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LETTRE D'EN TUNISIE, OU LES TUNISIENS NE SONT PAS DUPES...

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POUR UN RETOUR DIGNE DES EXILES

 

 

Il n’est pas exagéré de penser que l’exil de beaucoup de Tunisiens constitue une vraie situation de rente combien profitable à tous ceux qui ont fait de leur malheur une mine d’or inépuisable et un fond de commerce on ne peut plus

Oui, les « exilés politiques » font l’objet de toutes les convoitises de ceux qui veulent faire de leurs drames, leurs souffrances, et leurs peurs un tremplin pour la réalisation de leur ambition personnelle ou catégorielle. Que des partis, des associations, des candidatures aux élections ou aux prix des droits de l’Homme, des manifestations, des réunions publiques, des pétitions, etc. ont été rendu possibles grâce à l’apport direct ou indirect de cette masse de frustrés… tout simplement parce qu’ils ne peuvent pas rentrer dans leur pays. En faisant durer le calvaire de cette catégorie de Tunisiens, on continue  à mettre de l’huile sur un feu dont ils sont les principales victimes. Privés de leur pays, ces Tunisiens exilés craignent d’être privés et exclus d’un espace symbolique de substitution. Ils s’y attachent, non pas par adhésion, encore moins par conviction, mais parce qu’il s’agit du seul refuge qui s’offre à eux et à leurs enfants : l’horreur du vide oblige !

 

Comme le retour de ces exilés doit mettre fin à une situation de privilèges de ceux qui pêchent dans les eaux troubles et profitent de leur souffrance, ces derniers usent de tous les moyens pour alimenter les rumeurs contre ceux qui brûlent du désir de revoir la mère patrie. Collabos, vendus, ou pions…tous les qualificatifs sont bons pour dissuader ces gens et continuer de les presser comme un citron. Ce stratagème fait souvent mouche, dans la mesure où on leur explique que les portes d’un retour digne au pays ne sont pas encore totalement ouvertes. Il faut comprendre la nature de ces exilés qui, pour résister à la violence de « l’exil » (Mandela n’avait-il pas affirmé, lui qui venait de passer 27 ans de sa vie en prison, « je m’estime heureux de ne pas avoir vécu l’expérience de l’exil »), construisent une carapace de protection presque de salut, qui consiste à s’attacher à des valeurs morales (courage, dignité, honneur, intégrité, sacrifice, etc.) qui donnent sens à leur vie et qui expliquent leur souffrance permanente, malheureusement méconnue ou simplement ignorée.  

 

LE RETOUR signifie l’inutilité de ce fardeau, approvisionné généralement par ceux qui  marchandent avec leur peur et leur souffrance, et par conséquent la rupture avec les fournisseurs. Le retour digne qui préserve leur intégrité et leur capital axiologique changerait leur allégeance et la placerait du côté du pays qui leur aura offert cette possibilité, ce même pays qu’ils avaient quitté il y a si longtemps pour préserver la même dignité. Le parcours de ces exilés est un héroïsme dont doit se réclamer avant tout leur pays qui les a élevés, construits et même préparés pour réussir là où tout les prédestinait à échouer. Des individus qui ont su développer à travers des associations, des comités, des espaces éducatifs et sociaux, des formes de solidarité et d’altruisme faisant d’eux un modèle du genre avec à l’arrivée un bilan globalement positif qui honore tous les Tunisiens. Après avoir mangé leur pain noir, ils commencent à voir l’avenir autrement. Mais, voilà que surgissent les marchands de leur calvaire, les industriels « des chocs des Tunisiens » de tout bord, pour leur imposer leur combat à eux et les replonger dans les spectres de la rupture ! Quel cynisme ahurissant, quand on sait que, le plus souvent, les concepteurs des luttes fratricides se moquent de « l’idéologie » de leurs « clients » dans les petits coins !  

