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Pour la journée de la femme, pour toutes les tunisiennes, nous republions ce texte de notre
soeur NOUR AL HOUDA (Mériem chabbi), un texte écrit sur le vif en 2005, tel quel.La conditions des femmes tunisiennes, à l'image de tous les tunisiens a encore empiré, Une Tunisie
libre et démocratique pour tous les tunisiens est la seule solution
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Gabés Café
Prison de Gabés (juin 2005)
« Nous sommes tous condamnés à une réclusion solitaire à l’intérieur de notre peau »
JEAN GENET.
En ce mois de juin j’ai vécu en Tunisie neuf jours de solitude , de récrimination , de
récurrence et de détresse infinie qui sont le lot quotidien , de toutes instants de centaines de femmes d’emmurés , des femmes,belles, douces et captivantes qui agonisent physiquement
et moralement dans les files d’attentes de toutes les prisons tunisiennes, et à une plus grande échelle de plus en plus visible dans tout le pays , personne n’est épargné par le rebut , la
sclérose et le totalitarisme arrogant qui s’affiche partout et en tout ,personne ni rien , n’y échappe , à cette réclusion sarcomateuse , psychiatrique
et truculente qui vous prend à bras le corps , à la gorge, et qui ne vous lâche plus , personne ne passe à travers les mailles de ses filets étendus sur tout le pays, comme une
damnation , pas même l’air qu’on respire, ou le langage des signes et l’aperçu des yeux , sauf la toute petite minorité de voyous , droits communs et autres miliciens du RCD, qui font
le sale boulot pour la gloire de ben ALI .
Partout , dans ce partout tunisien si naturellement beau et si profondément aseptisé
, défiguré et enlaidie par cette ambiance lugubre est mortifère qui tend le climat à le rompre en mille morceaux , en fragments de solitudes traumatisés et déchues, un pays
comme le nôtre peut être le plus beau de la création divine, et un paradis sur la terre ,mais si , comme c’est le cas sous les serres de ben ALI, , ses habitants
puent la morosité , le malheur , la peur , le mutisme , le sarcophage , le sapin et la vermine , ce n’est ni plus ni moins qu’une morgue pour la simple vie ,
la joie et les sentiments , un dépotoir où déambulent des morts vivants dans la détresse et la sujétion , dans l’absurde et le néant ; les mêmes têtes , les mêmes rides
, les mêmes courbatures , la même tristesse , les mêmes cris chaotiques et refoulés au plus profond , à se dissoudre dans l’abstraction qui minent d’horreur la Tunisie active et à
genoux .Chacun des tunisiens a un parent emprisonné pour délit d’opinion , ou un ami , ou un voisin , ou une connaissance , chacun sait et se tait, dans une impuissance psychiatrique qui n’aura
pour finalité que la folie violente , sûrement , et ce jour là , la Tunisie vivra l’enfer sur terre , que Dieu nous en préserve, et que sa délivrance nous évite les
bûchers de l’horreur.
Etre une femme d’emmuré en Tunisie , c’est subir la même peine que lui, multipliée par X
inconnues , c’est plus qu’une double peine , c’est un état de non vie , une errance sans fin dans le seul no man 's land de l’arbitraire le plus brutal , c’est la fin de toute
espérance et l’autre dimension de la mort lente qui occupe l’espace et le temps , même pas la paix des chiens , même pas la nuit éternelle , le sommeil et l’oubli , même pas la
résonance et le froid d’un linceul six pieds sous terre.
Pour les femmes d’emmurés visiteuses d’une prison moins pire que la leur , les jours de
visite sont comme le purgatoire du jugement dernier, et la certitude de leur enfer , des jours espérés dans l’amour et la tendresse de l’être aimé , des jours mirifiques qui sonnent
leur glas comme des instants de vie volée , comme un tribut payé en sus au seigneur et maître des lieux , dans un monstrueux droit de cuissage sans couleur et sans saveur , un
viol , un de plus , sous les fourches caudines de ce désordre criminel qui détruit le pays et toutes ses âmes vivantes , un jour , à ce rythme , toutes les femmes tunisiennes seront des
visiteuses de prison .
