Bon appétit les bébés requins dans votre nuit constellée , éboueurs des fonds des mers aux dents nacrés de l’éternité, aux choses décimées de l’habitude , et l’ennui furieux de ce grand vide ,qui piratent les longueurs océanes.
Bon appétit les grands fauves au festin de la vie, quand la mort joue la montre perdue dans ses
frénésies, et les autres les voraces, les accomplis les cons finisàl’urine de leur miséres, qui croient aux choses de l’infini.
Bon appétit la charogne sur la dépouille du temps, qui s’enfuit je vous le donne en mille ,et ce n’est pas un premier avril , les idées sont immortels comme ce temps qui vous censure ,qui creusent vos tombes et vos dorures.
Bon appétit les moroses qui crétinisent , cette opinion qu’ils sacralisent aux bréviaires des apathies , tout le mensonge au tour de guéqui nous limite ,àce passéqui ne finit pas de passer , tellement nous sommes résignés ,entre les doigts de la mélancolie.
Bon appétit les biafrais aux grands festins des paradis, sur le tapis vert des conquétes, il n’y’avait que des as, que reste t-il du souvenir qui cassent, de cette mort gargantuesque comme
une fête, qui vous collaitàl’effigie, des dés pipés de l’oubli.
Bon appétit les bourreaux, la chaire de l’homme est aphrodisiaque, c’est le viagra de la matraque, que l’on chante et que l’on rie, tout est si court dans cette vie, la torture est un art, qui a vécu l’aube du temps, et qui vivra jusqu’àsa fin, tout est permis chez les humains.
bon appétit les moutons , qui ne rêvent que dans le sens du vent , dans cette transhumance des sentiments , les loups sont devenus le
troupeau , les chiens ont changéde peau , les bergers sont des salauds , et l’abattoir une maison de repos.
Bon appétits les faux durs , les pigeons et les tarlouzes , les sicaires et les sbires , qui
pointent au derche de la dictature , les pantomimes des Karakouzs , les réacs et les parasitaires , tous les oisifs qui n’ont rien d’autreàfaire , que le commerce de la misére.
Bon appétit les libellules , aux printemps de ma jouvence , les mantes religieuses qui croquent , tous ces
amours en toc , tout dans le geste , rien dans le palpitant , la mort fera avec le reste, quandàla vie qui tourne qui tourne la veste , toujours au bon moment , je lui dédie mon mépris ,
Bon appétit la Tunisie, A.Z veille au grain , il survie pour toi, il créve pour toi, le coeur sur la main il en a fait des petits, et des cailloux sur les chemins, il a décrochélesétoiles desâmes , dans le cri et dans la râle ,dans la main morte et dans la lie , pour un monde sans Ben Ali.