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Décadence et médiocrité de la scéne politique en Tunisie

Décadence et médiocrité de la scéne politique en Tunisie
Par
ZERYEB
BILEL
DERBALI
Sonia D
JANINE
ALI LA POINTE



ZERYEB

Dans notre triste réalité, force est de constater que la médiocrité a fini par l’emporter. Autrement dit, dans la Tunisie de Ben Ali, tout a épousé la bassesse et la déliquescence. Au jour d’aujourd’hui dans ce pays qui fut autrefois une école du savoir, tu ne peux pas trouver un bon boulanger qui te fasse un succulent khobz h’chaichi, tu ne trouves pas un médecin pour te soigner sans que tu risques l’erreur médicale, tu ne trouves pas de maçon qui te construit un mur qui tient debout, tu ne trouves pas un instituteur qui enseigne à tes enfants les valeurs civiques, tu ne trouves pas de pharmacien qui te donne des conseils bienveillants et scientifiques.. tu ne trouves pas d’écrivain qui te fasse rêver, tu ne trouves pas de musicien qui te fasse divaguer.... tu ne trouves pas d’opposant digne de ce nom, tu ne trouves pas de journal digne ce nom, tu ne trouves pas de place de parking, tu ne trouves pas d’air pur à respirer, tu ne trouves plus de dignité, tu ne trouves ni humanité ni liberté, tout ce que tu trouves c’est la médiocrité.

µµ

BILEL

C'est bien vrai , c'est le néant carcéral , et depuis des lustres toute la société tunisienne est tirée vers le bas.Tout s'est résignée à la dictature de la consommation .La musique , la poésie , l'écriture , les professions ,les techniques , le savoir , la culture ect....et même la jubilation d'être et d'exister dans la sérénité et la paix des chiens.Ce que tu nommes la médiocrité c'est effectivement le curare , le poison soporifique de toute forme de dictature , pour dénigrer l'essentiel , défaire les mémoires et les valeurs , les références , qui sont un danger mortel pour elle.

µ

DERBALI

C'est drôle j'étais en train de lire Montesquieu sur la décadence...Laughing

Bien sûr ses arguments sont dans leurs contextes , et certains trouveraient un écho chez de VILLIERS , SARKO et même LE PEN , d'autres sur la déchéance humaines et morales sont vraiment trés explicites sur la condition des arabes
LaughingVery Happy



Il a été également traité par Montesquieu, qui voit dix-sept causes à la chute de Rome et les énumère. Certaines recoupent des problèmes réels de nos sociétés contemporaines, par exemple le multiculturalisme qui s'était étendu sur Rome et obligeait avant de juger quelqu'un à lui demander de quelles lois et de quels dieux il se réclamait. Mais aussi la crise économique qui avait frappé Rome, et le discrédit de ses lois qui, bien acceptées au départ parce qu'elles apportaient la paix romaine, furent contestées et combattues dès lors qu'elles ne visaient plus qu'à drainer le maximum de ressources sur une Rome devenue oisive, sans fournir de réel service aux populations en contrepartie.

 

µµ

JANINE

zeryeb, ton texte est d'une pessimisme lucide à pleurer. Car je crois savoir que, pourtant, tu as raison. Malgré le contexte que tu décris, il y a des "coeurs purs" et sur ceux-là tu pourras t'appuyer pour changer la Tunisie en miettes.

µµ

DERBALI

Certains négationnistes de l’histoire tunisienne semblent , en tant qu’adorateurs de mégalomane Bourguiba et des crimes du colonialisme , vouloir s’absoudre des méfaits de la dictature de ben Ali , .Il ne peut y avoir de réconciliation en Tunisie sans établir toutes les vérités historiques , non pas dans un simpliste esprit revanchard , mais pour la justice .L’exigence de la simple justice , et soumettre toutes les mensonges et les impostures du système en premier lieu , mais aussi ceux des classes aliénées face à ces vérités , qui sont déniés à ce jour par la dictature ; dans sa vision des choses c’est compréhensible , car elle sont l’axe fondamental et la stratégie de son pouvoir , pouvoir soumis aux exigences totales et radicales néocolonialistes .Mais ce qui est grotesque et plus que criminel c’est cette aberration des éradicateurs , des collaborationnistes , ceux qui prônent une forme de démocratie sélective , c'est-à-dire totalitaire et soumise à l’arbitraire du faciès , celle de la propagande mensongère des aliénés et de la cinquième colonne qui dans leur discours démagogique sur la nécessité démocratique , n’imaginent pour la Tunisie qu’une démocratie élitiste , élitaire et dénigrantes de toutes les valeurs de la société tunisienne.Toute démarche pour rétablir la vérité Historique dans notre pays , est une démarche de redressement national qui ne tend et ne peut-être que démocratique , c’est une question de justice , mais pas seulement , c’est la reconquête de l’être tunisien , moderne libre et progressiste , sans son passé et sa vérité historique la Tunisie se limitera à vouloir faire du neuf avec du vieux et sombrera sûrement dans la haine de soi et la déchéance culturelle et morale , ainsi par le biais du marché spéculatif ou bien par l’aliénation des masses , le colonialisme sera toujours le maître de la Tunisie et des tunisiens.

