Aucun prisonnier politique condamné à perpétuité dans le cadre des lois spéciales des cours militaires n'a obtenu une libération conditionnelle. Aucun.Tous ceux qui ont été libéré sont en fin de peine , dans une démarche propagandiste .La dictature comme à ses sales habitudes nous présente cela , à nous les premiers intéressés et au reste du monde , comme un geste magnanime du combattant suprême , le père de la nation , ou plutôt le petit père de la nation , qui ne peut-être que juste et bon , la bonne vieille rhétorique de l’école soviétique , l’école stalinienne de la belle époque , mes regrets de gâcher la fête , je suis autant touché que beaucoup d’autres tunisiens dans ma chaire , mais cette nouvelle magouille de ben Ali sent vraiment le sapin , et c’est lui faire trop d’honneur que de prêter attention à ses stratégies combinardes , qui ne lui servent que de support publicitaire et à moindre frais , encore une fois sur notre dos , pressés par ses commanditaires d’humaniser un tant soit peu ses services commandés ;il ne pouvait faire moins , mais prenons le pari que sur le très moyen terme , le naturel , le sien , ignoble et innomé reprendra le dessus.Que ceux qui espèrent que demain JEBALI et ses compagnons pourront s’exprimer , lire et écrire librement , car c’est pour ces droits considérés comme des crimes par ben Ali que ces derniers ont passé les plus belles années de leurs vies au bagne , se font beaucoup d’illusions , à la moindre démarche citoyenne ou civique , ils seront illico presto replongés dans leur enfer , ou dans un enfer pire encore, celui de la misère et l’exil à l’intérieur même de leur Tunisie chérie.
Il y a une véritable volonté politique à laisser crever derrière les murs de l’horreur, la dictature pour durer, il faut le comprendre, n’a pas les moyens de faire et d’agir autrement, c’est juste une question de survie pour elle.
-ceux qui sont condamnés à perpétuité.
-ceux qui sont assigné et exilés à l’intérieur du pays.
-ceux qui sont libérés et murés dans le silence.
-ceux qui sont exilés et traqués.
-ceux qui collaborent.
Ceux qui ont démissionnés
-Et les amis, les femmes et les enfants de tout ce beau monde
Il m’étonnerait beaucoup qu’il reste une seule famille tunisienne qui n’est pas touchée de prés ou de loin par la répression, l’humiliation et le mépris, par ce poison mortel qui donne un sens diabolique au pouvoir de ben Ali.Il y’a sans aucun doute une volonté politique pour détruire la nation tunisienne et ce qu’elle représente , car c’est la seule stratégie , la seule façon de procéder pour que la dictature existe.
Je dis bien une volonté politique car dans nos cas, l'indépendance des juges de l'application des peines est nulle, celles de toutes les autres institutions aussi, mais dans un état moderne et de progrès, l’institution qui importe par son éthique et ses valeurs à garantir et à pérenniser le statut républicain des autres, c’est bien la justice et pas autre chose.
Nous le savons pertinemment, l'ensemble de la structure de la justice d'exception repose sur la nécessité d'affaiblir, de salir et de décrédibiliser toute forme de lutte sortant des cadres rigides de la « politique » institutionnelle selon la folie de l’UBU de Carthage.
Que nous l'ayons vécu ou non, nous savons tout cela, cependant dans les circonstances sécuritaires actuelles qui s’apparente plus à la guerre, une guerre larvée d’un régime, celui du dictateur ben Ali, conte tout un peuple plus pacifique et plus frondeur qu’on ne le croit, mais qui a horreur de la violence et du sang, il est bon aussi de le rappeler à l’intention des révolutionnaires salonnards.
