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CHRONIQUES ORIENTALES

CHRONIQUES ORIENTALES
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Du fond de sa prison où il a été condamné à la détention à vie, le populaire dirigeant palestinien a fait parvenir à l'Humanité (avec l'aide du député communiste français Jean-Claude Lefort) le texte suivant.

 

 

Le 4 juin 1967 est un jour sombre dans l'histoire du peuple palestinien. C'est une date qui reste dans notre conscience collective tout comme la Nabka - la « catastrophe » - l'événement qui, il y a cinquante-neuf ans, a transformé le peuple palestinien en un peuple de réfugiés, un peuple sans patrie. Je voudrais rappeler à nouveau aujourd'hui que j'ai vécu toute ma vie sous l'occupation israélienne, ma vie, ce voyage fait de frustrations et de souffrances qui ont commencé il y a quarante ans. Au cours de ces quatre décennies, comme tous les Palestiniens, j'ai dû supporter toutes les peines, les douleurs, l'emprisonnement, la torture et l'expulsion. J'ai subi les interrogatoires inhumains dans les prisons de l'occupant. J'ai été détenu arbitrairement sans procès, j'ai été assigné à résidence et j'ai échappé à plusieurs autres tentatives d'emprisonnement. Je n'étais pas là lorsque mes quatre enfants sont nés, je ne les ai pas vus grandir, je n'ai pas assisté à la distribution des prix de leurs écoles et j'ai été privé de tous ces moments de joie... comme des dizaines de milliers, des centaines de milliers d'autres Palestiniens.

J'ai toujours rêvé d'un pays libre et d'un état démocratique, d'un pays où nous pourrions vivre en paix et en sécurité avec nos voisins, avec l'État d'Israël, cet État qui a infligé tant de souffrances à mon peuple. Je rêve encore qu'un jour mon peuple sera libéré de l'esclavage que lui impose l'occupation israélienne. Je suis fier que le peuple palestinien refuse de plier sous l'humiliation et la détresse de l'occupation et continue sa résistance légale pour obtenir sa liberté, le droit de retour et lépendance... comme d'autres peuples l'ont fait dans le passé. Car les Palestiniens aujourd'hui supportent des degrés d'humiliation, de misère et de sous-alimentation pires que ceux supportés au cours des quarante années d'occupation. La brutalité et la discrimination ont atteint leur sommet.

Il est temps que tous ceux qui souhaitent que la paix, la sécurité et la stabilité règnent dans le monde réalisent que pour atteindre ce but au Moyen-Orient il faut mettre fin à l'occupation par Israël de tous les territoires palestiniens occupés depuis 1967 ainsi qu'à l'occupation de toutes les terres arabes occupées. Il faut créer un État palestinien indépendant et souverain avec Jérusalem pour capitale. Enfin, la paix, la sécurité et la stabilité ne régneront dans notre région du monde que si l'on trouve une solution équitable au problème des réfugiés palestiniens, solution basée sur la résolution 194 de l'ONU.

Les amis qui sont à nos côtés dans notre lutte juste soutiennent la justice, la liberté, l'humanité et le respect des droits de l'homme. Il est grand temps de mettre fin à la plus longue et à la plus atroce occupation de l'histoire du monde moderne. La libération de la terre et du peuple palestiniens, au-delà de la libération de notre peuple, est également une occasion de libérer le peuple israélien des maux de l'occupation, de ses crimes et des tensions qui en découlent. Notre peuple n'oubliera jamais ceux qui nous ont soutenus, les hommes, les femmes, les individus, les associations et les partis politiques, les institutions, les comités de solidarité, les États étrangers et les peuples. Nous n'oublierons jamais qu'ils ont été aux côtés du peuple palestinien dans sa lutte pour sortir de ces temps difficiles et la noblesse de leur engagement restera dans nos mémoires. Je suis porté par l'espoir que nous, peuple palestinien et tous nos amis, pourrons célébrer un jour dans les rues et sur les places de Jérusalem l'avènement de la liberté et de la paix sur notre terre de Palestine, terre de paix.



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Des infos secrètes concernant Israël tombent aux mains du Hamas
par
François Xavier


 



 
Le Hamas s’est emparé de la bande de Gaza. Il s’avère que d’importants documents ultrasecrets, saisis dans le bâtiment des services de renseignement du Fatah, révèlent des relations occultes entre Israël et cette organisation.
in Yeni Safak, 20 mai 2007
Source : www.yenisafak.com.
traduit du turc par Marcel Charbonnier
A la suite de la prise de contrôle de la bande de Gaza par le Hamas, la semaine dernière, nous sommes en train de vivre des développements très intéressants. Un site internet proche des services de renseignement égyptiens a révélé que, ces derniers jours, un trafic téléphonique sans précédent a été relevé entre Israël et l’Egypte. Ce site affirme également qu’au cours des discussions en cours depuis deux jours entre ces deux pays, Israël a exigé des responsables des services de sécurité égyptiens qu’ils lui remettent des milliers de documents secrets dont le Hamas s’est emparé, à Gaza. On apprend que le Hamas, en s’emparant du Centre des Renseignements du Fatah, à Gaza, est tombé sur un gigantesque archivage de données de renseignement. Les sources du renseignement israélien ayant donné cette information aux services homologues égyptiens a fait savoir qu’au cas où le Hamas révélerait et diffuserait ces informations, cela représenterait la « plus grande catastrophe du siècle ».
Toutes ces infos vont-elles se retrouver aux mains des Iraniens ?
Le site en question a affirmé que, d’après les sources du renseignement israélien, on n’avait pas vécu des événements d’une telle gravité depuis la chute du régime nazi, à la fin de la Seconde guerre mondiale, ou encore depuis la fin du régime communiste d’Allemagne de l’Est, dans les années 1990. Il fait savoir que les informations saisies [par le Hamas] dans le centre du renseignement palestinien [de Gaza], créé par les Etats-Unis et l’Angleterre, se comptent par millions. Il a été affirmé qu’Israël à demandé au régime égyptien de l’aider à s’emparer immédiatement de ces informations, de peur qu’elles ne tombent aux mains de l’Iran, du Hizbullah et de la Syrie.
Que contiennent lesdites informations ?
Ces documents comportent notamment, a-t-il été indiqué, des informations concernant des opérations conjointes entre services israéliens et étrangers du renseignement, les noms de Palestiniens ayant servi d’intermédiaires avec Israël, les noms de kollabos palestiniens ainsi que des informations relatives aux transferts d’armes et d’argent sale [entre Israël et l’Autorité palestinienne, ndt]
in Yeni Safak, 20 mai 2007
Source : www.yenisafak.com.tr/dunya/ ?c=4&1=51248
traduit du turc par Marcel Charbonnier
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 



Gaza : plus qu’une prison, un laboratoire pour un monde-forteresse.



