TUNISIENS DE TUNISIE ET D'AILLEURS
Par
Nour El Houda
Comprendre la réalité tunisienne, c'est avant tout et d'abord comprendre notre réalité en son état brut, en tant que tunisien, avec laquelle et contre laquelle on s'est fait.
Il est difficile de comprendre le pourquoi et le comment de ce qui nous pousse à refuser la déchéance , à devenir résistant à l'arbitraire et à la dictature de ben Ali.Surtout ,cette évidence du rejet radical et global de la plus part des jeunes tunisiens , qui comparés à la Tunisie , en occident où ils sont nés , vivent dans l'opulence , le modernisme et le progrès humain sur tous les plans.
à bien voir les choses , je dirais que la révolte des tunisiens de l'étranger est le fruit d'un parcours plus naturel au genre que celui des tunisiens résidents en Tunisie , ce parcours , cette historique et cette éducation sont façonnés par une culture de progrès , de tolérance et d'humanisme universel qui valorise leur différence , leur libre choix et ne démystifie en rien à l'intérieur des règles républicaines ,leur façon d'être et de faire , seuls les plus faibles et les plus ignorants d'entre eux subissent le contre coup des programmes des aliénations qui sévissent normalement et sans aucune contrainte dans l'espace public des démocraties , même dans ce domaine la notion de l'offre et de la demande cohabite avec la réflexion et toutes les autres formes de liberté.
la révolte des jeunes et moins jeunes tunisiens vivant dans la débâcle quotidienne de la Tunisie ,castrée et réduite à l'état peau de chagrin de ben Ali , celle des descentes , des confiscations , des spéculations , des détournements , de l'ethnocide et du mépris , ce quotidien imposé à tous les niveaux par une dictature d'un autre âge ,qui fait vomir et inspire de nos jours, même des chefs de tribus africains qui en sont encore à diriger leurs peuples à coup de gri-gri et d'incantations maraboutiques , ce quotidien imposée à la Tunisie par la cruauté et le désespoir comme unique horizon à un peuple pacifique par un boss sénile , débile et des capos charognards , qui bavent à la dépouille pourrie jusqu'à la moelle.Il s'agit aujourd'hui de tout faire pour que les révoltés tunisiens d'occidents se mettent sans l'ombre d'aucune hésitation au service du pays , ils ont beaucoup à lui donner et à lui apporter avec une part de risque très importante en moins , la plus part d'entre eux sont bi-nationnaux , c'est l'occasion où jamais de mettre leur pays de naissance devant ses responsabilités et la dictature de ben Ali devant ses contradictions , cette dictature qui tient le coup grâce aux aides dont elle bénéficie d'une façon incroyable de la part de nos démocraties , c'est à dire en plus clair, ben Ali détruit notre Tunisie et notre peuple avec les impôts que nous payons aux législateurs de nos pays de naissance , renvoyons par centaine nos feuilles d'impôts et même nos pièces d'identité à l'Élysée , à Chirac , et à tous les autres , ou au parlement européens et mettons à plat cette épineuse et criminelle question devant nos opinions publiques occidentales, que certains politiques trompent allégrement , nous ne risquons rien , nous aurons fait oeuvre honorable et servis la démocratie , cette démocratie qui ne s'use que si l'on s'en sert , et que beaucoup de politiciens d'occident ont dévoyé et dévoient sans aucune conscience.Oui il s'agit aujourd'hui plus que jamais d'essayer de faire la jonction entre les deux membres du même corps , il faut que la jonction s'établisse , question de rationalité , de pragmatisme , de moyens et de champs d'action, il ne s'agit nullement de concevoir un leadership bureaucratique et stérile , mais d'établir les fondements d'un travail clair et logique qui se complète totalement dans ses contributions et ses stratégies.
