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Une nouvelle organisation a vu le jour le mois dernier en Tunisie, pour lutter contre ce qui est perçu comme un renforcement de la présence du discours religieux dans l'espace public du pays. Sofiene Ben Hmida, l'un des membres fondateurs de l'Association pour la Défense de la Laïcité en Tunisie, s'est entretenu avec Magharebia de la création et de la mission de cette association.
Sofiene Ben Hmida, l'un des membres fondateurs de l'Association pour la Défense de la Laïcité en Tunisie, qui a vu le jour récemment, a déclaré lors d'un entretien avec Magharebia que l'objectif de son association est d'affirmer qu'il y a encore en Tunisie des gens qui veulent aller de l'avant et lutter contre les partisans de toute régression.
Magharebia: Pouvez-vous nous parler de votre nouveau projet ?
Sofiene Ben Hmida: Après avoir ressenti la présence d'un danger imprévisible pour le projet de modernisation de la Tunisie, nous avons décidé d'en discuter et de le combattre en utilisant les moyens démocratiques dont nous disposons. Aujourd'hui en Tunisie, on assiste à un mélange étroit entre les sphères publique et privée, entre le religieux et le laïc, et nous pensons qu'il s'agit-là d'un mélange dangereux qui pourrait, à courte échéance, nuire à la société tunisienne et à son développement. Nous pensons également qu'il est impératif que le rationalisme soit présent au sein de la société et qu'il puisse s'exprimer, et ne cède pas le terrain à d'autres formes d'expressions. De même, nous nous efforçons de rompre avec la perception communément admise selon laquelle nous [la société tunisienne] régressons. Nous voulons affirmer haut et fort qu'il y a encore des gens en Tunisie qui aspirent au changement et souhaitent aller de l'avant.
Magharebia: Pourquoi avoir annoncé maintenant cette association ?
Ben Hmida: Pourquoi pas maintenant ? Cela fait plus d'un an que nous caressions cette idée, après avoir remarqué qu'une certaine confusion des genres commençait à pervertir la société tunisienne, où les idées, les croyances et les mythes qui menacent la modernisation ont commencé à se propager.
Magharebia: Il y a ceux qui lient votre projet à la croissance du courant religieux en Tunisie...
Ben Hmida: Nous avons pas agi sur la base d'une réaction. Notre projet est plutôt un projet sociétal et intellectuel, qui refuse de se mêler des affaires politiques. Dans tous les cas, la montée du courant religieux ne date pas d'hier, mais remonte au début des années 1990, et le groupe fondateur de notre projet a pris des positions et exprimé ses opinions sur la question religieuse depuis les années soixante.
Magharebia: Pensez-vous que la croyance dans la région arabe liant laïcité et apostasie pourrait nuire à votre projet ?
Ben Hmida: Une telle confusion n'existe que dans les esprits de ceux qui veulent enraciner cette erreur et l'amplifier, pour faire craindre aux gens l'idée du développement et de la modernité, car la laïcité n'a aucun lien avec l'apostasie. Cette dernière est une position idéologique concernant la religion, alors que la laïcité appelle à la séparation entre l'idéologique et le mondain, entre la vie publique et la vie privée, [et] entre la religion et l'Etat.
Magharebia: Comment comptez-vous défendre cette idée sur le terrain ?
Ben Hmida: Nous ne fonctionnons pas comme un groupe politique, mais comme un groupe intellectuel, dont le but est de soulever les problèmes et les idées dans le domaine social, afin que les notions de progrès et de modernité restent visibles en permanence — c'est du moins mon opinion personnelle. Nous comptons soulever les problèmes liés à la religion et insister sur sa séparation d'avec l'Etat, car il n'est pas raisonnable pour un gouvernement d'assumer le contrôle des affaires religieuses. Nous comptons également appeler à la mise en oeuvre de la Loi sur les Partis en Tunisie en des termes non équivoques, car cette Loi sur les Partis affirme clairement que la fondation de partis sur la base de la religion est interdite, et que l'Etat doit faire appliquer cette loi avec la même rigueur que celle avec laquelle il fait appliquer la loi financière.
Magharebia: Comment votre projet a-t-il vu le jour ?
Ben Hmida: C'est en fait une vieille idée que certains d'entre nous — hommes et femmes confondus — avions depuis un an. Après que cette idée eut mûri, nous l'avons dévoilée le 24 mai, et nous préparons actuellement le dossier légal de cette association, qui sera présenté aux autorités compétentes dans le but d'obtenir la licence nécessaire.