Ce qui revient à dire en toute lucidité et en toute responsabilité ,que le départ de Ben Ali , la libération et la démocratie du pays sont vitaux ; mais pour autant les tunisiens ne seront pas sortis de l'auberge.Tant de mentalités perverties , tant de générations laminées par la violence et la surenchère , tant de jeunesse lapidée par le nihilisme , la haine de soi et l'arbitraire , tant de tunisiens réduits en esclavage , conditionnés à la peur , au mutisme , à la délation , à la suffisance , à la prostitution et à la négation de leurs racines et leur culture; pour toutes ces blessures , ces décombres , ces déroutes et ces néants ethnocidaires , il faudra beaucoup de temps pour redresser la barre .Peut-être même qu'il est déjà trop tard.

 

µµ

DERBALI

 

La Tunisie de Fatma...

Elle pourra faire partie de ce petit groupe de sociétés qui au prix d’énormes sacrifices et de souffrances accumulées se sont éloignés des contraintes avilissantes de la faim, de la misère, de l’arbitraire, de l’esclavagisme et de la maladie. Le progrès incroyable des sciences et des techniques nous interpelle et nous ouvre de nouveaux horizons, c’est une chance historique pour le haut degré civilisateur tunisien de prendre conscience des données du moment, de briser le carcan qui étouffe notre pays, de nous évader des routines, de la peur et du mutisme qui vident notre nation de ses énergies, des habitudes toujours pesantes qui bloquent notre sens de l’initiative , et des conservatismes aveugles et studieux de nos institutions qui, depuis longtemps, sont bafoués.
Quelle tristesse, quelle gabegie, quelle dérision de voir tant de valeurs et tant de cerveaux fructueux, inventifs, de notre peuple millénaire, éveillé, pacifique et entreprenant, englués dans le confort sordide de l’exil pur et pire de l'exil intérieur, malgré lui et comme paralysé par l’arbitraire des despotes qui pendant si longtemps nous exploitent et nous pillent aux seuls profit de leurs spéculations actives, que ceux qui ont tout pris sur eux des contingences et des contraintes soient toujours fixés et centrés par des médiocrates suffisants sur des choix dépassés.
Tout projet pour la Tunisie progressiste, démocratique, et valable, doit exclure et purger le pays des réminiscences même de ce système barbare qui a détruit ses fondements, qui l’a défiguré, tout projet doit être clair dans ses buts, ses objectifs et sa feuille de route simple et méthodique, transparente et lisible, il doit aussi sous peine de dérapages et de forfaitures s’inscrire dans sa double réalité historique et sociale.
Une nation moderne ne peut être qu’une communauté humaine, faite radicalement de son histoire propre, us et coutumes et traditions, et horizontalement de groupes humains divers de par leurs origines, leur éducations et leur cultures qui la composent.
Notre projet , celui de la raison s'il est , et il l'est pour énormément de tunisien de tout bords j'en suis convaincu , dans nos aspirations arabo-musulmanes , jouit d’une double légitimité historique et culturelle, longtemps bouleversé, agressé, dilapidé, il doit absolument s’inscrire sur le long terme, expliqué sans aucune ambiguïté et dans toutes ses lignes, c’est en fin de compte seulement au peuple tunisien qu’il reviendra le droit de choisir sa société de liberté et de progrès, la seule qui pourra le réconforter dans cet espace arabo-musulman déchiré par les conflits et l’ignorance de ses tyrans et l’agression de toutes sortes de bellicismes prédateurs, le seul qui doit constituer une référence tunisienne pour toutes les générations à venir et rendre à notre beau pays sa mission civilisatrice qui a toujours été la sienne depuis l’aube des temps.

