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Jamie Woon - "Wayfaring Stranger" (Burial Remix)


Méditerranée : Kadhafi se déchaîne contre l'UPM

par Ali Babès

Le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi a de nouveau rejeté mardi à Cotonou (Bénin) le projet de l'Union pour la Méditerranée, voulue par le président français Nicolas Sarkozy. Après sa spectaculaire sortie il y a une semaine à Syrte lors d'un conclave de pays arabes dont l'Algérie, le leader libyen revient cette fois-ci sur le même sujet, mais à l'ouverture du sommet de la communauté des Etats sahélo-sahariens (CEN-SAD) qu'il présidait. Toujours aussi farouche et opposé à ce projet qu'il assimile à une sorte de nouveau hégémonisme franco-européen, le dirigeant libyen a déclaré qu'il allait se battre contre ce projet. «Si c'est pour liguer l'Europe et six pays d'Afrique contre tout notre continent, c'est non !», a-t-il lancé à l'ouverture du 10e sommet de la CEN-SAD, qui regroupe 25 Etats. Kadhafi ajoute qu'»au départ, le projet Sarkozy était une union entre six pays d'Afrique du Nord qui font face à la Méditerranée et six pays d'Europe avec une façade méditerranéenne. Nous étions d'accord avec cette idée. Mais ensuite c'est devenu toute l'Europe et les six pays d'Afrique du Nord, contre nos intérêts, et c'est contre ça que nous allons nous battre». Le leader libyen est en fait très clair sur ce projet que les Français veulent lancer en grandes pompes le 13 juillet prochain à Paris, avec notamment l'accord de la Syrie dont le chef de l'Etat sera présent parmi les pays qui ont cautionné ce projet de Sarkozy. Le projet de l'UPM divise les Européens, notamment les Allemands qui ne voient pas d'un bon oeil cette proposition de la France qui voudrait fédérer, au-delà de la configuration de l'UE, des pays européens et africains riverains de la Méditerranée. D'autant que la chancelière allemande est très circonspecte sur les véritables intentions d'un président français nouvellement élu, très ambitieux et visiblement manquant terriblement d'expérience. Le dirigeant libyen a bien senti ce danger, d'autant qu'il avait déjà affirmé la semaine dernière que «nous ne prendrons en aucun cas le risque de déchirer l'unité arabe ou africaine». Pour lui, «l'UPM est un appât et une forme d'humiliation» pour les pays arabes à qui on va jeter «un os à ronger» en leur donnant quelques «postes» au sein de cette UPM. En clair, il visait l'Egypte, le Maroc et d'autres pays arabes qui ont manifesté leur désir d'adhérer au projet du président français.

Pour plusieurs pays arabes riverains de la Méditerranée, une position claire et tranchée n'a pas été officiellement annoncée, alors que bruissent des échos selon lesquels autant la Tunisie que le Maroc et l'Egypte ont reçu la promesse de distribution de rôles et postes importants dans ce projet de Nicolas Sarkozy. L'Algérie, prudente, a estimé par la voix de son chef de la diplomatie que les contours de ce projet ne sont pas encore clairement établis. D'autre part, Mouammar Kadhafi a réclamé la mise en place, à partir de la capitale béninoise, et «tout de suite» d'un gouvernement de l'Union africaine (UA), remettant à plus tard son rêve des Etats unis d'Afrique. «Nous pensons qu'il faut mettre tout de suite en place un gouvernement de l'Union africaine. Les Etats unis d'Afrique viendront plus tard, c'est une idée à mûrir», a-t-il précisé. Pour lui, «ce gouvernement de l'Union (africaine) ne va en aucun cas toucher à la souveraineté des Etats. Il faut le mettre en place tout de suite sinon nous courrons à notre perte», a-t-il averti, faisant référence aux multiples défis qui menacent les Etats africains. Par ailleurs, il a sévèrement critiqué les organisations régionales africaines. «Moi, personnellement, je suis le président du Maghreb arabe», a-t-il dit au sommet du CEN-SAD, tout en précisant que «mais ça n'existe que par le nom», alors que pour la CEDEAO (Communauté économique de l'Afrique de l'Ouest), il n'est pas loin de la considérer «juste comme un machin». «Des guerres éclatent ici et là et on tourne en rond. C'est une affaire pour se faire des per diem», a t-il dit.

Mouammar Kadhafi, s'il a confirmé qu'il reste attaché à ses grands projets africains, n'en a pas moins exprimé, concernant le projet d'Union pour la Méditerranée, un point de vue conforme à des configurations géopolitiques que beaucoup de pays qui avaient spontanément (ou aveuglément) adhéré au projet du président français n'avaient pas pris en compte.
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Ils ne l’appellent que Rachida

De l’usage du prénom Rachida pour désigner dame Dati, ministre de la Justice.

Il y a dix jours, sur Canal +, Jean-Pierre Raffarin a donné son avis sur les diverses et récurrentes polémiques qui entourent Rachida Dati. Comme à son habitude, l’ancien Premier ministre français a louvoyé, oscillant entre soutien plus ou moins ferme et critiques implicites à l’adresse de la garde des Sceaux.

Mais ce qui m’a le plus interpellé, c’est l’une de ses phrases dont je vous cite de mémoire le contenu. « Rachida, a-t-il expliqué, est quelqu’un qui a de la personnalité et qui sait où elle va ». Vous noterez qu’il n’a pas dit « Madame Dati » ou tout simplement « Rachida Dati ». Non, il l’a désignée par son prénom et il a fait cela de manière systématique durant tout l’entretien avec Laurence Ferrari.