 

Une grande partie de ces exilés a pu réaliser durant ces années d’exil, une forme de réussite  personnelle et sociale sur tous les plans (économique, professionnel, scientifique, associatif et surtout éducatif et familial). Elle aimerait simplement la partager avec tout le pays. Débarrassés des contraintes politiques, d’autres ont des acquis et des centres d’intérêts à faire valoir ! La politique, au sens strict du terme, c’est-à-dire la conquête du pouvoir ne les intéresse plus. C’est en ce sens qu’ils conçoivent des relations plus pacifiées et plus constructives avec le pays. D’autres encore ont épousé des formes d’engagement politique et continuent à œuvrer pour le bien être de leur pays. Ne faut-il pas concevoir leur différence comme une richesse et non comme une menace, une addition et non une soustraction pour le seul combat qui vaille : la réussite de notre pays.

 

Le RETOUR DIGNE signifie, pour ces gens, qu’ils vont retrouver une forme de liberté et que leurs choix ne seraient plus dictés par ceux qui ont su tirer profit de leur malheur. Ensuite, ils auront de nouveaux acquis à préserver (ceux qu’ils retrouveront en rentrant : famille, paix, amour et reconnaissance, fardeau de l’exil jeté, etc.). Ils feront tout pour ne plus dilapider ce dont ils ont été privés des années durant. Enfin,  rien que pour justifier leur retour, ils porteront haut la main une image positive d’un pays qui les a accueillis. Tout le monde en sortira gagnant dans cette affaire, point de vainqueurs ou de vaincus, la Tunisie en sortira grandie et renforcée par la réinsertion d’une partie de ses enfants les plus dévoués et les mieux construits par les épreuves de la vie.

Les exilés qui rentrent au pays sont des gens qui sont tournés vers l’avenir. Ils viennent de tourner la page et de rompre avec toutes les survivances d’un passé qui leur a fait tant mal. Durant de longues années d’exil, ils se sont forgés une identité autonome et indépendante caractérisée par un attachement viscéral à des valeurs dont a besoin leur pays, pour répondre aux défis de ce même avenir qu’il ne faut pas aborder en ordre dispersé. La Tunisie s’apprêtant à vivre des échéances importantes (projet de l’Union méditerranéenne, présidence française de l’Union européenne, défis économiques, élections 2009 et l’indispensable ouverture politique, etc.), le retour digne des exilés dans le cadre d’une démarche d’affirmation de la cohésion nationale, qui exclue toute récupération personnelle ou institutionnelle doit constituer un évènement majeur qui nous permettra de rompre avec cette page triste de notre histoire et d’aborder ces rendez-vous réconciliés et unis dans la défense des intérêts de notre pays.

 

Les autorités tunisiennes ne doivent pas ignorer qu’en allégeant les conditions de retour,  qu’en décomplexant la démarche et qu’en la plaçant sous le signe du salut collectif et non individuel, les candidats seront plus nombreux et par conséquent les gains politiques plus énormes.

 

L’auteur de ces lignes a pu bénéficier d’un retour très digne. Reçu honorablement dès mon arrivée à l’aéroport de Tunis Carthage, puis chaleureusement accueilli par toute une ville (Bizerte) qui m’a comblé de son affection et de sa douceur, j’ai pu mesurer l’impact de cette démarche sur des gens qui voient en nous (les exilés) un idéal de courage et de lutte. Il m’a été donné de voir un pays et un peuple qui a besoin de nous comme l’atteste cette incroyable histoire d’une portée fortement symbolique. À Tunis, j’ai rencontré mon ami, ancien joueur et actuel porte-parole du Club Africain Bessam Mehri qui, sachant que j’allais être reçu au Parc B par mes amis les frères Larbi et Youssef Zouaoui respectivement Directeur technique et entraîneur de l’Espérance Sportif de Tunis, m’a transmis des informations au sujet du Club marocain de Barnoussa que l’EST allait rencontrer dans le cadre de sa campagne africaine, un club qu’il ne fallait pas sous-estimer. Les frères Zouaoui étaient ravis du message amical de Bessam. Je l’étais un peu plus, et je me suis dit, que c’est bien une formidable chose que deux clubs supposés frères ennemis (CA et EST) puissent s’échanger des messages d’amitié par le biais d’un exilé de 17 ans. C’est un signe de la providence : je suis toujours utile pour le pays ! Et de quelle manière : réconcilier des frères ennemis.