Les Tunisiens d’aujourd’hui sont totalement exclus de la société dans laquelle ils vivent et ne peuvent la comprendre; les lourdeurs et les abus administratifs, l’arbitraire bureaucratique, la violence étatique qu’ils subissent, le caractère catastrophique auquel ces crimes ont conduit, l’impuissance des oppositions et des idéologies d’importation à leur fournir des perspectives, expliquant et s’opposant à la morosité et à l’état d’abandon qui les érodent.

Les Tunisiens aujourd’hui plus que jamais au vu de leur statut social et national, au vu de leurs capacités et leurs potentialités ont du mal à comprendre et à expliquer la tyrannie qui les désintègre et le monde dans lequel ils vivent .La répression morale et civique de la Tunisie, le caractère irrationnel de la triste réalité du pays et l’impuissance manifeste des idéologies des oppositions subventionnées, médiatisées, acculturées et aliénées à leur fournir des perspectives qui les satisfassent , expliquent pour beaucoup ce retour aux sources somme toute naturelle, il est leur seule véritable réalité millénaire qu’il suffit de dépoussiérer et d’adapter complètement à leurs besoins quotidiens et contemporains. Beaucoup de nos compatriotes adhérent aux projets civilisateurs des techniques et des progrès mais sont aussi persuadés d'un monde complètement réformé et libéré de sa triste réaction semblable à leur passé de grandeur, libre, paisible, progressiste, rustique, convivial et familier. Ils ressentent au plus profond d’eux-mêmes, aussi et en même temps, l’inévitabilité du changement nécessaire, et d’accorder leur culture et leur savoir-faire avec les réalités nouvelles et les demandes créées par le progrès humain. Au vu des nouvelles générations ils aiment l’avenir plus qu’ils ne le redoutent car il est porteur d’espoir, l’espoir de se défaire des chaînes de la dictature, de la décadence et du néo-colonialisme à tous les niveaux.
Après l’indépendance vers les années soixante, la Tunisie, un des deux seuls état-nation avec l’Egypte du monde arabe était une société qui avait des potentialités énormes, à la fois traditionnelles et évoluées, elle était à la fois rurale et agricole, masculine et gérontocratique avec une hiérarchie respectable et respectée, la qualité de ses productions et de sa vie intellectuelle ou le talent de son art et de sa vie politique et son organisation sociale digéraient t et adaptaient le progrès et la modernité sans aucun complexe.
La dépendance totale à l’égard de la société de consommation est une des marques de l'agression la plus redoutable et la plus visible de la dictature au jour d'aujourd'hui. Les activités de base qui étaient exercées autrefois d’une façon rationnelle et autonome par le Tunisien , voire des fois par l’ensemble de la famille et du clan, des choses élémentaires comme se nourrir, se déplacer, jouir de son temps libre et de ses loisirs ont été transférés et complètement pris en charge par le système marchand, ce système qui en Tunisie ne tend vers aucun progrès, au contraire, assujettis entre les mains de bandes organisées de spéculateurs qui pillent le pays sous la protection vénale et rapprochée du régime dictatorial,qui applique à son seul profit ce système, et cela va de l’alimentation, la production à tous les niveaux à l’habillement, au tourisme, à l’organisation des vacances et des loisirs en passant par les simples soins de beauté, les cures thalasso ou la gestion de l’épargne familiale, un système de captation mafieuse , d’où il résulte la plupart du temps des dérives spéculatives et de fausses faillites avec d’énormes fuites de capitaux vers les banques étrangères off shore, il en résulte en fait de tout ce système un endettement et une dépendance catastrophique vis-à-vis d’un système économique mondialiste, spéculateur et marchand, basé sur les détournements et les montages crapuleux aux dépends des peuples et des nations.

Dépendance du citoyen au travail sans aucune garantie de la part du système de production , qui ne lui laisse aucune place à la réflexion et à l’organisation sociale, dépendance du quotidien à l’égard d’un système politique népotique et des centres urbains,et bien sûr ces dépendances accrues vis-à-vis du système dictatorial limite toute participation sociale intellectuelle et politique, même l’organisation naturelle d’une vie culturelle hors des carcans traditionnels de la propagande est complètement proscrite.
La communauté étroite et conviviale de jadis où tout le monde connaissait tout le monde, et où tout un chacun vivait de et pour l’autre et dans laquelle le citoyen se trouve reconnu et enserré, encensé par un réseau de cérémonies, d’affections, de solidarités depuis la naissance jusqu’à la mort, a fait place à l’industrialisation de la peur et de l’affairisme, et les relations sont devenues plus difficiles, diffuses, délétères et froides. Ces déviations voulues et planifiées par la dictature, pour mieux contrôler et soumettre la société tunisienne, ont permis le rétrécissement de l’horizon individuel, annihilé la liberté de chacun et cela dans tous les domaines, rendu plus fragile et plus ténu le progrès social et l’évolution générale du peuple tunisien.