 



 
Naomi Klein,
Gaza aux mains du Hamas, avec des militants masqués assis dans le fauteuil présidentiel ; la Cisjordanie instable, des camps militaires israéliens formés en hâte sur les hauteurs du Golan ; un satellite espion sur l’Iran et la Syrie ; la guerre avec le Hezbollah qui s’en faut d’un cheveu ; une classe politique percluse de scandales, ayant perdu toute confiance publique.
A première vue, ça ne va pas fort pour Israël. Mais il y a un mystère : pourquoi, au milieu d’un tel chaos et carnage, est-ce que l’économie israélienne progresse comme en 1999, avec une bourse qui grimpe et des taux de croissance à la chinoise ?
Thomas Friedman a récemment présenté sa théorie dans le New York Times. Israël « cultive et récompense l’imagination individuelle, » et ses habitants font sans cesse éclore des start-up high-tech ingénieuses - peu importent les dégâts causés par les politiciens. Après avoir examiné les projets de fin d’étude des étudiants en ingénierie et informatique à l’Université Ben Gourion, Friedman fit une de ses fameuses annonces déjantées : Israël « a découvert du pétrole ». Ce pétrole, apparemment, se situe dans les esprits des « jeunes innovateurs et entrepreneurs capitalistes, » israéliens, trop occupés à faire des méga-contrats avec Google pour s’arrêter à la politique.
Voici une autre théorie : L’économie israélienne ne surchauffe pas malgré le chaos politique qui fait les gros titres, mais grâce à lui. Cette phase de développement remonte au milieu des années 90, quand Israël - l’économie la plus dépendante de la technique dans le monde - était à l’avant-garde de la révolution de l’information. Après l’explosion de la bulle internet en 2000, l’économie d’Israël fut dévastée, connaissant sa pire année depuis 1953. Puis arriva le 11 septembre, et soudainement de nouvelles perspectives de profit apparurent pour toutes les compagnies prétendant qu’elles pouvaient localiser des terroristes dans les foules, rendre des frontières imperméables aux attaques, et extraire des aveux des prisonniers muets.
En trois ans, de vastes secteurs de l’économie technologique d’Israël ont été réorientés radicalement. En termes Friedmaniens : Israël est passé de l’invention d’outils pour le « monde plat » à la vente de barrières à une planète d’apartheid. Les entrepreneurs qui réussissent le mieux dans le pays sont nombreux à utiliser le statut d’Etat-forteresse d’Israël, entouré d’ennemis furieux, comme d’une sorte de hall d’exposition ouvert jour et nuit, un exemple vivant du savoir faire pour une sécurité relative au milieu d’une guerre perpétuelle. Et la raison de la super-croissance d’Israël, c’est que ces compagnies s’activent à exporter ce modèle dans le monde.
Habituellement, les discussions sur le commerce militaire d’Israël portent sur le flot d’armes vers le pays, les Caterpillars étasuniens qui servent à détruire les maisons en Cisjordanie et les compagnies britanniques qui fournissent des pièces de F16. On néglige l’énorme business d’exportation en pleine expansion. Israël envoie maintenant 1,2 milliards de dollars de produits de « défense » aux USA, comparés à seulement 270 millions en 1999. En 2006, Israël a exporté 3,4 milliards de dollars de produits de « défense », plus d’un milliard au dessus de ce qu’il a reçu en aide militaire US. Ceci fait d’Israël le 4eme marchand d’armes du monde, dépassant la Grande Bretagne.
Une grande part de cette croissance a été dans le secteur dit de “sécurité intérieure”. Avant le 11 septembre, la sécurité intérieure existait à peine en tant qu’industrie. A la fin de cette année, les exportations israéliennes du secteur atteindront 1,2 milliards de dollars, en augmentation de 20%. Les produits et service phares sont les barrières high-tech, les drones, les cartes d’identité biométriques et les systèmes d’interrogatoire des prisonniers - précisément des moyens et technologies qu’Israël a utilisés pour verrouiller les territoires occupés.
Et voila pourquoi le chaos, à Gaza et dans le reste de la région, ne menace pas le solde final à Tel Aviv, il peut même le relever. Israël a appris à faire d’une guerre sans fin un avantage de marque, et fait la promo du déracinement, de l’occupation et de l’enfermement des Palestiniens, comme d’une expérience d’un demi-siècle dans la « guerre globale contre le terrorisme. »
Ce n’est pas par hasard que les projets d’étudiants de l’Université Ben Gourion qui ont tant impressionné Friedman avaient des titres tels que « Matrice de covariance innovante pour la détection de cibles ponctuelles dans les images hyperspectrales » et « Algorithmes pour la détection et l’éviction d’obstacles. » Trente compagnies de sécurité intérieure ont été lancées en Israël rien que ces six derniers mois, grâce en grande partie à de généreuses subventions du gouvernement, qui ont transformé l’armée israélienne et les universités du pays en incubateurs pour les start-up de sécurité et d’armement (à garder en tête dans les débats sur le boycott universitaire).
La semaine prochaine, les mieux établies de ces compagnies viendront en Europe pour le Salon du Bourget, l’équivalent de la Semaine de la Mode pour l’industrie des armes. Une des compagnies israéliennes sera Suspect Detection Systems (SDS), qui présentera Cogito1002, un kiosque de sécurité blanc d’air futuriste qui demande aux voyageurs aériens de répondre à une série de questions générées par ordinateur, ajustées selon le pays d’origine, tandis qu’ils mettent leur main sur un senseur « biofeedback ». L’appareil lit les réactions corporelles aux questions et certaines réactions indiquent que le passager est « suspect ».
Comme des centaines d’autres start-up israéliennes, SDS se vante d’avoir été fondé par des anciens de la police secrète israélienne, et que ses produits ont été testés sur le terrain sur les Palestiniens. Non seulement la compagnie a testé ses terminaux biofeedback à un checkpoint de Cisjordanie, mais elle proclame que « le concept est soutenu et renforcé par la connaissance acquise et assimilée à partir de l’analyse de milliers de cas en relation avec les kamikazes en Israël. »
Une autre star du salon du Bourget sera Elbit, un géant de la défense israélienne, qui prévoit d’exhiber ses avions sans pilote Hermes 450 et 900. Pas plus tard qu’en mai, d’après les dépêches, Israël utilisait les drones dans des missions de bombardement à Gaza. Une fois testés dans les territoires occupés, ils sont exportés : l’Hermes a déjà été utilisé à la frontière Arizona-Mexique, les terminaux Cogito1002 sont expertisés dans un aéroport étasunien ; et Elbit, une des compagnies derrière la « barrière de sécurité » israélienne, est en partenariat avec Boeing pour construire la barrière frontalière « virtuelle » de 2,5 milliards de dollars du Department of Homeland Security, autour des Etats-Unis.
Depuis qu’Israël a commencé sa politique de fermeture des territoires occupés avec des checkpoints et des murs, les militants des droits de l’homme ont souvent comparé Gaza et la Cisjordanie à des prisons en plein air. Mais en étudiant l’explosion du secteur israélien de la sécurité intérieure, un sujet que j’explore plus en détail dans un livre à paraître (The Shock Doctrine : The Rise of Disaster Capitalism), il me frappe qu’ils sont aussi autre chose : des laboratoires où les techniques terrifiantes de nos Etats sécuritaires sont testées sur le terrain. Les Palestiniens - qu’ils vivent en Cisjordanie ou dans ce que les politiciens israéliens appellent déjà le « Hamasistan » - ne sont plus seulement des cibles. Ce sont des cobayes.
Aussi, dans un sens, Friedman a raison : Israël a atteint le pétrole. Mais le pétrole n’est pas dans l’imagination de ses jeunes pousses. Le pétrole est dans la guerre contre le terrorisme, dans l’état de peur constante qui créée une demande globale sans limite d’appareils pour observer, écouter, contenir et viser des « suspects ». Et, ainsi qu’il s’avère, la peur est la dernière matière première renouvelable.
Traduction : JPB
P.S.
Naomi Klein a écrit de nombreux livres, son plus récent, “The Shock Doctrine : The Rise of Disaster Capitalism », paraîtra en septembre.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Pourquoi les Etats-Unis veulent un "changement de régime" au Soudan
 