Quelle est belle cette Tunisie que j’ai quittée en pleurant comme la première fois il y a dix-sept ans !

Je ne veux pas être l’exception qui confirme la règle. Tous les Tunisiens exilés ont le droit à cette joie, et à chacun une place doit être réservée dans cette Tunisie suffisamment grande pour accueillir tous ses enfants quels qu’ils soient.        

 

Le retour est une chance pour la Tunisie et tous ceux qui l’aiment. Saisissons-la !

 

Paris, le 15 avril 2008

Chokri HAMROUNI, politologue.

 (1)Réaction de NEJIB à la démarche et à l'article de CHOKRI HAMROUNI, réaction à titre personel.


1-    La situation de rente dont parle si bien CHOKRI  HAMROUNI a toujours été une évidence et une constante  dans les cénacles de l’opposition tunisienne, ce fond de commerce est assez révélateur  de la faiblesse et de la démagogie de la plus part des voix autorisées de l’opposition tunisienne,  depuis toujours, elle a produit autant de notables que les dictatures  postcoloniales qui ont gouverné la Tunisie  aux profit des clans qui les composent, sans aucune mesure et avec autant d’aveuglement, mais je n’oserais croire  que l’exil de CHKRI a été en quoique ce soit exploité par ses amis politiques, au CPR , il a toujours été  un de ses éléments de base, un chef ,  c'est-à-dire un de ses dirigeants le plus en vue, je le crois assez intelligent, et assez fort de caractère pour insulter notre intelligence et la sienne, en croyant que nous allons gober cela. A ce propos, je me permets de republier le bon et lucide article de SI AHMED MANAÏ, la lettre adressée à CHOKRI HAMROUNI à l’époque de la réunion d’AIX , juste pour rappeler et lui rappeler quelques vérités historiques . A.MANAÏ qui n’a jamais été dupe des menées des uns et des autres, son discours d’alors  était prophétique, des années après et au jour d’aujourd’hui,  nous le vivons dans le désarroi et la béatitude la plus sombre. Je me rappelle encore, j’étais avec DERBALI et quelques amis à côté de SALAH KARKER, lors de la visite  de R.NASRAOUI, et sa fourberie  très classe d’ailleurs à mettre hors jeu le vieux militant dissident d’ENNAHDA,  et qui d’ailleurs à cette époque ne demandait rien à personne, malgré que,  sur le plan oppositionnel à la dictature de ben Ali, il était un des rares opposants tunisiens légitimes et crédibles, bref, ce n’était un secret pour personne, à cette époque , il y’avait trois ou quatre grande figures tunisiennes, dont A.MANAÏ et S.KARKER, M.MARZOUKI, R.GANNOUCHI qui faisaient vraiment peur à la dictature tunisienne, KARKER était et est jusqu’à ce jour le seul opposant politique tunisien condamné à mort par BEN ALI, nous étions à cette époque là quelques dizaines de personnes , presque tous d’horizons divers, pas un issu d’ENNAHDA ou des islamiste si ma mémoire est bonne, sauf peut-être IMED de Marseille, qui après son passage en prison en Tunisie avait rejoins le CPR, mais qui est resté un fidele de S.KARKER. Les « parisiens » de cette époque comme DERBALI ou moi et les jeunes , nous venions presque tous des mouvements révolutionnaires français, voire libertaire et syndicaliste, c’est pour vous dire  la magie  de la posture tolèrent et ouverte de S.KARKER qui opérait sur nous une fascination de première communion, sur tout ce qui concerne la question tunisienne ; en fait c’est cette démarche politique transparente, morale, engagée, sans demi-mesure et sans calcul, qui caractérisaient et caractérisent encore, Dieu merci, des gens comme SALAH KARKER, A.MANAÏ et autres ABBOU, MARZOUKI, SFAR , DILOU ect…qui nous subjuguait. Nous n’étions pas du même bord « idéologique ou philosophique » que  ces tunisiens  de combat, nous étions à fond dans le militantisme palestinien,  mais sur le fond et d’une façon  internationaliste et universelle,  nous partageons les mêmes valeurs, le progrès et la démocratisation de la Tunisie, d’autant plus que la plus part d’entre