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LA SEXUALITE DES HOMMES TUNISIENS

LA SEXUALITE DES HOMMES TUNISIENS

LA SEXUALITE DES HOMMES TUNISIENS
HAFFANI MOHAMED FAKKREDDINE, TROUDI HICHEM
(Service de psychiatrie ‘’E’’, Hôpital Razi, 2010, La Manouba)
Résumé :
La sexualité occupe une place très importante dans la vie de l’être humain. En Tunisie, le comportement sexuel masculin est un continent non encore exploré. Dans ce travail, nous avons essayé de rapporter les connaissances et les attitudes des hommes en matière de sexualité, de tracer un profil des comportements sexuels des hommes en Tunisie et d’analyser les facteurs qui le déterminent.
Il ressort de notre étude que le poids des traditions reste lourd avec 83,7 % des hommes qui pensent qu’une femme doit préserver sa virginité jusqu’au mariage et 77,3 % qui pensent que l’homosexualité est la pratique sexuelle la plus mal acceptée par la société. 85,6 % des hommes se sont masturbés et un homme sur trois reconnaît avoir eu une relation homosexuelle et avoir pratiqué les rapports anaux avec leur partenaire. L’âge du premier rapport était de 28,1 an et la durée moyenne du coït était de 1min et 13 sec.
En conclusion nous dirons qu’il existe en Tunisie deux sexualités à deux vitesses : La première, accablée par les tabous et les traditions, se retrouve surtout chez les hommes mariés, âgés, d’origine rurale, alors que la deuxième, un peu plus libérée, se retrouve surtout chez les jeunes, célibataires, résidant dans le milieu urbain.
Mots – clés : Sexualité - Hommes - Tunisie - Société – Psychologie – Tabou

THE SEXUALITY OF TUNISIAN MEN
HAFFANI MOHAMED FAKHREDDINE, TROUDI HICHEM
( Psychiatric department " E ", Razi hospital, 2010, Manouba)
Summary :
Sexuality is very important in the life of people. In Tunisia, male sexual behavior is a not still investigated continent. We tried to report knowledge and attitudes of the people in sexuality, to draw a profile of the sexual behavior of men in Tunisia and to analyze the factors which determin it.
In our study, we’ve conclued that traditions have a big influence. In fact, 83,7 % of the men think that a woman must conserv her virginity until marriage and 77,3 % think that homosexuality is the most non-accepted sexual practice by the society. 85,6 % of men have practised masturbation and 1/3 recognizes to have had a homosexual relation and to have practised sodomy with their partners. Age of the first sexual intercourse was 28,1 years and the average duration of one sexual report was 1min and 13 sec.
In conclusion, we shall say that there are in Tunisia two kinds of sexuality with two speeds : The first one, swamped by taboos and traditions, concerns old or married or men of rural zone. In the other side, the second, a little more free, concerns young or bachelor's or men living in the urban environment.
key – Words : Sexuality - man - Tunisia - Society – Psychology – Taboo

I. Introduction
Tout comportement est le résultat d’une combinaison de facteurs variables de l’environnent et de l’individu, qui englobent les dimensions bio-psychologiques et les situation socioculturelles.
Il en est de même du comportement sexuel, éminemment neurophysiologique, émotionnel et éducatif.
La sexualité est donc une dimension constitutive de chaque personne et non pas seulement une fonction corporelle. Les sentiments, les attentes, les espoirs, les croyances et les valeurs font que la vie sexuelle de chaque personne lui ressemble. Elle est en plus liée à toutes les questions humaines essentielles tels que les origines de l’être, sa finitude, et son devenir, le plaisir, la souffrance et les liens humains.
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En Tunisie, à l’instar de tous les pays arabo-musulmans, un voile tantôt discret, tantôt violent a enveloppé l’être et l’agir sexuel, le frappant du sceau de l’ignorance, de la honte et de la culpabilité.
En effet, en Tunisie, seules de petites enquêtes faites surtout auprès des adolescents ont été réalisées, comme celle de l’association tunisienne de planning familial en 1994 auprès de 514 lycéens âgés de 15 ans ou plus, et celle du Dr Ayadi et son équipe en 2001 portant sur 100 lycéens âgés de 12 à 19 ans.
Notre travail présente les résultats d’une enquête sur le comportement sexuel masculin en Tunisie, à l’instar des enquêtes européennes et américaines.

II. Méthodologie de l’enquête
L’enquête s’est déroulée durant la période s’étendant du 1er février 2002 au 31 janvier 2003. L’échantillon représentatif, constitué selon la méthode des quotas, est composé de 300 hommes, âgés de 20 à 69 ans, vivant dans le Grand Tunis (gouvernorats de Tunis, Ariana, Ben Arous, Manouba). Les données statistiques utilisées sont celles publiées par l’institut national de statistique et par l’office national de la famille et de la population.
Les variables que nous avons retenues sont l’âge, le lieu de résidence, le statut matrimonial
et le niveau d’instruction. Ces quatre variables semblaient avoir le plus d’influence sur le
comportement sexuel.
Le questionnaire est composé de cinquante quatre items, reparties en cinq parties :
Identification, Connaissances, Attitudes, Pratiques et vécu, trouble sexuel.
Aucun questionnaire n’a été rempli par auto-passation, tous ont été remplis par un entretien face à face. Chaque entretien durait en moyenne entre 20 et 30 minutes.
III. RESULTATS
Seuls les résultats statistiquement significatifs seront exposés.
A. Profil socio-démographique
L’âge moyen de notre population est de 38,26 ans. L’âge moyen de la puberté est de 14,43 ans. 72,3 % de notre population est d’origine urbaine et 27,7 % est d’origine rurale. Le nombre moyen d’enfants est de 3,5 enfants. 19,3 % de notre population est analphabète, 42 % est de niveau primaire, 30,4 % est de niveau secondaire et 8,3 % est de
niveau supérieur.
B. Les connaissances
1. L’éducation sexuelle
85,3 % des hommes ont reçu une éducation sexuelle. (nous avons considéré qu’un homme a bénéficié d’une éducation sexuelle chaque fois qu’il a reçu des informations sur la vie sexuelle au moment de la puberté).