Le bonheur intérieur de vouloir être et résister des femmes de prisonniers
politiques en Tunisie , car oui , tant que le cœur de l’autre chéri à l’outrecuidance bat , elles entretiennent une flamme intérieur que personne ne pourra jamais
éteindre , leur bonheur et leur force ne doivent rien à personne dans notre pays , nous autres tunisiens tous réunis et tout autant que nous sommes , nous leur devons tout , oui TOUT
et le peu qui reste de notre honneur surtout .Leurs paysages sont lunaires et leurs existences restreintes à l’amour fou .
Des jours à perte de vue , à perte de vie et même d’ennui, des rêves et des désirs
mono posés et exilés dans la déperdition la plus aveugle , des jours qui creusent profondément les rides à coups d’humiliations , de remords pernicieux de confusions et de
déceptions , de regrets de ne pas avoir su garder l’être aimé dans la servitude et l’attentisme , dans le renoncement et le conformisme , dans l’acceptation de la
corruption , la prostitution et le bradage du pays , de ne pas avoir , comme une vulgaire courtisane , vénale et vaniteuse , détourné l’être aimé de sa raison et de son
honneur et vivre leur vie , ou plutôt leur mort dans la norme de leur ordre imposé , faire comme tout le monde par manque de dignité et d’humanité et ne rien bouleverser , ne
pas résister jusqu’à se renier en tant que tunisien et en tant qu’être humain. Les veuves des morts-vivants , que l’ont brisent dans les mouroirs de ben Ali sont comme des ombres qui
titillent , décident et fouillent la conscience des tunisiens , enfin ceux qui en ont , et la conscience et le cœur et le reste.
Tous ces tunisiens innocents de tout crime incarcérés pour toute une vie , la plus belle
part d’un instantané de vie , torturés , humiliés , violés , tués rien que pour une pensée qui refuse le moule de l’abjection et l’arbitraire , une idée , un goût et une couleur
, une poussière d’étoile volé à l’immanence de la lumière profuse aux besoins des hommes simples et bons , libres de toute incantation et heureux , tout simplement heureux
d’exister et d’être sans le poids des préjugés et des chaînes.
Ils ont inventé les immolateurs de toute une nation soumise et défigurée, dans
l’indifférence des puissants et notre renoncement criminel et mesquin , notre renoncement de la honte, maintenant que l’opportunisme danse sur nos cadavres et la
haine qui saigne nos pulsions , nos chimères et nos absences avec ses forfaitures , avec son chaos et son désordre , avec ses propres vérités qui font du mensonge un
lieu commun de la poésie et de la culture , ils ont inventé et établis dans l’arsenal juridique du pays l’identité et le visage du crime absolu , du crime total et extrême
, celui qui est impardonnable et incommensurable : le crime d’idée , pire que le viol , l’assassinat , la pédophilie , le trafic d’enfants , de blanches , d’organes et de stupéfiant ,
qui tous chez ben Ali et sa famille, peuvent trouver le gîte et le couvert et des circonstances plus qu’ atténuantes .Mais réfléchir , penser , aimer son pays et la liberté tient de la
grande criminalité , le crime d’idée est un crime de lèse majesté qui ne mérite dans notre dictature , selon le code ben Ali , que la mort subite et violente des fois , mais de
préférence lente pour servir d’exemple ; chez ben Ali on a beau être barbare , on sait aussi jouir de son immense pouvoir qui n’est que la désespérance d’un peuple pacifique , le peuple
tunisien en état de décomposition et de danger de mort certaine. Des millions d’âme crucifiées dans l’indifférence , le mutisme et le mépris , et notre part d’humanité qui a suspendu son
vol dans la tourmente de l’arbitraire , et la morgue des tueurs.