nous, avaient et ont,  jusqu’à cet instant, des proches et des parents prisonniers politiques dans les mouroirs de BEN ALI ;  le reste est tout simplement une question de bon sens et de conjoncture. Delà je viens au fait,  pour affirmer à l’ami HAMROUNI, avec tout le respect que je lui  dois, que nous devons tous à son/ses choix. que ceux des exilés qui comme lui avait eu le pressentiment ou la conviction d’avoir été manipulés ou instrumentalisés par les politiciens de la nébuleuse scène politique de l’opposition tunisienne, où jadis , il n’y’a pas encore si longtemps,  lui-même était très actif à sa tête, pour preuve,  son organisation de la réunion d’AIX , où  sous la pression des caciques et des archaïques d’ENNAHDA,  des rouges bruns  d’ETTAJDID, du rabbin rouge CHAMMERI et compagnie, trouvait un KARKER assez sulfureux, pour l’exclure,  ou un SFAR , un MANAÏ,  ceci ou cela… et sous un argumentaire fallacieux, indigne et digne des méthodes  de la dictature ,  éliminer ces opposants tunisiens  d’une réunion,  qui certainement avec eux aurait eu plus d’échos positifs,  et donné à réfléchir à la dictature, encore une fois, dans notre condition globale, tout se joue au niveau de la crédibilité et des personnes, et qu’importe  leurs singularités, s’ils se battent pour libérer la Tunisie du joug de ben Ali, une réunion comme celle d’AIX, se devait d’être l’acte fondateur d’un pacte démocratique tunisien qui ne souffre d’aucune exclusion, d’aucun rejet, et d’aucune manipulation, alors qu’il ne fût, cher CHOKRI, qu’une honteuse mascarade de plus, où des ego, frustrés, des copinages et des compromissions se sont donnés à cœur joie pour vider encore plus l’opposition tunisienne de ses quelques valeurs communes, le congrès d’Aix aurait dû en fait être la déclaration d’un pacte national , pour la démocratisation de la tunisie, et la mise en place d’une opposition unie qui aurait eu pour seul objectif  d’aller à la conquête des tunisiens, qui est dans l’absolu la défaite totale de la dictature , au lieu de cela la montagne a accouché d’une souris,  elle a accouche  d’un ersatz  d’incohérences, d’usurpations et d’impostures qui fait encore rire dans les chaumières,  tout se paye en politique, et ce que tu vis aujourd’hui d’incompréhensions de la part de beaucoup de militants tunisiens , ne peut être mis sur le compte  de ta théorie, même si cette dernière est juste pour beaucoup d’autres laissés pour compte, théorie de  l’instrumentalisation  de ta condition d’exilé, tu étais un exilé politique tunisien aux commandes, personne ne pouvait exploiter ta condition, à part toi-même. Ce retour historique cher ami,  c’est juste pour te dire, que la réflexion individuelle a son importance dans toute démarche politique, la plus importante, si en tant qu’exilé,  tu as été instrumentalisé par X ou Y, toi comme tout un chacun des exilés,  est le premier RESPONSABLE de cet état de choses , faire de la politique, être dans l’engagement,  ne peut souffrir de suffisance ou d’irresponsabilité individuelle, tout silence tout renoncement, tout aveuglement  tient de la responsabilité individuelle, être la proie , une proie facile pour ceux que tu désignes comme des profiteurs de ce marché noir de l’exil, est assez révélateur,  pas  seulement de la saloperie de ces « contrebandiers » , mais surtout  de la faiblesse morale  et humaine de ces proies, quand on s’engage dans une cause, la moindre des choses  c’est d’avoir dans ce libre choix une conscience qui ne se résout pas à la formule, à la démagogie et à la victimisation de ses propres échecs.