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Education sexuelle Non scolarisé Primaire Secondaire Supérieur Total
Non 46,6 % 11,1 % 3,3 % 0 % 14,7 %
Oui 53,4 % 88,9 % 96,7 % 100 % 85,3 %
Education sexuelle en fonction de la scolarité

Les sujets de niveau d’instruction secondaire ou supérieure ont eu plus d’accès à des informations sexuelles que ceux de niveau primaire ou ceux non instruits. On serait donc tenté de dire que l’instruction joue un rôle dans l’éducation sexuelle. Mais la vérité est que l’école ne représente que 1,1 % des sources d’informations sexuelles, contre 2 % pour les parents, 14,1 % pour les mass-médias et 82,8 % pour les amis. Ceci reflète bien la réalité des choses puisque seulement la reproduction (qui est une partie infime de la sexualité) est enseignée en secondaire alors que le lycéen a déjà vécu ou est en train de
vivre sa puberté.
Le lieu de résidence paraît avoir un poids énorme sur l’éducation et la curiosité sexuelle. En effet, 6,9 % seulement de la population urbaine n’ont pas reçu d’éducation sexuelle, alors que ce taux passe à 34,9 % dans la population rurale. Par ailleurs, les mass médias représentent la source d’éducation sexuelle la moins utilisée en milieu rural (1,9 %
contre 17,3 % dans le milieu urbain).
2. La curiosité sexuelle
La majorité des sujets interrogés n’a jamais examiné leur sexe dans une glace (47,3 %) et n’a jamais mesuré la taille de leur sexe (57,3 %). 84,3% des sujets de milieu rural n’ont jamais mesuré la taille de leur sexe et 74,7% n’ont jamais examiné leur
sexe dans une glace. Ces pourcentages passent dans le milieu urbain respectivement à 47% et à 36,9 %.

C. Les attitudes

1. Le but de l’activité sexuelle
Dans notre population, 32,7 % des hommes pensent que le but de l’activité sexuelle
est de satisfaire un besoin physiologique, 31,3 % pensent avoir du plaisir, 20 % pensent
avoir un enfant et 16 % pensent accomplir une obligation.
0%
20%
40%
60%
20-29 30-39 40-49 50-59 60-69
Enfant
Obligation
B Physique
Plaisir
But de l’activité sexuelle en fonction de l’âge

Ce sont les plus jeunes qui pensent que le but de l’activité sexuelle est de satisfaire un besoin physiologique ou d’avoir du plaisir contrairement aux sujets plus âgés qui pensent que le but est d’accomplir une obligation ou d’avoir un enfant.

Dans le milieu rural, le versant reproductif paraît dominer la sexualité puisque 32,5 % pensent que le but de l’activité sexuelle est d’avoir un enfant et seulement 16,9 % pensent que c’est d’avoir du plaisir. Ces valeurs passent respectivement à 15,2 % et à 36,9 % dans le milieu urbain.
49,2 % des célibataires pensent que le but de l’activité sexuelle est de satisfaire un besoin physiologique et 45,9 % avancent la recherche de plaisir. Les sujets mariés sont plus divisés avec 31 % pour l’enfant; 26,4 % pour l’obligation; 20,7 % pour le besoin physiologique et 21,8 % pour le plaisir.
Avoir du plaisir, comme but de l’activité sexuelle, est proportionnel au niveau d’instruction alors que, avoir un enfant, comme but de l’activité sexuelle, est inversement proportionnel au niveau d’instruction.

But de l’activité sexuelle
Non scolarisé Primaire Secondaire Supérieur Total
Enfant 44,8 % 20,6 % 8,8 % 0 % 20 %
Obligation 29,3 % 13,5 % 8,8 % 24 % 16 %
Besoin physiologique 15,5 % 42,1 % 36,3 % 12 % 32,7 %
Plaisir 10,3 % 23,8 % 46,2 % 64 % 31,3 %
Le but de l’activité sexuelle en fonction du niveau d’éducation

2. Mariage et relations sexuelles
Un autre indicateur du poids énorme qu’ont les traditions sur la sexualité est le mythe de la préservation de la virginité chez la femme jusqu’au mariage. En effet, 83,7 % des hommes pensent que la préservation de la virginité chez la femme jusqu’au mariage est une règle sociale à sauvegarder, 10,3 % pensent que c’est un mal social nécessaire et seulement 6 % pensent que c’est un tabou à dépasser. Paradoxalement, la même majorité écrasante (82 %) pense que, pour l’homme, le mariage n’est pas nécessaire pour avoir des rapports sexuels. Ceci apporte la preuve vivante que l’islam n’y est pour rien. En effet, ce
dernier interdit formellement les rapports sexuels avant le mariage aussi bien pour l’homme que pour la femme.
Les traditions pèsent encore plus lourdement sur le milieu rural. En effet, la majorité des hommes dans le milieu rural (97,6 %) pense que la préservation de la virginité
chez la femme jusqu’au mariage est une règle sociale à sauvegarder, alors que ce pourcentage passe à 78,3 % dans le milieu urbain. Aucun homme résidant dans le milieu rural ne pense que c’est un tabou social à dépasser alors que 8,3 % des hommes de milieu urbain le pensent. 2,4 % des sujets de milieu rural pensent que c’est un mal social nécessaire, ce pourcentage passe à 13,4 % dans le milieu urbain. Le milieu rural reste partagé pour la question des rapports sexuels de l’homme avant le mariage. En effet, 59 % pensent que, pour l’homme, le mariage n’est pas nécessaire pour avoir des rapports sexuels et 41 % pensent le contraire. Ces pourcentages passent respectivement dans le milieu urbain à 90,8 % et à 9,2 %.
La virginité reste donc, dans notre société, un indicateur de chasteté et un certificat de bonne conduite prénuptiale.
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3. Amour et rapports sexuels
L’amour n’est pas nécessaire pour avoir des rapports sexuels, mais les rapports sexuels sont nécessaires dans une relation amoureuse. C’est ce que pense la majorité des hommes quant aux relations qui peuvent exister entre l’amour et la sexualité. En effet, 73,3% pensent qu’ils ne doivent pas nécessairement être amoureux pour avoir des rapports sexuels et 56 % pensent qu’une relation amoureuse ne pourrait pas exister sans rapports sexuels.
62,7 % des hommes de milieu rural pensent qu’une relation amoureuse peut exister sans rapports sexuels et 51,8 % pensent qu’ils doivent être amoureux pour avoir des rapports sexuels. Ces pourcentages passent dans le milieu urbain respectivement à 36,9 % et à 17,1 %.

4. Pratiques sexuelles interdites par la société
L’homosexualité paraît être la pratique sexuelle la moins tolérée par la société (77,3 %), suivie de l’adultère (12 %), des relations sexuelles sans mariage (7,7 %) et en dernière position la masturbation (3 %).
Ce sont les plus jeunes qui pensent que la pratique sexuelle la plus interdite par la société est l’homosexualité.
81,6 % des hommes résidant dans le milieu urbain pensent que la pratique sexuelle la plus intolérable par la société est l’homosexualité contre 66,3 % pour les hommes résidant dans le milieu rural.
89,3 % des célibataires pensent que la pratique sexuelle la plus intolérable par la société est l’homosexualité et seulement 69,1 % des mariés ou séparés le pensent. 17,4 % de ces derniers désignent l’adultère comme la pratique sexuelle la plus mal acceptée par la société contre 4,1 % parmi les célibataires.
Ceci prouve que la mutation sociale a peu ou pas d’influence sur notre conception de l’homosexualité, puisque l’homophobie, qui tend à disparaître dans l’Occident, reste bien ancrée dans la mentalité des jeunes de notre société.

