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Courage fuyons !

Courage fuyons !
 Par
Abdou


      PETITIONS

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Une fois de plus la jeunesse tunisienne est sacrifiée par une opposition politique, ne parlons pas de la dictature, il n’y’a rien à dire à son sujet, c’est l’ennemi à abattre dans la nature des choses, cette opposition fragmentée et sans aucune consistance qui se refuse à s’adapter à un monde en pleine mutation, des mentalités et des besoins aussi. Pourtant l’énergie est là. Il faudrait simplement pouvoir la canaliser. Cette génération de tunisiens comme les précédentes ne craint ni la violence du régime, ni sa torture, ni sa haine, ni la faim mais elle a perdu l’envie. Comment pourrait-il en être autrement ? Où est le grand dessein qui devrait les faire rêver ?  La Tunisie des valeurs est en panne. Elle sait que le monde n’attend plus rien d’elle, alors elle se replie sur elle-même. Prostrée, elle se flétrit en attendant l’improbable sursaut.

Est-il déjà trop tard ? Notre pays millénaire n’était-il pas de toutes les façons en passe de sombrer, remplacé incontestablement dans les esprits et dans les faits par la communauté des intérêts privés et égoïstes. L’appartenance au groupe, dans le monde d’aujourd’hui,  n’est plus simplement géographique, elle est désormais intellectuelle et virtuelle. En effet, le progrès et la connaissance si longtemps apanage des élites sont désormais à la portée de tous, mais dans le cas des tunisiens ils se sont mis dans le camp de l’arbitraire et dénigrent la Tunisie de progrès, assassiné par la dictature de ben Ali.

Nos élites, malheureusement,  pourtant formées dans les meilleures écoles des pays démocratiques  semblent complètement dépassées par cette révolution. Elles continuent d’ailleurs à s’égosiller dans leurs tours d’ivoire et leurs rendez-vous manqués quand les foules à convaincre sont aux abonnés  plus depuis longtemps. Retranchées derrière des discours tout aussi éculés que stéréotypés et démagogiques, comme leurs anciens avait déjà su le faire sous la mégalomanie de BOURGUIBA, nos élites n’ont qu’une peur : disparaître.

La Tunisie qui doit se libérer de la dictature n’a plus simplement besoin de têtes bien faites, elle a besoin d’hommes d’action. Elle n’a que faire de ces politiciens qui n’ont pas compris que la pensée ne vaut rien sans l’action. Nos élites ont l’intelligence, prêtons leur cette qualité, mais il leur manque le courage. Le courage de penser différemment, le courage qui précède et renforce l’action, le courage qui, somme toute, transforme un homme politique en homme d’état, le courage de reconnaître l’autre non pas pour ce qu’il peut nous apporter, mais pour ce qu’il peut apporter à la TUNISIE…

La  société tunisienne souffre d’un certain nombre de peurs qui l’empêchent de vivre pleinement. Peur du lendemain, peur de la d’être des citoyens, peur de la liberté, on ne compte plus ces peurs qui l’entraînent encore plus vers son déclin…

Et si tout était beaucoup plus simple. Si finalement nous n’avions peur que d’une seule chose. Pas que le ciel nous tombe sur la tête. Non rien de si aléatoire. Non simplement de ne pas exister dans l’expression e la TUNISIE silencieuse, cette Tunisie que chacun des grands partis de l’opposition jusqu’au plus petit groupuscule s’approprie sans vergogne, d’une façon aussi illégitime que la dictature, si cette Tunisie là refuse toute forme de contrôle, et bouleverse en toute conscience les règles de jeu établies dans les cénacles et les appareils. Et si notre vraie peur en tant qu’activiste politique, celle qui nous empêche d’être nous même, celle qui nous fait avaler toutes les couleuvres de toutes ces voix autorisées, celle qui nous empêche de dormir, nous rend accro à l’indifférence et à l’attentisme et nous pourrie notre vie d’être humain.

La démocratie contre toutes les peurs. Véritable sésame de notre société moderne. Celui sans lequel plus rien n’est possible.

Dés lors qu’avec une pareille dictature elle  devienne le centre de nos vies. Elle est à l’homme moderne ce que la terre promise était  aux parias, un statut social, une raison d’exister. Elle est au centre de toutes les conversations des tunisiens qui ont une once de conscience humaine et  pensent leur patrie dans le progrès et la civilisation. Et comme la terre promise elle est longtemps apparue comme sûr, inaltérable et surtout éternelle. La crise économique et les bouleversements de ce début de millénaire, tous ces drames qui s’annoncent  sonneront  le glas de la dictature dans notre société. Il faut travailler en tant que démocrates tunisiens  pour  que dans notre société on soit prêt à tout pour elle ; pour la percevoir, pour l’augmenter, pour la sauver. Impensable. Observer simplement le monde qui vous entoure, la Mauritanie qui ces derniers jours  vient de donner une magistrale leçon au monde, et à toutes les formes de logiques sectaires, racistes et colonialiste. Un voisin, un parent, nous même, n’avons nous pas tous été confrontés à cette angoisse tout aussi soudaine qu’inavouable devant la brute et le tortionnaire, mais il nous faut tous ensemble désormais dépasser ce stade animal et vivre dignement, même dans le sacrifice.

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