Des articles plus ou moins bien conçu, publié récemment, et même depuis pas mal de temps, par certains tunisiens qui s’assument comme libéraux, et à qui je tire en certaines analyses assez pertinentes, mon chapeau ou mon voile, ont quand même peu ou prou ouvert la boîte de Pandore de la cuistrerie contemporaine : les discours des experts en économie. On y trouve clairement exposé quatre thèmes qui ferment définitivement, du moins pour des penseurs honnêtes, la prétention des pseudo spécialistes en économie du marché et de la société tunisienne :
- A la fin des années 90, la démonstration mathématique de ce que le modèle de concurrence , imposé par une oligarchie mafieuse et qui s’apparente plus au néo libéralisme est dans une impasse totale est acquise , restons quand même dans la logique des marchés et supposons que ceux qui font l’éloge du miracle tunisien aient raison. Gérard Debreu a démontré que le marché ne conduit pas, naturellement, à l’équilibre, j’ajouterais qu’il peut conduire au désordre et à la faillite quand il est imposé avec autant de crimes sociaux qu’en Tunisie. Puis, Lipsey-Lancaster et Nash établissent que le marché ne donne pas l’optimum. Ainsi, de même que les planificateurs tunisiens sous la tyrannie des spéculateurs du régime, s’inspirant de la théorie de l’optimum et de Walras, ont finalement assassiné leur pays, de même les libéraux tunisiens qui se limitent à l’économie en ignorant le volet social éradiquent la Tunisie à l’abri de superstitions ridicules.
- Les auteurs Henri Simon (prix Nobel 1978) et Maurice Allais (prix No bel 1988) ont prouvé que les agents sont irrationnels dès que l’on introduit de l’aléa dans leurs gains. La rationalité n’est qu’un postulat commode, sans lien avec le réel d’une société tunisienne qui dans sa majorité est plus proche de la pauvreté et de l’indigence, occupée à gérer au jour le jour son quotidien que des projets ambitieux - Si certains savants finissent par devenir malhonnêtes en se transformant en « experts », les experts qui s’autorisent de la complexité de la science économique sont toujours malhonnêtes. Il en résulte que les économistes lucides refusent de parler de la réalité économique : elle n’existe pas. Tout ce qui se dit est parfaitement dé montrable mais invérifiable et insanctionnable.
- La seule économie possible est l’histoire. Confession du prix No bel John Hicks, peu avant sa mort ; et pratique régulière de Maurice Allais. Edmond Malinvaud, cherchant pourquoi les économistes ne font pas de découvertes, répond maintenant que cette science est semblable à la casuistique.
Une fois que l’esprit a été éclairé sur l’absence d’une science économique prouvant quoi que ce soit, le point de vue de Carl Schmitt s’impose avec force : l’économie est un moyen de contrôle social in direct. Il dépend de la volonté des élites et du sens de l’action opportune, que de désobéir et /ou ne pas obéir aux diktats fondés sur cette pseudoscience. Il existera toujours des alternatives aux vecteurs actuels de la globalisation que sont la finance, le commerce et les médias. Il est clair que pour un pays comme la Tunisie, la problématique du don est l’une des orientations pour remettre en cause la théorie de l’information marchandise véhiculée par la globalisation. Contre l’enfer de la globalisation, il faut soutenir le don , la dictature ne le permettra jamais , faisons le même à une échelle réduite , il doit être comme une des expressions de l’opposition démocratique , et même un des fleurons de son programme , ses exigences et pratiques futures , c’est une manière de se démarquer nettement du système dictatorial , et d’acquérir une respectabilité notable auprès de la masse tunisienne , et même des interlocuteurs internationaux , qui souvent peinent à avoir une vue claire sur les protagonistes politiques tunisiens , la résistance contre la dictature ne doit absolument pas se limiter aux questions des droits de l’homme , mais doit aussi avoir ses propres réponses à l’économie , au chômage , à la culture , à l’indépendance ect…. A l’information marchandise, opposons la valeur qualitative du lien social fondé sur des informations données et partagées.
La globalisation désigne l’accroissement des mobilités de tout ce qui est codifiable. Sont concernés : la circulation des capitaux, les marchandises et informations qui peuvent être numérisées et se transporter indépendamment des hommes. Tout ce qui se dé place rapidement et à faible coût (sauf, évidemment, les hommes) a facilité le développement des firmes globales. Par la double impulsion des États qui ont démoli leurs frontières, et du progrès technique orienté par le type de compétition que les entreprises subissent, la globalisation creuse chaque jour les inégalités au sein des pays et entre les régions du monde, en particulier entre les emplois compétitifs et les emplois protégés.A partir de là nous sommes en tant que tunisiens démocrates dans l’obligation de penser et de nous situer dans un combat planétaire , en solidarité avec les autres forces de progrès dans le monde , la dictature de ben Ali sans ses alliances ne sera plus rien , nous sommes faibles et impuissants parce que justement nous sommes isolés dans son espace de jeu.