D. Pratiques et vécu
1. La première activité sexuelle
L’âge moyen de la première activité sexuelle est de 15 ans. Il passe à 16,5 ans dans le milieu rural contre 14,5 ans dans le milieu urbain.
Cette première activité sexuelle était une masturbation dans 78 % des cas, un coït dans 19,3 % des cas et une expérience homosexuelle dans 2,7 % des cas.
La (e) partenaire du premier rapport sexuel est dans 47 % des cas une prostituée, dans 19,7 % des cas l’épouse, dans 12,1 % des cas une femme célibataire, dans 12,1 % des cas un homme et dans 9,1 % des cas une femme mariée. Cette première partenaire sexuelle était une prostituée chez 66,7 % des hommes d’origine rurale et chez 30,6 % des hommes d’origine urbaine. Ceci pourrait être attribué au poids des traditions et à la prohibition de la mixité prédominant surtout dans le milieu rural.
2. Les pratiques sexuelles
a) L’homosexualité
35,3 % des hommes reconnaissent avoir eu au moins une fois dans leur vie des relations homosexuelles (définies comme toute activité homosexuelle débutant vers l’âge de l’adolescence). Ces relations sont plus fréquentes en milieu rural (47 %), où domine la prohibition de la mixité, qu’en milieu urbain (30,9 %). Un seul homme (0,33 %) de notre population était exclusivement homosexuel.
b) Les rapports anaux
Rapports annaux Célibataires Mariés et séparés Total
Non 33,9 % 69,1 % 60,7 %
Oui 66,1 % 30,9 % 39,3 %
Pratique des rapports anaux en fonction du statut matrimonial

Un homme marié sur trois pratique le rapport anal avec sa femme alors que deux célibataires sur trois le pratiquent et c’était dans 67,6 % des cas avec une femme célibataire.
82,6 % des hommes de niveau d’instruction supérieur pratiquent le rapport anal alors que ce pourcentage est de 35,1 % pour les autres niveaux.
La plus grande proportion de sujets jeunes et célibataires qui pratique le rapport anal pourrait être rattachée à la préservation de la virginité chez la fille jusqu’au mariage.
En effet, la majorité des adolescents va avoir recours à cette pratique pour éviter la défloration de leur partenaire même s’ils se heurtent parfois au refus de celle-ci.
c) La masturbation
56,3 % des hommes déclarent avoir encore une activité masturbatoire et 85,6 % se sont masturbés au moins une fois dans leur vie. Cette activité est considérée comme occasionnelle par 78,7 % des hommes et seulement 21,3 % la jugent comme fréquente.
Masturbation Célibataires Mariés Total
Non 5,7 % 69,5 % 43,7 %
Oui 94,3 % 30,5 % 56,3 %
sujets ayant actuellement une activité masturbatoire en fonction du
statut matrimonial
Tous les hommes mariés disent qu’ils se masturbent de façon occasionnelle, alors
que 31,1 % des célibataires la considèrent comme une activité fréquente.
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d) Les rapports sexuels
Caractéristiques générales
Dans notre population, 22,7 % des hommes n’ont jamais eu de rapport sexuel et ce sont généralement les plus jeunes contre 77,3 % qui ont eu déjà des rapports sexuels et ce sont les plus âgés. L’âge moyen du premier rapport sexuel est de 28,1 ans.
55,7 % des sujets célibataires n’ont jamais eu de rapport sexuel. Ce pourcentage est de 67 % dans la tranche d’âge des 20-29 ans et 12 % dans la tranche d’âge des 30-39 ans.
C’est surtout dans le milieu rural qu’on trouve la plus grande proportion de célibataires n’ayant jamais eu de rapport sexuel avec 78,1 % et moins dans le milieu urbain avec 47,8 %.
Parmi ceux qui avaient au moment de l’enquête des rapports sexuels, 78,3 % les avaient avec leur épouse, 13,4 % avec une femme célibataire, 3,7 % avec une femme mariée; 0,5 % avec un homme et 4,1 % avec une prostituée. Parmi les célibataires qui avaient au moment de l’enquête des rapports sexuels, 61,7 % les avaient avec une femme célibataire, 17 % avec une femme mariée, 2,1 % avec un homme et 19,1 % avec une prostituée.
La partenaire actuelle des sujets de milieu rural est soit l’épouse (88,9 %), soit la prostituée (11,1 %). Dans le milieu urbain, la répartition est un peu plus homogène avec 74,8 % pour l’épouse, 17,8 % pour la femme célibataire, 4,9 % pour la femme mariées, 0,6 % pour l’homme et 1,8 % pour la prostituée.

La fréquence des rapports
Nombre de rapports sexuels par mois Célibataires Mariés Total
20 – 29 ans 0,8 ********** 0,8
30 – 39 ans 3,2 7,8 6,5
40 – 49 ans *********** 5,6 5,6
50 – 59 ans *********** 3,4 3,4
60 – 69 ans *********** 1,3 1,3
Total 1,3 5,4 3,65
Nombre moyen de rapports sexuels par mois en fonction de l’âge et du
statut matrimonial

Le nombre moyen de rapports sexuels est de 3,65 par mois. La majorité des hommes (58,7 %) ne fait pas l’amour autant qu’elle le veut. Il s’agit dans 88 % des cas de célibataires et séparés, et dans 37,4 % des cas de sujets mariés. Parmi ceux qui font l’amour autant qu’ils le veulent (41,3 %), 62,6 % sont mariés et seulement 12 % sont célibataires ou séparés.

La périodicité des rapports
46,1 % des hommes disent que leurs rapports sexuels obéissent à une périodicité préétablie (le même jour de la semaine ou dans les même conditions ou selon un schéma toujours le même….) et ce sont les plus âgés (moyenne d’âge de 47,6 ans), alors que 53,9 % disent le contraire et ce sont les plus jeunes (moyenne d’âge de 36,5 ans).
La majorité des sujets résidant dans le milieu rural (79,7 %) dit que ses rapports sexuels obéissent à une périodicité préétablie. Ce pourcentage passe à 45,1 % dans le milieu urbain.

