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AU BORD DU GOUFFRE

AU BORD DU GOUFFRE
-23 DECEMBRE 2006/3 JANVIER 2007.TUNISIE ANNEE ZERO
Par
CAPITAINE BARG ILLIL*


J’ai lu pas mal d’écris sur les événements sanglants du 23 décembre 2006 qui se sont passés dans la banlieue sud de la capitale Tunis, des événements terribles pour l’histoire moderne de la Tunisie et  qui se sont passés dans un grand secteur géographique entre la ville d’Hammam-Lif et la petite montagne de BOUGARNINE, Soliman, Grombalia Tourki, la montagne dite « DJEBEL IRRISSASS » qui va jusqu’à la campagne de ZAGHOUAN, certains de ces écris sur ces événements  sont à peu prés justes  mais qui effleurent absolument le problème grâce au black-out organisé par le pouvoir qui vit dans la hantise que la vérité éclate ,toutes les vérités et celle là en particulier, car elle touche  à sa crédibilité en tant que pouvoir fort devant ses bailleurs de fond, touche à son porte monnaie qui sont les entrées de devises  du tourisme de masse, et surtout que ce genre d’affaire où des insurgés tunisiens armés se sacrifient  pou le combattre risque de changer la mentalité des tunisiens qu’il opprime par la terreur et la peur. La grande peur du régime est  que les tunisiens se posent véritablement  et avec rigueur des questions  sur l’état du pays , leurs conditions de vie , leurs avenir et dépasse leur attentisme  qui les ruine , sa très grande peur aussi c’est que l’opinion internationale  exige des explications avec tout ce que cela suppose de menaces matérielles par le biais des subventions, des prêts , des trafics en tout genre ou de la manne touristique. D’autres écris sont pour  la plus part totalement faux , comme sur le nombre de morts du côté des forces de l’ordre par exemple , ou bien  du bilan des combats, et les ramifications de ce groupe armé , le nombre exacte des tunisiens armés qui n’ont pas été inquiétés ou arrêtés  et qui sont dans les mêmes dispositions et le même état d’esprit que ce groupe décimé, des groupes lâchés dans la nature, car il faut bien comprendre que seul  un petit groupe avait été éliminé, celui de la banlieue sud de Tunis , et qui était le moins qu’on puisse dire dans l’immense majorité de sa composition, très amateur et ne disposant pas de moyens offensifs, tout laisse à penser que les autres groupes armés signalés par les services de renseignements depuis pas mal de temps déjà,  ou disponibilités  libres dans la nature et qui se déplacent sans aucun problème à travers les frontières, sont encore bien plus puissants que celui là, et bien mieux armés face à nos troupes,  qui il faut le reconnaître, ne sont pas motivés pour ce genre d’interventions , car  techniquement  elles sont entraînés  à des tâches de police  et de contrôle d’une population civile totalement infiltrée par les miliciens et les informateurs du régime de ben Ali, sans oublier que la plus part d’entre nous vivent une misère matérielle et morale inhumaines. En résumé et c’est le sentiment de beaucoup d’officiers et d’homme  de troupe au sein  des entités  des trois armes dominantes en Tunisie surtout par le nombre, la police , la gendarmerie et l’armée nationale pour qui l’avenir sera bien sombre, ces jeunes tunisiens  ne sont pas là par hasard , les éradiquer au risque de perdre sa vie et le respect des siens ne résout aucun problème , ces jeunes ne sont pas la cause des malheurs de la Tunisie, ils sont l’effet d’une politique dramatique  qui de plus en plus agit comme un rouleau compresseur et n’épargne personne, ces jeunes insurgés sont des victimes du système  qui avaient choisit  une forme de suicide qui a son équivalent quotidien dans la société tunisienne , où le nombre de suicidés  à crevé tous les plafonds .Bref la plus part de ces écrits sur ces événements  tiennent de la propagande des services du ministère de l’intérieur qui pendant toute la durée des événements avaient géré jusqu’à dans les moindres détails tous les plans des combats et leurs environnements par le biais de leurs sections d’élites les troupes d’ « AMNIDDAWLA »», ainsi que la communication et la désinformation..

