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CHRONIQUES PALESTINIENNES

CHRONIQUES PALESTINIENNES

Les Jérusalémites qu’Israël n’aime pas

Pour tout citoyen en Israël, il va de soi que son courrier lui parvienne dans sa boîte aux lettres privée. Cela semble aller tellement de soi que personne ne s’arrête fût-ce un instant pour imaginer ce que ce serait si les choses étaient différentes. Alors voici un chiffre : dans les quartiers arabes du nord de Jérusalem vivent environ 75.000 habitants, mais il n’y a à leur service qu’un seul employé de poste.

« Même s’il était Superman, il ne réussirait pas à distribuer le courrier à tout le monde. Alors, il dépose les lettres dans des supermarchés ou des magasins et chacun doit s’y rendre et demander ses lettres parce que chez nous, dans les quartiers nord, les gens n’ont pas de boîtes aux lettres », raconte le directeur du centre communautaire de Beit Hanina, Houssam Wataad. « Par exemple on envoie une note de consommation d’eau à quelqu'un », dit-il à titre d’illustration, « mais la lettre ne lui arrive pas, alors les frais gonflent et il n’y a pas grand-chose à faire. Dans les services, on dit que ça a été envoyé et le bonhomme dit qu’il n’a rien reçu et les gens sont vraiment coupés du cours de la vie. Quelque chose d’aussi élémentaire pour l’ouest de la ville que de recevoir du courrier, n’est pas si évident à Jérusalem-Est. »

La distribution du courrier n’est qu’un petit exemple illustrant l’ensemble du tableau. Officiellement, l’Etat d’Israël marque cette année les 39 ans de l’unification de la capitale ; mais Jérusalem n’a jamais été réellement unifiée. Au fil des années, il semble bien que l’unité des deux parties aille seulement et continûment dans le sens de la désintégration. La frontière qui jadis séparait Israël de la Jordanie fait toujours office de frontière, et des deux côtés de la route N°1, existent deux villes presque totalement séparées et menant deux vies différentes. A la fois au niveau de l’impression sur le terrain et au niveau du rapport aux institutions.

Si vous êtes un habitant de l’est de la ville, tant le gouvernement que la municipalité s’occuperont de vous toujours plus lentement, de manière lacunaire et soupçonneuse – et toujours avec un tas de difficultés. Dans leur majorité, les habitants de l’est de la ville n’essaieront pas non plus de se plaindre de cette différence de traitement par rapport aux habitants de l’ouest de la ville. Ils sentent que la frontière n’est pas seulement physique mais tracée au cœur de la réalité quotidienne dans laquelle ils vivent. Wataad pense que parler de « sentiment d’impuissance est trop doux pour décrire la situation ». Il préfère parler de « blessure ouverte dans tous les secteurs de la vie auxquels on touche ».

Ici, il n’y a ni loi ni police

Saman Khouri, qui habite dans l’est de la ville et est membre de la Coalition palestinienne pour la Paix, en a par-dessus la tête de ce qu’il voit autour de lui. Selon lui, la raison pour laquelle la ville est aussi fortement scindée réside avant tout dans le rapport de l’Etat d’Israël à l’égard des habitants de l’est de la ville. « Depuis ’67, par exemple », dit-il, « la loi n’est quasiment pas mise en application dans Jérusalem-Est. Cela crée une situation où le crime, la drogue, la prostitution ne sont plus sous contrôle et personne ne s’en soucie, alors chacun fait sa loi et les gens ne sont pas pressés de s’adresser à la police. Du temps de l’administration jordanienne, il y avait une très forte discipline policière pour tout ce qui était lié aux atteintes à la moralité, mais cela n’intéresse absolument pas la police israélienne. Elle ne s’occupe que des atteintes à la sécurité de l’Etat. Le sentiment, c’est que les policiers ne viennent pas pour me protéger, pour protéger l’habitant, mais qu’ils ne sont là que pour protéger l’Etat. » Selon Saman Khouri, la présence raréfiée de la police en comparaison avec la présence massive des forces de la police des frontières dans l’est de la ville « donne toujours aux habitants la sensation de se trouver en dehors de la frontière, de ne pas faire partie de la ville ».