Périodicité des rapports Célibataires Mariés et séparés Total
Non 75,9 % 37,9 % 46,1 %
Oui 24,1 % 62,1 % 53,9 %
Périodicité des rapports sexuels en fonction du statut matrimonial
Le changement de position
Dans notre population, 24,1 % des hommes changent toujours de position au cours de leurs rapports sexuels, 30,6 % en changent parfois et 45,3 % n’en changent jamais. Ce sont les plus jeunes qui changent toujours de position au cours de leurs rapports sexuels (moyenne d’âge de 33,2 ans), les moins jeunes (moyenne d’âge de 41,3 ans) en changent parfois, alors que les plus âgés (moyenne d’âge de 48,3 ans) n’en changent jamais.
Il y a plus de sujets ne changeant jamais de position au cours du rapport sexuel dans le milieu rural (67,8 %) que dans le milieu urbain (37,6 %). La tendance s’inverse pour ceux qui en changent parfois (20,3 % le milieu rural et 34,1 % dans le milieu urbain) et ceux qui en changent toujours (11,9 % dans le milieu rural et 28,3 % dans le milieu urbain).

Changement de positions Célibataires Mariés et séparés Total
Jamais 18,5 % 53,4 % 45,3 %
Parfois 24,1 % 32,6 % 30,6 %
Toujours 57,4 % 14 % 24,1 %
Changement de positions au cours du rapport sexuel en fonction du statut
matrimonial

La participation
Au cours du rapport sexuel, 78 % des hommes préfèrent être actifs, 8 % préfèrent être passifs et 14 % préfèrent que ça soit réciproque. Ce sont les plus jeunes qui préfèrent être passifs (moyenne d’âge de 28,7 ans), alors que les hommes plus âgés (moyenne d’âge de 38,4 ans) préfèrent être soit actifs soit les deux à la fois.
Il y a plus de sujets préférant être actifs au cours du rapport sexuel dans le milieu rural (91,6 %) que dans le milieu urbain (72,8 %). La tendance s’inverse pour ceux qui préfèrent être passifs (2,4 % le milieu rural et 10,1 % dans le milieu urbain) et ceux qui préfèrent une participation réciproque (6 % dans le milieu rural et 17,1 % dans le milieu urbain).

Participation aux rapports Célibataires Mariés et séparés Total
Actif 71,3 % 82,6 % 78 %
Les deux 13,9 % 14 % 14 %
Passif 14,8 % 3,4% 8 %
La participation au rapport sexuel en fonction du statut matrimonial
La durée du coït
La durée moyenne du coït (définie comme le temps s’écoulant entre la pénétration et l’éjaculation) est de 1min et 13 sec. La durée la plus courte du coït (33 secondes) est retrouvée chez les sujets dont la partenaire sexuelle est une prostituée.

Cette durée moyenne est plus longue dans le milieu urbain (1min et 17 sec) que dans le milieu rural (1min et 1 sec). Chez les célibataires elle est de 53 secondes, chez les mariés elle est de 1min et 18 sec.
Cette durée moyenne est proportionnelle au niveau d’instruction. En effet, elle est de 1min et 5 sec pour les analphabètes, 1min et 9 sec pour le niveau primaire, 1min et 15 sec pour le niveau secondaire et 1min et 40 sec pour le niveau supérieur.

3. Plaisir et satisfaction
a) La taille du pénis
La grande majorité des hommes (90 %) se dit satisfaite de la taille de leur pénis et ce sont généralement les plus âgés (moyenne d’âge de 39 ans), alors qu’une minorité ne le l’est pas (10 %) et ce sont les plus jeunes (moyenne d’âge de 30,8 ans). C’est dans le milieu urbain qu’on trouve la plus grande proportion d’hommes non satisfaits par la taille de leurs pénis (13,4 %), alors que ce groupe ne représente que 1,2 % du milieu rural.

Satisfaction par la taille du pénis Célibataires Mariés et séparés Total
Non 15,6 % 6,1 % 10 %
Oui 84,4 % 93,9 % 90 %
Satisfaction par la taille du pénis en fonction du statut matrimonial
b) La satisfaction de la partenaire
La majorité des hommes (83,2 %) pense que leur partenaire est satisfaite par la durée du coït. Ils ne sont que 3,9 % à penser le contraire, tandis que 12,9 % disent qu’ils ne savent pas.

Satisfaction de la partenaire Durée moyenne du coït
Oui 1 min et 16 sec
Ne sait pas 57 sec
Non 43 sec
Satisfaction de la partenaire en fonction de la durée du coït

Plus la durée du coït augmente, plus les partenaires sont, selon les hommes, plus satisfaites.

Satisfaction de la partenaire Célibataires Mariés et séparés Total
Oui 63 % 89,4 % 83,2 %
Ne sait pas 27,7 % 8,4 % 12,9 %
Non 9,3 % 2,2 % 3,9 %
Satisfaction de la partenaire par la durée du coït en fonction du statut
matrimonial

c) L’orgasme
70,7 % des hommes disent parvenir toujours à l’orgasme et ce sont les plus jeunes (moyenne d’âge de 39,4 ans), 28,4 % disent y parvenir parfois et ce sont les moins jeunes (moyenne d’âge de 49,8 ans) et enfin 0,9 % disent qu’ils n’y parviennent jamais et ce sont les plus âgés (moyenne d’âge de 60,5 ans).
Les célibataires parviennent toujours à l’orgasme dans 90,7 % des cas, alors que les
mariés y parviennent toujours dans 64,4 % des cas.
La plus grande partie de notre population (89,7 %) pense qu’un rapport sexuel doit nécessairement aboutir à l’orgasme alors qu’ils ne sont que 10,3 % à penser le contraire.

d) Les fantasmes
La majorité des hommes (79 %) dit que sa vie sexuelle est stimulée par des fantasmes et ce sont généralement les plus jeunes (moyenne d’âge de 35,5 ans), alors que ceux qui disent le contraire (21 %) sont les plus âgés (moyenne d’âge de 48,5 ans).

e) La fellation
Dans notre population, 18,1 % des hommes disent que la fellation est la pratique sexuelle la plus stimulante.
Ce sont les célibataires qui pensent plus que la fellation est la pratique sexuelle la plus stimulante (38,9 %) alors que les mariés et les séparés le pensent moins (11,8 %). Ils ont recours préférentiellement à cette méthode pour se satisfaire, sans toucher à la virginité de la femme.
Les hommes résidant dans le milieu urbain pensent plus que la fellation est la pratique sexuelle la plus stimulante (23,1 %), alors que ceux résidant dans le milieu rural le pensent moins (3,4 %).
Plus le niveau d’instruction est élevé, plus les hommes disent que la fellation est la pratique sexuelle la plus stimulante. En effet, ils sont 5,3 % d’analphabètes, 18,7 % de niveau primaire, 24,6 % de niveau secondaire et 30,4 % de niveau supérieur à le penser.

f) Influence de l’abstinence sexuelle
Au cours de la période d’abstinence sexuelle, 67,7 % disent se sentir frustrés physiquement, 14,3 % frustrés affectivement et 18 % indifférents.
Ce sont les plus jeunes qui se sentent frustrés affectivement ou physiquement au cours de la période d’abstinence sexuelle (moyenne d’âge de 36,8 ans), alors que ceux qui se sentent indifférents, sont généralement les plus âgés (moyenne d’âge de 46,2 ans).
Il y plus de sujets qui se sentent indifférents au cours de la période d’abstinence sexuelle parmi les mariés (23 %) que parmi les célibataires (9,8 %) et dans le milieu rural (28,9 %) que dans le milieu urbain (13,8 %).

