LA VITALE COHESION
Par
Fadila
Il y’a confusion conceptuelle entre pouvoir politique tunisien illégitime , ceci est une évidence qui semble échapper à quelques uns , et autorité d’un état nécessaire au fonctionnement de tout pays digne de ce nom , entre obéissance à la loi , une loi républicaine crédible , et soumission à un désordre violent et arbitraire comme celui de la dictature mafieuse de ben Ali.Il est grand temps de conquérir pour l’opposition démocratique les espaces culturels et d’investir dans la jeunesse et la rue tunisienne qui sont les seules réalités capables de desserrer tous les étaux. La question centrale réside dans l’articulation entre la construction des savoirs et celle de la loi universelle, pour la Tunisie et les démocrates tunisiens, le salut passe par là, ainsi que par l’information et la communication tout azimut, les discussions feutrées, les chapelles et autres tours d’ivoire pour initiés appartiennent désormais à des temps révolus, même les vrais dinosaures avaient finis par manque de doutes et d’incertitudes par disparaître.
Dans les débats sur la représentativité, il est fréquent d’entendre opposer les contenus des projets des différents courants et méthodes « d’action »,la légitimité et le leadership. Ces débats permanents sont aussi révélateurs des confusions conceptuelles et pratiques entre autorité et pouvoir, entre obéissance et soumission, il faut en finir avec ce mortel chaos et se responsabiliser une bonne fois pour toute à désigner un pouvoir oppositionnel collégial et surtout crédible, nous sombrons de plus en plus dans l’impuissance et l’anéantissement de l’être tunisien qui se veut libre et déterminé. L’offensive et la violence répressive du régime rétablissant la possibilité des sanctions collectives en est l’illustration parfaite : notre absence de défense rétablit le pouvoir sans partage des fonctionnaires RCEDISTES sur les tunisiens sans qu’aucune contestation de l’opposition démocratique, sans qu’aucune résistance ne s’exprime ou n’appelle les tunisiens à exprimer leur désaccord , cette incroyable apathie des opposants et défenseurs des droits de l’homme déclarés et surtout médiatisés laisse perplexe,ces derniers semblent s’accommoder de cette dégénérescence de l’esprit sans se rendre compte que, par là- même, ils ruinent définitivement leur autorité* morale ou ce qu’il en reste. Avec des conséquences très concrètes qui ne pourront qu’aggraver les phénomènes de violence ou de résignation à l’arbitraire, ce qui, du point de vue de l’apprentissage des exigences de la citoyenneté, est encore pire ; confusion tragique entre l’exercice du pouvoir du politique sur le pays avec l’exercice de son autorité dans le pays, qui entraîne, symétriquement, chez les tunisiens ,dans la durée, la perversion de l’obéissance en soumission. Inutile d’être psychanalyste pour savoir ce que signifie, pour un sujet humain appelé à la liberté, le fait de devoir se soumettre, cette condition est tunisienne depuis belle lurette,elle est devenue même un mode de vie largement acceptée , se soumettre , c’est-à-dire « se mettre dessous »… Se soumettre, c’est s’abaisser, ce qui est en contradiction complète avec l’exigence de s’élever à laquelle doivent apprendre à obéir les humains, dire les citoyens pour nous autres c’est une autre histoire et nous sommes très éloignés de l’objectif ! Dans le cas tunisien c’est mentir.Celui qui exige la soumission renonce à obtenir l’obéissance, celui qui impose son pouvoir renonce à toute autorité, c’est la réalité du pouvoir de ben Ali, c’est clair et définitif, la catastrophe, c’est que cette façon de faire et cette tentation « culturelle » de faire devient aussi la pensée profonde de quelques opposants se croyant tout acquis et tout permis
Nous savons que : « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme », c’est-à-dire que, sans la loi, les savoirs peuvent être meurtriers, mis au service des pires formes de barbarie , de même que la loi sans les savoirs demeure impuissante . Et donc la question fondamentale est bien aujourd’hui d’articuler au sein de l’opposition dialogue et communication, construction des projets et respect des pactes. Et cela dans le quotidien le plus concret de la Tunisie, des ONG, mouvements et partis, dans la sphère des appareils et de leur évaluation, dans le slogan et la stratégie.
Or dans l’opposition dit légitime et démocratique , dans ses prétentions ,ses écrits et ses productions, l’éducation à la citoyenneté apparaît bien, le plus souvent, comme un à-côté secondaire, juxtaposé aux exigences disciplinaires, voire en contradiction avec. Il est significatif de constater que dans les règlements intérieurs des partis et autres courants, très généralement, l’énumération des droits des rares militants porte précisément sur les activités qui sont décidés sans eux. D’un côté les activités autonomes à risques et de l’autre, les activités contraintes, hétéronomes. Si bien que se constitue une séparation nette entre l’accessoire (les droits) et l’essentiel (les devoirs).
Ce clivage entre les sphères de l’autonomie et de l’hétéronomie se justifierait par le fait que l’autorité de la vérité, de la science, ou de la compétence, ne saurait se discuter démocratiquement au sein des appareils de l’opposition tunisienne soumise à la violence de la dictature: « On ne peut pas discuter avec un leader ! », puisqu’il est reconnu par le microcosme et le militant faible, isolé et ignorant… Ce qui explique que l’ aspect de la formation à la citoyenneté, qui fait de plus en plus l’objet d’efforts importants de la part de personnes isolées mais pragmatiques et surtout de la cyberdissidence tunisienne, l’exercice de la fonction de citoyen , n’aboutit le plus souvent qu’à une caricature de la représentation démocratique , c’est normal et compréhensible , le profane tunisien en plus de la violence du régime a depuis toujours subi l’élitisme de ceux là même qui se sont déclarés le protéger contre cette violence et le guérir de son impuissance.
La question centrale est, en fait, d’instituer, dans le travail militant, l’articulation entre la construction des projets et celle des réalités populaires, c'est-à-dire celle représentée par les militants de base, sans aucune forme de populisme décadent et vraiment inutile.
*PS: :pour toute acte de bravoure , on a bien rie du courroux et de la joute enclenchée parce que sans aucun risque par le juge YAHYAOUI avec le jeune Biju , ou la formation par OMAR S’HABOU et quelques chevaux de retour tunisiens qui ne représentent qu’eux même de l'Alliance Maghrébine pour la Démocratie , une nébuleuse aussi opaque que les gens qui la composent , démocrates destouriens , ancien ministre de ben Ali qui n’a pas eu sa part du gâteau du 7 novembre , un représentant de SBS ect…l’habituel écran de fumée sur des initiatives creuses et autre opérations de diversion qui depuis le temps et en ce qui concerne la démotivation et la démobilisation des tunisiens leur travail de sape a fait autant de mal à la Tunisie et à son opposition démocratique que les services de ben Ali.