd’hui plus volontiers les capitaux arabes car, dans le passé, leurs détenteurs n’ont jamais cherché à prendre le contrôle des entreprises dans lesquelles ils investissaient. En revanche, ils se méfient des capitaux russes et chinois, nouveaux venus sur la scène mondiale et détenus par des états pour lesquels l’économie est une arme diplomatique. »

Pour ce qui est de l’agressivité des capitaux « souverains » arabes ça relève tout simplement de la plaisanterie. Où qu’ils soient investis ces capitaux constituent  un retour bénéfique à l’origine. Les émirs contrairement aux russes ou aux chinois n’ont aucun projet économique, car le seul projet réel qui se distingue des intérêts occidentaux et qui aurait pu constituer  un danger pour les grandes et même les petites entreprises occidentales, n’aurait jamais permis de voir des centaines de milliards et même des billions de dollars entre les mains de ces émirs dont la seule présence reste une énorme barrière à tout projet de construction. Par contre il est vrai, qu’une fois tout projet arabe ou musulman écarté, il y a une bataille acharnée qui se déroule au sein même des pays occidentaux pour s’attirer vers ses propres entreprises ces milliards « arabes souverains » et successifs.   

 

 

 

 



[1] Voir Le Monde du 14 janvier 2008.

[2] Voir Le Monde du 14 janvier 2008.

[3] Voir El Pais du 16 janvier 2008 page 6

[4] Voir El Pais du 15 janvier 2008 page 2

[5] Voir El Pais du  15 janvier 2008 page 2.

[6] Voir Le Monde du 15 janvier 2008.

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