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Maha :
Les signes religieux et vestimentaires indiquant une appartenance, ils ont droit de cité pour peut que l'on considère la laïcité comme la liberté de choisir un culte et non pas l'interdiction d'avoir une religion, c’est le principe juridique de la loi 1905. En fait, tout le problème est là. Le principe laïque se doit d'être indépendant des conceptions religieuses et non pas d'interdire la religion, cad que la religion même source d'une réflexion ou d'un engagement politique doit s'exprime dans un cadre institutionnel qui impose le respect des droits des autres points de vue et des différences. La distinction de ces différences et le pacte républicain et démocratique du vivre ensemble se fait dans le pouvoir laïque, et non pas dans la société laïque, qui n'est qu'un leurre car elle n'existe pas, même dans les pires dictatures matérialistes, elle a dramatiquement échoué, le retour du religieux, enfin son émergence à la lumière du jour dans des aberrations comme la Chine ou Cuba est de plus en plus forte. Le pouvoir doit être séparé du religieux, mais toute personne a droit à sa religion et donc droit à s'afficher religieux, à penser religieux et à militer religieux, c'est le jeu démocratique normal, ceux qui veulent se battre contre le courant politique religieux, s'ils sont démocrates, ne peuvent le faire que par des moyens institutionnels qui respectent la loi, non pas par l'interdiction, la violence, le coup d'état et la répression. On peut voir la laïcité comme la liberté pour tout un chacun de s'afficher tel qu'il est, ou l'interdiction pour tous de se différencier. Personnellement, j'opte pour la première solution, car à mon avis, là, on est dans le strict domaine de l'acte démocratique.
nouha
Je suis pour la laïcité, je suis pour les droits civiques et la liberté de penser et d'expression, au nom de quoi un type ou qq types qui ne représentent qu'eux même auraient le droit d'interdire que des religieux s'organisent en parti? L’interdit, n'importe lequel, détruit toute forme de légitimité, les tunisiens sont majeurs pour se prononcer selon leur conscience, d'autant plus que ces faux démocrates, qui se disent bouffeurs de soutanes avec leurs associations bidons, dynamisent à tour de bras la dictature, ils veulent donner l'illusion qu'ils se battent pour une Tunisie démocratique, leur vision de la Tunisie sera tout simplement une vulgaire réplique de celle soumise de BEN ALI.ces faux laïcs mais authentiques bonimenteurs devraient apprendre à défendre leurs "idées", combattre pour elles avec des arguments qui sauront séduire l'opinion tunisienne, une opinion qui s'en fout royalement de leurs états d'âme, et que s'ils continuent à l'infantiliser, va finir par tomber comme un fruit mûr dans les bras de ben Ali ou n'importe quel autre GANNOUCHI, émir de pacotille, mais peut-être que c'est pour eux le but à atteindre.
Derbali :
Les démocrates chrétiens viennent d'accéder au pouvoir en Belgique, ils le sont , l'ont été et le seront dans pas mal de démocraties, leur programme d'une façon générale et même des fois pointue est inspiré fortement de la morale chrétienne, une morale qui dés les temps modernes avait fait sa mue et avait totalement accepté les principes fondamentaux des droits de l'homme qui sont la source de la laïcité, il est aussi vrai que certains pays musulmans, les rares , très rares démocratie sont pleinement dans cette démarche, bien sûr, il faut que la réforme soit la règle dans les pays musulmans, aujourd'hui ce ne sont pas les grands courants islamiques qui sont l'obstacle à cette réforme et par voie de conséquent à la démocratie, condition sine qua non à tout progrès social, culturel et donc religieux et politique dans nos pays, mais bien les systèmes dictatoriaux, et les mercenaires, les charlatans d'une pensée unique et aliénée qui poussent plus à la déflagration sociale avec tout ce que cela suppose de négationnisme, avec ses convois de haine, de censure, de spoliation, de tortures et de liberticide.
http://derbali.wordpress.com
sonia :
Ce genre de penseurs bornés veulent nous imposer un politiquement correcte, qui veut que le principe de laïcité doit être considéré comme une volonté de combat contre l'esprit religieux, ou encore comme une règle applicable à la seule religion musulmane, qui comme toute les religions a sa pensée sociale et politique, qui doit bien entendu dans le champ politique obéir aux institutions, cela existe en Turquie, en Malaisie ect..., pour eux l'ISLAM POLITIQUE, c'est nécessairement la CHARIA. Cette conception, très restrictive, de la laïcité est fausse, dangereuse, criminelle et totalement antidémocratique. La laïcité se déduit directement de l'affirmation des valeurs universalistes qui sont au fondement de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, autonomie du sujet, égalité en droits, liberté de conscience, du suffrage ect....
La conscience libre de chaque individu ne peut être soumise à des pouvoirs qu'elle n'aurait pas approuvés par UN contrat social et par les mécanismes de la démocratie, l'Islam politique n'est pas inapte à cela. Dans l'ordre politique, la laïcité constitue donc un rempart de neutralité absolue érigé autour des institutions publiques pour les protéger des influences confessionnelles, des influences. économiques et surtout des influences partisanes, il ne s'agit pas et en aucune façon d'interdictions comme le prétend ce monsieur, il s'agit d'un pacte social établit entre les différents courants de l'opinion sous le contrôle d'institutions fortes et d'une constitution républicaine, pas d'une parodie de démocratie limité à ceux qui se soumettent à une ou des idéologies éradicatrices.