Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Publicité

POOL POSITION

POOL POSITION
Par
Bilel


La situation en Tunisie, réclame aujourd'hui une discussion ouverte, claire, transparente entre toutes les forces de progrès. Un certain nombre de facteurs - occasions manquées, paralysie idéologique, partisane, clanique, déception généralisée d’une population tunisienne  déchirée entre l’être et l’avoir, entre  un fatalisme factuel, et l’inconnue d’un avenir qui semble  être dramatique pour tout le genre humain - se sont accumulés ; au point que l'on peut ici parler de crise existentialiste. Cette crise exige de tous les acteurs politiques , démocrates tunisiens concernés  ,  par opposition à la dictature , par un choix d’éthique culturelle , morale , sociale et politique ,  une mobilisation véritable et immédiate ,  afin d'éviter que les conditions ne se dégradent encore plus , dans cette dérive sans nom ,  où nous sommes plongés sans aucune forme d’espoir ,et ce  plus dramatiquement encore depuis  le 7 novembre du putsch de ben Ali. Cette situation plus que jamais ,  aujourd’hui ,  doit nous interdire  l’attentisme et le  silence.

La Tunisie, sur le plan  culturel du moins,  est à l'évidence dans une période de transition, période difficile pour n'importe quelle société, plus encore pour les sociétés  opprimées par une dictature maffieuse et policière , comme c’est notre cas. Chacun sait, ou devrait savoir, que le vieux mode de gouvernement, patriarcale, paternaliste et clientéliste  a vécu, et qu'il ne peut être conservé ou ressuscité. Depuis nombre d'années, notre peuple - notre jeunesse en particulier - attend impatiemment les réformes indispensables à l'avenir de notre pays .Et dans le cas tunisien qui dit réforme, dit forcément démocratisation totale du pays. Cependant, il faut le dire, cette transition dans l’esprit de la grande majorité des tunisiens , en marge   de la frénésie propagandiste de la dictature  , et ses réclusions mensongères ,  s'est grippée, et l'ordre ancien .Celui des traditions , des coutumes , de la région , du clan , de la tribu continue d'exercer son influence, qui fait se côtoyer en un mélange inédit et dangereux les stratégies affaiblies des forces  démocratiques ,  et des espoirs frustrés de la majorité des militants politiques ,  ou de la société civile.

En réalité, aucune des organisations de la société civile, ni les courants  politiques de l’opposition démocratique, n'a sérieusement entrepris le travail nécessaire de reconstruction des structures politiques que le  peuple tunisien  mérite. Tout semble fait pour prolonger la stratégie de l'attentisme qui caractérise la politique tunisienne  depuis des lustres, laissant sans solution nos problèmes qui s'accumulent.

Cette stratégie suppose, en fait, que seul un événement exceptionnel, qui pourrait être dramatique, pourra sortir le pays de l'impasse où il se trouve. Ainsi en vient-on à l'attente, et  à la programmation de l'échec.

 

 

 

Nous assistons à des actes déroutants, sans logique ni orientation claire, et à la perte du soutien par le peuple des actions  que l’opposition avait eu tant de mal à mettre en place,  au cours d'un processus qui ne peut être profitable qu'à toutes sortes d’extrémismes, et à l’extrémisme  de la dictature en premier lieu.