La comédie du judiciaire, de l'instruction jusqu'aux audiences des assisses spéciales, est tendue à un seul projet : faire peser la situation des prisonniers sur la pacification extérieure.C’est le top du top du chantage fasciste et, comment tenir en respect toute une nation qui refuse de se reconnaître en ses violeurs. Et dans la prison, cela se caractérise par le chantage quotidien : soit le prisonnier collabore au projet diabolique de se renier, renier et trahir les siens, en critiquant sa vie passée, ses engagements intellectuels, politiques, civiques, soit la dictature lui impose la mort lente. Pour les prisonniers politiques tunisiens, même pour les libérés, la mort lente peut être résumé à une peine n'ayant par nature aucune limite dans le temps. Car s'y ajoute un traitement spécial,le harcèlement permanent et sur tous les plans dans la vie civile , et dans les mouroirs ce ne sont pas les techniques gestapistes qui manquent , la vie du supplicié est fixé au métronome de l’arbitraire et de la barbarie 24 heures sur 24 , alternant les longues périodes d'isolement avec des séjours dans les centrales de sécurité, où ils subissent la permanente main de plomb des restrictions arbitraires et les multiples violences , viols et provocations jusqu'aux transferts disciplinaires pour les désorganiser encore plus , eux et leurs roches , matériellement , intellectuellement et humainement , tout dans la déstabilisation et la mort lente de ces centaines innocents de tout crime
Et concrètement, après 20 ans de dictature presque, l'application des stratégies sécuritaires et despotiques de ben Ali s'articule à ce programme pénitencier de liquidation de toute forme d’opposition. Comment en serait-il autrement ? Si le militant refuse de cracher sur son passé, il reste en prison, et même dans le cas où de guerre lasse il le fait, il n’est jamais sorti de l’auberge et passe le restant de ses jours marqué par le fer de l’infamie à trembler dans la misère pour son existence et celle des siens, culpabilisé par un système jouisseur qui ne connaît aucune limite dans l’absurde et l’ignominie. Tels des maquignons, les magistrats aussi n'hésitent plus à mettre le marché sur la table comme s'il était évident et naturel , et de cautionner ainsi par le parjure , le désastre institutionnel et constitutionnel , qui désormais arrime la Tunisie à l’archaïsme et aux pays les plus rétrogrades de la planète.
Quiconque s’est un tant soit peu penché sur cette grâce et cette libération , s'aperçoit qu'il n'y a là que poudre aux yeux et qu'elle exprime d'une manière à peine camouflée la volonté politique de maintenir en prison les prisonniers politiques condamnés à perpette , et pour le fou de Carthage apparaître comme un homme d’état responsable et crédible , ce fou furieux essaie et croit dur comme fer cacher le soleil avec un tamis , mais les anciens comme les nouveaux prisonniers politiques tunisiens savent qu’ils n’ont aucune illusion à se faire ,du moins tant que cette barbarie de dictature existe.Les tunisiens ne sont pas des pigeons et ne se contentent pas de miettes , ils réclament tous leurs droits , et dans cette vision des choses ben Ali n’a vraiment pas sa place , il est et il en a depuis toujours fait la preuve , la négation totale de toute forme de droit..
La dictature tunisienne cherche à faire accepter au monde entier comme une normalité le fait qu'aucun prisonnier ne sortira de sa tombe , s'il ne s'est pas anéanti tout seul , s’il ne s’est pas résigné à sa condition d’esclave, ou encore s'il n'est pas brisé physiquement ou déclaré mourant. A ce propos, nous ne devons pas nous voiler la face. Derrière le pudique cirque des grâce pour quelques uns, encombrants parce qu’en fin de parcours, se dissimule un assassinat annoncé de ce qui reste de la société civile. Concrètement programmé pour ceux les plus nombreux qui restent dans les mouroirs , désormais pour ben Ali , tout le monde doit digérer le fait , que le système s’ acharne sur tout prisonnier d’opinion jusqu'à ce que mort s'en suive ,et où qu’il se trouve.
Ainsi du premier au dernier jour de prison, la détention d'un prisonnier politique est dominée par l'affrontement constant et extrêmement politique entre la volonté de la dictature de le détruire et la résistance collective que nous tous nous devons mettre en œuvre à l'intérieur comme à l'extérieur de la Tunisie pour déjouer ce projet de diversion sordide et ignoble , dans cette logique qui nous est imposés par les assassins de notre pays , nous devons plus que jamais leurs mettre la pression par l’engagement et le combat , pas par le compromis et les compromissions.