Le "non-Maghreb" est un gâchis socio-économique, selon un ministre marocain AFP
L'incapacité des cinq pays du Maghreb à réussir leur intégration constitue "un gâchis socio-économique" a affirmé vendredi à Skhirat (sud de Rabat) le ministre marocain des Affaires étrangères
Taïeb Fassi-Fihri.
"Le Maghreb est une opportunité de développement et de création de richesse, et le non-Maghreb est un gâchis socio-économique", a déclaré M. Fassi-Fihri à l'ouverture d'un colloque sur le thème
"Maghreb 2030, partenariat euro-méditerranéen", organisé par le Haut Commissariat au plan (HCP).
"Le Maghreb est (aussi) un impératif sécuritaire contre le terrorisme, le phénomène migratoire, les trafics illicites et la drogue, face auxquels aucun Etat maghrébin ne gagnera seul", a-t-il
ajouté.
"L'UMA (Union du Maghreb arabe, créée en 1989) va avoir bientôt 20 ans, et elle tarde à se déployer, à être débloquée, à défaut d'une volonté politique résolue des cinq Etats membres " (Algérie,
Libye, Maroc, Mauritanie et Tunisie), a-t-il dit.
Réitérant le soutien du Maroc au projet d'Union pour la Méditerranée lancé par le président français Nicolas Sarkozy, M. Fassi-Fihri a affirmé que "le Maghreb ne peut jouer son rôle dans la
coopération euro-méditerranéenne que si les frontières sont ouvertes, si les passions s'apaisent", faisant allusion à la frontière algéro-marocaine fermée depuis 1994.
"Le Maghreb doit aller vers davantage d'intégration", a déclaré de son côté Pascal Lamy, directeur général de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) dans un message vidéo aux participants.
"Allez plus loin entre vous, car le commerce, qui constitue une dimension essentielle de l'économie, demeure étrangement limité", a-t-il ajouté.
Bien que des pays arabes soient de grands exportateurs de pétrole, les services représentent la moitié du PIB du monde arabe et le premier pourvoyeur d'emplois, a souligné M. Lamy.
"Au Maghreb, ce que les économies ont en commun, c'est leur dépendance du commerce international, qui est vital pour votre région", a-t-il dit.
Le "non-Maghreb" coûte 2 points de croissance annuelle aux cinq économies, le commerce intermaghrébin ne représente que 2% du total, l'investisement intermaghrébin est marginal et le "point noir",
c'est un taux de chômage moyen de 16%, a déclaré Abdellatif Jwahri, gouverneur de la banque centrale du Maroc.
Ce colloque de prospective auquel ont été invités pour deux jours des experts maghrébins et européens vise notamment à dégager "des plateformes pour des partenariats entre organismes publics et
privés au Maghreb et en Méditerranée", indiquent les organisateurs.
****************************************************
Commentaire :
Aucune union ne sera possible au Maghreb, ni dans les pays arabes , ni au sein de la nouvelle arlésienne UEM de SARKOSY, aucune union et aucun débat de fond, il faut être pragmatique et
réaliste, les peuples de nos pays sont spectateurs de leur propres vies, seule leur dynamique et leur engagement peuvent donner vie à ce genre d'union fondamentale, mais pour ce
faire, nos peuples doivent s'exprimer, décider des choix pour lesquels forcément ils seront appelés à mettre en œuvre, et sûrement pour lesquels , ils auront des sacrifices à
faire. Tout cela ne pourra être, exister et avoir une réalité culturelle et physique que dans un cadre de liberté et de démocratie total. Or nous vivons sous le joug de régimes arbitraires, sous un
népotisme suicidaire et irresponsable qui devrons disparaitre pour que ces colloques, et ces projets de bonnes intentions puissent être un tant soi peu crédibles.