Ce qu’il y a d’intéressant dans l’affaire, c’est qu’il n’est pas le seul dans ce cas. La semaine dernière, un confrère parisien m’a ainsi téléphoné pour savoir ce que je « pensais du cas Rachida ». Je lui ai alors demandé pourquoi il l’appelait de la sorte. Blanc à l’autre bout de la ligne puis cette réponse embarrassée : « Bah, tout le monde l’appelle comme ça, non ? ». Et c’est bien le problème. Combien d’hommes politiques, de journalistes ou de personnalités du show-biz versent dans cette familiarité à l’égard des beurs ? En son temps, déjà, Dominique de Villepin évoquait sa confiance en « Azzouz », alors secrétaire d’État à l’égalité des chances, et il suffit de tendre l’oreille pour entendre les uns et les autres parler de « Rama » ou de « Fadela » comme on parle de bonnes copines ou d’adolescentes pour lesquelles on a cette affection qui excuse les petites bêtises.

« Ne l’appeler que Rachida, c’est penser Fatma »

S’agit-il d’une forme de complicité qui serait la marque du monde politique ? Je ne le crois pas, n’ayant jamais ouï Raffarin parler de « Roselyne » ou de « Christine ». On m’objectera que les dirigeants socialistes, communistes ou verts ont tendance à s’appeler par leurs prénoms en public. C’est vrai, mais il s’agit-là d’une certaine forme d’égalitarisme forcé, une manière de se rappeler les uns aux autres qu’il n’y a pas, parmi eux, de tête qui dépasse. Si j’insiste sur cette histoire, c’est parce que je suis convaincu qu’évoquer Rachida Dati uniquement par son prénom est loin d’être innocent. Cela traduit ce paternalisme, parfois inconscient, que subissent souvent les enfants de l’immigration y compris (et surtout) celles et ceux qui veulent que l’on oublie leurs origines pour ne retenir que leurs seules compétences. J’irai même plus loin : ne l’appeler que Rachida, c’est faire comme il n’y a pas si longtemps où l’on ne disait que Fatma et le titre de cette chronique aurait pu s’intituler « Ne l’appeler que Rachida, c’est penser Fatma ».

Ne croyez pas que je cherche à défendre Rachida Dati : elle n’en n’a pas besoin et, de toutes les façons, elle est loin de constituer ce que j’appellerai une cause prioritaire. Il reste que cette tempête autour d’elle est un cas d’école dont devraient s’inspirer tous les enfants issus de l’immigration qui cherchent à s’en sortir. Cette histoire de prénom, tout comme le procès en obscurantisme qui lui est fait depuis la pathétique affaire du mariage annulé pour cause de mensonge à propos de la virginité, démontrent qu’ils ne pourront pas éviter de se trouver en face de personnes tentées de leur rappeler leurs origines qu’elles soient raciales ou sociales.

Dans un pays qui a connu une révolution et plusieurs révoltes, la notion de classe, quoiqu’en disent quelques « socialistes » qui n’en finissent pas de se perdre, demeure incontournable. Appeler quelqu’un uniquement par son prénom, surtout dans un univers policé où chaque code compte, c’est, consciemment ou non, le rabaisser. C’est lui rappeler que l’on n’oublie pas d’où il vient et que, par conséquent, lui aussi n’a pas intérêt à le faire. Les déboires de Rachida Dati démontrent aussi l’importance de la manière dont l’élévation sociale est perçue. A tort ou à raison, de nombreux Français sont aujourd’hui convaincus que la ministre de la Justice ne doit sa position qu’à la volonté de Nicolas Sarkozy (vous voyez chère Lamia, je ne l’appelle plus « le mari de Carla », et c’est bien pour vous faire plaisir !).

Seule la compétence compte

La mise en cause a beau se défendre, clamer qu’elle possède ses réseaux et les compétences requises, on voit bien que le message a du mal à passer et les polémiques au sujet de ses tenues, de son autoritarisme et de ses études n’arrangent pas les choses. En réalité, la compétence est la condition première pour la réussite des enfants d’immigrés.

C’est elle qui forge la légitimité et force le respect. Sans elle, le soutien du plus puissant des réseaux ne sert à rien car, tôt ou tard, l’heure de vérité sonne avec violence. S’élever au-dessus de sa condition est un combat qui n’est jamais terminé et il ne suffit pas d’arriver pour se croire installé. Une fille ou un fils d’immigré peuvent être admis dans les cercles les plus fermés, il ne devront jamais baisser leur garde et quelle meilleure protection que leur compétence ? Ce qui signifie une chose : il faut, un jour ou l’autre, savoir dire non, et réfréner ses ambitions afin de ne pas franchir ce que l’on appelle communément son seuil d’incompétence. Un berrichon incompétent déclenchera certainement les critiques, mais un beur ou une beurette incompétents provoqueront des torrents de fiel surtout si leur comportement est jugé arrogant ou revanchard.

Quoiqu’en dise ce bon vieil Edouard (je parle de Balladur, pas du fils de notaire), rien ne prouve vraiment que Dati soit « nulle » ou incompétente (mais inexpérimentée, pressée, brutale, c’est très possible). Le serait-elle qu’il ne faudrait tout de même pas oublier que dans l’actuel gouvernement, il y a des ministres qui sont de véritables branquignoles (des ’bghoulas’ pluriel de ’bghel’, si vous préférez) que l’on critique rarement, alors qu’il suffit de les écouter parler pour se rendre compte de leur vacuité. Comment expliquer cette différence de traitement ? Peut-être parce qu’ils ne s’appellent pas Rachida. Ou alors parce qu’ils ont compris que modestie et discrétion sont, que l’on soit compétent ou pas, mères de toutes les assurances…


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Bonjour du mercredi !un ptit coucou  et je vous souhaite bonne fin d ' journée ! bisous !je vous laisse un autre blog si ça vous dit - merci ! http://les-inoubliables.over-blog.net/
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