Influence de l’abstinence sexuelle / Non scolarisé /Primaire /Secondaire /Supérieur /Total
Frustré affectivement 6,9 % 14,3 % 14,3 % 32 % 14,3 %
Frustré physiquement 55,2 % 71,4 % 70,3 % 68 % 67,7 %
Indifférent 37,9 % 14,3 % 15,4 % 0 % 18 %
Influence de l’abstinence sexuelle en fonction du niveau scolaire

g) Influence des enfants
57,6 % des hommes disent que leur sexualité a changé après la naissance d’un enfant.
La majorité des hommes résidant en milieu urbain (63,6 %) dit que sa sexualité a changé après la naissance d’un enfant, alors que plus de la moitié des hommes de résidence rurale (57,1 %) dit le contraire.
Parmi les hommes qui pensent que leur sexualité a changé après la naissance d’un enfant, 52 % disent qu’il s’agit d’une diminution de la fréquence des rapports, 27,6 % d’une amélioration de la qualité des rapports et 20,4 % d’une détérioration de la qualité des rapports sexuels.

h) Satisfaction de la vie sexuelle
65,7 % des hommes disent qu’ils sont satisfaits de leur vie sexuelle et ce sont les plus âgés (moyenne d’âge de 40,6 ans), alors que 34,3 % disent le contraire et ce sont les plus jeunes (moyenne d’âge de 33,8 ans).

Satisfaction de la vie sexuelle Célibataires Mariés Total
Oui 47,5 % 78,7 % 65,7 %
Non 52,5 % 21,3 % 34,3 %
Satisfaction de la vie sexuelle en fonction du statut matrimonial

Si la partenaire sexuelle est l’épouse, alors 79,4 % sont satisfaits, mais si la
partenaire est une prostituée, alors 100 % ne le sont pas.

53,8 % des hommes disent que c’est la partenaire sexuelle qui leur manque, 18,3 % disent que c’est l’entente sexuelle, 14,1 % disent que c’est la santé physique, 11,5 % disent que c’est l’affection et 2 % disent que c’est le temps.

Motifs d’insatisfaction Célibataires Mariés Total
Affection 10,9 % 13,2 % 11,5 %
Entente sexuelle 1,6 % 47,4 % 18,3 %
Partenaire sexuelle 84,4 % 0 % 53,8 %
Santé physique 3,1 % 34,2 % 14,4 %
Temps 0 % 5,3 % 2 %
Motifs d’insatisfaction sexuelle en fonction du statut matrimonial
Motifs d’insatisfaction Célibataires Mariés Séparés Total
Affection 27 ans 41 ans ********** 32 ans
Entente sexuelle 27 ans 43 ans ********** 42 ans
Partenaire sexuelle 23 ans ********** 63 ans 25 ans
Santé physique 34 ans 58 ans ********** 55 ans
Temps ********** 42 ans ********** 42 ans
Moyenne d’âge des motifs d’insatisfaction sexuelle en fonction du statut
matrimonial

Qu’attendent les hommes de leur partenaire sur le plan sexuel ?

57,7 % pensent qu’ils seraient plus satisfaits si la partenaire était plus tendre (moyenne d’âge de 44,4 ans), 36,1 % pensent le devenir si leur partenaire était plus participante (moyenne d’âge de 37,5 ans) et 6,2 % si elle était moins exigeante (moyenne
d’âge de 49,1 ans).
Dans le milieu rural, la majorité écrasante des hommes (86 %) préfère que la partenaire soit plus tendre contre seulement 12,3 % qui la préfère plus participante. Le milieu urbain est partagé avec respectivement 48,2 % et 44,1 %.
Si la partenaire est l’épouse, alors 64 % des hommes la préfèrent plus tendre, mais si la partenaire est une femme célibataire, alors 75% la préfèrent plus participante.

Attitude de la partenaire Célibataires Mariés Total
Plus participante 62,3 % 28,2 % 36,1 %
Plus tendre 37,7 % 63,8 % 57,7 %
Moins exigeante 0 % 8 % 6,2 %
Attitude de la partenaire et satisfaction de la vie sexuelle en fonction
du statut matrimonial

i) Le changement de partenaire
La majorité des hommes (80,6 %) n’a pas envie de changer la partenaire actuelle et
ce sont généralement les plus âgés (moyenne d’âge de 44,7 ans) alors que seulement 19,4
% pensent le contraire et ce sont les moins âgés (moyenne d’âge de 31,7 ans).

Envie de changer la partenaire Célibataires Mariés Total
Non 39,6 % 93,1 % 80,6 %
Oui 60,4 % 6,9 % 19,4 %
Envie de changer la partenaire actuelle en fonction du statut matrimonial

50 % des hommes insatisfaits de leur vie sexuelle n’ont pas envie de changer de partenaire.
57,8 % des hommes disent avoir été toujours fidèles à leur partenaire actuelle et ce sont généralement les plus âgés, alors que 42,2 % disent le contraire et ce sont les plus jeunes.
Parmi les hommes résidant dans le milieu rural, 76,3 % ont été toujours fidèles à leur partenaire actuelle, alors qu’ils ne l’ont été que 51,4 % dans le milieu urbain.

Fidélité Célibataires Mariés Total
Non 81,5 % 29,9 % 42,2 %
Oui 18,5 % 70,1 % 57,8 %
La fidélité en fonction du statut matrimonial

4. La communication
a) Expression du désir sexuel avant le rapport
64,1 % des hommes n’expriment pas leur désir sexuel avant les rapports et ce sont généralement les plus âgés (moyenne d’âge de 45,6 ans), alors que 35,9 % disent le contraire et ce sont les plus jeunes (moyenne d’âge de 37,2 ans).