La disparition des relations de voisinage, le cloisonnement des groupes sociaux, la déformation des réalités historiques, le manque crucial de liberté , l’uniformisation de l’espace et du temps dans une vie placée sous contrôle total, ont conduit à un effroyable univers éclaté et décadent où le lien de la proximité populaire s’est brisé, où règne la peur, le mutisme, la solitude et l’anonymat, et où tout un chacun éprouve dans son paysage lunaire ses impuissances, ses doutes , et dans la défiguration de ses paysages , il perd totalement ses repères et sa part de l'intime, bref la nostalgie d’une unité et d’un monde perdu où les lieux communs le poussaient à se surpasser et à briller pour le collectif en tant que citoyen, en tant qu'individu responsable.



Dans cette démarche réformatrice qui doit nous absoudre totalement de ben Ali et son règne calamiteux, catastrophique et criminel, la république doit s’affirmer à l’intérieur et à l’extérieur du pays comme la seule force de progrès possible, ouverte par sa diversité sur le monde et les autres, une fois la démocratie instaurée en Tunisie et la dictature aux oubliettes de l’histoire, après sa mise au ban de notre histoire, par une justice libre et indépendante , et l'application de sa rigueur contre tous ces criminels, bien entendu, qui ne laisse place ni aux doutes ni aux sentiments d’injustice qui longtemps ont fait de notre peuple un peuple d’esclaves. Ce vade-mecum de notre histoire jusqu’à l’indépendance qui semblait faire de nous un peuple émergeant du limbe du colonialisme , mais qui en fait nous a plongés , grâce à nos dictateurs maisons dans une servitude aussi néfaste et meurtrière que ce dernier. La Tunisie est un pays dominé sur tous les plans, sa minorité népotique et criminelle pérennise en fait la colonisation, une société émiettée, des citoyens écartelés, broyés, déboussolés, une société apeurée, une nation de serfs faibles et sans aucune réactions, aux idées à courte vue, qui vit dans la terreur de s’assumer, l’opposition est décalée de ses propres devoirs, elle est l’otage de ses calculs, ses lâchetés et du conformisme de ses compromissions. Engluées et otage du seul penser correct aseptisé à la traîne de ses propres chimères et utopies , non pas parce qu’elle pense toujours mal ou contre la réalité ou parce qu’elle ne jouit pas des solidarités internationales , mais dramatiquement parce qu’elle ne pense plus l’avenir de la Tunisie, elle n’a plus de projet national de mobilisation populaire, elle emprunte sans honte et sans vertu , bêtement , celui des autres , ce dérisoire immanent qui semble permettre à n’importe qui, sans aucune identification aux réalités tunisiennes, de s’approprier les attentes de notre société.

 

µµ

BILEL

 