 Encore une fois, briser l’exil et retourner en Tunisie, est véritablement un acte citoyen, républicain et courageux, TOUS nos amis, le petit groupe du rassemblement des tunisiens libres, ELKHADRA, sans exception l’ont fait, la très grande majorité d’entre eux vivent désormais en Tunisie, chacun militant dans son parti, TOUS, en exil ont été plus ou moins proches que ce soit du CPR, de KARKER ou de MANAÏ et d’autres personnes, personne  ne s’est senti instrumentalisé, car tout un chacun avait agis honnêtement et consciemment, chacun était/est maître de son destin, et comptable de ses choix. Qu’il soient le fruit d’une réflexion individuelle comme la tienne, ou collective comme celle de mes amis, ou la proposition de KRAOUCHI/MANAÏ , la décision de rester dans l’exil ou du retour ne doit souffrir d’aucun atermoiement, sinon elle pose  à tous les autres un problème de conscience, et les pousse au rejet de toute forme de solidarité et de fraternité militante. Encore une fois je ne sais pas, et vraiment je ne tiens pas à savoir, dans quelles conditions ton retour s’est fait, ce qui m’importe,  comme à mes amis avec qui j’ai bien discuté, c’est qu’il te rend heureux, nous savons le prix calamiteux que fait payer la dictature en exilant les tunisiens, moi et quelques uns qui avaient connu la prison de ben Ali et l’exil, nous savons que dans les deux cas,  la souffrance, la douleur  sont de la même effroyable intensité ; oui les conditions de ton retour ne sont pas importantes, de toutes les façons un jour ou l’autre, l’événement te rattrapera, qu’il soit juste ou faux, il est le tien et tu devras l’assumer,  ce qui importe et c’est clair pour tous les tunisiens qui seraient candidats au retour, et c’est leur droit,  c’est que cela doit être un choix entièrement assumé sur le plan personnel, c’est cela qui  fera son honorabilité, c’est cela  qui le rendra grand et honorable, et ce qu’il ne sera pas , à mon humble avis, c’est de justifier ce choix, par la pratique de la défausse, de la révélation infuse, du pourquoi et du comment de la décomposition de l’opposition, tout cela nous le savons, tout cela tu es , étais un des premiers à le savoir, pendant très longtemps  tu t’es accommodé de cet état des choses, ton silence, c’est  ta PARTICIPATION à la marginalisation de beaucoup d’opposants et d’exilés tunisiens par l’imposture et l’usurpation de certains charognards, et par voie de conséquence de la dictature. Les exploiteurs de la situation des exilés politiques tunisiens, et des prisonniers politiques dans les mouroirs de BEN ALI qui se gargarisent des déroutes programmées, existent vraiment, tu les a vu comme beaucoup, vivre et spéculer, nous savons tous  que ce fond de commerce de la LTDH de TRIFI, d’ITTAJDID, de GANNOUCHI et ses caciques d’ENNAHDA, des femmes démocrates, de CHAMMERI et compagnie est un poison plus virulent que la dictature, pour tout réel changement de la société tunisienne, car il parasitent et vident de sa sève toute forme d’action, ces gens là , certains d’entre eux et non les moindre, par exemple, ont participé et applaudis à la répression de l’islam politique en Tunisie, et d’un autre côté par opportunisme  instrumentalisent à mort, leur horrible condition. Ces gens là , ils ne suffit pas de les connaître, il faut aussi les dénoncer à l’opinion tunisienne et les combattre.
Que les exilés politiques soient convoités par tous les charognards que la scène politique tunisienne possède, c’est « politiquement » normal, c’est même dans la logique des choses, et la nature humaine, le contraire, tiendrait de la perfection ;ce qui n’est pas normal, par contre, c’est que ces exilés politiques, se laissent en conscience manipuler et instrumentaliser, eux aussi à leur  façon, je les soupçonne d’un laisser aller « confortable » de la situation, et quand on se laisse manipuler aussi facilement, c’est qu’on n’est pas digne ni de l’action politique, ni même de l’exil, c’est une simple question, encore une fois de responsabilité individuelle, qui est l’élément fondamental à toute stratégie collective. Le petit capharnaüm  de cette opposition tunisienne  costumes-cravates, que ne s’est-elle pas gaussé, que ne s’est-elle pas moqué, que n’a-t-elle pas fait de