Expression du désir Célibataires Mariés et séparés Total
Oui 71,7 % 25,3 % 35,9 %
Non 28,3 % 74,7 % 64,1 %
Expression du désir sexuel avant le rapport en fonction du statut matrimonial
Expression du désir Non scolarisé Primaire Secondaire Supérieur Total
Oui 7 % 32,2 % 50,8 % 82,6 % 35,9 %
Non 93 % 67,8 % 49,2 % 17,4 % 64,1 %
Expression du désir sexuel avant le rapport en fonction du niveau d’instruction
Si la partenaire est l’épouse, alors 74,1 % des hommes n’expriment pas leur désir sexuel avant le rapport, alors qu’ils les expriment dans 75 % des cas si la partenaire est une femme célibataire.
86,4 % des hommes résidant dans le milieu rural n’expriment pas leur désir sexuel avant les rapports, alors qu’ils ne sont que 56,4 % dans le milieu urbain à ne pas le faire.
b) Discussion à propos de la qualité du rapport
Seulement 13 % des hommes parlent de la qualité de leur rapport sexuel avec leur partenaire.
Il y a plus d’hommes qui parlent de la qualité de leur rapport sexuel avec leur partenaire dans le milieu urbain (16,3 %) que dans le milieu rural (3,4 %).
28,6 % des hommes parlent de la qualité de leur rapport sexuel si la partenaire est une femme célibataire.
Discussion à propos de la qualité des rapports
Non scolarisé/ Primaire/Secondaire/Supérieur/Total
Oui 0 % 4,4 % 12 % 14 % 13 %
Non 100 % 95,6 % 80,3 % 39,1 % 87 %
Discussion à propos de la qualité du rapport sexuel en fonction niveau
d’instruction

Tous les hommes qui n’expriment pas leur désir sexuel avant les rapports, ne parlent jamais, après les rapports, de leur qualité avec leur partenaire. Alors que seulement 36,1 % de ceux qui expriment leur désir, en parlent après les rapports.
c) La simulation d’orgasme
La plupart des hommes (86,2 %) disent n’avoir jamais simulé un orgasme. 8,8 % des hommes analphabètes ou de niveau d’instruction primaire, 19,7 % des hommes de niveau secondaire et 30,4 % des sujets de niveau supérieur disent avoir déjà simulé un orgasme.
E. Les troubles sexuels
Cette partie s’intéresse aux troubles de la sexualité tout en restant subjective. Elle étudie la perception par l’homme de sa propre sexualité, le trouble qu’il présenterait et le type de consultation.
Seulement 6,3 % des hommes disent présenter un trouble sexuel (tout en restant subjectifs) et ce sont les plus âgés (moyenne d’âge de 46,3 ans) alors que ceux qui disent que leur sexualité est normale (93,7 %) sont généralement les plus jeunes (moyenne d’âge de 37,7 ans).

Trouble sexuel Pourcentage Moyenne d’âge
Impuissance érectile 4 % 54 ans
Ejaculation précoce 0,6 % 31 ans
Masturbation frénétique 0,6 % 20 ans
Diminution de la libido 0,3 % 52 ans
Hypersexualité 0,3 % 46 ans
Infertilité 0,3 % 34 ans
Total 6,3 % 46 ans
Type de trouble sexuel et moyenne d’âge

Le tabou de la sexualité atteint ici son apogée puisque moins de la moitié (47,3 %) des hommes qui disent présenter un trouble sexuel ont consulté un médecin. Ces chiffres ne sont retrouvés dans aucune autre pathologie qui donnerait autant de souffrance humaine. Ils touchent toute la société et sont indépendants des autres paramètres (âge, statut matrimonial, niveau d’instruction, lieu de résidence).
Les hommes considèrent le trouble sexuel comme une fatalité et préfèrent continuer à souffrir, avec toutes les répercussions que cela aura sur le plan familial et socioprofessionnel, que de consulter un médecin et de lui parler de sa sexualité.
Même ceux qui «osent» et consultent un médecin (le médecin généraliste vient en première position avec 44,4 %, suivi de l’urologue avec 33,3 % et en dernier lieu on trouve l’endocrinologue et le psychiatre avec seulement 11,1 %) disent, dans la grande majorité des cas, qu’il n’existait aucune amélioration. Peut-être parce que leur demande était disproportionnée par rapport à leur pathologie, mais plus certainement parce que le médecin généraliste (venant en tête de liste des consultations) n’est nullement préparé à traiter les troubles sexuels, ni même capable de parler de sexualité avec ses patients.

CONCLUSION
Il apparaît évident aujourd’hui que la sexualité est une dimension constitutive de chaque personne et non pas seulement une fonction corporelle. Les sentiments, les attentes, les espoirs, les croyances et les valeurs font que la vie sexuelle de chaque individu lui ressemble. Elle est, en plus, liée à toutes les questions humaines essentielles tels que les origines de l’être, sa finitude et son devenir, le plaisir, la souffrance et les liens humains.
Nous assistons de part le monde à un changement de paradigme du comportement sexuel. Sa finalité n’est plus la procréation mais le plaisir et ce depuis l’avènement des produits contraceptifs qui sont à l’origine de la disjonction reproduction/plaisir.
La normalité du comportement sexuel du couple n’est plus guidée par l’instinct de reproduction mais par la recherche du plaisir physique.
En Tunisie, un voile tantôt discret tantôt violent a enveloppé l’être et l’agir sexuel,les marquant du sceau de l’ignorance, de la honte et de la culpabilité.
L’enquête que nous avons menée démontre bien les changements qui apparaissent en Tunisie et surtout chez les jeunes chez qui pointent la reconnaissance de la partenaire, la curiosité et la recherche hédonique et érotologique.
La coupure persiste encore entre le comportement sexuel urbain et rural où la socio-culture joue un rôle prédominant.
En tout état de cause nous pensons que le temps est venu pour réhabiliter la sexualité par une étude scientifique et objective. Nous sommes convaincus que la sexualité peut être dite et étudiée et qu’elle doit être connue et expliquée.


REFERENCES
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Masson 1996:578.
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tunisienne de planning familial 1994;33:3-4.
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13. Mossuz-lavau J. La vie sexuelle en France. La Matinière 2002:29-353.
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15. Zilberdeld B. Le modèle imaginaire : Le processus et les objectifs sexuels. Dans : La sexualité masculine.
Paris : Ramsay 1978:37-61.

posted by Pr Fakhreddine Haffani

SEXUALITE FEMININE ET DONNEES SOCIO-CULTURELLES

«Les influence socioculturelles placent le plus souvent la femme dans une situation où elle est contrainte d’adapter, de sublimer, de refouler, ou même de dévier sa capacité naturelle de fonctionner sexuellement pour remplir le rôle qui lui a été assigné génétiquement (la reproduction). Masters et Johnson.