Le fait que l’est de la ville constitue une zone séparée se reflète dans tous les aspects de la vie quotidienne. Les habitants arabes ne voyagent pas sur les lignes urbaines des bus de Egged. Ils ont leur propre réseau de transport public qui ne dessert que la partie est de la ville. Ils ont un bureau d’enregistrement de la population séparé, une branche séparée pour l’assurance sociale et aussi un office de l’emploi qui leur est réservé, et dans tous les départements des services nationaux, ils se retrouvent à devoir attendre et à faire la file pendant de longues heures. Même pour des cas plus critiques, où il y a menace pour la vie, l’habitant de Jérusalem-Est est contraint d’attendre longtemps avant que n’arrive l’ambulance de Magen David Adom qui doit d’abord attendre une escorte de la police. Inutile de dire que dans de nombreux cas, l’ambulance arrive trop tard.

L’électricité dans l’est de la ville est fournie aux habitants par la société d’électricité de Jérusalem-Est et pas par la société nationale d’électricité. Quant à l’eau, les habitants des quartiers arabes du nord la reçoivent de la société Al-Birah, entièrement localisée à Ramallah. En cas de rupture de canalisation, par exemple, les équipes sont censées venir de Ramallah mais elles n’obtiennent pas toujours l’autorisation de passer.

Des budgets pour l’est de la ville ? Il n’y en a pas

Nul besoin d’être expert en infrastructures pour comprendre que la municipalité de Jérusalem ne prend pas la peine d’investir des budgets importants pour les habitants arabes. Il suffit d’y aller faire un tour. Des rues semées de trous, peu de trottoirs et des jardins publics tenus pour un luxe. A Tsour-Bakhar, quartier comptant une quinzaine de milliers d’habitants, jamais réseau d’égouts n’a été installé. Dans des parties de Beit Hanina également, du camp de Shouafat, Silwan, Jabel Moukaber et Rass al-Amoud, cela ne sent pas terriblement bon. Des habitants de Kfar Akab, les eaux d’égouts ayant en quelque sorte fait déborder la coupe, ont ainsi décidé, de leur propre initiative, d’installer un réseau d’égout en le payant de leur poche. Ils n’ont même pas demandé à la municipalité s’ils pouvaient : à quoi bon ?

Les permis de bâtir sont eux aussi une denrée rare. Il vous faut l’attendre en moyenne cinq ans si pas davantage. La lenteur bureaucratique est accablante, poussant les habitants à faire la loi eux-mêmes et, bien souvent, n’ayant pas d’autre choix, à enfreindre la loi. Et c’est à ce moment-là précisément que les autorités légales entrent en scène. L’étendue des destructions de maisons dans l’est de la ville est sans précédent. D’après les chiffres du Comité contre les Destructions de Maisons à Jérusalem-Est, le nombre d’ordres de démolition – ordonnances administratives et judiciaires réunies – transmis par la municipalité de Jérusalem pendant l’année 2005 a atteint 937. Si on y ajoute les ordres de démolition lancés par le Ministère de l’Intérieur, ce nombre grimpe à 999.

Cette semaine ont été publiés les chiffres du baccalauréat dans le pays et il est difficile de dire si qui que ce soit a été surpris par le fait que les étudiants de l’est de la ville sont classés à la dernière place pour le taux de réussite au bac – 13,78%. Un des problèmes les plus douloureux est effectivement la situation difficile où se trouve le système scolaire. Chaque année, des centaines d’enfants restent en dehors du réseau d’enseignement public à cause d’un manque criant de salles de classe. Celles qui existent sont terriblement surpeuplées. Dans des cas extrêmes, comme par exemple à l’école fondamentale d’A-Tour, il n’y avait pas assez de place l’année passée pour tous les élèves, si bien que les cours se sont donnés en deux groupes : un premier groupe de 8 heures du matin à midi, le deuxième groupe commençant à 12h30 et terminant à 16 heures. Le phénomène s’est répété aussi dans des quartiers comme Jabel Moukaber, Silwan et Kfar Akab. En 2002, la municipalité a adopté un plan directeur pour traiter le problème, recommandant la construction de 1.155 classes pour 2005 au plus tard. En dépit des recommandations, seules 276 classes ont été construites sur cette période – moins du quart.

Il y a une quinzaine de jours, l’association « Ir Amim » [‘ville des peuples’] a organisé une tournée d’inspection dans le réseau scolaire de l’est de la ville. Des personnes du milieu de l’enseignement et du monde académique avaient été invitées à se joindre à cette tournée. Une des participantes, Nora Rash, de l’Ecole de l’Education de l’Université Hébraïque, en a rédigé un compte-rendu où elle décrit ce qu’elle a vu de « honteux ». Nora Rash y parle de la visite à l’école fondamentale pour filles de Shouafat. A l’origine, il s’agissait d’un immeuble à appartements. De ce fait, chaque salle de classe fait environ 12m², avec une moyenne de 35 élèves par classe. Les participants à la tournée d’inspection ont demandé aux élèves ce qui se passait quand l’une d’elles voulait aller au tableau et les gamines ont fait la démonstration : « On se presse derrière la table, on monte dessus, sur les genoux pour ne pas salir la table, on progresse de rangée en rangée jusqu’à ce qu’il soit possible de redescendre sur le sol et de rejoindre l’institutrice ».