Les firmes globales pratiquent de la manière suivante :
- Décomposition de la chaîne de production d’un nouveau produit jusqu’à sa distribution, en activités unitaires simples.
- Localisation des activités sédentaires là où elles doivent l’être.
- Installation des autres processus dans les territoires qui offrent les meilleures conditions pour leur fonctionnement.
Les experts économistes, tunisiens entre autres qui étalent à longueur de journée leurs analyses en services commandés dans les torchons de la dictatures, où la manipulation des chiffres est devenue un sport national, ces serviteurs des marchands cherchent à faire croire que le progrès technique est la seule source du chômage et des inégalités, la conjoncture internationale voila le maître mot passe partout maintenant en Tunisie pour mieux spolier et spéculer. Puisque personne ne peut refuser le progrès technique, il n’y a rien à faire... En réalité, c’est le processus de globalisation qui est responsable d’une grande partie du chômage, en sorte qu’un certain protectionnisme servirait les intérêts des populations. Mais, pour les castrats tunisiens au service des puissances économiques, il s’agit de camoufler le fait essentiel que leur libéralisme de façade sert à réinstaller la société de castes, les tyrans donnent les leviers de l’état en héritage à leurs rejetons, les patrons maffieux cèdent leur place à leurs héritiers ; en politique et dans la haute administration, les mêmes noms se retrouvent sur plusieurs générations. Les lettrés , les intellectuels et les rares tunisiens intègres sont enfoncés dans l’oubli par la promotion des « merducons » qui orientent les passions des foules et la conditionnent au b^ton et à la carotte anesthésiante. Cette nouvelle caste des têtes d’affiche, leaders d’opinion, transmet son « succès » à ses descendants. L’oligarchie qui pilote la Tunisie, fusion du népotisme politique et des affaires, a réussi à inverser l’ordre traditionnel des fonctions : l’avoir commande le pouvoir qui donne des ordres au savoir. Monde des mal-pensants, c’est l’état ultime de la décadence de la nation tunisienne.
La justification de la globalisation par les économistes charlatans tunisiens entre autres cache donc le règne d’organisations centralisées à l’échelle du globe, véritables Églises dirigées par des oligarchies de trafiquants. Si, en pratique, en Tunisie , on vit la société théocratique dans toute sa splendeur, l’absence totale d’une volonté politique cohérente et rassemblée au service du peuple et d’une pensée spirituelle. , rigoureuse, intègre indépendante se fait depuis toujours cruellement sentir. La mondialisation se dé roule donc dans un certain contexte, spatial e ment et temporellement localisé.Et pour ses ravages elle peut compter sur des hommes de main performants, aguerris et sans foi ni loi en Tunisie –
Le mouvement de globalisation renvoie plutôt aux enclosures qui pré cédèrent la révolution industrielle. Ce fut un mouvement de destruction du collectif transformé en propriétés privées. De la même manière, la globalisation organise la privatisation du monde et, corrélativement, tiers-mondise les Nations. Les oligarchies de trafiquants se désengagent de toute obligation de façon radicale : plus de devoirs à l’égard de multiples groupes : employés, âgés ou jeunes, générations à venir, conditions de vie, etc. Ne pas avoir à assumer les con séquences de ses actes, voilà l’avantage des nouveaux maîtres et les rai sons de leur préférence en faveur des dictatures fondées sur la culpabilisation, la délation et le meurtre intellectuel de masse.
Sous le prétexte fallacieux de pratiquer la science économique, les ecclésias financières entretiennent des claquedents affirmant que la guerre de tous contre tous est un progrès. L’idéologie occidentiste, par l’abus de la métaphore guerrière, tente de voiler les conditions réelles de la privatisation du monde. De même qu’il fallut une “grande transformation” pour stopper les conséquences des enclosures, de même il faudra d’autres organisations pour freiner les ardeurs des maîtres de l’heure. La compréhension de leur propagande vomitive amène à repenser la logique du Don - Contre Don qui, quoique étouffée par les échanges monétaires, est une voie de réappropriation de l’humanité de l’homme en ce qu’elle fait appel à la valeur qualitative du lien social.