La sexualité est à la base même de la société; une espèce asexuée peut engendrer une colonie mais en aucun cas elle ne donnera une société. C’est dire le rôle de la société comme instance régulatrice et organisatrice de la sexualité, de ses membres et en même temps l'importance de la dialectique individu / société dans la modification de la perception de la sexualité.

Chaque société définie ses normes et ses traditions sexuelles et infléchit le statut et le rôle sexuels de ses membres. C'est dans ce cadre que nous constatons la variabilité du comportement sexuel en fonction des sociétés. La représentation collective de la sexualité, les traditions diffèrent selon le temps, les cultures et même selon les communautés au sein de la même culture.

En occident, sous l’influence des mouvements de libération sociale et des mouvement de libération des femmes, une révolution sexuelle a été fortement revendiquée. Alexandra Kollontaï a dénoncé, dès le début du siècle dernier, la répression sexuelle des femmes et l’a rattaché à l’oppression de classe. Wilhem Reïch affirma que les coutumes sociales sont responsables d’importantes différences entre la sexualité masculine et féminine. Il considéra que «la moralité capitaliste, moralité de classe, est contre la sexualité et engendre donc le conflit au premier chef. Le mouvement révolutionnaire élimine le conflit en construisant tout d’abord une idéologie favorable au sexe et en lui donnant la forme pratique d’une nouvelle législation et d’un nouveau mode de la vie sexuelle».

Simone De Beauvoir, dans son livre «le deuxième sexe», a exercé une profonde influence sur les nouvelles féministes des années 60. Elle critique Freud et elle considère la culture patriarcale source d’infériorité sociale de la fille et de supériorité du petit garçon.

L’influence du courant des féministes s’est fait sentir surtout au cours des années 60-70. Un événement capital dans l’évolution de la sexualité féminine a été la découverte des méthodes contraceptives en 1955 par Pincus et leur commercialisation en 1960. «Il n’aurait jamais été question d’égalité sexuelle si la connaissance de la contraception n’avait permis aux deux sexes d’assurer la responsabilité totale de tout ce qui résulte de leur contact» (Masters et Johnson)

La révolution sexuelle occidentale a entraîné certainement une certaine libération des pratiques sexuelles, ceci n’empêche que la fonction érotique est «toujours entravée» selon l’expression de Zwang. Par ailleurs, de nouvelles problèmes vont surgir tel que la pornographie, le SIDA….

Dans le monde arabe, la sexualité demeure un tabou, l’oppression des femmes garde son aspect le plus archaïque. Toutefois, plusieurs voix se sont levées contre cette stigmatisation.

Parmi elles, celle de Kacem Amin, qui était l’un des premiers a avoir critiquer la situation de la femme arabe et a dénoncer la polygamie, le port de voile et la non participation à la vie active. Plusieurs auteurs ont continué sur le même chemin. Parmi eux, le poète Nizar Kabbani, qui consacra la majorité de ses œuvres a défendre les droits de la femme dans le monde arabo – musulman ; et l’écrivain tunisien Taher Haddad et son célèbre livre «Notre femme dans la législation musulmane et la société» (ﻊﻣﺗﺟﻣﻟﺍ ﻮ ﻪﻌﻴﺭﺷﻟﺍ ﻰﻓ ﺎﻨﺘﺃﺭﻣﺇ), qui lui a valu beaucoup de critiques et sanctions.

Plus récemment, Nawal Saadaoui a rompue le silence. Dans ses écrits, elle a essayé de diffuser une certaine connaissance scientifique sue la sexualité des femmes tout en démystifiant la jouissance féminine et en critiquant l’oppression des femmes.

En Tunisie, dès l’aube de l’indépendance, grâce à plusieurs intellectuels comme Taher Haddad et politiciens comme Habib bourguiba, les femmes ont pu bénéficier de plusieurs droits comme celui à l’éducation, au travail, la non obligation du port du voile, le libre accès aux méthodes contraceptives et le code du statut personnel. Ce dernier représente une révolution et offre à la femme tunisienne des droits dont ne bénéficie, jusqu’à ce jour, aucune femme dans le monde arabo-musulman (liberté du choix du partenaire, l’abolition de la polygamie, le droit au divorce...).
A. Le développement du comportement sexuel selon l'approche sociale


Simon et Gagnon proposent l’hypothèse que rien n’est véritablement sexuel dans l’enfance. Pendant cette période, nous développons des potentialités telles la sociabilité, la psychomotricité, que nous n’investirons dans un but sexuel, c’est à dire avec une intention sexuelle, qu’à l’adolescence.

Ils soutiennent que la fillette apprend un rôle de "genre" et non un rôle sexuel. Ce qui prime chez elle c’est l’acquisition d’une "genralité" et non l’acquisition de la sexualité. L’apprentissage d’un rôle de genre et le développement d’une "genralité", partie intégrante du développement du moi, ne sont pas conséquence des expériences dites sexuelles de la petite fille, mais résultent des comportements liés au sentiment de s’appartenir.

Ainsi, la petite fille n’est pas un être sexuel ; elle n’est pas le précurseur de l’adulte sexuel. Par exemple, bien s’habiller pour plaire à notre entourage développe l’idée de couleur tout autant que l’art de plaire, en passant par le développement de l’intelligence ; cependant, il n’y a pas comme à l’adolescence, une intention sexuelle. L’adolescente qui met une mini jupe pour attirer le regard d’un garçon vise, elle, le contact sexuel. Elle doit apprendre à intégrer ces potentialités dans un scénario efficace.

Le comportement sexuel d’un individu est inscrit non pas dans sa personne, mais dans les attentes sociales. L’adolescente apprend sa sexualité comme elle apprend un scénario : elle investit les auteurs de valeurs érotiques. C’est ainsi qu’une situation devient sexuelle non parce qu’elle contient tous les éléments sexuels, comme l’intimité, l’atmosphère ou tout autre facteur attirant, mais parce qu’un des facteurs décidera d’investir sexuellement la situation, c’est à dire qu’il organisera les éléments d’un scénario sexuel. Pour expliquer leur point de vue, Simon et Gagnon utilisent l’analogie des bâtons à feu : ils sont bien secs, de bonne qualité, mais, pour que le feu s’allume, il faut les frotter l’un contre l’autre.

En effet, John Gagnon et William Simon postulent que :
1. Le domaine sexuel, chez l’être humain, est peut être la dimension où le biologique est le plus complètement dominé par le socioculturel.
2. La fillette n’est pas un être sexuel ; elle n’est pas le précurseur.
3. Il y a une nette différence entre sexualité et «genralité».