« Le bureau de la directrice », rapporte Nora Rash, « est une petite pièce qu’elle partage avec la secrétaire de l’école et où se trouve aussi la photocopieuse. Une autre petite pièce sert de salle des professeurs où il n’y a aucune chance de voir se réunir les 17 enseignantes. Des annexes, une salle de gymnastique, une bibliothèque, des laboratoires, sont un rêve qu’il n’y a aucun espoir de voir se réaliser. Le président du comité des parents de cette même école a raconté que les parents ont acheté, de leur poche, du matériel de laboratoire mais que faute d’une pièce pour l’accueillir, il reste enfermé dans une armoire. » Et Nora Rash ajoute qu’ « à propos d’ordinateurs, il n’y a simplement rien à dire ».

Mais peut-être ceux qui ont obtenu de s’entasser dans des salles de classe doivent-ils reconnaître leur bonne fortune ? Pour l’année scolaire 2004-2005, d’après les chiffres du Bureau Central des Statistiques, il y avait dans l’est de la ville 79.000 enfants en âge de scolarité. Selon les chiffres de la directrice de l’enseignement de la ville et du Ministère de l’Enseignement, seuls 64.536 étaient inscrits dans les réseaux scolaires public et privé. A partir de cet écart dans les chiffres, on ne voit pas clairement où, ni si, ces 14.500 enfants étudient, eux qui ne sont pas connus des registres de l’enseignement. « Des centaines d’enfants ne vont pas à l’école car ils n’ont nulle part où aller », déclare Wataad. « Personne ne fait l’effort de les rechercher pour les intégrer au circuit scolaire. Ils restent simplement à la maison ou vont travailler ou apprennent sur le terrain. Personne ne trouve d’intérêt ou le courage de chercher et d’examiner où restent ces enfants ou ce qu’on fait d’eux ».

Le combat démographique : quel Jérusalem aurons-nous ?

Pour Israël Kimshi, responsable de recherche à l’Institut de Jérusalem pour la Recherche sur Israël, il ne fait pas l’ombre d’un doute qu’il y a discrimination entre l’est et l’ouest de la ville. « Il y a un écart important et il se manifeste dans tous les secteurs des services. Que ce soit au niveau de la propreté, le manque de jardins publics ou de salles de classes, l’éclairage public, on peut retrouver ces décalages dans tous les domaines. Il est clair que l’Etat d’Israël aurait pu investir beaucoup plus durant ces 40 dernières années mais qu’il ne l’a pas fait. »

Mais par-dessus toutes ces conditions de vie, flotte l’avenir qui a déjà commencé à donner quelques signes. En 1967, la population juive de Jérusalem représentait 74%. En 2004, la proportion de Juifs a baissé pour atteindre 66%. Parallèlement, avait lieu une augmentation constante du nombre d’Arabes dans la ville. En 1967, ils représentaient donc 26% de l’ensemble des habitants pour grimper jusqu’à 34% en 2004. Durant les années 1967-2003, la population de Jérusalem a augmenté de 160%. Tandis que l’accroissement de la population juive pour les mêmes années avoisinait les 135%, la population arabe augmentait elle de 233%.

La tendance démographique à Jérusalem est claire : la population juive diminue en comparaison de la population arabe. Le Premier Ministre, Ehoud Olmert, ancien maire de Jérusalem, connaît lui aussi parfaitement la balance démographique et il agit essentiellement en fonction de celle-ci. Il a déjà parlé dans le passé de la possibilité que l’Etat d’Israël se sépare de quelques dizaines de milliers d’habitants des quartiers arabes, périphériques, de Jérusalem. Dans une interview accordée en décembre 2003 au quotidien « Yediot Aharonot », il disait : « Je n’entrerai pas dans le détail de la ligne de frontière. Je dis simplement qu’elle sera basée sur la maximisation du nombre de Juifs et la minimisation du nombre d’Arabes à l’intérieur de l’Etat d’Israël. Je crois que cela nous maintiendra dans une proportion de 80% de Juifs et 20% d’Arabes. Nous pourrons ainsi maintenir un Etat juif et démocratique. » Depuis lors, la clôture a été construite dans la zone de « l’enveloppe » de Jérusalem et 55.000 habitants ont déjà été laissés en dehors de la clôture et en dehors de la vie de leur ville de résidence.