Comaguer
 
 
L’arrivée au sommet de l’agenda diplomatique mondial de la question du Darfour n’est ni l’effet du hasard ni la conséquence d’une aggravation dramatique et soudaine d’une situation conflictuelle existant depuis plusieurs années dans cette province occidentale du Soudan.
 
Le terme gravissime de « génocide » a été lancé en 2004 par COLIN POWELL au sujet du Darfour. L’abus de ce terme, en contradiction avec la définition qui en a été fixé par l’ONU dans la convention internationale contre les génocides adoptée le 9 Décembre 1948 et entrée en vigueur le 12 Janvier 1951, est une constante de la politique étrangère des Etats-Unis depuis la disparition de l’URSS bien qu’ils aient été au nombre des premiers signataires de la dite convention. Mais ils ont démontré ces dernières années qu’ils se souciaient comme d’une guigne du droit international existant et ils préfèrent accuser de ce crime le Soudan qui en est lui-même signataire que d’autres voisins : Tchad, Congo, République Centrafricaine qui ne le sont pas.
Alors pourquoi la mode, même si ce mot fait frémir quand il faut parler de souffrances humaines réelles de populations déjà très défavorisées, est-elle au « génocide au Darfour » ?

Un universitaire étasunien, ALEX DE WAAL, qui s’est récemment penché sur cette question conclut que s’il y a « génocide » au Darfour alors il y a aussi « génocide » au Congo, au Burundi, en Ouganda , au Nigéria et dans plusieurs autres pays.
ALEX DE WAAL est directeur du Programme de Recherche en science sociale à New –York et membre du Global Equity Initiative de Harvard. Il a publié deux livres très documentés sur Le Darfour dans lesquels il étudie les particularités sociales, ethniques et culturelles des habitants du Darfour , particularités réelles et d’une grande diversité mais qui n’ont rien à voir avec l’image , caricaturale et sans fondement d’après lui, véhiculée par les médias dociles selon laquelle les Darfouriens seraient des « Africains » victimes « d’Arabes » avec le sous-entendu dévastateur suivant : les Darfouriens seraient des « gentils Africains » victimes de « méchants arabes », comprenez le gouvernement de Khartoum. (Que des arabes aient traversé la Mer Rouge et se soient installés au Soudan est un fait historique mais il remonte à l’époque de Mahomet et le brassage a eu le temps de se faire.)

