"Adieu, dit le renard. Voici mon secret. Il est très simple : On ne voit bien qu'avec le coeur. L'essentiel est invisible pour les yeux."
Le petit prince. Antoine de Saint-Exupéry
J'ai fait le tour à Tunis des partis du bloc démocratique , faut qu'ils se bougent et se décarcassent ya bouguelb , ils sont si loin de la rue , que leurs sigles apparaissent aux tunisiens , comme des marques de YAGOURT , des marques qui prolifèrent à ne plus savoir où donner de la tête , de plus en plus opaque.De plus en plus , je donne raison au toubib MARZOUKI , bordel , même le travail le plus basique de communication n'existe pas.Merde le bloc démocratique qui ne veut d'aucune compromission , qui est pour le rassemblement et la cohérence est comme une sub-société , ou une société qui se suffit à elle même.Il constituerait une sorte de monade intellectuelle assurant pour ses membres l'ensemble des fonctions d'une société purement virtuelle , imaginaire , globale.Pourtant dans le pays , la relative uniformisation des structures de la consommation de masse , le développement considérable de la scolarisation , même si l'enseignement est vraiment de très moyenne qualité , l'extension des moyens de communication , malgré la répression et la dictature , ont enlevé aux organismes d'encadrement et d'endoctrinement classiques une très grande partie de leur efficacité .La dictature comme l'opposition auront de plus en plus de soucis à se faire, pour solder leur"camelote".Maintenant plus que jamais en Tunisie , il faut penser la politique.Il n'y'a que l'opposition démocratique par sa diversité , sa rigueur et son ouverture d'esprit qui a les moyens de le faire .Mais qu'elle se magne , ils ont de nouveaux adversaires de taille en face , BOUSSIHA et le MIZOUED MARTEH.
L’étude de l’environnement , du public tunisien et de l’influence que le bloc démocratique exerce ou peut exercer sur eux est primordiale.Plus même , elle est indispensable , dans la mesure où le bloc démocratique constitué, qu’on le veuille ou pas , à partir du mouvement de du 18 octobre 2005 , et de la grève de la faim des quelques leaders , je ne parle pas des pique assiettes habituels qui s’expriment et revendiquent plus souvent qu’à leur tour, avec le travail , la sueur et les souffrances des autres.Ce bloc démocratique a réussit à briser le cordon sanitaire qui l’isolait de la vie , de la formulation politique intérieure et extérieure , et où depuis si longtemps , il cherchait , par de petits et insignifiants moyens , à jouer son rôle dans le système politique universel , sur le plan national , c’est nettement plus dure .La dictature policière de ben Ali est très faible quand elle est attaqué de l’extérieur , à partir des démocraties qui la nourrissent , comme toutes les entités dépendantes de ses prestations de service.
Le bloc démocratique, depuis cette incroyable grève de la faim , a imposé un débat théorique et programmatique qui s’est focalisé sur trois points , à mon humble avis :la place de la démocratie comme base idéologique commune aux différents courants du mouvement.Le rôle des protagonistes dans le mouvement social et politique qui aura à mobiliser les tunisiens contre le régime.Et les objectifs à atteindre.Sur ces problèmes une évolution considérable s’est produite au niveau des instances constituées et vraiment représentatives , le plus dure reste à faire , c'est-à-dire convaincre le plus de tunisiens possible de la nécessité vitale de s’engager , et de s’organiser autour de cette plate-forme.
Ce qui fait tout le succés du système totalitaire tunisien, c’est qu’il y toujours bien plus de tunisiens convaincus de la nécessité de coopérer activement avec le tyran pour optimiser leurs chances de sauver leurs fesses , leur peau , leurs petites rations de survie , que de patriotes iccoruptibles qui luttent contre l’inadmissible ou l’indicible.On a eu beau chanter la nécéssité pour un méritoire effort de réconciliation nationale, la réalité quotidienne et surtout historique, nous enseigne que quand la botte de ben Ali et ses chiens vient éclater les arpions du bon peuple tunisien, il devient très urgent de limiter ses pensées et ses actions pour éviter de marcher dans aucune des combines du pouvoir( bonjour AMHAMADI)
Lutter, résister,ne pas se refroidir sous le prétexe que nous démocrates on ne déplace pas les foules , il faut comprendre la situation dramatique des majorité des tunisiens qui haissent la dictature ,mais qui croupissent sous les chantages à la violence et à la misére .Il faut comprendre que partout dans l’histoire du genre , la libération et la révolution ont toujours été l’oeuvre d’une poignée de bougons légèrement plus tenaces et teigneux que les autres. La majorité préfère cultiver son jardin, faire le dos rond en attendant que l’orage passe au-dessus de son AKTA RASSI WOUDRIB .E t alors les tunisiens libres devraient-ils pour ces bretouilles renoncer à la vie ?
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Au comptoir du bar ELASSFOUR, RORO SMIRINOFF, le délateur de nuit, était furibard.
