L’absolu de la politique sécuritaire, du tout sécuritaire pour les tenants de la dictature tunisienne, ne peut que faire s’interroger le tunisien conscient, sur la réalité et la véritable force de la dictature. Comment expliquer cette dérive dans un pays qui n’a de cesse de se réclamer « sûr » et respectueux des droits de l’homme par ses propagandistes, et pire encore, par ses alliés du politiquement correct des démocraties occidentales. La Tunisie de ben Ali ne peut avoir et n’ être, qu’une vision policière de la vie publique et de la vie tout court des tunisiens, toute autre démarche et notre volonté à vraiment faire changer le cours des choses , signeront la mort de cette dictature d’un autre âge.
Nous sommes depuis presque vingt ans et bien plus encore , dans l’hypothèse d’un Etat totalitaire sur tous les plans comme le 20e siècle en a connu un peu partout dans le monde et en Europe surtout , oui en Tunisie nous sommes tout compte fait plus générique de l’Espagne franquiste que de toute autre forme de dictature sanguinaire , avec le terrorisme de l’E.T.A basque en moins bien sûr . Mais il ne faut plus se faire trop d’illusions , la génuflexion des tunisiens cache d’énormes douleurs et de profondes blessures qui viendront , peut-être en désespoir de cause , à se laisser aller à une colère suicidaire qui mettra le pays à feu et à sang , cela n’est pas exclu quand on constate le nombre de plus en plus important de desperados tunisiens sur tous les fronts guerriers de la planète.La dictature de ben Ali a démasqué celle de BOUGUIBA , nous sommes dans les deux cas de figure face à la même dégénérescence logique , il n’existe pas de dictatures éclairées et d’autres sombres et ténébristes , une dictature est une dictature avec ses règles de fonctionnement ,ses forces et ses faiblesses , et tout dictateur est un être abject , un violeur , un pilleur , un criminel , un tortionnaire et un assassin , ce qui est certainement le cas , et sans l'ombre d'un doute du pouvoir tunisien post colonial .Et si nous nous arrêtons à une analyse empirique de tout le système aussi , que ce soit sous le mégalomane BOURGUIBA ou l'ignare ben Ali, les tunisiens ont subi et subissent les mêmes outrages et les mêmes ignominies , il n'y' a aucun degré , aucune nuance dans le crime et la saloperie de ces deux êtres diaboliques , frustes et fous à lier.Mais il est indispensable , aujourd’hui , de comprendre pourquoi on assiste à un durcissement , en terme policier des contrôles et des répressions aveugles , ZOUARI , ABBOU , les nouveaux cas d’internautes , BEN SALEM ect…,sans oublier bien sûr les éternels emmurés hors de toute juridiction et de toute institution légales de notre société. Les réactions émises par les démocrates tunisiens contre un tel état de fait sont certes vitales et indispensables, mais elles sont largement insuffisantes à la fois pour convaincre la majorité des tunisiens passive et/ou qui ne remarque rien, ou qui ne veut volontairement rien voir, mais aussi pour élaborer ce qui pourrait être le début d’une alternative sociale, politique et économique à ce désastre et sauver ce qui reste à sauver de notre âme et notre pays.
DE FACTO
En matière sociale , économique , politique et culturelle, comme en matière éducative, la violence institutionnalisée est généralement l’aveu d’un échec pour un système qui se dit représentatif des tunisiens , et qui plus est , a l’appui et la solidarité plus qu’active des démocraties occidentales.
L’argument essentiel de cette recrudescence de la débauche policière et de l’arbitraire maffieux, de la torture et de l’oppression par la dictature tunisienne et ses alliés, L’argument essentiel, comme toujours, est l’accroissement de la délinquance et de l’insécurité, due à l’intégrisme islamique qui menacerait la Tunisie par ses actes liberticides et terroristes. Qu’il y ait, par rapport à une époque qui remonte à une cinquantaine d’années, et à fortiori avant, un recrudescence de la pauvreté et de la misère et un accroissement des actes qualifiés d’ « incivilité » ou d’ « incivisme » due à cette forme d’oppression , est une évidence qu’il serait stupide à la dictature de nier.Mais au jour d’aujourd’hui pour les tunisiens les besoins sont d’une autre nature , nous exigeons même avant le pain , la liberté , la justice et le respect , et nous sommes pour la majorité d’entre nous convaincus que nous n’avons pas à discuter de ces droits là avec la dictature , elle est dépassée et cela ne pourront Être et se réaliser qu’à l’instant de sa mort.Cette dictature pratique la fuite en avant d’une façon suicidaire , et ne repose sa puissance que sur un rapport de force barbare.