ses choux gras, du terrible et incroyable projet et proposition de A.MANAÏ et  NOURREDINE KRAOUCHE d’un retour collectif des exilés tunisiens en TUNISIE ? une action  qui au-delà du symbolique,  aurait mis en porte-à-faux et la dictature et ses complices internationaux, et les imposteurs dans l’opposition démocratique tunisienne. Je ne permets jamais de remettre en cause le choix de n’importe quel tunisien  à renoncer au combat politique, à la lassitude de l’exil, à l’impuissance des stratégies galvaudées par les opportunismes, tout choix et toute opinion pour moi sont respectables, ce qui est moins,  ce sont les justifications et les argumentaires, c’est de cracher dans la soupe, de mélanger les torchons et les serviettes, jeter la suspicion sur ceux des tunisiens et ils sont peu nombreux, je te le concède,  qui sont des exilés conscients,  et qui courent d’autres risques  que les tiennes, mais qui bizarrement  n’ont jamais servis  les stratégies des marchands de tapis qui donnent l’illusion de s’opposer à ben Ali,  mais qui , et là tu as raison, font de la politique sur le dos et à la sueur des fronts des autres ; franchement , imagine-tu un seul instant des grands de l’exil tunisiens  se faire carotter, blouser, et ce pendant des années, par toutes sortes d’arrivismes, des mêmes salopards qui font du commerce de la condition humaine un art de vivre ? Si tu crois cela , c’est insulter ta propre intelligence,  toi qui pendant 17 ans d’exil,  tu as été et à juste titre, un élément agissant de cette opposition de l’exil, c’est insulter l’intelligence de beaucoup d’autres opposants tunisiens, qui sans être médiatisés, ne sont pas moins présents et agissant, dans le cœur , la mémoire et le subconscient collectif tunisien. bref j’ai écris cette réponse d’un coup de cœur, pour te prévenir que la décision de ton retour t’es personnelle, honorable et courageuse , et quelques soient ses conditions, tu l’assumes, elle n’a besoin d’aucun justificatif, car le faire, et surtout comme tu l’as fait dans ta dernière publication, c’est  salir ton retour, et donne des arguments, à toutes les bonnes foi,  à toutes les mauvaises langues aussi , souvent imbéciles,  pour te traiter de collabos, de pion, ect…la phraséologie habituelles des anonymes et des mauvais payeurs. L’opposition démocratique tunisienne authentique est la somme  de singulières  individualités, et pourquoi pas de paradoxes et de contradictions  pragmatiques et conscientes, elle n’a pas besoin de curée  et de récupération, ni  d’unilatéralisme et d’usurpation, de faux, d’usage de faux, les tunisiens d’aujourd’hui, ceux qui sont dans l’histoire de notre pays et le refus de l’archaïsme et de l’arbitraire, savent faire la part des choses, sentir  le vrai, le vivre et se sacrifier pour lui, ils sont des milliers, anonymes ou pas à démentir tous les calculs . Ce genre de démarche, jointe à la forfaiture du 18 octobre, le brassage de vent du PDP, la misère du parti croupion ETTAJDID ect…, ne sont que des signes révélateurs de nos déroutes politiques et surtout humaines, et creusent un peu plus le sentiment d’impuissance qui fait l’attentisme , le renoncement et l’indifférence des tunisiens, à la chose politique, c’est fou , on arrive à un point dans notre pays, où la seule chose,  la plus clair , la plus visible et la plus déterminée est la dictature. Chouette,  nous vivons une époque formidable, mais de grâce  n’ajoutons pas  les uns et les autres, à notre pauvreté humaine, au vide et au néant de l’être tunisien en 2008, une autre forme de misère humaine qui tient  de la haine de soi, celle qui consiste  à faire de ses échecs et de ses peurs une raison d’être en faisant porter à autrui son calamiteux fardeau.