Mon présent texte que je publie sur  ce site  par l’intermédiaire de ma nièce en qui j’ai toute confiance  est pour rétablir certaines vérités et ne pas égarer l’opinion dans les méandres  d’une propagande qui donne une fausse image du pays et de la majorité de ses fonctionnaires qui ne veulent que servir clairement et honnêtement une société où la justice  et le droit  sont la règle , je sais que beaucoup de mes collègues se laissent aller à la facilité, mais il faut comprendre le chantage subi par les fonctionnaires des forces de sécurité qu’ils soient privilégiés par le régime ou pas, oui ne pas tromper et égarer l’opinion tunisienne et internationale  dans la naïveté de croire que ce n’est qu’une alerte passagère tel que  le régime veut nous le faire croire, et aussi nous faire croire qu’il maîtrise la situation , il faut savoir aussi que depuis  ces événements  les purges n’ont pas cessé et se sont accentués  dans le milieu politique du RCD , dans celui des forces de sécurité et à tous les niveaux de la société civile tunisienne, sans parler des habituels rafles et descentes que subie la population civile et qui sont devenus permanentes sur tout le territoire avec leur lot de violence , de torture , d’arbitraire , d’enlèvements et de disparitions.

Je suis un officier de gendarmerie basé dans la région de Bizerte, responsable d’une compagnie de combat.

L’affaire avait donc commencé le 21 décembre à la gendarmerie de TURKI.

Un jeune habitant du coin ancien résident en Italie , connu des services de police  italienne  comme dealer de drogue qui avait été expulsé  de ce pays ,arrêté à son arrivée en Tunisie et son passeport confisqué , c’est la règle dans ce genre de situation pour tous les tunisiens, sauf pour les pistonnés de s familles régnantes et l’exemple  le plus connu est celui de BEN ALI Moncef je crois  de son prénom qui est le propre frère  du président  général de la Tunisie. Une fois libéré par la justice tunisienne cet ancien dealer  nommé AKRAM s’est subitement « converti » à un islamisme prosélyte plus que visible dans son village, kamis, barbe , prières à la mosquée, prise de parole intempestives à tout bout de champs, plus encore, il semble posséder d’énormes capitaux qu’il distribue à certains de ses proches et jeunes amis  dans le besoin, il fut remarqué par  certains membres de la cellules du RCD qui avertirent  la gendarmerie, les agents sur ordre de leurs supérieurs convoquèrent   cette personne  , AKRAM,  et l’interrogèrent plus ou moins durement de fil en aiguille,  il accepta de révéler la cachette de son magot , l’ordre fut donné à trois gendarme de l’accompagner  pour vérifier  sur place et pour faire le nécessaire. Une fois  à la montagne de DJEBEL IRRESSASS, AKRAM leur faussa compagnie et les gendarmes essuyèrent des coups de feu, un d’entre eux fut sérieusement blessé et succombera le 8 janvier dernier à ses blessures à l’hôpital militaire de Tunis.

A l’arrivée des renforts, les troupes d’élites par hélicoptères et le gros de la troupe par camions et tout cet immense secteurs  encerclé, les opérations de ratissage avaient commencé  sous les ordres d’officiers d’ « AMNIDDAWLA », nous avons reçu l’ordre de contrôler toutes les grottes romaines  du côté du grand barrage , à l’intérieur de ces grottes nous avions  trouvé un véritable dortoirs avec  des lits et des matériels de cuisine , pas mal de souffre et de bâtons de dynamite, la grotte principale était totalement piégée, la fiabilité des bombes artisanales  était excellente, c’est par l’une d’elle que nous avions perdu un des nôtres mort sur le coup dans d’atroces souffrances ,éventrés, le capitaine Faouzi ZAYATI qui avait sauté sur ‘une de ces maudites bombes, au niveau des grottes  aussi nous avions  subis un feu nourri et des jets de grenades , les officiers d’"AMNIDDAWLA"   surveillaient les opérations mais n’étaient jamais en première ligne , c’est la vérité il surveillaient la distribution des munitions et les attitudes au combat des gendarmes et des commandos militaires.