La perception individuelle de beaucoup de tunisiens sensibles , cultivés , conscients et meurtris par l’état calamiteux de leur patrie , est valorisante .elle permet d’espérer , je considère en tant qu’homme libre et conscient , moderniste et réformiste qu’elle est aussi rigoureuse , par sa nostalgie pour les valeurs et les principes qui ont bercés notre enfance , façonné notre existence , décrié notre histoire .un pays , une conscience sans racines et sans passé , c’est tout juste un bidonville , un ghetto et un camp de concentration en équilibre sur le vide .Devant cette Tunisie insoluble , estampillés ben Ali de par l’héritage d’un mégalomane traître à son pays , comme le fut certainement le dictateur aliéné Bourguiba , ces tunisiens arabes , musulmans et patriotes ne se résignent pas aux ténèbres et à la catastrophe , ils se sacrifient , résistent et refusent la déchéance , des fois d’une façon pathétiquement humaine , mais très juste , personnellement j’ai grandi et acquis pour l’essentiel de mon vécu , de leur quête de vérité , de cet honneur réfractaire chagrinant la perte du « bon vieux temps »,de cette Tunisie profonde où des justes se plaignent que les choses ne sont plus comme avant, et dans leurs fièvres , leurs paroles , leurs actes , la vie ne continue pas moins à s'écouler sans aucun renoncement , ni haine .La vie et l’espoir du renouveau malgré la chape de plomb d’un attentisme morbide et destructeur que nos assassins avaient mis depuis si longtemps sur notre pays.
La décadence de la Tunisie est certainement le fruit de la dégradation de mœurs des tunisiens , nos mœurs étaient , et demeurent dans certains cas , toute la source de notre culture , culture avec un grand « C » , cela va de la façon de procréer jusqu'à la façon de mourir , en passant par la musique , la poésie , le voisinage , la cuisine , le libertinage , l’amour , la paix et la guerre et j’en oublie , relisons nos penseurs , nos auteurs ,nos poètes , écoutons notre musique et les chants de nos profondeurs , certes nous ne sommes pas inférieurs , ni égaux , ni supérieurs aux autres peuples et entités nationales , mais nous sommes différents , et humain , et cela légifère dans l’absolu notre ÊTRE , qui succombe et meurt à petit feu sous les coups de boutoirs du poison qui ronge le pays. La décadence tunisienne peut-être aussi associée aux diverses formes de la démesure qui nous sont imposés , à travers la maffia de ben Ali , par la mondialisation , cette nouvelle forme vicieuse du colonialisme qui ne dit pas son nom , le gigantisme pour une industrie de services qui rend les Tunisie tributaires de tous les aléas de la spéculation internationale,le gaspillage imposé par une consommation de l’éphémère ect…. ce mensonge incroyable qui fait croire a l'existence de richesses qu'on n'a déjà plus,mais dont l’illusion et l’espoir nous maintiennent dans l’ignorance et la dépendance , cette pléthore si vite remplacée par la disette , la peur , le renoncement et la révérence à la moindre crise, nos existences , nos vies ménagées d'en haut par les chiens de garde de la dictature,et à l’étranger par leurs maîtres en spoliation. cette atmosphère d'inertie et de panique, d'autoritarisme et d'anarchie policière et tortionnaire, ces réaffirmations pompeuses d'un grand passé falsifié aux mesures de faux combattants , de faux patriotes , aux monstres et aux traîtres qui vident la Tunisie de sa sève .au milieu de l'actuelle médiocrité et du présent désordre des voyous , nos projets de réformes qui ne prétendent pas faire table rase du passé dictatorial à tous les niveaux , surtout constitutionnels et institutionnels , ne sont que des palliatifs , et ces accès de vertu qui ne se manifestent que par des purges et des diffamations par des aliénés collaborationnistes depuis toujours de la dictature, ce goût du sensationnel et de la désinformation qu’ils pratiquent et qui finit par faire triompher la politique du pire,leur lutte à mort contre ces quelques opposants de génie mal compris, perdus dans la foule ,ces quelques intègres écrasés par des arrivistes , des opportunistes , des usurpateurs , des grossiers habiles, des fous violents,ignorés aussi par des honnêtes gens maladroits et des faibles sages . Tout ce cancer généralisé qui nous ronge, il est vrai, sera bien difficile à guérir ou même à réduire.

Le processus de déclin de notre pays est d'une grande complexité et il plonge ses racines dans la plus totale opacité. Bien entendu, on peut trouver après coup de multiples explications et rationalisations, sans parvenir à dissiper le sentiment d'un irrationnel agissant au coeur même de ce processus. Les acteurs d'une civilisation bien déterminée, de la nôtre en l’occurrence et historiquement, des grandes masses aux grands décideurs, même s'ils prennent plus ou moins conscience du processus de déclin, semblent impuissants à arrêter la chute de leur civilisation. Une chose est certaine, un grand décalage entre les mentalités des acteurs et les nécessités internes de développement d'un type de société, accompagne toujours la chute d'une civilisation, c’est ce qui est arrivé à la Tunisie avec la colonisation, mais les dictateurs de la période post coloniales ont accompli autant de destruction, voire plus. Tout se passe comme si les connaissances et les savoirs que notre civilisation n’a cessé d'accumuler jusqu’à la fin de la colonisation ont été interdits d’intégration dans l'être intérieur des tunisiens. Or, après tout, c'est l'être humain qui se trouve ou devrait se trouver au centre de toute civilisation digne de ce nom, Nous, grâce à nos despotes, on se trouve au centre de nulle part.