On ne devient pas dissident et résistant à une dictature dans un cas comme un autre par hasard, on ne né pas à cette condition, on se forme à la vérité de l’événement, surtout quand celui-ci dérange les racines et les passions.Partant de là, aucune ambiguité ne peut contribuer à dénoncer l’énorme surinvessetissement qu’éxcluent des choix non déterminés, et plus directement ajustés aux motivations réelles des tunisiens vivant pleinement leurs conditions humaines et citoyennes en occident, c'est valable pour nous autres tunisiens, pour tous les arabes et les musulmans sans aucun doute.Nous vivons , et les nôtres en tunisie , au pays avec énormment plus de difficultés bien sûr , grâce aux moyens de communications , l'espace des possibles tels qu'ils nous apparaissent sans aucune restrictions , ainsi que les rites d'institutions et des codes propres à produire notre propre part de conviction intime ,et d'adhésion au salut de notre patrie d'origine inspiré qui, est la condition de notre entrée les communautés nationales de nos pays de naissance.Ce processus , ce long processus de consécration avait été imposé dans la douleur , celle de nos parents et la nôtre, toujours le cul entre deux chaise , sans aucune emprise sur notre propre histoire.à partir de là nous ne devons jamais oublier , nous nous devons de le faire savoir à nos frères du pays , de cette Tunisie commune , que notre vécu chez nos anciens colonisateurs , ne fut jamais facile , mais à sa façon et peut-être malgré eux et certains d’entre nous , absolument salutaire , formateur , sublimatoire , nous avons nous aussi résisté avec beaucoup de courage et d’intelligence pour rester nous-même , et ultime combat de « rester » dans cette Tunisie souvent , bien trop souvent à mon goût , plus sentie , espérée , rêvée , que vécue , notre amour pour elle est aussi fort , aussi exigeant que le vôtre , j’irais jusqu’à dire en mon âme et conscience que pour beaucoup d’entre nous, il sera un jour vital et nécessaire de penser à une « ALAYA » pour travailler au redressement et à l’honneur de notre patrie .Aujourd’hui plus que jamais et en regardant avec amour les portraits de la manifestation virtuelle « yezzi » , n’en déplaise aux crétins , aux pauvres types égarés dans verbiage dénigreurs, qui ne sont ni plus ni moins que l’écho de la trouille de leur maître, terré dans son bunker de Carthage , à la merci de la haine opportuniste de sa propre famille , il est venu le temps pour nous de prouver à notre pays d’une façon pratique et active , à partir de cet occident paradoxal , contraste mais libre et démocratique ,que nous sommes une partie intégrante de la communauté nationale tunisienne ,et que personne n’a le droit de remettre cela en cause, ainsi pousser les tunisiens de Tunisie soumis sous l’incroyable poids de la violence de ben Ali ,qu' eux autant que nous , eux qui prennent à tout instant le choc de la folie dictatorial dans ses expressions les plus violents , eux comme nous et par delà les choses simples de la vie , ils ne sont malheureusement pas exemptés de subir encore toutes les infamies pour véritablement libérer notre Tunisie de ses enfers.
Il faut croire en nous , au peu qui se fait , participer sans aucun état d’esprit défaitiste, car l’ emprise de cette Tunisie de l’idée tient pour une grande part que nous sommes liés , nous tunisiens de là bas , d’ici et d’ailleurs par une COLLUSIO dans L’ILLUSIO , une complicité foncière dans le rêve collectif , d’aucuns diront le fantasme collectif , mais qu’importe rêve ou fantasme , quand il est collectif à un peuple , il est toujours l’expression de son être , de son identité et de son honneur , ce qui est certain c’est que cette Tunisie là , ben Ali ou le diable ne pourront jamais rien contre elle.Car dans les vérités définies par la marche de l’histoire , cette vérité de notre génie et de notre refus de mourir en tant que nation constituée , cette vérité qui nous est propre et commune ne laisse à nos tortionnaires que la solution finale d’un génocide planifié ,irréalisable et pas à la portée de ses lâchetés , tant qu’un seul tunisien dira non à l‘horreur , cette vérité là est le credo immuable de l’être tunisien , même si elle est éparpillée et chaotique , elle assure à chacun d’entre nous où qu’il se trouve l’exaltation du moi , principe d’une solidarité et d’une culture enracinées chez les tunisiens depuis l'aube des temps.