Une des questions essentielle aussi pour les tunisiens est, pourquoi nous acceptons cela avec autant de passivité. Qu’est ce qui peut expliquer cette tendance ? Aucun doute, Il y a forcément des raisons sociales, culturelles et historiques, à une telle dérive et de telles absences.
On peut constater un déchirement, voire une dégénérescence du tissu social tunisien. Ce tissu social est le lien,le cordon ombilical , le consensus, qui relie les tunisiens autour sinon d’un projet et d’une conception commune, mais du moins des limites à s’imposer pour stabiliser une situation conflictuelle et dépasser les choix égoïstes pour une projection commune qui tient plus d’une priorité immédiate , que de l’esquisse d’une ambition globale , unanimiste. C’est le lien qui existe à l’intérieur même, et ce depuis des lustres , de la société tunisienne et qui fait que chaque membre a une place et une « reconnaissance sociale », un statut social, c’est aussi, bien qu’il soit conflictuel des fois, le lien qui se tisse entre régions, par exemple entre le sahel , le nord et le sud , qui fait que l’apaisement est possible en cas de conflit, que les marges de manœuvres des uns et des autres permettent d’éviter toute rupture du rapport social. C’est d’ailleurs cette situation qui a fait que jusqu’à aujourd’hui dans le pays profond, malgré les manœuvres de division du centralisme sahélien et de la dictature, malgré les conflits sociaux, parfois très durs, le système solidariste n’a jamais été éradiqué.
Or, ce qui fait le « ciment » de ce système clientéliste qui nous est imposé par la force des armes , de la violence et du chantage de la maffia tunisienne qui s’est accaparée le pouvoir au service du néocolonialisme , c’est le fait d’utiliser la force de travail , de l’initiative , et le génie des tunisiens ,leur pacifisme attentiste , leur mépris pour eux même et leur manque de volonté de choisir tout changement qui forcément porte en lui sa part d’inconnu , et de lui donner un statut , même s’il est précaire de tout point de vue , un article réformée selon la conjoncture parmi tant d’autre dans le système d’exploitation impérialiste, de donner une identité sociale au colonisé , au « protégé » pour le tunisien.Oui nous étions en quelques sortes des dhimmis du colonialisme français sur notre propre terre,mais sous le colonialisme il ne s’agissait pas de chipoter , les choses étaient visibles et claires , les positions limitées et chacun sait de quoi demain sera fait , bref , notre histoire se régénérait de nos rêves et de nos choix pour donner un « sens » à notre vie sociale , même si elle est horrible , nous savions qu’elle avait une fin, mais notre vie sous ce néocolonialisme prédateur est d’une nature encore plus horrible et plus catastrophique dans la durée ,il est plus que temps de stopper l’hémorragie , de redresser la barre et de nous convaincre de la débâcle que nous vivons et des drames à venir , par notre façon d’être , notre attachement sans aucun complexe ni complaisance à notre histoire et notre culture , par notre ambition et nos solidarités naturelles de contribuer à tisser ce lien social qui depuis des siècles fait la TUNISIE moderne , consentir des sacrifices et mettre ben Ali et les siens au pied du mur .Toute notre existence fut bâtie sur nos sources culturelles et historiques , sur nos sacrifices à être et demeurer une nation libre , résistante , ouverte , cosmopolite et conquérante . Tout cela est en perdition, aujourd’hui notre statut de « colonisé » par la cinquième colonne nous transforme dans la durée en esclave des temps modernes du système totalitaire de ben Ali qui ne peut Être, sans nous détruire et matériellement et humainement. La production spéculative a besoin de moins en moins de travail humain pour produire de plus en plus de biens. Le système marchand prédateur peut donc de moins en moins nous pousser à prendre conscience et à créer ce lien social. Exister en tant qu’homme libre perd de plus en plus de « sens » aux yeux des tunisiens qui croient de plus en plus qu’ils tournent en rond abrutis par les discours, le verbiage, la violence tyrannique et l’impuissance de leur situation conditionnée par la censure et le contrôle policier à tous les niveaux, et l’inconsistance de l’opposition. Les valeurs proclamées apparaissent totalement illusoires comparées à la situation sociale qui empire, ce système , et l’état usurpateur qui applique ses directives , qui est le garant de ce système est incapable de résoudre cette contradiction , mais il se consolide en occupant le vide politique crée par le renoncement des tunisiens et leur opposition.