Le déficit d'autorité qui en est résulté participe d’une façon pérenne ,  il faut le savoir , à l’attentisme et au renoncement qui est entrain de détruire notre jeunesse .Il faut aussi s’alarmer du fait, que cette  paralysie n'est pas vraiment statique ; elle mène quelque part, et pas nécessairement dans la bonne direction , dans notre pays tous les signaux ,  à n’importe quel niveau et dans  n’importe quel domaine , sont au rouge .Il ne s’agit pas de faire  du catastrophisme comme le craint le juge M.YAHYAOUI , mais ce mal destructeur est malin et sa projection  travaille dans la durée et en profondeur le corps social , en Tunisie le temps de l’analyse , cher juge , est bien révolu , aujourd’hui c’est le temps des constats ,et la pilule est amère. Il nous faut choisir aujourd'hui notre direction, si nous ne voulons pas qu'elle nous soit imposée par la suite par la surenchère d’un pouvoir indigne et  aux abois , ou pire par un interventionnisme étranger  qui viendra à sa rescousse . On peut, certes, comprendre que les responsables politiques des appareils  du bloc démocratique,  hésitent à bouleverser ce qui est perçu comme un équilibre, au profit de voies dont les conséquences ultimes sont incertaines. D'où une situation inadéquate et persistante qui, cependant, ne fait que mettre en évidence l'épuisement des vieilles structures politiques et accentue la désaffection d'un nombre toujours plus grand de citoyens , qui ne trouvent dans ce statu quo ni leur place, ni l'espoir d'un avenir normal. Ce sentiment croissant d'impuissance se traduit par le repli sur soi, et  le cynisme et la colère à peine réprimée, sont porteurs , bien sûr aussi ,  de la lourde menace des soulèvements les plus extrémistes.

Aucun équilibre ne sera sauvegardé s'il repose sur des fondements politiques qui croulent. Toute institution, tout acteur politique qui n'aura pas su comprendre cela, qui n'aura pas su agir intelligemment et vite à ce néant , prend le risque d'attiser un ressentiment populaire grandissant et, en fin de compte,sa marginalisation politique. Ceux qui, peut-être avec les meilleures intentions, ont pour premier mouvement de passer sous silence, de retarder, ou même d'arrêter le processus de réforme et de démocratisation, devraient prendre au sérieux l'exemple algérien. Une telle attitude conduit, non pas à l'ordre, mais à un plus grand mécontentement encore , à l’anarchie , au désordre et au massacre.

Les énormes problèmes auxquels nous sommes affrontés sont reconnus par tous, dans la rue et jusqu'aux plus hautes sphères des milieux militants. Je n'en citerai que quelques-uns : l'exclusion économique et sociale de vastes pans de la jeunesse citadine et rurale frappée par le chômage, la tragédie d'une émigration éperdue, implacable, chez les pauvres.La perte démoralisante d'un nombre alarmant , et qui ne cesse de croître ,  de nos esprits les plus talentueux partis chercher leur avenir ailleurs, la plaie de l'analphabétisme généralisé, les rangs toujours plus nombreux des chômeurs diplômés, la désintégration des anciens réseaux politiques , syndicaux et sociaux, la nécessité d'intégrer les femmes plus pleinement à la vie politique et sociale, d'attirer enfin les investissements transparents et valorisants,  et de faire en sorte qu'ils restent dans le pays.

Ces défis ne peuvent être relevés en coulisse, ni par cécité volontaire sur les problèmes les plus graves. Ils requièrent une nouvelle forme de politique, une politique de vérité - ouverte, franche, transparente - qui encourage une participation soutenue des tunisiens,  et lui donne l'espoir d'un avenir meilleur, pour elle-même et pour le pays. Ceci doit être établit dans un projet commun aux forces démocratiques , et proposé aux tunisiens en marge  de la propagande de la dictature  qui ruine  le pays.

 

une question évidente angoisse les tunisiens,  de quoi demain sera-t-il fait? A force de penser notre histoire en terme de processus, on arrive parfois à minimiser le taux de ce qui relève de l'initiative propre au tunisien, de son choix patriotique et civilisateur, et qui lui seul a permit à la Tunisie de survivre , et même  d’exister  dans le désastre.

On arrive surtout à oublier que la situation de la Tunisie à tout point de vue, exige une nouvelle vigueur que les tunisiens eux-mêmes doivent donner à leurs fonctions patriotiques et civiques, intellectuelles, éthiques et morales, disparues ou anachroniques. C'est cela le sens de la restauration et de la renaissance politique de la nation. La politique, on le sait ,  c'est l'engagement des hommes dans la transformation de leur société. Elle est donc au centre de l’histoire, il s ‘agit pour les tunisiens  de se réapproprier   ce sens de la vie.

La situation globale de la Tunisie est, assurément, décrite en terme générique communément appelé jadis "le mal néo-colonial" qui dure voici un peu plus de cinquante ans. Ce mal se manifeste par le fait que le peuple de ce pays fait quotidiennement face aux épreuves conséquentes à des dérives suicidaires  d’une dictature qui lui a déclaré une sorte de guerre larvée.

