LE SOUPIRAIL.
Par
Derbali
Il faudra qu’on m’explique un jour pourquoi nous en sommes arrivés là , pourquoi nous sommes dans cet lamentable état , réduit en tant que peuple à la portion incongru de quelques courageux qui font une grève de la faim sous l'opprobre et l'infamie d'une dictature aveugle ,sous la lâcheté et les atermoiement des réactionnaires et des récupérateurs de tous les partis collaborationnistes et les individus louches du microcosme politicien tunisien , ces derniers ont tous beaucoup d’idées pour réformer quand ils se trouvent dans les réunions de l’opposition et brûlent de se faire accepter, et qu’ils ne font rien ensuite pour changer les choses quand ils sont face à leur marchandage et leurs petites compromissions avec le pouvoir , franchement qui pourrait encore tourner le dos , faire confiance ou même prendre au sérieux des individus comme SBS , CHARFI ou les voyous d'ID ? Beaucoup de tunisiens supportent cette grève , et toutes les autres initiatives vraiment courageuse et démocratiques , mais ne veulent pas , ne veulent plus être naïfs ou dupes des éternelles manigances des pré pendes et des thuriféraires tunisiens , à trop tirer sur la corde elle finit par se rompre , il ne reste à tous les opportunistes qui essaient ce prendre le train en marche ,qu’ à la retresser pour se pendre , l’incohérence est un drame , l’aveuglement aussi , mais l’incompétence politique sous une dictature est une arme mortelle contre les forces de progrès , la dictature tunisienne et les excellents conseillers de ben Ali ont très tôt saisi les avantages qu’ils pourront tirer de ces partis thuriféraires et de cette opposition de décor , quand on voit la hargne d’ID par exemple pour s’imposer par la force et à n’‘importe quel prix sur la scène politique tunisienne , au prix même d’adopter la plus part des slogans du RCD , comme la lutte contre le terrorisme (en Tunisie ?) , l’intégrisme , le syndicalisme révolutionnaire , les choix et les partenaires économiques , le dénigrement de l’islam , l’arabité , l’élitisme , la technocratie ect…..et la catastrophe des dernières élections ne leur à vraiment pas servi de leçon , pourtant c’est clair , le pouvoir se foue de leur gueule , et les tunisiens dans leur immense majorité ne veut ni d’eux , ni de leur démagogie , on se rend compte des ravages que ces gens là peuvent faire au niveau des actions politiques de rassemblement comme YEZZI ou la grève de la faim des partis démocratiques tunisiens , et des seuls ONG dignes de ce nom .Au niveau de ces manifestations il faut absolument prendre garde aux infiltrations du pouvoir qui tentera aussi par l’intermédiaire de ces nuisibles de casser la dynamique de ces mouvement d’opposition , comme il l’a fait jadis pour l’excellente LDHT de Marzouki , ou le CNLT de HOSNI héritier de Marzouki , du syndicalisme tunisien ect.. Il serait pourtant plus que temps pour l'opposition intègre , représentée très largement dans cette grève de la faim , de réformer la configuration de ses assises politiques et de ses alliances , de dynamiser dans son sillage la société civile tunisienne , qui dans sa configuration actuelle est notre honte , et un boulet attaché à nos basques , à pourrir tout ce qui peut valoriser notre combat pour une société meilleure , et pour la démocratie , oui le société civile tunisienne dans son ensemble , à de rares exceptions prêts , mes respect à SI Nouri et à MOKTAR yahyaoui , La société civile tunisienne , prise en otage par qq. putschistes, qui se détériore depuis 20 ans,elle ne fait que marchander illégitimement avec et sous les serres de la dictature les attentes des tunisiens , de la majorité d'entre eux qui ne se reconnaissent nullement en elle ,c’est là où se trouve tout le décalage entre la masse et les appareils , les mesquineries des cénacles d’une certaine société civile et autres ONG de décor subventionnées à mort et à perte qui bloquent tout mouvement d’idée et réduisent le combat de tout un peuple à l ‘ego de qq. Petits dictateurs stupides et sans honneur, c'est en qq. Sorte une sorte de légitimation de la dictature, toute cette ambiance délétère de suspicion et de médiocrité génère encore plus d’exclusion, de pauvreté et de misère, de désespoir, sur fonds de résignation de la société tunisienne.à ne pas en douter.