Il se pourrait qu’à la prochaine Journée de Jérusalem, quand Israël fêtera les 40 ans de l’unification de la ville, tout soit différent. De l’avis de Kimshi, « Jérusalem aura un autre aspect. Aussi bien l’israélienne que la jordanienne. Toutes deux auront un air différent. La Jérusalem israélienne se sera étendue territorialement, englobant des zones qui n’appartenaient pas auparavant au territoire municipal de la ville. Et à ce qu’on dit, les quartiers arabes, comme Jabel Moukaber, Oum-Tsouba, Beit Hanina et Shouafat, seront selon toutes apparences scindés de la ville ».

(Traduction de l'hébreu : Michel Ghys)
Ynet (Yediot Aharonot), 23 mai 2006
Source : Palestine Solidarité palestine-solidarite.org

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Rapport - CPI

 


Jusqu'où va la situation palestinienne sous la pression occidentale et l'agression israélienne ?

Plusieurs scénarios pourrait prendre la situation palestinienne, croient des observateurs. Toute sorte de prédictions prend le dessus dans les discussions des citoyens palestiniens.

Il y a, en effet, ceux qui croient que le siège économique, accompagné par toutes ces tueries exécutées par l'occupation israélienne, poussera à une montée en puissance de l'Intifada. Les opérations martyres (kamikazes) à l'intérieur même des territoires palestiniens occupés en 1948 reconnaîtront une nouvelle escalade. D'autres croient que la dislocation de l'Autorité palestinienne est imminente. Pour ces derniers, la dislocation est déjà sur le terrain, car l’autorité palestinienne ne peut plus assurer les besoins essentiels à ses citoyens.

Au profit de qui ?

On continue à parler de tous les scénarios possibles dans ce contexte où un siège est imposé par l'Etat de l'occupation et par l'administration américaine et où la position européenne souffre d'une faiblesse remarquable. Dans ce contexte, plusieurs vérités importantes émergent. L'une d'elles est que l'arrivée de la situation sur le terrain à un point d'explosion n'est au profit ni de l'Etat hébreu, ni des Etats-Unis, ni de tout l'Occident. Et selon certaines analyses, le but de l'état de siège n'est que d'obtenir des concessions politiques de la part du gouvernement palestinien nouveau ou au pire, de le faire tomber en montrant qu'il n'avait pas réussi dans sa tâche. Cet échec envenimera ses autres choix dont la résistance.

Conflit des volontés !

Quant à Mouchir Al-Masri, membre du Hamas et député du Conseil législatif palestinien, il voit que ce qui se passe est un conflit de volontés. C'est le possesseur de droits justifiés, d'une cause juste et d'une volonté de fer qui vaincra en fin de compte, croit le gouvernement. Il met en exécution le programme qu'il a promis à son peuple palestinien en se basant sur des principes incontestables et incontestés, affirme Al-Masri. Il croit aussi à l'idée consistant à ce que la victoire du Hamas représente une victoire pour le peuple palestinien tout entier ; et la régression sera la chance des assiégeurs et non des assiégés.

Jusqu'où vont les pressions ?

De son côté, le docteur Abdo Al-Sattar Qassem, le professeur de sciences politiques à l'université d'Al-Najah, croit qu'"Israël", les Américains et les pays arabes ne laisseront pas le peuple palestinien sans argent. Car la famine aura des effets négatifs sur les gouvernements et sur les systèmes arabes et par conséquent sur les Etats-Unis, eux-mêmes, et sur leurs alliés israéliens.

Qassem souligne que les pays arabes seront dans une situation très critique, si les enfants de la Palestine n'auront pas le médicament et de nourriture. Et "malgré toute cette forte pression, ils remarquent que le peuple palestinien n'est pas encore affamé. Ils veulent donc mettre le Hamas sous pression trop forte jusqu'à l'écroulement du Hamas. Néanmoins, s'il ne s'écroulera pas, ils permettront à l'argent de passer".

Les pressions renforceront le Hamas

Les fonctionnaires palestiniens peuvent organiser un mouvement de protestation qui pourrait faire tomber le gouvernement. Mais Qassem ne croit pas à ce scénario en affirmant que même s'il y a quelques timides protestations, le peuple ne partira pas contre son gouvernement. Il ne voit arriver une guerre civile, car même les Israéliens n'y ont aucun intérêt. Ils veulent seulement qu'il y ait une sorte de tension entre les factions palestiniennes, mais pas une guerre civile, toujours selon lui.

