L’enseignement dans le système tunisien a une mission plus que capitale, il doit préparer la population à la dictature. Une école qui forme de bons citoyens est un obstacle à la dictature. En fait, il reste des écoles privées destinées aux élites dirigeantes, aux futurs technocrates dictateurs qui recevront la Tunisie par héritage, mais l’école populaire doit seulement préparer les futurs esclaves à leur sort.
Cette école populaire est vidée de toute sève, elle est un simple parking pour conditionner, mater et surveiller les masses. Absence de maîtrise de la langue, on ne discute pas de philosophie ou de droit avec des borborygmes et des onomatopées, ou en pratiquant l’écriture phonétique.
L’Histoire du pays déstructurée: il faut faire disparaître la ligne chronologique de l’Histoire propre aux tunisiens qui porte en elle leurs propres vérités contraires à tous les discours du régime. L’individu ne doit pas se situer dans le temps de manière à lui éviter de pouvoir se projeter dans le futur , c’est aussi simple que cela , le tunisien est la créature du putsch du 7 novembre et ben Ali est le combattant suprême , le guide et le père du peuple.
Tant dans 1984 d’Orwell, que dans le meilleurs des mondes de Huxley, l’histoire n’existe plus: on ne vit que dans l’éternel présent, ce présent des tunisiens codifié et tracé par un pouvoir absolu et sans aucune limite dans le crime et la forfaiture.
L’information philosophique, sociale, culturelle, politique et économique, quand elle existe doit être purement orientée d’une façon policière, on sombre dans le manichéisme. Il y a le Bien et le Mal: ce dernier est personnalisé par la démocratie Et bien sûr, on ne discute pas avec un démocrate!c’est le mal absolu
Il faut éviter tout enseignement de la logique, qui permet d’élaborer un raisonnement critique. La mémoire est privilégiée par la menace et le chantage, la terreur et le clientélisme.
L’école de la réussite d’après les stratèges policiers de la dictature de ben Ali, doit permettre à tous d’obtenir un diplôme. L’école n’opère donc plus une sélection des meilleurs éléments en fonction de leur intelligence, de leurs compétences et de leurs efforts. La sélection s’opérera donc sur la base d’autres critères, le népotisme, l’origine sociale ou la servilité au système.
Il faut former des avachis , des légumes , des moutons , des tunes digestifs ; l’initiative , la créativité , la curiosité , la recherche l’effort , la méthode et la discipline pour le respect et l’application des théories universalistes et humaniste sont à proscrire
Le système d'éducation postcolonial, de la responsabilité de la seule dictature, encourage la paresse et la facilité, méprise l'existence d'aptitudes supérieures, néglige la poursuite de l'excellence et, par conséquent, décapite les forces vives de la société tunisienne.
les gouvernements imposés des deux dictatures ont toujours fait le choix de privilégier les moins aptes à se hisser au sommet des différentes disciplines universitaires , c’est la logique du pouvoir et du parti unique de contrôler la société tunisienne par ses éléments les plus soumis et les plus faibles , et pour ce faire ils ont favorisé l'émergence d'une véritable dictature des importuns , Celle-ci commence à peser lourd, surtout au moment où l'on s'apprête à se donner , grâce à la résistance de l’opposition des forces démocratiques , un pays qui pourra normalement fonctionner dans le concert des nations libres et civilisées. Comment pouvons-nous en effet espérer nous imposer au niveau de ces nations si nous n'alimentons pas nos meilleurs éléments, Bâtir un pays, ça commence d'abord et avant tout par établir un bon système d'éducation.