Établissons tout d’abord le constat lamentable qui rend les tunisiens si moroses, si indifférents, si attentistes et si peu confiants dans l’avenir, avec ou sans ben Ali, il faut être pragmatique et le reconnaître. Au cours des 20 dernières années, alors que la baisse de la pauvreté dans les démocraties exemplaires , qui doivent être une référence pour nous et non pas un moule , a été réduite de 18 à 12 % , elle a augmenté de 12 à 15 % dans la dictature tunisienne. En Tunisie, plus de trois millions de personnes vivent avec moins de 100 dinars par mois, et l’on y recense plus d’un million d’enfants mendiants, déscolarisés ou se prostituant aux tâches les plus pénibles et les plus ignobles pour la dignité humaine. Le taux de chômage des jeunes y est de 58 %. La croissance tunisienne n’a été que de 0,01 % en 2004, alors qu’elle a été de 3,2 % dans les vieilles démocraties, de 6 % en Russie et en Inde, et de 9,2 % en Chine (ces chiffres proviennent de la thèse de recherche de Béhi Chakib et non pas de cette source toujours bluffée par Ben Ali et ses services : l’OMC). Nous avons 1,1 million de personnes illettrés et sans aucun espoir de remonter la pente , pourtant ces tunisiens sont régulièrement inscrits sur les listes électorales , et comme par miracle sans avoir à se déplacer ,elles votent sur les listes électorales , et mieux encore elles votent 100% pour ben Ali . Le poids des dépenses "publiques», bien souvent, il faut appeler les choses par leur nom, des détournements et des spéculations des tenants de la dictature, est passé en vingt ans de 44 % à 74 %. L’exclusion atteint déjà 30 % de la population tunisienne, et tout semble indiquer, au vu de l’endettement général du pays que cela va aller de pire en pire. Quand les rats quitteront le navire qui est en train de couler, le pays sera dans un tel état de décomposition qu’il nous faudra faire encore plus de sacrifices qu’aujourd’hui pour le redresser, et cela il faut le dire aux tunisiens en toute transparence, c’est leur vécu et leur réalité, depuis longtemps la plus part d’entre eux ont touché le fond, qu’ils ont désormais la lucidité de tous les damnés de la terre pour comprendre nos priorités !
On pourrait continuer de dresser la liste des indicateurs qui montrent que l’on va droit dans le mur, si on ne change pas de méthode pour libérer et sauver notre pays de la trahison de la dictature et du RCD, nous ne stagnons même pas, nous régressons. Alors que d’autres pays trouvent des solutions pour améliorer les choses, la dictature de ben Ali épuise nos énergies et vide la Tunisie de toutes ses forces vives. Nous ne manquons pas de brillants théoriciens et de praticiens pour élaborer des modèles de réformes, calquées parfois, pourquoi pas, sur l’exemple des autres pays évolués. Le problème c’est que nos politiciens putschistes, illégitimement au pouvoir ,nos politiciens si mal nommés , nos oppresseurs , puisqu’ils ne gouvernent pas,mais spéculent , détournent , pillent , ne font rien , dopés par leurs alliances qui les lâcheront sûrement dans l’avenir ,refusent même de penser même à l’avenir de leurs propres familles et descendance . le problème aussi , il faut le reconnaître , est dans l’incapacité chronique des forces démocratiques et de progrès d’investir les espaces publiques avec leurs discours frileux et souvent flous qui n’interpelle pas le bon sens populaire , Nahda en son temps avait montré la voie , malheureusement l’archaïsme d’une partie de sa direction , par égoïsme et prétention avait dilapidé sans vergogne et avec beaucoup d’irresponsabilité ses formidables acquis et son grand potentiel militant en nombre et en qualité.L'amorce des nouvelles stratégies comme YEZZI et la gréve de la faim des huit semble se détourner des méthodes passéistes et réussir le challenge d’un nouveau défi.
On a adroitement enfumé les tunisiens dans la nébuleuse islamiste, la dictature et les partis collaborationnistes sans exception, pour convaincre une opinion nationale et internationale de la nécessité de sauver le pays de la violence, mais à la longue tout le monde s’aperçoit qu’il l’ont au contraire détruit par leur violence active, la seule qui a fait ses preuves d’une façon incontestable. . De cette façon, les anciens colonisateurs ne sont plus clairement désignés comme les responsables aux yeux de l’opinion,de la puissance de la dictature mais seulement comme des partenaires attentifs au seul bien être de la région dans sa globalité , ce stratagème est ainsi mis en place sous la surveillance des dictateurs locaux pour mieux monopoliser et les marchés et les matières premières , la Tunisie maillon faible de c e dispositif en se démocratisant deviendrait un danger et un mauvais exemple pour les autres peuple de son espace culturel , bien plus que la Libye de l'idiot kaddafi ,de l’Algérie des fascistes généraux et de l’affairistes Boutef , le Maroc vidé et défiguré du rétrograde M6 , ces voisins , qui tout en possédant les matières premières et des populations très jeunes et nombreuses , ne possèdent pratiquement pas de potentiel humain capable de grand bouleversement culturel , social , politique et idéologique , et encore moins d'histoire comme la Tunisie ;ceci dit , il faut être pragmatique et aller à l’essentiel sans ornières sur les réalités régionales , tout cela ne nous exempt pas de reconnaître nos propres faillites , qui sont énormes sur tous les plans , établir un état des lieux c’est nécessaire et c’est bien , mais le débat s’articule désormais autour des méthodes et des actions à mener , ceux de YEZZI et de la grève de la faim de la rue ATTIA surprennent par leurs fraîcheur et leurs audace , et sont porteuses de beaucoup d’espoir pour l’avenir.