Ces derniers jours nous vivons une quadrature du cercle dans toute sa splendeur, la dictature est devenue tellement prévisible, qu'elle sert désormais comme un révélateur presque scientifique de nos stérilités , notre embonpoint , notre manque d’initiative , de créativité et d’idées.
Il est impossible de trouver des solutions aux problèmes qui restent fondamentalement mal posés aux tunisiens , car tous ces problèmes qui ont ,en fait , une seule source identifiée , portent en eux leurs solutions , c'est à croire que de par leur simplicité ils n'intéressent pas l'opposition , cette dernière passe à côté , de ce qui est possible d’entreprendre et de faire , de son minimum pratiquement mortel pour la dictature , d’une façon presque calculée et programmée ,elle se désintéresse de l’essentiel et complique les choses les plus évidentes. Depuis que des esprits brillants et perspicaces , juste par l'humus à mon humble avis des réputations surfaites et de tout ce temps perdu , ont cherché le pourquoi et le comment des évidences , le qui et le quoi des ego , le comment et le que faire des théories et des idéologies claniques qui perdurent leurs archaïsmes et leurs perversités thuriféraires , leurs divisions néfastes et leurs errements suicidaires .Depuis que des parasites plus alimentaires qu’opposants , ont imposé avec la complicité des fois de la dictature , toujours des forces de l’aliénation , leurs monopoles hégémoniques , prismatique et paranoïaque du verbe , du slogan et de l’effet d’annonce, sans aucun autre résultat probant que de se faire un nom , de professionnaliser le militantisme , de le « carriériser » dans la technocratie , les clubs des initiés , clos à l’usure , fermés et confidentiels de par leur sectarisme et leur imposture , depuis que cette véritable cinquième colonne et ses arpenteurs du néant sidéral de la scène politique tunisienne , réfléchissent sur la question des droits de l'homme et des libertés républicaine el les limitant à des projets de société clés en main ,le déclin de l’esprit résistant tunisien à plongé dans les affres du dégoût et de l’attentisme.
Pourtant dans notre pays par rapport au tiers monde en général et aux pays arabes en particulier , nous avons été les pionniers dans ce domaine , à travers certains esprits libres , oui il ne faut jamais hésiter de les nommer encore et toujours pour rendre justice aux hommes , à l’éthique et à la vérité , des tunisiens honorables comme Moncef Marzouki , Moktar Yahyaoui , Ahmed Manaï , Hosni Néjib , A.zouari , Jebali, et quelques autres qu’ils me pardonnent mes oublis , ainsi que ces dizaines de petites mains anonymes qui à travers le pays , dans les associations , sur les sites Internet , qui dans l’extrême difficulté des choses et des situations , n’ont jamais cessé de croire et de résister pour une idée simple et ô combien difficile :la Tunisie libre et démocratique , pour tous ceux là , la théorie , l’histoire et le vécu des droits de l'homme ont clairement établi que la société tunisienne, malgré ses limites et nombreuses imperfections , qu’il ne s’agit nullement de nier, constituent une dynamique puissamment régulatrice , un outil précieux et primordial , qu’il est périlleux d'ignorer. Cependant, cette dynamique est à la fois fragile et puissante.
Fragile parce que l’accumulation des nombreux dérives issues d’une stratégie oppositionnelle fragmentée, inadaptée , est susceptible de la faire voler en éclat, le peu de cohésion et de pragmatisme qui sur l'essentiel réunit les tunisiens est aussi souvent attaqué par la dictature, ce qui est dans sa nature première, que par d’autres forces intrigantes pour certains intérêts plus ou moins inavouables ,et qui ne prennent nullement en considération les seules réalités tunisiennes posent dans les deux cas de figure , des problèmes conjoncturels difficiles à résoudre , et ne peuvent avoir pour conclusion que la destruction du pays , soit par la faillite matérielle et humaine , ou , il ne faut jamais ignorer ce danger , par la violence , le terrorisme et la guerre civile.
