
Marginal en Tunisie, expulsable en France
Anis Zarrad est en sursis. Ce Tunisien âgé de 40 ans attend d’un jour à l’autre qu’on vienne lui passer les menottes pour le renvoyer dans son pays.
Un banal cas d’expulsion ? Pas vraiment quand on connaît son histoire. Anis est en effet sourd et muet, ce qui ne lui a jamais permis de s’insérer dans son pays où il manque de structures
spécialisées et de moyens adaptés.
Sans perspective malgré une formation dans la menuiserie, Anis décide en 2003 de rejoindre la France avec un visa de touriste. Sans travail, sans famille ni amis, il trouve un foyer pour
l’accueillir, une association pour l’aider, et une promesse d’embauche dans une structure d’aide à domicile.
Tout ce qu’il cherchait en vain dans son pays. Le problème, c’est qu’il reste Tunisien et qu’il peine à obtenir un permis de séjour : «Il n’entre dans aucun cas d’attribution car il a toujours des
attaches dans son pays d’origine, qu’il n’y est pas menacé. La seule issue serait de retourner en Tunisie pour faire sur place une demande de travail au consulat de France. On lui a d’ailleurs
proposé 2 000 euros pour cela. Mais Anis craint de ne jamais revenir. Et puis il a de la fierté et ne veut pas d’argent. Juste du travail » résume Daniel-Antoine Bourgeat.
A l’instar de ce Lyonnais qui héberge Anis, un grand nombre de personnes ont pris fait et cause pour ce jeune homme, comme l’artiste Mick Micheyl : «Anis s’est fait une famille ici. Il a découvert
la joie d’être avec les autres. Ce serait une catastrophe de le renvoyer dans son pays ».
Le dernier recours devant la justice a été épuisé le 4 août. Depuis, Anis attend.
X.B
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Par Zoé Deback
Tunisie. Facebook, “parti virtuel”
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Pendant dix jours, les Tunisiens
ont dû ruser pour contourner la
censure et accéder au réseau social.
(AFP)
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La fermeture du célèbre réseau social par le régime de Ben Ali a provoqué une mobilisation sans précédent chez les internautes. Pour
une fois, les censeurs ont dû faire marche arrière. Des opposants aimeraient y voir une faille du système répressif.
C’est face au célèbre message d’erreur “404 - Not Found” que les Facebookers tunisiens se sont retrouvés, le 24 août dernier, en tentant de se connecter à leur “réseau social” préféré. Mais
au pays de Ben Ali, “non trouvé” apparaît presque toujours sur les moniteurs pour masquer
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