 

Cette première attaque fut très meurtrière , nous avons perdu un capitaine ,un adjudant et quatre hommes , nous avons tués quatre assaillants et fait cinq prisonniers , tous de très jeunes hommes  totalement désarmés, les survivants furent pris en charge par les officiers d’ « AMNIDDAWLA » et renvoyés vers l’arrière où ils avaient subis des interrogatoires plus que musclés afin qu’ils nous indiquent les positions de leurs compagnons , seuls les fonctionnaires du ministère de l’intérieur et des militants du RCD avaient participé à cet interrogatoire  qui n’a pas donné le résultat escompté , les jeunes arrêtés ne savaient absolument rien , paraissaient courageux et résignés, pour l’anecdote, un affier de la police politique qui interrogeait un gamin  qui n’a pas plus de 15 ans , lui pointât  son pistolet  sur la tempe et lui »fils de pute, je peux te tuer quand je veux, tu ferais mieux de tout me dire… »et la réponse fut, j’en témoigne « tu insultes ma mère parce que tu as peur et que tu ne respectes pas  la tienne, la prochaine fois  tu seras peut-être à ma  place et personne n’insultera ta mère, je ne peux rien te répondre, on est éparpillé dans la montagne, va les chercher », l’officier de renseignement  n’interrogea plus l’adolescent  et nous avons tous été estomaqué  par son arrogance .Pendant les combats nous avions compris, la plus part d’entre nous n’avons jamais été au feu, que nous avions en face de nous des gens décidés et qui étaient prêts à tout., la plus part de leurs morts le furent grâce  au feu incessant et nourri des hélicoptères, pour ce premier contact, les quatre insurgés les plus dangereux , puissamment armés et qui avaient une grande expérience de la guérilla avaient réussi à s’enfuir  et à éclater l’encerclement des forces de sécurité en faisant trois mort.

Les troupes d’élites du ministère de l’intérieur "AMNIDDAWLA" , la police politique et certains  responsables du bureau politique du RCD étaient  en contact permanent avec les palais de Carthage .Le groupe armé était  composé de quatre diaristes professionnel dont deux étrangers , un algérien et un mauritanien, et de vingt cinq ressortissants tunisien résidant en Tunisie , des jeunes âgés entre 14 et 25 ans et dont aucun élément  n’a jamais servi à l’étranger de quelque façon que ce soit, les quatre diaristes étaient fortement armée pour la situation  tunisienne , ils possédaient  quatre fusils d’assaut modèle russe kalachnikov, deux RPG ancien modèle  , des caisses de  grenades offensives et défensives , le reste du groupe possédait quatre à cinq fusils de chasse et avait été  initié  à la fabrication de bombes artisanales très meurtrières , les derniers jours de combat certains d’entre eux avaient aussi des armes légères qu’ils avaient récupérés sur  des gardes nationales morts ou blessés ainsi que quelques fusils de chasse aux  canons sciés récupérés dans le domicile et sous la menace  de certains chasseurs du chef lieu de GROMBALIA  , ce groupe armé , par l’intermédiaire des quatre Djihadistes professionnels semble avoir des relations avec  GSPC algérien d’après les correspondances et les tracts et des documents récupérés sur eux, mais cela n’a pas été prouvé , mais certains des documents des documents semblent indiquer que plusieurs autres groupes  demeurent sur la territoire tunisien , notamment dans le sud et l’extrême sud ou d’importante force de la garde nationale furent dépêché , l’armée nationale quand à elle,  elle fut déployée dabs la région du Kef , Tabarka , Ain Drahem , Souk-Ahras le tout bien entendu et encore une fois dans cette région précise sous l’autorité absolue , d’un côté des officiers d'"AMNIDDAWLA" et de l’autre des troupes d’élites algérienne et d’éléments civils de sa sécurité militaire, ces informations j’en ai connaissance en tant qu’un des nombreux officiers de liaison des troupes d’intervention de la gendarmerie nationale. Dans une réunion d’état major plusieurs conseillers et autres officiers algériens étaient présent , du côté tunisien tous les officiers supérieurs ou subalternes de l’armée et de la garde nationale tunisiennes étaient placés sous l’ordre directe des officiers d'"AMNIDDAWLA «qui géraient  toute la logistique, qu’elle soit matérielle ou humaine et cela va  des sections de combats qui proviennent de différents régiments et corps d’armée  et ne se connaissent pas jusqu'à au volume des munitions allégués à chaque combattant et quelque soit son grade, cette suspicion et cette pratique aurait pu couter la vie à beaucoup d’entre nous qui se sont trouvé à court de munitions si  les assaillants étaient mieux armés.