Toutes les indications montrent que les Palestiniens ont choisi la résistance et le soutien à leur gouvernement face à ces pressions. Quelques analyses politiques croient que la politique occidentale téméraire pratiquée à l'encontre du gouvernement palestinien composé par le Hamas ne réussira pas à long terme. Ces pressions-là, si elles peuvent faire tomber le gouvernement, elles ne feront que consolider la popularité du Hamas.

Quant à l'écrivain palestinien résidant à l'étranger Khaled Al-Haroub, il dit qu'il y a une équation, aussi simple que banale, que les politiciens le connaissent forcément. Elle consiste à dire que plus de pressions sur le Hamas ne signifient que la montée de sa force et de sa popularité.

Les perdants !

Sami Abou Zahri, le porte-parole du mouvement de la résistance islamique "Hamas", confirme les propos d'Al-Harbi : "Le mouvement ne perdrait rien, si le gouvernement est tombé, notre programme est un programme de résistance. Nous sommes entrés au gouvernement seulement pour servir et protéger notre peuple. Je ne dis pas que nous serons les moins touchés. Par ailleurs, notre peuple ne souffrira pas plus de ce qu'il subit actuellement".

Les perdants seront, pour Abou Zahri, ceux qui conspirent contre ce gouvernement pour le faire tomber. "L'escalade de la pression pratiquée contre le gouvernement et toute tentative à le faire tomber, ajoute-t-il, créera une situation explosive dont l'issue est inconnue". Il affirme que le peuple palestinien soutient ce gouvernement. Il fait la fine bouche à tous ceux qui sont derrière ces complots.

Dans le même contexte, Al-Misri indique que son mouvement croit à la succession du pouvoir et aux élections périodiques. Il met en garde les comploteurs venant de tout bord, de l'intérieur comme de l'extérieur, contre tout rêve d'une stabilité dans la région. Il confirme que le peuple palestinien renversera ceux qui seraient venus, de quel que bord que ce soit, sur un char israélien ou américain. Il ne laissera jamais tomber son choix démocratique".

Différents scénarios ?

La famine poussera les Palestiniens à ne plus élire le Hamas, croient ceux qui pratiquent un sévère siège contre eux. Quelques-uns misent sur cette imagination. D'autres trouvent, par contre, que ce siège n'aura que des réactions bien opposées à leur volonté ; le mouvement du Hamas aura plus de sympathisants.

Al-Haroub souligne que cette équation n'est pas applicable en Palestine. En fait, l'occupation israélienne constitue l'essentiel élément pour entraver la bonne démarche du gouvernement palestinien. Par contre, il y a la question de la dignité nationale qui se manifeste bien fortement contre l'occupation et toute pression étrangère ; c'est une question qui n'est pas prise en compte par les gouvernements des partis rivaux.

Qu'est ce qui se passera après la tombée du Hamas, dit Al-Haroub en se posant plusieurs questions ?
L'ancienne garde reviendra-elle, avec toute sa corruption et avec son administration en cahot dont tout le monde est témoin ?
Y aura-t-il de nouvelles élections durant lesquelles le président de l'Autorité palestinienne assurera l'échec du Hamas ?
Y aura-t-il une paix imposée sur les Palestiniens via un gouvernement palestinien non élu, qui n'engendrera que de la violence et de la destruction ?
Comment Abou Mazen pourrait être sûr de ce qui se passera, si le Hamas tombait ?
Qui peut être sûr que la tendance droite du Hamas ne sera pas révoltée, ne prendra pas une attitude extrême sanguinaire ?

Après toutes ces questions, Al-Haroub appelle Abou Mazen, le président de l'Autorité palestinienne, à ne pas céder aux pressions et à ne pas jouer un pari perdu d'avance.

Une Intifada régionale !

Pour sa part, Al-Misri voit que le siège imposé sur le peuple palestinien a pour but de mettre en échec le gouvernement palestinien. Mais, ce siège mettra les Etats-Unis et l'occupation israélienne, ses principaux superviseurs, face à un scénario bien dangereux. L'échec de ce gouvernement, croit Al-Misri, poussera la région toute entière et non seulement la Palestine, vers une explosion dont le feu touchera l'occupation et ses partisans.