Simon et Gagnon critiquent la position Freudienne sur l’existence d’une libido omniprésente qui expliquerait le développement de l’individu et de sa vie sociale. Pour eux, les comportements extérieurs présumés sexuels de la fillette ne sont pas concomitants des comportements intérieurs sexuels. Ils les expliquent par des phénomènes de curiosité, de maîtrise de la réalité et ne doivent pas être assimilés aux préoccupations érotiques adultes. Ainsi, la petite fille qui joue avec son sexe n’accomplit pas un geste sexuel mais se permet une petite sensualité assimilable à la recherche, chez l’adulte, d’un bon fauteuil.

Ils avancent que nous avons une perception biaisée des enfants : on les considère comme des petits adultes, plutôt que de chercher les caractéristiques de leur autonomie et de leur originalité.

Ils rejettent donc toutes les notions Freudiennes :

1. La libido comme attribut biologique universel et fixe.
2. L’influence universelle de la scène primitive.
3. Les retentissements directs ou indirects, sur la personnalité, de la non satisfaction de la libido.

Il y aurait en effet tant de différences dans les manifestations sexuelles comportementales depuis nos origines qu’il est impossible de l’expliquer par une seule force libidinale. La sexualité humaine est différente selon les âges, les sexes, les cultures, les races et les groupes sociaux.

Pour Simon et Gagnon, tout repose sur les attentes sociales. La sexualité, de plus, n’est pas contrôlée par la seule société, car on retrouve dans certaines sociétés primitives ce besoin, non pas de dominer la sexualité, mais de la favoriser pour permettre la reproduction et la conservation de l’espèce. Dans leur hypothèse, la sexualité serait tout à fait plastique, soumise et esclave des attentes, des normes et stéréotypes sociaux.


A. Ethnologie et sexualité


Depuis Hérodote, nous disposons d’une somme d’observations et de renseignements qui concourent à nous convaincre qu’il n’existe pas de norme universelle pour les comportements sexuels humains. C’est pour ça que l’ethnologie parait indispensable pour étudier le comportement sexuel.

Prenons l’exemple des tabous. Les Tahitiens ne connaissaient aucun tabou relatif à la pudeur. Des couples de tous âges faisaient naturellement l’amour en public sous l’encouragement des spectateurs, par contre, ils s’isolaient et se cachaient pour prendre leurs repas : manger en public était tabou. Ainsi la pudeur peut ne pas être exclusivement associée au corps, mais connaître un transfert sur un objet : la nourriture.

La pudeur peut être associée à des critères géographiques ou de clan : ainsi, chez les tribus voisines d’Amazonie, les Guyacurus et les Uapas, les hommes de la première sont nus et les femmes habillées alors que dans la seconde, ce sont les femmes qui sont nues et les hommes habillés. La déesse Nout montre son sexe sans censure, avec sa fente et sa pilosité, formant le delta renversé sumérien.

La pudeur peut être associée à des critères esthétiques : dans la tribu soudanaise des Nouba de Kau, seuls les individus considérés comme beaux ont le droit de vivre entièrement nus. Ici, la nudité est à l’opposé de la honte, c’est au contraire un privilège.

Pratiquement toutes les sociétés connaissent le tabou de l’inceste, même s’il peut être transgressé par une partie des sujets.

Cet inceste était une des prérogatives des empereurs chinois, alors que dans leur société, la notion d’inceste s’étendait même à ceux qui portaient le même nom. L’homme qui désirait avoir des rapports sexuels avec une prostituée, lui demandait en guise de préliminaire son nom de famille pour ne pas prendre le risque de contracter une union incestueuse. Le cas le plus célèbre d’inceste en Egypte ancienne est celui d’Osiris et Isis.

D’après les ethnologues, une seule société ignorerait totalement l’inceste, il s’agirait des Indiens Chippeways de l’Iowa et du Wisconsin chez qui les mariages se font exclusivement par affinité.

Tous ces exemples sur la variation du comportement sexuel à travers les époques et les sociétés nous démontrent que la sexualité n’est pas quelque chose d’inné, mais simplement la conséquence d’un processus d’intégration du corps dans une fonction sociale.





C . Art et sexualité

Les liens entre le sexe et l’image sont si étroits et si constants qu’ils ont amené les militants ennemis du sexe, à diverses époques de l’histoire, à rejeter tout art comme étant nécessairement corrompu par la sensualité. D’autre part, la domination de l’homme artiste et l’intérêt masculin dans l’art ont été tellement universels, que l’on est tenté de conclure que l’art est une expression de la sexualité masculine !!!.

De tout temps, l’art s’est vu envahi de présentations érotiques. Parmi les représentations les plus anciennes du corps humain se trouvent des figurines sculptées et des reliefs de femmes avec des seins et des hanches fortement exagérés qui datent du début de l’âge de pierre. Certaines de ces sculptures semblent représenter des femmes enceintes et ressemblent ainsi à des peintures des cavernes de la même époque, qui représentent des animaux en état de grossesse.

Il est probable que ces dessins furent tracés dans le but de favoriser la fécondité de la tribu et des troupeaux. Ils n’étaient pas seulement destinés à ressembler à la réalité, mais à être la réalité, ramenée à l’existence réelle de la matière morte dans l’accomplissement magique d’une prière. Leur caractère sexuel était double : ces images étaient des instruments de fécondité et étaient elles-mêmes le produit d’un processus semblable à la reproduction humaine.

La grossesse a été peu représentée et il est très difficile de trouver des documents écrits à son sujet jusqu’à une époque relativement tardive. En effet, les artistes, quelle que soit l’époque, sont dans l’immense majorité des cas, des hommes, et c’est leur vision de la femmes enceinte qu’ils transmettent. Il faut attendre le XXème siècle pour voir apparaître des femmes elles-même peintres ou photographes.

En dehors de ce qu’on peut appeler un «motif imposé» (religieux : visitation, Vierge des Avents ou mythologique : Diane et Casllisto), la femme enceinte a été très peu étudiée par les peintres, contrairement aux représentations de nus, de scènes d’accouchement ou d’accouplement.

1. A l’époque préhistorique

Pendant cette période on trouve les gravures rupestres (le femme au renne, la femme à la licorne) ou les fameuses statuettes dites Vénus stéatopyges datant du paléolithique supérieur (Vénus Lespugue en France, Vénus de Willendort en Autriche).

Leur morphologie provient d’un métabolisme particulier faisant accumuler dans les fesses, l’abdomen et le haut des cuisses des réserves de graisse qui leur permettent de survivre pendant les périodes de disette. Cette propriét&

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