 Les officiers d’"AMNIDDAWLA"   surveillaient les opérations mais n’étaient jamais en première ligne, c’est la vérité ils surveillaient la distribution des munitions et les attitudes au combat des gendarmes et des commandos militaires. Cette première attaque fut très meurtrière  .les  quatre insurgés les plus dangereux, puissamment armés et qui avaient une grande expérience de la guérilla avaient réussi à s’enfuir  et à éclater l’encerclement des forces de sécurité en faisant trois mort. Je fus témoin de la fuite du ressortissant mauritanien qui avait traversé  au pas de course l’autoroute poursuivi par un officier des commandos , cet officier fut renversé par une voiture qui roulait à une vitesse normale direction de Sousse , l’officier fut tué sur le coup et le malheureux conducteur de voiture n’était autre que l’ancien international de football ADEL SELLIMI et qui est désormais entraîneur à GABES je crois. Dans la nuit du 1 au 2 janvier, nous avions  été alerté par les miliciens RCD de SOLIMAN qu’un jeune insurgé  avait prévenu sa mère de sa visite, nous lui avions tendu un piège  devant  sa maison familiale, ce jeune accompagné d’un de ses amis refusa de se rendre, ils furent abattu, nous avions perdu trois hommes dans cet échange de tirs. Un troisième insurgé puissamment armé qui les accompagnait  fut poursuivi par nos forces jusqu’à une maison isolée où étaient refugié les quatre diaristes professionnels , nous les avons combattus pendant des heures et nous avions eu trois blessés graves , les officiers de la police politique en contact direct avec le palais de Carthage reçurent l’ordre d’employer tous les moyens pour abattre ces diaristes , ces officiers nous donnèrent d’employer  de l’armement lourd et à outrance contre la bâtisse , nous avions détruit toute la maison à coup de RPG et de mortier. Cette même nuit au niveau de BOUGARNINE trois gendarmes furent tués par les commandos de l’armée  par une affreuse bavure, sous la poussée du froid  ces trois gendarmes  en garde eurent la mauvaise idée d’allumer un feu, les militaires du commando les prenant pour des insurgés tirèrent sans sommation et les abattirent.

Une fois le ratissage terminée et les survivants  pris en charge par la police politique , les forces sur place furent chargé le 2,3,et 4 janvier sous la supervision de la police politique et du p militants  du parti unique RCD de la région  de procéder à des arrestation à grande échelle au niveau des familles et des voisins ainsi que des amis des insurgés , des centaines d’arrestations d’exactions et de passage à tabac , des arrestations arbitraires de jeunes gens y compris des jeunes filles, ont eu lieu dans la région de Grombalia, Turki,Slimane, Hammam Chatt, Hammam Lif où ont eu lieu les accrochages du 23 décembre et celles du 3 janvier.

 

*Capitaine de gendarmerie en active.

 

PS :l’anonymat de l’auteur doit être preservée , le traduction de son envoi a été effectuée par  notre amie et sœur Meriem Talbi, les lieues et les situations qui pouvaient informer  les services de la dictature sur l’identité du capitaine ont été  totalement  changé par nos soins.

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J'ai ouvert un blog politique sur http://desirsdavenir86000.over-blog.net/ alors venez le voir et dite ce que vous en penser dans les commentaires pour que je l'ameliore, merci d'avance!!!!
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