- Ah, il avait raison, SALAH KARKER, quand il disait que le net aliéné du microcosme faisaient tout pour limiter le champ politique à ce qui leur paraissait acceptable ! Après les émeutes du pain, les manifestations du SMI, et maintenant cette affaire de l’ambassadeur tunisien en Suisse qui fait vaciller le pouvoir de ben Ali, les voilà qui montent en épingle la seule personnalité de l’opposition susceptible de bousculer leurs petits intérêts, cet homme isolé même par les siens ABBOU
-Je vous ferais remarquer, fit un petit monsieur à barbe bien fournie , en KHAMIS étriqué, qu’ils ont déjà avancé deux autres pions de leur stratégie : "LEILA, l’alien" en guise d’épouvantail ; suivi de l’incontournable "danger de l’intégrisme", prompt à désamorcer toutes velléités de révolte rebelle.
- Leur restait plus qu’à brandir le thème du nationalisme contre les néocolonialistes et leurs alliés , pour essayer de faire oublier les naufrages en cours, et tout est en place pour le grand show anesthésiant , croyez moi la moutonnement va encore frapper , fera des ravages , ce qui est sûr c’est qu’ils y’aura encore des moutons à la pelle qui marcheront encore dans cette connerie , les cons sont en majorité dans la plèbe , les gisants dans les cercles fermés de l’opposition démocratique , dans la dictature c’est le trou du c.. Du diable, rien que des criminels et des assassins, et le comble, ils ne bougent même pas le petit doigt pour que leur bisness fonctionne, il y’a tellement de tunisiens qui n’ont d’autres ambitions que de finir comme eux.
- La corde est un peu grosse !le pendu risque de passer à travers….
- Le problème, soupira du bout de ses lèvres écarlates une dame plutôt replète mais pas mécontente de l’être, le problème, c’est les masses molles !
- Les quoi ? demanda le petit type derrière ses moustaches.
- Les masses molles ! Rugit RORO SMIRINOFF. La masse floue et gluante des "indécis", les gogos, ceux qui virevoltent de droite à gauche au gré des vents coulis. Il faut résister à cet engluement. "Résister, c’est créer", disait Gilles Deleuze. Il est temps d’expliquer au peuple...
- Y a rien à expliquer aux masses molles ! Tonna ABOU MIERDA. On les ignore ou leur rentre dedans, avec une petite préférence pour la deuxième solution ! Les masses molles, c’est toute l’incertitude navrante de la démocratie ! Abas la démocratie, tous les tunisiens à QOM.
- Faudrait z’aussi que nous z’aussi, on soye moins nouille, dit la dame replète en louchant avec une envie perverse sur son ballon de muscadet (GRIS DE CARTHAGE, cépage 7 nov.) Les MARZOUKI, les CHABBI, les YAHYAOUIS, les fausses notes, les notes de frais, les intrigués, les intrigants les blanchis sous le harnais, y peuvent pas dire un mot sans qu’on monte au créneau fleur au fusil comme des ados en crise. On s’offusque, on s’étrangle, on s’époumone, on crie à l’indécence, à l’obscène, au harkisme, à l’intolérable... Et ce faisant, comme avant pour les islamistes, on les monte en podium, on les met sur le devant de la scène, on les hisse sans le vouloir en haut de l’affiche, on les foue aux gémonies, on leur tresse des panygériques en creux.
Le silence se fit au BAR ELASSFOUR, La dame replète reprit son souffle en lapant quelques gouttes de son breuvage avec des petits claquements de langue rose.
- Enfin quoi, il suffirait juste de faire un petit pas en arrière, de les regarder à mirette reposée, d’apaiser un instant nos sens critiques enflammés. Et l’évidence jaillirait : ILS SONT GRO-TES-QUES par notre attentisme, nous nous sommes épanchés sur eux, les pauvres !!! Non mais vous les voyez, là, devant vous, le con Charfi atrabilaire à oeil de carpe vitreux, la SBS et ses envolées de Castafiore monoposée, le Chammari chevrotant ses inepties finissantes... Vous les imaginez, vous, sortant frais et roses d’entre les cuisses d’une mère pour devenir les ectoplasmes qu’ils sont devenus ? Ce n’est pas notre indignation qu’ils méritent, c’est notre rire ! Le peuple des masses molles s’endort devant les discours sentencieux, mais il se tape sur le ventre quand Guignol et Gnafron foutent la branlée au gendarme Flageolet. Flageolétisons ces crétins !
- -Qui êtes vous la dilettante pocharde pour donner des leçons aux autres ? Tonne RORO SMIRINOFF.
- Je suis la Tunisie, minus, une des seules prostituées maquées à fond perdu de l’univers, par des marchands de tapis.
Et la grosse dame partit d’un monumental éclat de rire à opulente gorge déployée, une hilarité titanesque, gargantuesque, communicative, qui gagna bientôt l’assistance et franchit la porte du BAR ELASSFOUR en tornade.