Quand à ta demande à la dictature de ben Ali, pour son ouverture, et la nécessaire cohésion nationale, je t’assure que sur le plan personnel, et je suis prêt à parier ,et  nous sommes plusieurs, elle me laisse plus que perplexe, dubitatif, groggy…Franchement , es –tu sincère dans ta démarche ? En quoi est-elle différente de celle de CHEBBI  dont tu critiques l’unilatéralisme ?  N’as-tu pad s encore compris, que BEN ALI n’a  faire des approches des tunisiens de bonne volonté, tout ce qu’il l’intéresse,  c’est le pouvoir , aussi illégitime soit-il, aussi criminel, c’est  dans sa texture et ses gènes. Ou plus grave ta demande est-elle une simple  reconnaissance de la légitimité du pouvoir de BEN ALI , la contrepartie que tu dois verser pour ton retour ??
Dire et affirmer comme tu le fais que la conquête du pouvoir n’intéresse plus les immigrés, c’est à mon avis  procéder  de la même façon que ceux que tu dénonces,  les spéculateurs,  et les profiteurs politiques qui instrumentalisent les malheurs,  et misères des exilés et autres prisonniers politique, qu’en sais-tu ? et d’ailleurs la plus part des opposants démocrates qu’ils soient en exil ou pas, la prise du pouvoir pour eux est une question très secondaire, l’objectif c’est l’instauration des institutions, des pratiques constitutionnelles et  de la démocratie, l’alternative et tout le reste, ils suffit de lire  les écrits et autre profession de foi commis par ces démocrates opposants, tu as vécu et pratiqué assez longtemps le grand MONCEF MARZOUKI, pour que ton opinion à ce sujet ne soit pas du tout innocente, et ne porte pas en elle  d’arrières pensée. Et les relations plus pacifiées et les  plus constructives que les opposants démocrates conçoivent,  c’est avec eux même et leurs principes, non pas avec le pays, la Tunisie estampillée BEN ALI, la Tunisie  de leurs idées ne peut souffrir de compromissions avec le dictateur et sa maffia. Ton choix  est autre, il n’est pas moins respectable, et il n’a pas besoin de ce genre d’argumentaires  pour justifier sa vérité nue, tu n’as de compte à rendre à personne, sauf à ta conscience, en politique la nation du bien et du mal, plus qu’ailleurs, est tout à fait relative, mais quand on demande légitimement le respect, il faut aussi respecter les autres, car dans le cas contraire ce genre de procédés peuvent paraître, comme une démarche de repenti légitimant un pouvoir népotique, que nous savons tous, mortifère  et sans aucun autre avenir, que celui de sa déroute et de ses crimes. Pour ce que tu nommes  le RETOUR DIGNE, et ta vision de la chose,  tout cela me paraît puéril et sans aucun sens , tous les opposants veulent vivre normalement dans une Tunisie apaisée, mais  une  Tunisie apaisée ne peut être, qu’une Tunisie libre et démocratique, c'est-à-dire sans le joug de BEN ALI, sans lui, à n’importe quel niveau,  avec le droit et l’ordre pour unique socle, c'est-à-dire sans aucune forme de dictature, alors vraiment je ne comprend rien à ton texte, ou plutôt j’ai peur de bien comprendre. Veux-tu dire  que le retour des exilés  doit les obliger à accepter le fait accompli de la dictature, ne plus la contester, et vivre  à l’ombre de sa discipline et ses ordres, en renonçant à tout ce que nous considérons comme les droits humains les plus élémentaires et les plus fondamentaux, devrions nous effacer de nos mémoires toutes ces années de lutte, tous ces morts, tous ces torturés, ces violés et ces familles explosées, devrions subir ad libitum la terreur et les faits du prince et sa famille, devrions nous renoncer à nous même,  pour n’être que des tubes digestifs à la merci de la folie d’un UBU ignare comme BEN ALI , tout cela dans le mutisme et la mort lente ??? comment ose-tu dire que dans ce schéma de l’AMEN et de la repentance,  à un criminel comme BEN ALI, affirmer, qu’il n’y’aura ni vainqueur ni vaincu et que la Tunisie en sortira grandie, où peut se loger la grandeur d’accepter pour son pays, pour soi et ses enfants, l’ordre  et le contrôle d’une bête immonde comme ben ALI ??

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