Il y a donc deux façons de parler du Darfour :
- le mode humanitaire : dans une région pauvre d’un pays lui-même pauvre une « guerre civile » provoque de graves souffrances humanitaires
- le mode politique : le Soudan est l’enjeu des rivalités entre grandes puissances et il est mis à l’index par les Etats-Unis qui veulent faire tomber le régime soudanais actuel et la « guerre civile » n’est pas, loin s’en faut, que le fait de citoyens soudanais qui s’entretueraient.
Nous ne nous attarderons pas sur le premier mode qui est utilisé par les ONG générales, comme AMNESTY International, MSF, la Croix-Rouge et tant d’autres, soit par des ONG spécifiques qui se sont constituées pour les besoins de cette cause et recherchent surtout une influence sur les opinions publiques occidentales en vue de préparer celles-ci à approuver les actions politico-militaires , clandestines et/ou publiques, contre le pouvoir soudanais, que projettent ou qu’ont déjà entamées leurs gouvernements. Le montage, rôdé en Yougoslavie, est aujourd’hui bien connu.
Pourquoi donc cet intérêt pour le Soudan ?
Le Soudan est le plus grand pays d’Afrique, assez peu peuplé : 33 millions d’habitants pour un territoire grand comme 5 fois la France, peu industrialisé peu équipé – il n’y existe qu’une seule route goudronnée - soumis à une énorme pression de l’appareil impérialiste occidental (le démontre à l’envie la visite officielle de KOUCHNER à Khartoum à peine un mois après son installation au Ministère des Affaires Etrangères)
Entre Tropique et Equateur, le pays s’étend sur plus de 2500 km du Nord au Sud et la haute vallée du Nil, qui sur son territoire se subdivise en deux grands affluents le Nil Blanc qui prend sa source tout au Sud du pays et le Nil bleu venu d’Ethiopie, constitue la colonne vertébrale de ce grand ensemble et concentre la majorité de la population y compris l’énorme Khartoum qui rassemble plus de 7 millions d’habitants.
Il est divers tant par ses climats, ses reliefs que par ses populations et leurs cultures et pourtant, pour paraphraser Galilée, il existe.
Il existe :
- parce qu’au travers de son histoire il n’a pas, sauf pendant une brève période été intégré dans un empire du Nil qui aurait exercé son empire sur la totalité de l’immense bassin fluvial
- parce qu’il a échappé aux ferments de division tribale qui, en Afrique de l’Ouest, a conduit, avec l’appui déterminé du colonialisme européen et surtout français, à l’émiettement territorial
- parce que, a contrario, le colonisateur britannique a tout fait pour éviter qu’au moment de la décolonisation les officiers révolutionnaires égyptiens n’étendent leur pouvoir sur le Soudan
- parce qu’il y a deux facteurs d’unification : l’islam religion d’environ 60 % de la population, et la langue arabe elle aussi majoritaire et qu’en même temps ces deux facteurs d’unification n’ont pas conduit à l’élimination des minorités linguistiques culturelles et religieuses, ni même à un bloc musulman unifié, les appartenances tribales restant vivaces.