 

µµ

 

JANINE

 

Nous, grâce à nos despotes, on se trouve au centre de nulle part, a dit bilelx...

non, bilelx, ne dis pas cela, vous êtes au contraire le fer de lance de ce que sera demain votre pays, et vous le construirez pour les générations à venir.
Tu sais, mon ami, chaque désert a ses oasis, alors je pense, je sais, je suis sûre que vous êtes l'eau fraîche qui va réveiller ceux qui semblent dormir, mais qui se rallieront à vous à la première occasion structurée et bien ficelée. Pour l'instant, tout semble être au point mort, mais avec le travail que vous faîtes, de Salah, Derbali, Ahmed Manaï jusqu'au jeune Biju, nul ne peut douter que vous réussirez dans votre entreprise : et ce jour-là j'irai dans vos villages libérés. Wink(si vous m'acceptez encore Razz) Je t'embrasse... car vous êtes, toi et les tiens le centre de l'avenir radieux de la Liberté

µµ

BILEL

Les simplificateurs de l’image de la dictature placent la propagande au centre de leur système pour exister réellement ; il est inévitable que la diffusion d’une image plus que retouchée du pays avec son lot de contre vérités qui sont autant de lieux communs à toutes les tyrannies et ce depuis l’aube du temps : miracle économique

Les simplificateurs de l’image de la dictature placent la propagande au centre de leur système pour exister réellement ; il est inévitable que la diffusion d’une image plus que retouchée du pays avec son lot de contre vérités qui sont autant de lieux communs à toutes les tyrannies et ce depuis l’aube du temps : miracle économique, pays sûr et hospitaliers, peuple heureux et acquis au régime, libertés des mœurs, condition féminine très en avance sur la plus part des pays, ( ils appellent liberté de la femme quand cette dernière est obligée de faire le commerce de ses charmes pour nourrir ses enfants, pour courir après l’inflation et la faillite, ou tout simplement par oisiveté et facilité matérielle, les femmes voilées qu’on maltraite et qu’on viole et dévoile par force, c’est tout juste pour leur inculquer les notions de liberté bien sûr ) prenne le pas sur celles bien réelles et conventionnelles de la torture, de la délation, de la violence…la prééminence de cet outil de la déformation de la réalité et de l’information ne saurait aussi occulter les améliorations sur le plan militant et intellectuel de la population tunisienne, quoique l’on dise les nouvelles générations aussi blasée et désabusée soient-elles sont prédisposées humainement et intellectuellement à changer radicalement les choses, il n’est absolument pas impossible dans un proche avenir que cette masse importante de jeunes conscient de leurs conditions de leurs malheurs, et surtout celui déchu de leurs chers parents défoncent les digues qui les maintiennent dans la misère et la déchéance morale et matérielle, en face d’eux, sous les bannières de la guilde népotiste, sous le harnais benaliste et le poids crapuleux du nécessaire alimentaire, derrière les boucliers, les matraques, les chars, les flingues et les fusils, leurs camarades de jeux, de quartiers, de banc d’école, leurs frères, leurs sœurs engagés par le besoin et la misère dans la fuite en avant d’une dictature de vieilles crapules, encensés par une opposition de non moins vieux dilettantes…le face à face implacable entre deux monde paradoxaux , qui se tourne le dos et poussées à leurs extrêmes limites n’ont plus aucune règle à respecter, mais l’on a vu très souvent la violence des armes dans la fraternité retrouvée se retourner contre ses initiateurs, ce jour là malheureusement des rivières de sang couleront dans les caniveaux du pays, ben Ali en sera l’unique responsable ? Pas seulement lui, ceux qui par leur arrangements et compromissions avec ses forfaitures à la durée de son règne criminel, seront aussi au banc des accusés de la conscience nationale et humaine.

Ces élections de la honte cette scène pour bête de cirque Rassemble un conglomérat d’intérêts plus ou moins privés ; car dans cette névrose de l’illégitimité, aucun camps en présence ne peut franchement se prévaloir de l’intérêt national et collectif, tous sont là pour des privilèges claniques la seule différence c’est que le clan de ben Ali à tout et aura tout à la sortie de cette mascarade, il ne compte comme à ses habitudes même pas laisser les miettes, ni même respecter les promesses et les arrangements avec le clan des opportunistes, un clan sado masochiste qui fonctionne hors normes, un peu comme la dictature mais qui est loin, très loin d’avoir ses moyens humains et matériels.