Les leaders du Hamas avertissent contre une Intifada aussi grande qu'elle mettra le feu à la poudre dans toute la région du Moyen-Orient. Pourtant, le docteur Qassem Hadotha ne croit guère à une telle Intifada sauf en cas où la question du nucléaire iranien prendra fin au profit de l'Iran ; et si un axe bien fort prendra forme depuis l'Afghanistan jusqu'au Liban, défiant les Etats-Unis. A ce moment-là, les peuples arabes auront le grand souffle pour que des Intifadas éclatent ici et là.

Dans la rue palestinienne, les volets de toute sorte d'interrogations resteront ouverts. Les vents souffleraient bien fort. Tout pourra arriver. Tous les scénarios sont possibles ; mais un seul prendra forme en fin de compte.

© Déposer 2003 par palestine-info.cc

Source : Palestine Solidarité palestine-solidarite.org

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Comment va la tribu ? En Chine, ça pète le feu…

Au cours d’une intervention controversée, au cours du récent congrès marquant le centenaire du Comité Juif Américain, l’écrivain A.B. Yehoshua a prédit que les juifs de la diaspora ne manqueraient pas de se précipiter en nombre en Chine, s’il se confirmait que ce pays est effectivement en passe de devenir une puissance mondiale. Le Dr. Avrum Ehrlich, professeur au Centre pour les Etudes judaïques et inter-religieuses de l’université de Shandong [Chine], dit que ce processus est d’ores et déjà actif.

" La communauté juive à Hong Kong est florissante ", explique-t-il, " il y a au minimum 3 000 juifs aujourd’hui, qui vivent de manière permanente, rien qu’à Pékin ! "

Au cours des deux siècles écoulés, il y a eu une présence juive continue en Chine. Cela a commencé avec des commerçants séfarades, venus avec les Anglais. Cela a continué avec des juifs russes qui se sont installés à Harbin (avec, parmi eux, le pépé d’Ehud Olmert). Durant la Seconde guerre mondiale, beaucoup de réfugiés allemands [lire : juifs allemands] se sont tout d’abord réfugiés à Shanghai – un des très rares endroits ouverts aux juifs, à l’époque.

L’histoire contemporaine de la Chine est ponctuée de personnalités juives, tel Morris Cohen [" Deux Flingots "], un aventurier né en Pologne, qui a servi d’agent de liaison entre le gouvernement taiwanais et les dirigeants de la Chine communiste. Parmi ces
personnages célèbres, Israël Epstein, un intellectuel marxiste né à Varsovie, et disparu l’an dernier, après avoir été honoré par tous les présidents chinois, de Mao à l’actuel – Hu Jintao.

Ehrlich dit regretter qu’aujourd’hui, les relations entre Israël et la Chine soient limitées aux sphères économique et militaire, sans réel dialogue culturel. Parmi les nombreux hommes d’affaires israéliens et juifs qu’il a rencontrés récemment en Chine, explique-t-il, il y a des contrôleurs ultra-orthodoxes de la kashrut. " A croire que toute l’industrie de la kashrut, la production de produits chimiques et de matières premières se sont délocalisées en Chine !… ", plaisante-t-il.

Ehrlich doit lui-même sa position sociale actuelle au boom économique que connaît le pays le plus populeux de la planète. En 2004, cet Israélien d’origine australienne âgé de 38 ans s’était rendu en Chine pour y rendre visite à son frère, qui dirige une usine (dont leur famille est propriétaire), près de Shanghai. C’est alors qu’il a entendu parler d’un centre universitaire d’études juives, dans la province de Shandong, relativement proche. Ehrlich est entré en contact avec les enseignants et il a proposé une conférence sur le messianisme.

Très fier, il explique : " On m’a proposé une chaire de titulaire à plein temps immédiatement après ma conf’. " Son déménagement en Chine n’a pas représenté pour lui quelque chose d’extraordinaire, ce qui se comprend quand on connaît son existence plutôt chaotique : il a immigré en Israël à l’âge de seize ans, il a étudié dans quatre yeshivot différentes et il a été ordonné rabbin à la yeshiva Tomchei Tmimim située à Kfar Chabad. Après quoi il décida de changer de vie : il étudia à l’Institut Shalom Hartman, connu pour son pluralisme, ainsi qu’à l’université Bar-Ilan. Il a terminé son doctorat, consacré aux dirigeants hassidiques, à l’université de Sidney.