Le Soudan est donc un pays africain majoritairement musulman et arabophone qui à travers la résistance au colonialisme d’abord et confronté ensuite, après la décolonisation, à de fortes tendances sécessionnistes tant au Sud qu’au Nord-Est, s’est forgé, dans le combat et dans des conflits qui ont largement dépassé l’intensité de celui du Darfour, une unité. Mais on devrait se souvenir à Washington et ailleurs que le chemin de l’unité nationale n’est pas toujours tapissé de roses !
Son éclatement, d’intérêt secondaire pour l’impérialisme tant que ses richesses naturelles étaient difficiles à exploiter (vu l’immensité du territoire et la pauvreté ou l’inexistence des réseaux de transport) devient un enjeu central dès l’instant où ces richesses, au premier chef le pétrole, sont prometteuses, exploitables et commencent à l’être par des compagnies étrangères qui pour la plupart ne sont pas des compagnies « occidentales ».
L’impérialisme occidental a donc entamé une action multiforme, qui n’exclut pas les rivalités comme entre la France et les Etats-Unis, visant soit à favoriser la sécession de diverses provinces soit à entamer la « somalisation » du pays c'est-à-dire la destruction de l’Etat et l’installation d’un chaos où le pouvoir serait ramassé par des bandes armées vivant de la taxation des exportations (comme pour l’opium afghan). Mais cette seconde perspective est encore lointaine et ne parait guère réalisable sans intervention militaire US massive.
Ce type d’action a échoué au Sud (voir plus loin) mais pourrait être repris à l’occasion d’un référendum prévu par les accords de paix et devant se tenir en 2008 et il a été engagé au Darfour sitôt le calme revenu au Sud.
QUELQUES POINTS DE REPERE HISTORIQUES
L’histoire du Soudan est longue et complexe et notre propos n’est pas ici d’en faire un résumé même bref, mais certains épisodes de l’histoire contemporaine qui ont été des facteurs de l’unité soudanaise méritent d’être soulignés.
Ayant été colonisé par la Grande-Bretagne ce pays est peu connu en France et les publications en langue française le concernant sont rares. Il a bien existé un « Soudan Français » mais, au moment de la décolonisation, il a été remplacé par l’actuel Mali. Sa brusque émergence médiatique, au point que, dans la mise à l’écart presque complète des questions internationales dans la campagne présidentielle française, il a été une des très rares questions abordées et de la manière la plus consensuelle par les deux finalistes, si elle a de quoi surprendre s’avère être une opération très bien organisée.
L’Empire du MAHDI : le colonisateur mis à la porte
Rattaché à l’empire ottoman au début du 19° siècle le Soudan sera un des pays que l’impérialisme britannique en expansion lui arrachera pour assurer son contrôle stratégique sur la route des Indes : le Soudan a en effet 700 kilomètres de côte sur la rive occidentale de la Mer Rouge.
Il lui aura fallu au préalable prendre le contrôle de l’Egypte à l’issue d’un long affrontement avec la France qui ne s’achèvera qu’en 1881. La mainmise britannique sur le Soudan sera difficile et ne sera effective qu’à l’issue d’une guerre sanglante. Le chef soudanais MUHAMMAD AHMAD IBN ABDALLAH dit le MAHDI conduit la résistance au nom de l’Islam. En effet, à l’exception de sa partie Sud, le Soudan est islamisé depuis longtemps et sert de pays de transit à tous les pèlerins venus de l’Afrique subsaharienne qui se rendent à La Mecque. Le colonisateur s’est installé à Khartoum et le général anglais GORDON y commande une garnison anglo-égyptienne. Le 26 Janvier 1885, les troupes du MAHDI s’emparent de Khartoum, tuent le général GORDON et mettent fin à la toute nouvelle tutelle anglo-égyptienne sur le pays. Cet épisode est relaté, en adoptant le point de vue britannique colonialiste ? dans le film KHARTOUM (1966).
Le Soudan devient alors un Etat islamiste indépendant et va le rester pendant 14 ans. Mais il s’épuise dans des conflits avec ses voisins : L’Egypte et l’Ethiopie qu’il tente de soumettre à sa loi et une nouvelle campagne militaire de 3 ans (1896-1899) permet à la Grande-Bretagne de faire tomber le régime du MAHDI. Le pays ne sera pas pacifié pour autant et de nombreuses révoltes auront lieu tant au Nord où elles sont animées par des islamistes qu’au Sud où les populations ont été christianisées.
Le régime NEIMEIRY
Sitôt renversée la monarchie égyptienne, voulant à tout prix éviter une annexion du Soudan par les officiers nassériens progressistes, la Grande-Bretagne accorde l’indépendance au Soudan. Cependant, en l’absence de lutte centrale de libération, il n’émerge pas de pouvoir politique national fort jusqu’à une stabilisation réalisée par le gouvernement militaire du Général NEMEIRY qui reste à la tête de l’Etat de 1969 à 1985.
Arrivé au pouvoir en compagnie des communistes, NEMEIRY les écarte et le régime suit en politique internationale une évolution parallèle à celle du régime égyptien et ne se signale ni par un engagement tiers-mondiste ni par une position neutraliste. Mais malgré sa taille et sa diversité géographique, culturelle et ethnique, il reste uni et NEMEIRY est respecté dans le monde entier pour avoir réintégré dans le jeu politique national les régions sécessionnistes du Sud en dotant le pays d’une constitution fédérale qui donne de larges pouvoirs aux régions.
Le régime AL BASHIR
NEMEIRY est renversé par un coup d’Etat sans effusion de sang, la situation demeure instable jusqu’en 1989 où le 30 Juin un nouveau coup d’Etat militaire amène au pouvoir le général OMAR HASSAN AHMED AL BACHIR. Signe des temps, le nouveau gouvernement est appuyé par un mouvement islamiste : le Front national islamique (FNI) de HASSAN TOURANI. AL BACHIR est toujours à la tête du pays et contrairement à l’image qui a été véhiculée à l’extérieur, le régime n’est pas un régime islamiste radical. En fait, le FNI ne rallie ni tous les musulmans – les pratiquants - ni même tous les islamistes – les musulmans qui veulent faire de l’Islam la loi d’Etat – qui sont organisés dans d’autres groupes politiques et l’armée échappe assez largement à leur influence. Le nouveau pouvoir ne se laisse donc pas contrôler par le FNI. TOURANI est progressivement écarté du centre du pourvoir et, bien que la Charia soit officiellement inscrite dans la Constitution, les militaires se gardent de tout excès doctrinal, bien conscients qu’ils sont que le maintien de l’unité du pays nécessite le respect de sa diversité de langues et de religions. Al TOURABI après avoir occupé d’importantes fonctions dans le régime est d’ailleurs retourné en prison en 2001.
La véritable raison de la mise à l’index du régime soudanais par l’Occident et les Etats-Unis en particulier est le soutien politique qu’il a apporté à l’IRAK au moment de la guerre du Golfe.
Sans rentrer plus avant dans le récit de l’histoire du Soudan contemporain il faut noter que les divers régimes qui se succèdent, s’ils prennent le pouvoir par la force se font ensuite confirmer au pouvoir par des élections et que le fédéralisme, mis en place par la constitution de 1975 et qui va être approfondi par une nouvelle constitution en 1999, reste le mode d’organisation du pays. Donc malgré des révoltes régionales, au Sud, au Nord-Est, jamais l’unité du pays n’a été radicalement mise en cause ni de l’intérieur ni de l’extérieur, aucun de ses voisins n’intervenant si ce n’est de manière clandestine, contre le Soudan.
Guerres civiles au Soudan : silence sur les unes, tintamarre sur les autres
Parmi ces révoltes régionales, la plus importante va se développer dans la Sud à partir de 1990. Ce n’est en fait qu’une réactivation d’une vieille opposition ressuscitée par l’arrivée au pouvoir à Khartoum des islamistes. Le précédent conflit entre les régions du Sud où l’Islam est minoritaire, la population étant majoritairement chrétienne et animiste (sans séparation nette entre les deux pratiques religieuses) et le pouvoir central s’était achevé en 1975 par les accords d’Addis-Abeba et la mise en place de la constitution fédérale. Mais la nouvelle guerre civile ne donnera pas lieu à une intense activité médiatique en Occident pour la simple et bonne raison qu’elle a d’importants soutiens en Occident même : chrétiens fondamentalistes des Etats-Unis et sionistes qui vont les uns et les autres s’employer à diaboliser le régime « islamiste » de Khartoum avec le secret espoir de parvenir à la partition du pays et à l’indépendance du Sud.
Le Mouvement pour libération du Soudan : le MPLS et son bras armé : l’ APLS, sont dirigés par JOHN GARANG, un officier formé aux Etats-Unis et il bénéficie de nombreuses sympathies à l’étranger : Etats-Unis bien sûr, Israël et l’Ouganda voisin par où arrivent armes et munitions. Mais ces sympathies ne s’arrêtent pas à l’idéologie. Le Sud Soudan renferme d’importantes richesses pétrolières. Les premières recherches et les premières découvertes avaient été le fait de sociétés occidentales au premier rang desquels l’étasunienne CHEVRON qui avait conduit des explorations à la fois en off-shore sur la Mer rouge et dans le Sud. Mais la guérilla du Sud rendait impossible la poursuite de cette activité et CHEVRON comme TOTAL ont abandonné la partie.
Or, pour pouvoir vendre le pétrole du Sud Soudan sur le marché mondial il faut traverser le centre et le nord Soudan et atteindre la Mer Rouge. Donc si le pouvoir central ne laisse pas passer le pétrole entre les gisements du Sud et la mer Rouge, il est inutile du point de vue d’une multinationale US ou européenne dont la préoccupation première n’est pas le développement du Soudan de l’extraire. L’idée peut alors germer de renverser le régime soudanais et d’utiliser la guérilla du Sud pour l’affaiblir. Une guerre civile de ce type, dont l’issue peut favoriser la capitalisme occidental, ne suscite aucune commisération dans nos médias ni aucun projet de « guerre humanitaire » comme il s’en déroulait une à la même période en Yougoslavie. Cette guerre a eu lieu, elle a causé d’importantes pertes humaines et d’importants déplacements de population, mais l’impérialisme qui la favorisait en sous-main ne lui a pas fait beaucoup de publicité.
Le seul acte de guerre impérialiste direct sera le bombardement décidé par CLINTON d’une usine de médicaments de Khartoum supposée produire des armes biologiques et le prétexte en sera la présence sur le sol soudanais de « terroristes islamistes » accusés– à tort ou à raison – d’être impliqués dans le premier attentat contre le WORLD TRADE CENTER de New-York (1993).