Pour les habitués de débats lancinants et stériles certaines tirades et justifications de ce clan mou et spéculateur sur la seule charité d’un pouvoir plus convaincu que jamais et de sa force et de ses limites ne manquent pas de piquant , ils vivent au début du troisième millénaire en faisant une politique du 19ème siècle, même Bourguiba qui était passé maître dans l’art des compromis et des compromissions n’aurait jamais osé tenir leur discours justificateurs sur l’utilité, d’avoir du temps de parole pour s’adresser à la nation et lui faire savoir qu’il existe une alternative à ben Ali, un temps de parole sans risquer la prison en montrant son visage à l’air libre, en donnant son nom et son prénom, un temps de parole ? trois minutes chrono en main, voilà où on est tombé dans ce pays de toutes les hérésies, alors que le boycott et le courage suprême est d’aller dans la rue, dans les entreprises, le courage est d’appeler le peuple à s’élever contre cet état de chose, non, ces imposteurs passent leur temps à discuter du sexe des anges, à quémander leurs droits à un système qui se sert d’eux et les méprise, ils étalent leurs impuissances et leurs suffisances avec une fausse candeur et une mentalité d’arrivistes, qui il est vrai, tellement le peuple est conscient de nos jours, peut renforcer les sentiments de rejet des citoyens de ben Ali , mais l’essentiel aussi passe aussi vite à la trappe, par manque de suivi, de responsabilisation et de discours clairs et transparents de ceux qui prétendent en général détruire ce système de l’absurde qui lentement mais sûrement détruit le pays jusqu’à ses racines les plus intimes.

Des catastrophes asymétriques menace sur le court terme la cohésion fragile des démocrates tunisiens, quand à la nécessité d’arracher le pays à sa torpeur et des griffes de ben Ali et de son système irréductiblement réducteur et mortel, la menace vient de deux tendances qui a la lecture de leurs prétentions paraissent antagonistes, le régime tyrannique et l’opposition collaboratrice, mais dans la réalité du magma tunisien elles sont objectivement et culturellement alliés pour maintenir in lato sensu le statu quo qui étrangle le pays, mais qui permet à certains corporatismes de tirer leur épingles du jeu .le jeu grossier du pouvoir et les allégeances feutrés de cette opposition collaboratrice, ont des discours et des couleurs, voire des aspirations, si on peut appeler des promesses qui n’engagent que ceux qui les acceptent comme un projet, qui divergent sur la forme mais qui n’ont aucune légitimités pour prétendre remettre en cause le fond . Ils donnent l’impression qu’effectivement dans ces ridicules élections nous avons un pouvoir sortant et une opposition qui se font face, mais au-delà des contradictions conceptuelles consécutives à l’irresponsabilité totale de cette opposition collaboratrice, les choses sont très clairs , ces deux camps ont en face d’eux un peuple décharné et traumatisé, complètement spolié de tout et de son âme, spectateur soumis et médusé dans l’espace et le temps, d’une partie de poker menteur qui ne l’engage à rien et dont comble de l’ignominie il est la mise expiratoire.

                                                                 µµ

                                                             ZERYEB

 

Dans ta Tunisie martyrisée tu trouveras des douaniers qui te fouillent uniquement les bagages contenant des livres ou des cd….Tu trouveras des policiers qui t'arrêtent pour avoir respecter le code de la route et te coller un PV ….Tu trouveras un agent d'état civil qui te demandera de lui amener un portable pour le remercier….Tu trouveras un enseignant qui te demandera expressément d'inscrire ton enfant à ses cours particuliers…sous peine de le voir redoubler l'année…Tu trouveras un toubib qui te fait un certificat de complaisance à 10 dinars pour pouvoir t'absenter….Tu trouveras des chômeurs dans tous les coins de ton quartier… Tu trouveras une élite qui s'instruit en regardant Fogiel et Ardisson à longueur de journée….Tu trouveras des internautes qui n'arrêtent pas de rêver…tu trouveras un pays défiguré, pillé et une jeunesse égarée. Tu trouveras une mer polluée, rejetant les pires saletés…tu trouveras des prisons enfermant des innocents par milliers… Tu trouveras des bilelx et des Derbali à l'étranger…. mais aussi des Barmaki et tous les idiots de la cité.
_________________                                   µµ