LA POLICE COMME MOYEN DE RÉGULATION SOCIALE
La cohésion sociale en Tunisie, qui est forcement politique et donc la régulation sociale ne peut être que de moins en moins assurée par le fonctionnement du système solidariste, naturel à la culture et à l'être tunisien. L’état mis sous contrôle et aux service des intérêts privés, la dictature tunisienne est dans l’obligation vitale d’intervenir à tous les niveaux pour maintenir cette fragmentation du corps social qu’elle provoque en permanence par la violence et l'arbitraire , seuls moyens capables d'assurer sa pérennité .La cohésion de la société tunisienne et ce dans n'importe quel domaine sera toujours pour elle un danger de mort évident, et de ce fait, elle s’engage de plus en plus dans l’intervention économique maffieuse et la spéculation ,la spoliation et l’endettement en créant des besoins et la pauvreté .La situation sociale empirant il va bien falloir que la dictature trouve un moyen d’assurer la solvabilité et la stabilité de son système « monarchique », elle ne peut le faire que grâce à l’aide extérieur et à son arsenal policier et répressif. La seule solution qui lui reste pour durer c’est la coercition, la force, la violence. N’ayant plus rien, ou, pratiquement plus rien à négocier, elle utilise ses fonctions illégitimes et régaliennes : police et justice en particulier pour résoudre ses énormes problèmes. A défaut de dialoguer elle va imposer, à défaut de discuter elle va frapper. Brandissant des valeurs, celles de la République et de la démocratie totalement opposées à sa politique et son « idéologie », elle va donner l’illusion de les défendre tout en les violant impunément et sans aucune retenue. Sa légitimité, « assurée » par des élections truquée, va lui assurer un pouvoir « moral » qui lui permettra de rejeter toute opposition dans l’illégalité , la clandestinité , l’exil , le désespoir et de frapper en toute légalité toute opposition à ses choix : juridiciarisation policière des conflits sociaux , politiques , culturels ou autres.
La spéculation , les détournements , les expropriations , les aides vont réguler une économie dépendante par l’endettement et la ruine, avec toutes les conséquences que l’on sait (inégalité et exclusion), la police va réguler le social, les élections truqués assurant le politique dans sa version la plus abjecte.
Un bon conditionnement idéologique du citoyen, agrémenté d’une bonne dose de peur (terrorisme, atteinte aux personnes, aux biens, insécurité, etc...) va conditionner la population aux nouvelles règles, à la nouvelle norme sociale : la rationalité de la production, de la consommation, du comportement social est celle de l’intérêt économique, c’est-à-dire celle du marché imposé à l’exclusion de toute autre. C’est ce que l’on appelle la « pensée unique ». Le salut de tous et de chacun est dans cette nouvelle norme, le déviant, l’opposant, le critique est un danger et il faut le réduire au silence.
Le recours à la délation généralisée est une conséquence tout à fait logique de cette conception de la vie publique selon le génie de la dictature de ben Ali. Le vrai, le bon tunisien c’est celui qui dénonce la transgression de la norme, et comme la police ne peut pas être partout, il est donc mis à contribution. Le citoyen devient ainsi le gardien d’un ordre social dans lequel l’autre est, par « nature » un concurrent sur le plan économique, mais aussi un danger dans la mesure où il remet en question, en la transgressant, la norme sociale définie par la seule dictature pour sa sauvegarde. Le bon tunisien ne réfléchit pas, il respecte la norme. Le bon tunisien ne s’oppose pas à l’autorité, il coopère avec le gardien de cet ordre, le policier.
La dictature tunisienne dans le concert des nations procède ainsi à un véritable détournement du concept de « citoyenneté » à une extraordinaire perversion du statut de citoyen. La citoyenneté est vidée de son sens originel et participe à l’instrumentalisation de chacune et de chacun tout en fournissant une couverture idéologique et « morale » acceptable du régime tunisien confronté de temps en temps et timidement au regard extérieur.