Puissante car elle s’inscrit dans une optique et un combat universels des convictions humanistes , contre tout ce qui défigure le genre et la planète , c’est une force de mobilisation sans aucun autre équivalent car elle transgresse les différences , les langues et même les conditions , à ce sujet justement en Tunisie , à peu près tout le monde s’accorde à critiquer le régime, tout le monde cherche à échapper à sa loi maffieuse , même les usuriers de la pensée clanique et idéologique , les règles à calculer de l’extrême onction, et celle-ci finit toujours par s’imposer par toujours les mêmes stratégies et les mêmes manières ,pourtant nous connaissons tous la cause , cela est justement dû à nos tares chroniques à vouloir tout codifier à certaines mesures et certaines normes bellicistes des vérités immuables comme les droits de l’homme , entières , légalistes et égalitaires , et jamais soumises à condition , et sélectives ; dans le carcan aseptisé de la petite pensée du milieu tunisien cela a été toujours le cas . Assez de mensonges , de fabulations , d’usurpations et d’impostures , ce genre de calamités , plus que la dictature , est une des sources les plus dégradantes pour nos valeurs de démocratie en Tunisie , c’est l’alpha et l’oméga de la faiblesse et le désordre puérils de nos réactions , qui en fait , nous clouent au pilori.Ainsi aujourd’hui on ne peut parler d’engagements , sérieux et collectif , dans notre cas cela serait prétentieux et totalement faux ,nous devons en premier lieu traiter le mal qui nous ronge , et éradiquer la source qui en est la véritable cause ,elle est en nous-même , nous sommes nos véritables ennemis ; des fois j’ai la sale impression que ceux qui ont , malgré tout , des fois contre toute logique et vent et marée , pris en charge la direction de l’opposition , et tous ces penseurs et porte-parole auto désignés ,s’ils ne sont des autistes , d’un autisme tellement aigu , vivent d’autres réalités tunisiennes , des réalités qui n’ont aucun sens , des réalités par procuration tellement ils sont si éloignés des tunisiens que la dictature elle-même.
.
Si les forces du véritable renouveau tunisien ne se s’expriment pas dans l’instant, elles n’en sont pas moins puissantes pour produire les adaptations et les régulations nécessaires le moment venu , nous ne manquons pas de potentialités en Tunisie , de sorte que les atermoiement de la dictature , les usurpations et les impostures de ces quelques uns qui se disent ses adversaires , mais qui font tout pour encore plus diviser les tunisiens , soient balayés de la scène nationale. Les évolutions cycliques des mentalités populaires et les prises de conscience, qu’on le veuille où non, résultent de ces adaptations, qui prennent nécessairement du temps, à la fois du côté de la société comme du côté de l’opposition démocratique et représentative. Dans ce contexte, l’opposition rassemblée a le plus grand mal à maintenir une discipline parmi ses membres , alors que la montée des répressions rend plus probable l’apparition de solutions alternatives , imposées par les institutions internationales ou encore l’émergence de nouveaux interlocuteurs de l’intérieur même du système , prêts à le décaper pour sauver ce qui reste à sauver des meubles vétustes du parti unique , il ne s’agit pas non plus d’ignorer ces données , mais bien au contraire de les intégrer dans une réflexion générale , transparente et sans aucune zone d’ombre.
Il est donc important de ne pas retomber dans la même erreur, aujourd’hui, lorsque nous analysons l’actuel dispositif de négociation de ben Ali avec ses commanditaires. Les libérations de 1650 prisonniers dont 70 à peine de prisonniers politiques et en fin de droit, prix élevé selon ben Ali et sa fausse propagande, n’est en rien la preuve de l’épuisement des ressources répressives et nocives de la dictature, ou d’un lâchage quelconque de cette tyrannie par ses commanditaires, plus que jamais la vigilance est de mise. Ce scénario en rappelle beaucoup d’autres .Il est la résultante des manipulations politiques qui déstabilisent la société tunisienne, au risque de profondément dérégler le peu de logique qui réunit les forces démocratiques entre elles.