" J’ai constaté qu’en Israël, on ne peut pas faire grand-chose qui laisse une trace ", explique-t-il. " C’est la raison pour laquelle j’ai cherché un endroit où mon action pourrait faire une différence. "

Le centre universitaire de Shandong [où il enseigne] a été créé il y a une dizaine d’années par un universitaire du coin. D’après Ehrlich, ce centre a reçu en 2004 mandat du gouvernement chinois de mettre sur pied un curriculum d’études juives en Chine. " Cela signifiait amener des chercheurs du monde entier, traduire en chinois tous les classiques juifs et organiser des séminaires et d’autres activités ", explique-t-il.

Ehrlich a établi une liste de 25 classiques juifs fondamentaux à traduire, dont la Mishna, le Kuzari et le Zohar, ainsi que les écrits de notabilités comme Maïmonides, Herman Cohen, le rabbin Cook, Ahad Ha’am et le rabbin Mordechai Kaplan. Quand on l’interroge sur la qualité du travail de traduction accompli par des étudiants locaux, il sourit :

" Je dirais que mon boulot a consisté à limiter les dégâts ", dit-il ironiquement. " On leur a demandé de traduire, alors : ils traduisent… Même s’ils devront passer les vingt prochaines années à corriger ces traductions… "

Ce sont au moins huit des 300 universités de la Chine qui proposent aujourd’hui des cours en études juives. Ehrlich estime qu’environ une centaine d’étudiants, dans tout le pays, s’inscrivent en hébreu chaque année, à comparer à cinq étudiants seulement, dans les années 1990. Il dit que le Chinois considère qu’étudier les juifs est quelque chose d’absolument fondamental pour comprendre les soubassements de la pensée occidentale.

" Ils voient dans les juifs les démiurges de la pensée et de l’idéologie occidentales ", dit-il. Mais la principale motivation de cet intérêt pour les juifs n’est ni culturel, ni intellectuel, explique-t-il. Et, cela, il l’a remarqué dès son premier voyage en Chine, et même dès son arrivée – en regardant les livres exposés dans le kiosque de l’aéroport :

" J’ai vu plusieurs bouquins avec des titres flashy du style : " Comment devenir un millionnaire juif. "

Par la suite, j’ai compris que lorsque la plupart des Chinois parlent de la " confiance juive ", ils désignent par là ce qu’ils considèrent comme la capacité phénoménale des juifs à faire du fric. Je n’y vois rien de négatif, car j’espère que cela est susceptible de leur permettre d’accéder à d’autres domaines [du génie juif] également…

Article paru dans le quotidien israélien Haaretz, 21 mai 2006, traduit par Marcel Charbonnier.

 

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كلمة النائب مصطفى البرغوثي الأمين العام للمبادرة الوطنية الفلسطينية ورئيس ائتلاف

 فلسطين المستقلة في مؤتمر الحوار الوطني

2006-05-25

كلمة النائب مصطفى البرغوثي الأمين العام للمبادرة الوطنية الفلسطينية
ورئيس ائتلاف فلسطين المستقلة