Ce qu’il y a à craindre aujourd’hui ce n’est pas seulement d’avoir des policiers partout, mais surtout que nous devenions tous, de fait, dans nos têtes et nos comportements, des policiers.... autrement dit que nous soyons « instrumentalisés » par la logique du régime barbare de ben Ali et des clans qui l’entourent.
Pas une seule semaine, voire plusieurs fois par semaine, sans que soient relatés des actes de violences policières à l’égard des tunisiens. Devant ces faits, des organisations aussi importantes et sérieuses que le bloc démocratique, l’AISSEP, le SYNDICAT DE LA MAGISTRATURE et le SYNDICATS DES AVOCATS DE Tunisie se sont sentis dans l’obligation d’organiser une riposte et d’alerter l’opinion publique internationale et les gouvernements démocratiques dés qu’ils ont la possibilité de le faire.
LE RÉFLEXE PAVLOVIEN
La dictature tunisienne veut maintenir une paix sociale,ou du moins un semblant , toute sa politique étrangère se résume à l’imposture du « miracle tunisien » et à la recherche de subventions à n’importe quel prix , dans sa nature profonde , son essence , sa sève , elle n’a pas les moyens et/ou la volonté politique de répondre aux revendications légitimes des tunisiens , pour ne pas dire de leurs exigences intimes, il n’y a pas de mystère, la seule solution qu'elle possède pleinement c' est la répression.
La dictature de ben Ali dans son héritage bourguibien qui sans l’ombre d’un doute s’est toujours doté d’un moyen de coercition, mais s’il a pu dans le passé n’en faire qu’un élément de son intervention, aujourd’hui Police et Justice sont désormais ses moyens de « régulation » privilégiés.
Ceci explique la juridiciarisation quasi militaire et systématique des rares conflits par des tribunaux d’exception hors la loi, et qui normalement doivent être réprimés et poursuivis par le TPI (tribunal pénal international). Ceci explique le gonflement démesuré des effectifs de police et son utilisation de plus en plus fréquente.
La police/gendarmerie/ MILICES du RCD / milices paramilitaires formées de droits communs sont désormais devenues, non seulement un pilier (ce qu’elles ont toujours été) de La dictature mais le principal pilier compensant le recours à la négociation, au réalisme et aux réflexes de bon sens et de survie qui s’amenuisent.
Les gestionnaires du système dictatorial, qu’ils soient tunisiens ou étrangers, savent ne rien devoir refuser aux forces de répression dont ils savent qu’ils vont en avoir de plus en plus besoin pour maintenir la cohésion de leur ordre marchand et spéculatif, dominateur et répressif. Une telle situation ne peut être que génératrice de dérives graves dans le comportement de mercenaires qui n’ont jamais eu la réputation d’être respectueux des droits de l’homme. Il suffit de voir leurs comportements à toutes les époques de l’Histoire (faut-il donner des exemples ?), pour craindre vraiment pour l'avenir de la TUNISIE et des tunisiens.
Dotés de pouvoirs et privilèges exorbitants (le droit exclusif de détenir et de dire la vérité) par rapport aux simples citoyens et systématiquement « couverts » par leur hiérarchie, les autorités politiques, la justice tunisiennes aux ordres et leurs hommes de main en uniformes qui sont censés être des protecteurs du peuple et à son service , mais qui en réalité sont dans la logique et la démarche d'une importante société de gardiennage privatisée , tous ceux -là forment un caste de plus en plus intouchable qui se permet, sous prétexte qu’ils se disent « fonctionnaires » de cette dictature illégitime, ont un code de déontologie (sic) complètement surréaliste, tous les abus.
On ne peut évidemment pas exiger la perfection de la part d’êtres humains chargés de veiller à la paix sociale selon la dictature, qui travaillent et vivent sous l’humiliation, le chantage au chômage et à la misère, une épée de DEMOCLES qui caresse sans vergogne leurs nuques de moutons en uniforme, des uniformes de la honte et de l'horreur. Le problème c’est que cette « paix sociale » se fonde sur un système : la dictature barbare de ben Ali, qui ne pose pas le respect de l’individu comme principe intangible, c’est le moins que l’on puisse dire .Dans ces conditions, les pires dérives et abus sont possibles et même certains, surtout quand l’autorité supérieure est implicitement complice. C’est ce à quoi nous assistons aujourd’hui de plus en plus dans notre pays, où le sentiment de haine, de dégoût et de rejet entre différents groupes de la société tunisienne est la réussite la plus évidente et la plus visible de la dictature.