Le pétrole rassemble au lieu de diviser
Cependant, malgré la guerre civile qui se prolonge et fait des dizaines de milliers de victimes, la sortie de crise se met progressivement en place. Le Gouvernement soudanais ouvre la porte à de nouvelles compagnies pétrolières : chinoises, malaisiennes et indonésiennes. Elles reprennent les recherches dans le Sud, commencent l’exploitation et lancent en accord avec le gouvernement la construction d’un pipeline conduisant le pétrole d’abord à Khartoum où elles construisent une raffinerie et ensuite vers un nouveau port pétrolier sur la Mer Rouge au sud de Port-Soudan. Parallèlement est mis en place un accord de partage des revenus pétroliers entre la région productrice et le pouvoir central. Les conditions de la paix civile se trouvent donc progressivement réunies et en 2002 l’accord est signé entre le MPLS et le gouvernement de Khartoum. JOHN GARANG, qui mourra très peu après dans un accident d’hélicoptère vite classé, peut-être trop vite, comme dû à de mauvaises conditions atmosphériques, est nommé Vice-président du Soudan et le Soudan devient à partir de 1999 un acteur - de taille moyenne pour le moment mais les recherches se poursuivent et sont prometteuses - du marché pétrolier mondial au nez et à la barbe des multinationales US.

Le Sud pacifié, le Darfour entre en scène
Pour les stratèges en déstabilisation de Washington le Darfour est un vrai cas d’école. Un région éloignée de la capitale, mal reliée au reste du pays par des routes qui ne sont pas toujours praticables, plus facile d’accès pour ses voisins : Tchad et Libye que pour le pouvoir central, une région porteuse de promesses pétrolières et une guerre civile conduite par deux groupes rivaux ayant plus de velléités de participer au partage d’une future manne pétrolière que d’indépendance politique. Le choix est clair : il faut faire mûrir l’abcès pour intervenir de plus en plus ouvertement. Bien sûr on peut sans tarder faire parvenir des armes aux rebelles par l’Ouest et la Tchad, copiloté par la France mais dont le dictateur entretient également de très bons rapports avec les Etats-Unis se prête volontiers à ce jeu en soutenant un des deux groupes rebelles : le MJE. Mais il faut frapper plus fort. Le Soudan est donc classé dans les pays dangereux et la campagne médiatique mondiale pour faire accepter l’idée d’intervention est lancée. On peut la dater du jour de 2004 où Colin Powell lance l’arme de destruction politique massive : l’accusation de « génocide ». Il consacrait ainsi la réussite de la campagne antisoudanaise lancée par le lobby sioniste aux Etats-Unis et entérinée par le Congrès US. Celui-ci avait adopté en effet le SUDAN PEACE ACT signé par BUSH en Octobre 2002 et qui donnait au département d’Etat les moyens financiers de ses interventions « humanitaires » en même temps qu’il sanctionnait économiquement le Soudan.
A partir de cette date, le projet d’intervention militaro-humanitaire est clair et officiel. Face à lui, le gouvernement soudanais résiste. Il accepte une présence militaire de troupes de l’Union Africaine au Darfour. Il refuse par contre la présence de casques bleus de l’ONU car, comme cela s’est vérifié au Sud Liban après l’attaque israélienne en 2006, les soldats de l’ONU sont presque tous des soldats des pays de l’OTAN. Il voit bien également que le Pentagone est depuis le début de la « guerre contre le terrorisme » en train de prendre pied de plus en plus solidement en Afrique Orientale : base militaire à Djibouti (dans des locaux aimablement mis à disposition par l’armée française, maintenant bombardement de la Somalie et invasion éthiopienne du territoire sous direction US. Il sait d’expérience que le régime Ougandais qui a apporté un soutien régulier au MPLS et à l’APLS pendant la rébellion du Sud est un allié fidèle des Etats-Unis et que les services secrets israéliens et les agences de sécurité israéliennes y sont très actives. Il sait que le TCHAD, pays considéré comme le plus corrompu d’Afrique par Transparency International, s’est beaucoup rapproché des Etats-Unis depuis que le pétrole tchadien est exploité par EXXON. L’Egypte ne lui est pas hostile mais elle est alignée sur les Etats-Unis. Le Soudan est quasiment encerclé.
Il va donc négocier avec les rebelles du Darfour et parvenir à un accord de paix très complet accordant de nombreux droits économiques et sociaux aux régions du Darfour. Cet accord de paix établi en 3 langues : arabe, français et anglais et que nous avons pu consulter pourrait servir de modèle de sortie de crise dans de nombreux pays où existent des conflits analogues. Malheureusement un des groupes rebelles, le MJE, soutenu par le régime tchadien, va refuser de le signer et le calme ne revient pas.

LE PETROLE SOUDANAIS

Ce document (non reproduit sur ce site-ndlr) de 2002 fait apparaître le pipeline de 1500 km qui alimente Khartoum et Bashair le nouveau port pétrolier à 25 km au sud de Port Soudan, les zones concédées aux compagnies pétrolières étrangères et montre que les concessions atteignent maintenant le Sud Darfour

Sur cette carte figurent les noms des compagnies pétrolières concessionnaires. On remarque qu’y figure encore la française TOTAL et il se chuchote dans les milieux pétroliers que TOTAL pourrait bien être aussi un sous-traitant sur les périmètres concédés à la malaisienne PETRONAS
La GREATER NILE PETROLEUM OPERATING COMPANY regroupe la chinoise CNPC, la malaisienne PETRONAS, la soudanaise SUDAPET. A l’origine en faisait également partie la canadienne TALISMAN. Celle-ci, soumise à des pressions « humanitaires » aux Etats-Unis et au Canada a cédé en 2003 sa participation à l’indienne VIDESH, filiale de la plus grande entreprise pétrolière et gazière indienne : ONGC.
Il y manque les périmètres concédés depuis à la NATIONAL IRANIAN GAS CORPORATION (Compagnie nationale iranienne du gaz) concessions qui témoignent de la qualité des relations entretenues aujourd’hui par Khartoum et Téhéran et ceux concédés à la société pétrolière yéménite dans la région Nord-Ouest prés de la Libye.

