ça chauffe sévère sur les marchés. Je passe rapidos sur les montagnes russes des indices boursiers ces derniers jours, le moins qu'on puisse dire est qu'ils ne sont pas franchement sereins les p'tits gars !
Aujourd'hui, les freins crissent suite à une annonce de la BNP (Ouais !! cocorico, un truc français à la télé mondiale !). La bande à Pébereau qui avait annoncé qu'elle n'était pas vulnérable à la désormais célèbre crise du subprime, a finalement suspendu 3 fonds. ça fait désordre, grave.
Dans les news rigolotes du jour, d'abord l'intervention conjointe de la BCE et de la Fed. La BCE a injecté 94,8 Mds d'euros, soit un montant supérieur à leur intervention après le 11 septembre ! quand je vous dis que c'est la foire ! On notera au passage que les boss de la Fed ET de la BCE avaient annoncé, eux aussi, il y a quelques jours, que "Ouais, pas grave, c'est rien, aucun risque, tout ça". Et paf, intervention !
Enfin, une dépeche AFP, repérée par Carnets de nuit (merci !). /http%3A%2F%2Fwww.lafinducapitalisme.net%2Fpublic%2Fimage%2Fdescentedangereuse.gif)
Bush et Paulson mettent en garde la Chine contre toute vente de Bons du Trésor US. Elle est bien bonne... Moi je lis : "La Chine pourrait donc bien vendre des bons du trésor US et c'est le branle-bas de combat à la maison Blanche, qui ne trouve rien d'autre à dire que "Hé ! euh... non, faisez pas les cons les gars !". Tout ça parce que des petits gars chinois ont estimé que si ils voulaient faire chier, ils pouvaient.
Alors où est la vraie news là-dedans ? Que des gens, dont des chinois, le pense, c'est pas nouveau, c'est évident. Qu'ils le disent, ok ; qu'un canard anglais décide de le relayer, pourquoi pas... mais qu'on mobilise un président US et son secrétaire d'Etat pour répondre à un "responsable de l'académie chinoise des sciences sociales", voilà qui est étonnant ! Surtout s'ils se déplacent pour dire que c'est "absurde" !
Mais alors pourquoi une telle mobilisation, messieurs ? Ne serait-ce pas précisément parce que ce n'est pas du tout aussi absurde, que vous voulez bien le dire ? J'en connais une qui doit bien se fendre la poire en ce moment.
Si l'économie n'est pas tout, loin de là, la puissance économique sert bien souvent de soutien à la puissance militaire et politique. Ainsi, la relative déconfiture actuelle de l'économie US s'accompagne de bugs de plus en plus nombreux dans leur leadership politique.
Après les camouflets successifs infligés par la dame de fer chinoise à Henry Paulson, secrétaure d'Etat US au trésor, c'était ce matin au tour de l'ambassadeur US au Japon d'être sèchement renvoyé dans les cordes. Le tout récent chef de l'opposition, Mr Ozawa, a en effet déclarer à propos de la participation du Japon aux opérations militaires US en Afghanistan :
"Si nous étions en mesure de prendre une décision (gouvernementale), j'ai le regret de dire que le Japon ne participerait pas à une opération conduite par les forces américaines", a carrément déclaré M. Ozawa à son hôte.
"Cependant, le Japon participerait activement à une opération de maintien de la paix autorisée par les Nations unies", a-t-il ajouté.
"Je crois que les Etats-Unis devraient d'abord faire des efforts pour obtenir le consensus de la communauté internationale. Ils ne peuvent pas agir tout seuls", a souligné M. Ozawa. (source : AFP)
Dur, dur, d'être diplomate américain quand on n'est plus soutenu par une économie triomphante... Du coup, ça donne lieu à quelques dérapages. Voici en effet en quels termes notre bon ambassadeur justifie l'intervention des forces US et essaie de persuader son interlocuteur :
"Nous croyons que le Japon peut non seulement contribuer à la sécurité internationale mais aussi à sa propre sécurité parce que 90% du pétrole qu'il utilise transitent à travers cette zone (l'Océan indien)".
De quoi éclairer d'une lumière nouvelle les motivations réelles de cette intervention, non ? Evidemment, on s'en doute, mais le voir ici, de façon aussi explicite dans la bouche d'un diplomate US en exercice, ça relève à mon avis de la bonne grosse gaffe ! De quoi donner franchement à réfléchir aux quelques-uns qui croiraient encore aux arguments du type "la démocratie", les "droits de l'homme", les "femmes afghanes", la "burka", etc.
Quand les US parlent d'un "monde plus sur", de "guerre contre le terrorisme", etc., il s'agit, non pas de la sécurité de l'humanité mais de celle de leurs approvisionnements en pétrole. Point barre.
Qui avait cru autre chose ?
Les milieux financiers ont aussi leurs modes. Taux d'intérêt, inflation, croissance, déficits, l'une de ces nombreuses données focalise tout à coup l'ensemble de l'attention, et les investisseurs ne regardent plus que ça. Je ne sais pas s'il y a déjà eu des études de socio sur le comportement moutonnier des investisseurs, mais je vous assure qu'ils sont sans doute champions du monde de cette catégorie.