                                                                 Ali la pointe

Les pratiques de torture et sa gestion , comme celle de la propagande , du mensonge et de la forfaiture en Tunisie , est absolument scientifique , je vous le dis , et ceux qui sont passés entre les mains des « scientifiques » de ben Ali savent de quoi je parle , il faut arrêter , pour être efficace , de prendre les sicaires de ben Ali pour des cons , ce sont des pros , ajoutés au fait de la vraie mentalité d’esclaves , d’ignares et de vrais salopards de la majorité des fantômes qui peuplent les cafés et les rues tunisiennes , qui quand ils ne sont pas indifférents , égoïstes et lâches , sont délateurs , corrompus , pervers , criminels , et le tour est joué , tout cet affreux panel fait les piliers fondamentaux de la dictature .les militants sincères et les démocrates doivent cesser toute forme d’angélisme et de compromissions .la dictature tunisienne , je vous le dis fraternellement et c’est ma chaire et mon sang qui parlent , ce n’est pas un « accident », et ne relèvent pas d’un « excès de zèle » de qq. alimentaires, de qq. pauvres types , elles sont inhérentes à la « machine de mort » mise en place par le colonialisme français défait et sa cinquième colonne tunisienne , ainsi que le manque total de culture citoyenne des tunisiens.
Je suis déchiré et franchement j’ai encore des cauchemars d’avoir été caressé , en fait gentiment comparé aux islamistes , par le monstre , et ces derniers temps après la lecture de l’excellent livre de SI A.MANAÏ « supplice tunisien »,qu’il faut absolument lire , je suis persuadé plus que jamais que la torture , entre autres spécialités de la dictature tunisienne , est érigée en système à broyer l’individu .

                                                                           µµ

                                                                      Sonia .D

L'économie néolibérale et maffieuse imposée aux tunisiens , et ce depuis plus de 50 ans , tient d'un culture de substitution , une culture de l'accoutumance et du désespoir , de l'endettement et de la dégénérescence , en fait , toute forme idéaliste ou même atavique et terrienne de la société tunisienne a disparue par une violence perverse et latente à tous les niveaux de la société , elle a été laminée par un tout économique spéculateur et inhumain.Ce que les tunisiens vivent aujourd'hui , même dans leur intime quotidien , est une économie généralisée du désir et non du besoin. Le désir est désir de l'apparence et du paraître au dépend de l'être , des traumatismes et du mensonge dans la plus part des cas, de(im) puissance et de paraître aux yeux des autres.Et ce désir de reconnaissance est marqué par la concurrence et la rivalité , l'attentisme , la surenchère et la fuite en avant vers encore plus de déchéance et de décadence., c'est une réalité frappante en Tunisie où je retourne très souvent , chaque fois je suis frappée et scandalisée par le néant humain étalé par les nouveaux et les faux riches , leur désespoir et leur suicide , leur matérialisme provocateur et plus que prostitué , leur racisme contre les indigents , les pauvres , leur rapport à la misère , la pauvreté et leur indifférence face à l'horreur du système seul responsable du désastre qui touche leur terre , leur famille ,voisin , civilisation , jeunesse , leur humanité. Pourquoi? Tout simplement parce que nous ne sommes plus sous le regard égalisateur d'une pensée, d'une culture, d'une éthique politique, d'une morale sociale digne de ce nom, parceque que nous ne sommes plus suffisamment convaincus que le salut qui n’exige pas ici-bas le renoncement, voire le sacrifice du désir personnel, viendra après la démocratie.

Cette "économie" du paraître, de l'apparat et de la soumission existait dans les sociétés antérieures mais elle s'exprimait à la marge , la solidarité , le bonheur simple des tunisiens , leur éducation , leur nature conviviale , leur fiérté , et bien sûr leur foi harmonisaient leur vie dans l’équilibre et l’essentiel. La dépense superfétatoire du paraître , du toujours plus , de nos jours et dans notre incroyable déroute , s'est banalisée scientifiquement , alors même que sa puissance illimitée ne peut être capté, ou dirons d'autres régulée par un contre pouvoir qui ne peut exister que dans l'expression libre et le débat des idées ,totalement interdits et combattus à mort par le régime de ben Ali et la lâcheté de la plus part des tunisiens.La dictature a ouvert les vannes de la dégénérescence et verrouillé tous les accès à ses antidotes , c'est le seul moyen pour elle d'exister et de durer.

En l'absence de hiérarchie figée en un ordre sociétal immuable et citoyen , accepté comme irréversible par des citoyens tunisiens libres, la rivalité mimétique , imposé par l'existence de la tyrannie et le despotisme d'un système liberticide , fait du désir individualisé (autocentré) le moteur de la vie sociale (trans)figuré en droit de chacun à rechercher le bonheur ( amour de soi) quelque soit son grade et statut actuel , alors que l'on sait que cette supercherie renvoie de plus en plus les tunisiens à l'âge des cavernes.

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