Projecteurs « humanitaires » sur le Soudan, silence sur l’Ouganda
Note sémantique : désormais nous utiliserons l’expression « faire le Kouchner » pour symboliser toute agitation médiatique visant à caricaturer toute situation de tension ou de conflit et à systématiquement prendre parti en faveur des grands intérêts du capitalisme occidental s’ils sont convergents ou en faveur des grands intérêts du capitalisme français s’ils sont divergents avec ceux des autres pays impérialistes.
L’encadrement idéologique et le programmation de l’activiste médiatique KOUCHNER sont assurés par l’« INTERNATIONAL CRISIS GROUP » groupe d’influence siégeant à Bruxelles et dont CHRISTINE OCKRENT est une dirigeante. Les Notes que produit l’ICG annoncent souvent des mois à l’avance les grands thèmes qui feront ensuite la une des médias internationaux.
http://www.crisisgroup.org

Au nombre des membres du Conseil d’administration de l’ICG on compte : Chris Patten, ancien commissaire européen, Joschka Fischer, ancien ministre des affaires étrangères d’Allemagne, Zbigniew Brzezinsky, grand stratège de la politique US dans les années 80, SOROS le milliardaire financeur de révolutions de couleurs, le général WESLEY CLARK chef des bombardements de l’OTAN sur la Yougoslavie et pas mal d’anciens premiers ministres ou chefs d’Etat : belge, hollandais, chilien, philippin...sans oublier l’ancien premier ministre finlandais, aujourd’hui président d’honneur de l’ICG MARTTI AHTISAARI, chargé par la « Communauté internationale » (lire Washington et Bruxelles) d’arracher le Kosovo à la Serbie.
Pendant que les médias-mensonges et les perroquets « humanitaires » font les Kouchner sur le Soudan et le Darfour ils observent un silence scrupuleux sur la situation lamentable des droits de l’homme chez son voisin du Sud : l’Ouganda.
Pourtant la dictature civile de MUSEVENI, fidèle allié des Etats-Unis, est une des plus féroces d’Afrique. Mais tout est pardonné au régime ougandais pourvu que le pays obéisse scrupuleusement à la Banque Mondiale et qu’il serve d’exutoire, à peine clandestin, à toutes les richesses minières extraites, depuis des décennies, illégalement des provinces de l’Est du Congo et qui rejoignent le marché mondial en passant par Kampala. Ce trafic est facile car il porte sur des produits : or, diamants, coltan (minerai double de Colombium et de tantale utilisé en quantité croissante dans toutes les « puces » électroniques) très chers au kilo et dont le transport ne nécessite pas de grosses infrastructures routières aujourd’hui inexistantes dans cette région.
La solution du problème du Darfour est autant au Tchad qu’au Soudan
Au printemps 2004, le sous secrétaire d’Etat US pour les questions africaines HERMAN J.COHEN souligne dans une interview à Radio France International que la Tchad joue un rôle destructeur dans le conflit du darfour. L’été 2006 il déclare sur le site web de l’association « International Peace Operation » : « Déby doit partir pour le bien du Tchad et du Soudan ». Il ne fait qu’officialiser le soutien matériel et financier du dictateur tchadien aux rebelles du Darfour.

La Chine en première ligne
La Chine a joué un rôle important dans le règlement de la guerre du Sud en fournissant les bases matérielles de l’accord pétrolier. Cet accord qui lui assure un approvisionnement régulier en pétrole soudanais – elle est destinataire de 85 % des exportations - a aussi permis la mise en exploitation des gisements, la construction de la raffinerie de Khartoum qui approvisionne l’économie soudanaise, la construction du pipeline et au total un progrès substantiel de l’économie soudanaise et une amélioration des finances publiques du pays.
Simultanément elle favorise la modernisation économique du pays dans d’autres secteurs et a par exemple équipé l’industrie cotonnière soudanaise de matériel nouveau permettant croissance de la production et des exportations textiles.
Ces interventions chinoises qui favorisent le décollage économique du Soudan se font en arrachant celui-ci à l’influence du FMI et de la Banque Mondiale, en l’arrachant à la domination des multinationales pétrolières occidentales et donc clairement sur une trajectoire de confrontation avec les intérêts capitalistes occidentaux
Bien acceptée par le gouvernent soudanais – le Soudan a fait partie des pays africains amis reçus en grande pompe à Pékin à l’automne 2006 pour le sommet Chine-Afrique, directement visée par l’offensive étasunienne qui vise à l’évincer du pays, elle s’implique de plus en plus dans la recherche d’une fin de conflit au Darfour. Elle vient de nommer un envoyé spécial pour le Darfour : LIU GUIJIN, et en liaison avec l’Union africaine et l’ONU elle s’emploie à favoriser la fin des combats, le retour à une vie normale – des troupes chinoises du Génie vont aller sur place pour aider à reconstruire les infrastructures élémentaires - et l’application des accords de paix.
Face à cette situation où ils sont perdants sur tous les tableaux, il ne reste aux Etats-Unis que la politique du pire : celle de la dramatisation médiatique de la crise du Darfour, du sabotage des efforts de paix et ensuite le recours à la force, pour installer à Khartoum un régime qui leur soit soumis.
Cette politique est tellement lisible qu’aux Etats-Unis le mouvement d’opinion pour le « salut du Darfour » « SAVE DARFOUR » bien relayé par le lobby sioniste et les milieux hollywoodiens mobilise aujourd’hui plus dans la rue que les mouvements de protestation contre la guerre d’IRAK et que le principal slogan des manifestants à l’adresse du gouvernement US est « Quittez l’Irak, allez au Darfour » !