Bref, en ce moment, LE truc, le mot clé du moment, c'est "l'aversion au risque". C'est balaise, non, comme terme, l'aversion au risque ? ça fait tout de suite sérieux. En clair, ça signifie tout simplement... la trouille. Les investisseurs ont la trouille. Les foies quoi, la pétoche...
Et comme ces braves gens ont des indices pour absolument tout (les chiffres, ça les rassure, ça parait tout de suite plus rationnel quand c'est chiffré), ils en ont aussi un pour ça ! Son nom savant, c'est l'indice Vix de volatilité du Chicago Board Options Exchange. A vos souhaits. Il est surnommé plus simplement "l'indice de la peur". Et il vient de bondir de plus 16,5% fin juillet !
Evidemment, vu d'ici, on ne peut que sourire de ces tentatives de rationnalisation d'un des trucs les plus subjectifs qui soient : la confiance.
Il se trouve que cette petite chose est aussi, à bien y regarder, le ciment ultime du système capitaliste. Vous allez bosser le matin parce que vous pensez que vous serez payés à la fin du mois. Vous laissez vos thunes sur un compte en banque pare que vous avez confiance dans le fait qu'elles y seront toujours si vous venez les cherchez. Vous pouvez payer avec des bouts de plastique ou de papier parce que le commerçant a confiance. Et les banques prêtent des thunes (qu'elles n'ont pas) à tout le monde parce qu'elles ont confiance. Or il y a évidemment des boites qui font faillite, des gens, voire des entreprises, des banques ou des etats, qui ne peuvent plus rembourser, etc.
Ce système ne fonctionne que parce que certains prennent (ou ignorent) le risque. Au bout de cette chaine, et en simplifiant à outrance, il y a l'économie US. Elle fonctionne totalement à crédit et on lui prête parce qu'on a confiance. Non pas qu'ils pourront rembourser hein, faut pas rêver, mais que quelqu'un continuera à leur prêter pour qu'ils puissent continuer... à emprunter.
Enlevez ce petit truc, la confiance, et tout s'effondre. C'est dans une certaine mesure, ce qui est en train de se passer.
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La fameuse cloche a retenti il y a dix minutes et personne n'en est encore revenu. Le Dow Jones vient de faire une fin de séance en chute libre. A plus de 13450 points deux heures avant la cloture, il perd alors près de 300 points pour venir s'affaler en dessous des 13200... -2.10% en une séance, le Nasdaq et le SP 500 faisant encore pire (au-delà de -2.50%).
En cause ? en apparence, les tensions de ces derniers jours ravivés par deux mauvais chiffres dans la journée, notamment sur l'emploi. Mais les investisseurs avaient encaissé ces nouvelles jusqu'à... une pauvre conférence de presse d'une petit directeur financier( celui de Bear Stearns qui a connu des soucis avec ses fonds "subprime"). Ce bon monsieur a annoncé tranquillement que la situation actuelle était pire que celle de la bulle Internet. Evidemment, il y a là de quoi rappeler quelques sueurs froides à tout ce petit monde et dans le contexte hyper tendu actuel, il n'en fallait pas plus pour déclencher une vague de panique.
Mais on peut même se demander si cette petite histoire (avec un peu de recul) de subprime, ne va pas aller beaucoup plus loin. Ce que craignent les investisseurs, c'est le report des très nombreuses opérations financées par le crédit. En gros, de quasiment toutes les opérations financières actuelles. Ce qui mettrait un coup de frein colossal à l'économie américaine. Un coup de frein, et peut-être plus, car ce sont finalement, on le sait, les US dans leur ensemble qui tournent à crédit...
Et si finalement, tout venait de commencer ?
On se rassure comme on peut au royaume du capitalisme. En quelques jours, les plus grands pontes de la finance mondiale sont montés au créneau, avec un discours unique : "restez calme".
Avec une telle débauche de communication, il y aurait presque de quoi inquiéter les plus confiants !
Après Bernanke, ce sont tour à tour Paulson (secrétaire US au trésor), le FMI (sans tête), Trichet, le bien nommé boss de la BCE et Noyer, son homologue de la Banque de France qui y sont allés de leur petit commentaire rassurant, dans le genre "la crise du subprime ne DEVRAIT pas se généraliser...". Généralement sans l'ombre d'un argument, si ce n'est la respectabilité de leurs cravates respectives.
Dans le même temps, "American Home Mortgage", société de prêt immobilier hypotécaire (mais pas particulièrement subprime) annonce ce matin qu'elle cesse ces activités et licencie immédiatement 7000 personnes.
De quoi réduire à néant en un clin d'oeil, les beaux efforts des pontes suscités.
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Alain Séchas. Hommage à Emile Coué, 2005. Spirale en rotation, bande sonore «Tous les jours, à tous points de vue, je vais de mieux en mieux. Every day, in every way, I’m getting better and better». 144 x 130 x 22 cm.
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