Le mythe de la « police/gendarmerie républicaine » laissé en héritage par les tenants de l'esprit démocratique et républicain de la pensée révolutionnaire française, mythe qui n’avait aucun fondement sérieux il faut le dire pendant la colonisation, bien au contraire, est gravement écorné. Dans sa forme dépouillée de ses oripeaux pseudo sociaux, et de ses montages propagandistes et mensongers, le système dictatorial révèle ce qu’il est en réalité : un système fondé exclusivement sur l’instrumentalisation des individus et leur exclusion quand il n’en a plus besoin. C’est cette réalité brute et crue qui désormais constitue sans fard la réalité de la société civile , les policiers , les gendarmes et les militaires tunisiens issus du peuple et qui ont un véritable amour pour leur pays , leur peuple , leurs parents , voisins et compatriotes doivent avec le renouvellement générationnel, la communication ,l'information et l'acquisition des savoirs en être conscient et réagir en conséquence.
Doté d’un armement militaire de guerre civile, le système ben Ali s’est mis à l’abri de toute éventualité insurrectionnelle. Ce système, au fur et à mesure de l’aggravation de ses contradictions n’hésitera pas, comme tous les systèmes dictatoriaux l’on fait dans l’Histoire, à utiliser tous les moyens pour survivre, y compris les pires. La police tunisienne, tout son commandement, est pratiquement un corps de miliciens du parti unique le RCD qui a pour fonction essentielle de maintenir l’ordre, mais entendons nous bien sur ce que l’on appelle l’ « ordre », Un ordre social en TUNISIE selon ben Ali, n’est pas un « truc abstrait », c’est quelque chose de très concret. Il s’agit d’un mode d’organisation de contrôle et de répression sociale, au sens large, c’est-à-dire économique, mais aussi juridique, éthique qui implique des femmes et des hommes dans des relations sociales, qui organisent suivant certaines règles la manière de produire ce qui est nécessaire à la vie individuelle et collective et la manière de produire et de répartir les biens et services à un nombre très limités des thuriféraires du système.
Ce mode d’organisation économique et sociale est représenté et garanti par une autorité suprême, le pouvoir absolu de ben Ali.
Une des fonctions régaliennes de la dictature est le maintien de l’ordre, c’est-à-dire faire en sorte que ce système fonctionne suivant ses principes et pas autrement. Cette fonction se place dans le cadre de l’impératif de son ordre d’être le garant du fonctionnement du système en place. Cette fonction n’en est qu’une parmi d’autres.
La police est donc composée d’individus payés pour obéir à des directives de maintien de l’ordre, c’est-à-dire de personnes qui en échange d’une rémunération accomplissent les tâches que leur confie la dictature, et ces tâches sont généralement hors la loi et contre les intérêts collectifs du pays. La particularité de cette fonction c’est qu’elle se situe toujours dans ce qu’elle a de plus détestable : l’utilisation de la force brutale. On comprendra que pour assurer ce genre de fonction on ne recrute pas ce qu’il y a de plus humaniste, critique ou philosophique dans la population, mais surtout des individus qui le dos au mur sur tous les plans.
QUE FAIT LA POLICE tunisienne sous le règne de ben Ali ?
Ce qu'il lui dit de faire. C’est-à-dire maintenir son ordre, défendre ses intérêts contre ceux du peuple et préciser son pouvoir absolu. Mais c’est là que les choses se compliquent.
Que veut dire « maintenir l’ordre » dans la stratégie et la "philosophie" benalienne ? Cela veut dire tout simplement maintenir les rapports sociaux tels qu’ils existent dans la logique des maîtres illégitimes de la Tunisie, autrement dit s’opposer à toute remise en cause des principes de leur organisation et faire en sorte qu’ils fonctionnent sans trop d’accrocs.
Ce qui justifie l’utilisation de la violence officielle, c’est la légitimité sur laquelle se fonde le pouvoir : Tous les pouvoirs post coloniaux qui ont asservis la nation tunisienne on été sûrs de leur légitimité, Tous ont eu les « meilleures raisons du monde » pour justifier l’utilisation de la violence, y compris, au 20e siècle et jusqu'à ce jour d’instaurer la torture, le meurtre, la haine pour sauver leur pouvoir
Nous les avons subi dans les situations les plus tragiques, la révolte du pain, Gafsa, les mines, les mouvements étudiants ect... maintenir leur ordre, c’est la folie furieuse, c’est tirer sur les tunisiens, et ce ne sont que quelques exemples connus.
