LE CHANT DES SIRENES.
Par
DERBALI.
L’investissement intellectuel et militant, la diffusion pointue et permanente d’une culture politique claire, affirmée et contestataire pour faire contre poids et contrer tout abus de pouvoir, concerne toutes les données et autres engagements qui impliquent le présent et l’avenir du pays.
Cette dynamique salvatrice, essentielle et vitale doit se manifester partout pour qu’une réelle démocratisation du pays soit effective.
Le terrain culturel , et social productifs sont évidemment la base et le fondement de cette révolution politique dans les mœurs et coutumes de la société tunisienne extrêmement patriarcale et conservatrice malgré les apparences , car c’est bien là , dans ces espaces , aux allures de champs de mines actuellement , que s’exprimera et trouvera sa totale plénitude le tunisien moderne et progressiste , celui qui sera apte à créer , formuler et appliquer le message du changement , la primauté des institutions sur l’idéologie ,du dialogue et de la tolérance sur le dogme et la forfaiture, de l’art sur le conformisme et le consensus partisans des appareils et des clans inscrit dans la seule logique de leurs intérêts , toujours aux dépends de ceux de la nation entière.
C’est là aussi que réside ,et peut s’assumer le pouvoir intellectuel et économique dans le seul processus évident et attractif , pour les forces vives de la nation , de l’action démocratique et de l’expression citoyenne libre , seuls à pouvoir redresser le pays et libérer les énergies de tout un peuple démissionnaire par la force des choses et l’arbitraire des tyrans, ce n'est là aussi , que l’attraction , le choix ultime et la nécessité vitale de la démocratie , pour le plus grand nombre de tunisiens , qui de plus en plus étouffés dans la nasse mortelle de la dictature , prennent conscience de la priorité de se révolter contre elle.
L'irréductible particularité de la dictature tunisienne , c’est qu'aujourd'hui plus que jamais , elle est déterritorialisée , elle a même contaminée les esprits de l'exil , de beaucoup d'exilés , cette dictature tunisienne n'a plus de lieu d'enracinement limité à sa nuisance , comme ceux de MOBUTU , d'IDI AMIN DADA ou de POL POT.Elle marie la terreur et le mutisme dans tous les espaces par la menace et la prise d'otage , ce venin de sa folie meurtrière est aussi puissant qu'une hérésie qui porte en elle « intellectuellement » la pérennisation de son extrême nuisance.Oui dans ce trauma psychologique généralisé , qui articule , et les mouvement et les pensées des tunisiens les plus intimes, et jusqu’à leurs espoirs incertains en un avenir meilleur , prend forme cette terrible évidence : la Tunisie est non seulement dévastée par 50 ans de fausse indépendance et de violence abjecte , elle est aussi transformée de fond en comble , humainement et culturellement , dans un sens qui de plus en plus fait d’elle une nation bananière , sans dignité , ni honneur , sans raison et sans âme , plus que toutes les violences , le pillage , la spéculation , le meurtre et le crime , l’avenir , où les méfaits de ben Ali et ses tueurs génocidaires et ethnocidaires nous ont projeté , et continuent minutieusement à le faire , est leur plus grand crime commis contre la nation tunisienne et l’humanité en général.
Réagir tous ensemble contre ce fléau suppose l’appropriation de l’outil culturel et politique déridé de ses hésitations , ses peurs , ses calculs et ses égoïsmes , mais il ne faut pas oublier aussi le terrain strict et évident du cadre de vie et du quotidien des tunisiens , l’économique et le social , là où s’opère la reproduction de la force du travail , qui jusqu’à cette heure , malgré les destructions massives et spéculatives organisées par la dictature de ben Ali , arrive quand même à tenir le pays la tête hors de l’eau , et des fois , séduire dans le concert des nations.
le chant des sirènes , la propagande maison close de ben Ali et ses quelques boîtes de résonance appellent cela « le miracle tunisien », mais nous , nous savons tous que le seul miracle de notre pays , est que ce dernier , n’a pas sombré dans la famine et la guerre civile , et ce miracle a toujours pu être et tenir , seulement grâce à l’ingéniosité et le pacifisme des tunisiens.