Bulletin 166 Comaguer
 
 
 Iran delenda est 
“L’IRAN DOIT ÊTRE DÉTRUITE” VERSION AMÉRICAINE
par HASSIN
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“Carthago delenda est”, allait répétant, Caton l’Ancien sous la Rome impériale. Au coeur du Sénat, il concluait n’importe lequel de ses discours, quelqu’en était l‘objet, par ces mots, “Carthage doit être détruite”. Il avertissait ainsi la Rome impérieuse et impériale de la montée en rivalité de cette Cité punique, proto-Puissance en passe de menacer à nouveau l’hégémonie absolue de Rome. Ses exhortations finirent par mener à la troisième guerre punique et à la destruction de Carthage.
“Iran delenda est”, va répétant à la manière yankee, Bush le Jeune, commentant et expliquant à sa façon toute les crises moyen-orientales : L’Iran doit être détruite puisque ce pays est accusé de fomenter, comploter, déstabiliser à lui seul cette région. On assiste ainsi à une montée en puissance d’une mise en accusation de l’Iran identique à celle qui amena à la seconde guerre contre l‘Irak il y a quelques années.
Tout cela a démarré en douceur, par le biais d’articles et images feutrés, dans un pointillisme diplomatico-médiatique qui dessine, avec recul, le tableau d‘une future "guerre préventive”(ah le bel oxymore...) contre l’Iran. On distille pour l’opinion publique, dans un crescendo guerrier, l’idée que l’Iran serait l’obstacle principal à la stabilisation du Moyen-Orient jusqu’à obtenir que cette même opinion se persuade par elle-même de cette “menace” iranienne apocalyptique.
Un scénario déjà usité mais visiblement non usé est rejoué : celui des armes de destruction massive utilisé pour l’Irak et réactualisé en la “bombe nucléaire chiite” pour l’Iran.
Les mots ont changés, l’idée reste la même... Les stratèges états-uniens n’ont même pas pris le peine de nous fournir un autre motif de guerre tant est certaine pour eux l’idée qu’un mensonge devient message quand il est répété, martelé, psalmodié dans une litanie obsessionnelle, comme le fit Caton l’Ancien à propos de Carthage.
Les médias , mieux encore que le Sénat romain, offrent ainsi un moyen d’amplifier mondialement ce mantra martial.
Même le cinéma hollywoodien a été appelé à déblayer et aplanir le terrain symbolique et psychologique qui mène au futur champ de bataille. Le film “les 300”, sorti il y a peu, offrait ainsi une vision "originale" de la bataille antique des Thermopyles qui opposa Perses et Grecs.
Les Perses, étrangement “arabisés” (mais Perses et Arabes pour certains, c’est turbans blancs et blancs turbans, c’est du pareil au même ! tous des "mahométans"...) sous des keffiehs anachroniques et portant des cimeterres très “jihadisants”, sont bien sûr cruels, fourbes et impavides avec leurs masques interchangeables. Les Grecs, “américanisés”, mâchoires carrées et bannière au vent, sont courageux, vifs et parfaitement humanisés dans l‘excès de leurs sentiments. Faut-il encore filer cette analogie subliminale jusqu’au noeud gordien en précisant que cette bataille des Thermopyles est censée, historiquement, avoir été le point de départ de la Démocratie grecque ?
Dans la presse dite “mainstream”, le pointillisme a été remplacé depuis peu par le trait épais et guerrier. Ainsi divers articles accusent d’ores et déjà l’Iran d’alimenter successivement les Talibans en Afghanistan, le Hezbollah au Liban, le Hamas en Palestine, la résistance à l‘occupation en Irak...Quand on découvrira un lien entre l’Al Qaïda sunnite et l’Iran chiite, alors ce sera le début de la fin.
Comme est étrange cette inversion des faits, ce brouillage idéologique qui fait d’une puissance occupante et étrangère à la région le pilier de la paix . En lisant certains médias , nous passons dans une réalité télégéniquement modifiée, une bulle médiatique spéculative qui enfle et s’auto-alimente dans un flux continu.
Pourtant les faits, les simples faits, sont le cordial et le viatique nécessaires à la compréhension de cette région moyen-orientale qui cristallise tant de crises et d’enjeux majeurs.
Mais c’est là, hélas, que l’on mesure toute le puissance des Etats-Unis, l’Empire du Sens par excellence, qui décide unilatéralement des faits internationaux et de la signification à leur donner ; Puissance symbolique qui nous fait passer de l’autre côté du miroir, dans un monde où le reflet décide de la substance de l’objet reflet et où l’interprétation prend le pas sur la réalité.
Pourtant dans notre système international qui avait fait de la bombe atomique la clé de voûte de la puissance étatique, n’importe quel Etat, un tant soit peu plongé dans la realpolitic des relations internationales, aurait songer à se doter de défenses nécessaires s’il avait vu son voisin, l’Irak, complètement détruit au terme de deux guerres, d’un embargo meurtrier et occupé sous un prétexte fallacieux.
Que l’Iran songe à l’arme nucléaire, dans la logique de cette sécurité, n’a donc rien de surprenant et participerait presque de ce que l’on peut appeler une “défense préventive”, pour copier la novlangue en cours dans les relations internationales. Ajouter à cela que l’Iran est voisin d’Israël qui, refusant toujours tout contrôle international, disposerait vraisemblablement de l’arme nucléaire.
La politique des Etats-Unis, dans cette région épidermiquement sensible s’apparente de plus en plus au lit de Procuste ou lit de Sodome. Dans la tradition hébraïque, il est raconté comment Dieu décida de détruire Sodome en raison de la cruauté de son peuple. La légende donne comme exemple ce fameux lit. Quand un étranger venait à Sodome, il était mis dans ce lit. S’il était trop grand, ses jambes étaient raccourcies, coupés. S’il était trop petit, ses membres étaient étirés afin qu’ils correspondent parfaitement aux mesures de ce lit.
Ainsi va la politique états-uniennes, hiératique et erratique : tout ce qui dépasse doit être coupé et tout ce qui ne correspond pas aux injonctions guerrières est étiré artificiellement jusqu’à obtemption des résultats désirés.
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Banque du Sud : Enjeux et défis
 



 
Publié par : CDATM
L’idée de création d’une Banque du Sud semble finalement prendre corps apr&

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