On me dira mais il n’y a pas que ça en Tunisie, il y'a les performances des tunisiens dans certains domaines ect.... Exact, mais il y a AUSSI ça ! Et le fait que ça existe, que ça se reproduise, qu’il y ai des hommes pour le commander et d’autres pour le faire et que toujours, ça reste impuni en dit long sur ce que sont les forces de « maintien de l’ordre » et l’utilisation qu’en fait un pouvoir abject, même s’il est sponsorisé par de véritables démocratie.
Il y a aussi ficher, écouter, filer, surveiller, interroger, détenir,torturer , violer , humilier , faire disparaître , exiler , tuer.
Ils sont extrêmement rares les policiers et les gendarmes qui font valoir une clause de conscience pour refuser de faire le travail de répression qu’on leur ordonne, ceux qui ont l’honneur et le courage de le faire choissent toujours la fuite à l’étranger, rester en Tunisie c'est se suicider, avoir une conscience sous le joug de ben Ali c'est se condamner à une mort certaine.Vous en connaissez beaucoup qui rechignent ? Vous en connaissez beaucoup des policiers et des gendarmes qui ont participé aux rafles d'opposants , aux tabassages et aux tortures qui ont fait amende honorable,qui ont dénoncé leurs commanditaires c'est-à-dire les barons de la tyrannie , d’avoir témoigné de ces horreurs , des qui on été condamnés même symboliquement ? Vous en connaissez beaucoup des policiers condamnés à propos des massacres d'islamistes et de démocrates ? Non, la dictature et ses commanditaires couvrent quasi systématiquement policiers et gendarmes, Pourquoi ? Mais par ce qu’elle en a besoin. Elle ne peut pas courir le risque d’une fronde de ce corps de mercenaires.
A priori on peut difficilement soupçonner la dictature de troubler l’ordre puisque sa fonction est justement de le garantir, pas l'ordre dans l’absolu, mais son ordre. Pourtant le désordre savamment et consciencieusement organisé peut-être un instrument efficace au service du maintien de l’ordre. Cette technique porte un nom, LA PROVOCATION
Toutes les dictatures à toutes les époques ont utilisé des provocateurs, et ce n'est pas ce qui manque en TUNISIE et à tous les niveaux de la pseudo classe politique.
Autant dans ses rangs que dans l'imposture d'une certaine opposition.
On voudrait nous faire croire que ce genre d’individu n’existe plus aujourd’hui dans la police tunisienne ( ?).... La dénégation n’est pas nouvelle, jamais un Pouvoir n’a reconnu avoir recours aux services de provocateurs... tous l’ont nié.
Pourquoi donc justement, le système aujourd’hui en Tunisie n’aurait-il pas recours aux provocateurs ? Or, s’il s’agit d’un régime qui formellement se fait passer ou se faire passer pour civilisé, il suffit de voir comment fonctionne la vie politique en TUNISIE pour les opposants démocrates tunisiens, pour comprendre, et l'état de dégénérescence où se trouve le pays.
Présenter, organiser et embaucher de plus en plus de mercenaires (135000 policiers, 40000gendarmes tunisiens, pour un pays de 10millions d’habitants, 8 millions de résidents permanents) et en faire un service public est la meilleure trouvaille de la dictature. Elle n’est pas très convaincante, mais elle est efficace, additionnée à la délation alimentaire, elle fait des merveilles. On assiste actuellement à tout un conditionnement qui tend à présenter la police sous un aspect respectable, surveillance des plages, secours aux plus démunis ect...Officiellement on présentera toujours un policier entrain de sauver un jeune sur une plage, jamais entrain de le cogner dans une manifestation, ce qui est quand même en Tunisie la chose la plus courante, alors que ça peut-être le même flic et le même jeune. Ainsi la confusion des genres brouille opportunément l’image négative qu’a la police et sert de support propagandiste au régime , mais les tunisiens au fond d’eux même connaissent presque tous , peu ou prou , la terreur que leur inspire la police et ses troupes de choc.
L’image de la neutralité bienveillante du Pouvoir tunisien et de sa police est une escroquerie politique qui semble avoir de bons jours devant elle dans les chancelleries étrangères, et les médias nationaux ou internationaux sous contrôle.