السلام عليكم ورحمة الله وبركاته،
أيها الأخوة والأخوات ،

اسمحوا لي باسم المبادرة الوطنية الفلسطينية وائتلاف فلسطين المستقلة أن أتوجه بالتحية والتقدير لكل أبناء وبنات شعبنا المناضل الصامد في أقسى وأصعب الظروف والمصمم على التمسك بكرامته وحقوقه الوطنية رغم شدة المعاناة وشظف العيش. وان أعبر بشكل خاص عن التقدير الذي نكنه جميعا لأسر الشهداء والجرحى وللأسرى والأسيرات البواسل في سجون الاحتلال، والذين اثبتوا تميزهم وحيويتهم مرة أخرى بمبادرتهم التي طرحوها لمعالجة الوضع الفلسطيني.
وأن أتوجه بتحية التقدير والاعتزاز للفقراء والعاطلين عن العمل ولكل العاملين في القطاع العام وخاصة قطاع الصحة والتعليم ورجال الأمن والوزارات والمؤسسات المختلفة الصامدين رغم قسوة ظروفهم بانقطاع رواتبهم لثلاثة أشهر.
وإننا إذ نرحب بكافة المبادرات والمقترحات التي قدمت من القوى المختلفة ومؤسسات القطاع الخاص والمجتمع المدني، فإننا نؤكد أن حوارنا الوطني اليوم يجب أن ينصب أولا على تحديد فهم دقيق للواقع الذي نعيشه ومن ثم تحديد آليات التأثير في هذا الواقع لمصلحة شعبنا الفلسطيني.
وفي فهمنا لهذا الواقع، فان القضية الفلسطينية تعيش اليوم واحدة من أدق واخطر لحظات حياتها، بعد أن تجندت إسرائيل والحركة الصهيونية لتنفيذ مخطط شارون اولمرت لفرض وضع نهائي باستكمال بناء جدار الفصل العنصري والاستيلاء على 46% من مساحة الضفة الغربية وثمانين بالمئة من مصادر مياهها، وكل حدودها مع العالم الخارجي، وضم وتهويد القدس ومحيطها بكل مكوناتها ومقدساتها الإسلامية والمسيحية.
ولم تجرأ أية حكومة إسرائيلية من قبل على الإعلان عن مثل هذا المخطط بكل هذا الصلف والوقاحة، ودون أن تخفي أهدافها النهائية بتدمير فكرة الدولة الفلسطينية المستقلة وفصل قطاع غزة وتحويل الضفة الغربية إلى جيتوات ومعازل، وسجون مقطعة الأوصال وغير قادرة على الحياة.
إن المغزى الحقيقي للمخطط الإسرائيلي الذي تحاول حكومة إسرائيل تجنيد القبول العالمي له، هو تدمير أهم ما أنجزناه على مدار خمسين عاما من نضال شعبنا، أي فكرة وحدة تقرير المصير للشعب الفلسطيني بكل أجزاءه في الداخل والشتات وخنقه اقتصادياً واجتماعياً وسياسياً ومحاولة دفع اكبر جزء منه للرحيل من جديد.
إن هذه الاستراتيجية الإسرائيلية الموحدة والتي تجمع عليها قوى الحركة الصهيونية، لا يمكن مجابهتها وإفشالها إلا باستراتيجية فلسطينية واضحة ومحددة.
وفي مركز الاستراتيجية الفلسطينية يقع هدف إقامة الدولة الفلسطينية المستقلة كاملة السيادة على كامل الأراضي المحتلة عام 67 دون نقصان وفي مقدمتها القدس العربية وحماية حقوق اللاجئين الفلسطينيين في العودة والإفراج عن كافة الأسرى والأسيرات دون تمييز، وإرساء مؤسسات وبنيان الوجود الفلسطيني بما يدعم قدرة الشعب الفلسطيني على الصمود والبقاء والنمو وتحقيق آماله في السلام العادل والنمو والازدهار.
وهي استراتيجية يجب أن تستند برأينا إلى ستة عناصر: -

1. استنهاض وتوسيع وتطوير الكفاح الشعبي الجماهيري ضد الجدار والاحتلال ومخطط اولمرت.
2. دعم قدرة المجتمع والجماهير الشعبية الفلسطينية على الصمود الاقتصادي والاجتماعي والصحي والتعليمي.
3. تفعيل مساهمة أبناء الشعب الفلسطيني في المهجر والشتات في دعم هذا الصمود وإعادة بناء النسيج الوطني الجامع بين الداخل والخارج.
4. استكمال عملية الإصلاح الداخلي الشامل واجتثاث كل إشكال الفساد وسوء الإدارة والمحسوبية والواسطة، وتكريس حقوق كل فلسطيني في المواطنة والمعاملة المتكافئة ونبذ الزبائنية السياسية والتمييز في التوظيف والمساعدات على أساس فئوي.
5. استنهاض أوسع حركة تضامن عربي ودولي مع شعبنا المناضل ، والاستفادة منها لعزل السياسة الإسرائيلية التوسعية وإفشال مشروع اولمرت.
6. تفعيل منظمة التحرير الفلسطينية وبناء قيادة وطنية موحدة وحكومة وحدة وطنية تترجم الاستراتيجية الموحدة الى فعل وتأثير موحد.

لقد طالبنا منذ ستة سنوات بتشكيل قيادة وطنية موحدة، منذ أن أطلق شيخ المناضلين الدكتور حيدر عبد الشافي نداءه للوحدة الوطنية، ولو كان ذلك الشعار قد تحقق فلربما كنا اختصرنا الكثير من الالام والمعاناة والعثرات التي يعيشها  شعبنا.
ومع ذلك فان الوقت لم يفت على تحقيق ذلك .
لقد حققت الانتخابات الديمقراطية الرئاسية والبلدية والتشريعية للشعب الفلسطيني مكانة وإنجازا لا يمكن إنكاره، ونقلت فلسطين من نظام حكم الحزب الواحد إلى نظام التعددية السياسية بأسلوب حضاري سلمي، وتحقق تداول سلمي للحكومة.
بل إن هذه الانتخابات مكنت الشعب الفلسطيني &

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