C'est aussi pour la nation tunisienne , et il ne faut pas le nier , l’imposition  par la dictature de ce venin radical ,  qu'on peut traduire par ,  l'oppression, la torture , la spéculation , le pillage , la délation , la prostitution, le tribalisme, le clientélisme, le culte de la personnalité, l'arbitraire, la violence sous toutes ses formes, la corruption généralisée, l'affairisme, l'amateurisme, l'enrichissement scandaleux et illicite des uns, les plus malins , les plus barbares et les plus sauvages, au détriment des masses populaires, la vassalisation des citoyens, le vol des biens publics, la mauvaise gouvernance,.

A ce paradigme du mal, nous pouvons ajouter: la déliquescence et la dégénérescence du politique, le goût effréné du pouvoir pour le pouvoir, la théocratisation des centres de décision , l'application du principe " diviser pour régner ", la désinformation, la confiscation de l'information et l'Intoxication, le radicalisme non réaliste dans le processus du changement politique, l'enfantillage et le vagabondage politique, l'absence d'un leadership politique efficace, l'explication de la situation politique de la Tunisie à double vitesse, l'une à communication interne, l'autre produite pour l'extérieur, l'omniprésence des pouvoirs de l'ombre et l'omnipotence des réseaux mafieux constitués pour soutenir les " puissances illégitimes au pouvoir ", l'établissement d’institutions  de façade pour amuser la galerie de la communauté dite internationale, la présence d'un esprit généralisé d'accoutumance au mode de production du pouvoir dictatorial, l'effondrement de l'élite intellectuelle , la fuite des cerveaux et des forces vives de la Tunisie

Les  partis alimentaires composés de  caciques d’une opposition de compromissions et de surenchère demeurent toujours pour la dictature  des consciences à acheter, et des disponibilités thuriféraires à acheter et à manipuler pour satisfaire les exigences de la politique du ventre.

Le mal, c'est celui là aussi, le tunisien dépouillé de son humanité, un vivant sans être. C'est cela la débâcle de la Tunisie,  et l'animalité politique qu'on retrouve dans l'inconscient de beaucoup d’opportunistes   qui sont   dans la même stratégie que ben Ali. Tous ces comportements ont plongé le pays tout entier et sa population dans une crise sans précédent de leur histoire: chute quotidienne du niveau de vie, destruction complète de la personne humaine, absence de perspectives, réduction de la population à la misère, abandon de Ia jeunesse corvéable à la merci, mort de l'administration publique, mort de l'économie nationale.

 

 

 

Aujourd'hui, le tunisien n'est plus un homme, La misère et la lutte quotidienne pour la survie l'ont transformé de telle, manière qu'il n'est plus véritable, solidaire,  cordial, hospitalier et convivial . Il a perdu la quintessence de la réconciliation de l'homme avec son archéologie intime, il est devenu  défaitiste, révérencieux, durci et a laissé s'éradiquer  la tendresse  pour lui-même et forcément pour les autres. Aujourd'hui, l'état psychique du peuple tunisien, c'est d'attendre dans la frustration et dans l'angoisse l'issue de la lutte politique pour le pouvoir que se livre en son nom  une majorité de prétendants  qui ne cherchent  qu’à le réduire encore plus en esclavage.

Il vit dans l'attentisme et le fatalisme le plus mortifère, dans ses peurs qui nourrissent dans son imaginaire son dégoût  de tout changement, dans la désillusion et dans l'avenir incertain de sa propre négation  en tant   que citoyen.

 

 

Il est temps d'inscrire dans l'histoire présente de notre patrie ,  un choix collectif qui modifiera substantiellement le statut politique de la Tunisie. Il est temps de rassembler toutes les forces qui souhaitent ancrer le destin de notre pays dans de nouvelles institutions politiques, modernes, responsables et démocratiques. C'est en prenant l'initiative qu'on fait l'histoire de notre pays, sinon on laisse le soin à d’autres  de la faire à notre place, à leurs mesures et toujours  contre nous.

 

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article