Le prisonnier politique tunisien n’affronte pas seulement la violence et la haine
conditionnelle et naturelle du milieu carcéral tunisien, mais plus que tout le mutisme et l’absurde de l’échange avec soi et les autres, car cet état quasi psychiatrique oblige ce
dernier à une prise en charge morale qui dépasse l’humain dans son isolement, condamné à une promiscuité forcée, à la faculté de redécouvrir l’essence de l’homme au plus profond de lui comme chez
les autres.
Cette justice bafouée et dévoyée , avec ses mercenaires et ses servants,cette
justice inique , qui écrase , qui dégoûte et révolte parce qu’elle n’apporte aucune réponse déterminée et adaptée à la misère humaine , cette justice, qui dans une société civilisée , libre
et démocratique est acceptée , assumée comme une force de rééquilibrage et de rédemption , indispensable à la cohésion sociale et le maintien d’une éthique qui sauvegarde les libertés ,
toutes les libertés , cette justice qui est et qui doit être droiture , équité , impartialité , intégrité , principe moral de conformité au droit ,elle qui doit être le
pouvoir de faire régner le droit , elle qui doit être la justesse même et la juste appréciation , reconnaissance et respect des droits et des mérites de chacun , n’est en
Tunisie qu’une vulgaire officine de perception de la dîme décidée par le Néron de Carthage , pour contrôler toute vibration tunisienne qui vit à
l’intérieur ou à l’extérieur du pays , elle est hors la loi , prête nom , faire valoir , institution de paille pour les hors la loi , qui remplit sur ordre et dans un désordre sans nom ,
pour le plaisir et le fait du prince, des pénitenciers hors la loi , elle cautionne le banditisme et la dépravation, dans un pays hors du temps ,au services du grand banditisme
et de toutes les maffias , elle est le gant de fer et l’épée de Damoclès d’une dictature qui a tué les institutions et la constitution ,un régime népotique qui ne respecte aucune limite
humaine , et tue ,par cet abjecte courroies de transmission docile et servile , fiefs d’une race mutante de juges sans honneur , la république et la citoyenneté , qui inaugurent par
le parjure des serments une monarchie de salopards et d’ignorants, ainsi les meilleurs des tunisiens quand il n’ont pas la chance de vivre dans la fuite et l’exil , survivent par
procuration dans les déchirures , le manque d’amour et la tentation du suicide et du néant.Le prisonnier politique tunisien n’est pas prisonnier d’une geôle mais de toutes les geôles et les états
d’âme d’un petit peuple pacifique , d’un petit pays réduit à l’état d’une immense prison destructrice.
Là , embrumée par ce petit matin blême et les vapeurs marines du golfe de Gabés
pollué et mort de trop d’usure , de trop d’exploitation à fond perdu comme le peuple tunisien , pour le peuple tunisien , tout au service d’une oligarchie criminelle , je touchais la honte du
bout de mes lèvres et la colère à mon sein suspendu ;pouvoir disparaître sous terre ou au-delà des nues , fuir aux antipodes et ne plus jamais reparaître , changer de nom , changer de
vie ,changer de peau , changer de parole , changer d’amant , tout vendre et mes biens et mon âme et mes rêves , accepter ma défaite et boire ma déchéance jusqu’à sa lie , ne plus
parler , ne plus rien dire à toutes ces moi-même ahuries de subir autant et de rester debout ,déchirée de me voir ainsi pleurer comme elles en silence , le silence pour les femmes des
emmurées est comme une délivrance et un sanctuaire , c’est là où se fait le cri et l’orgasme , c’est là où se fait le courage, où s’aiguisent les couteaux et se préparent les
bûchers , c’est là où moi insignifiante et faible j’ai tout appris et plus que tout à aimer et bâtir ; c’est là où la bonté de ces folles accrochés à leurs haillons et leurs
couffins tiennent le monde , le nôtre que ben Ali ne pourra jamais dominer , et c’est là où d’un sourire , d’une caresse , d’un baiser au goût de la fraternité et de la tendresse , elles
tuent mes longueurs moroses et mes renoncements et t’obligent à voir au-delà de l’horizon et à travers l’outrage des uniformes.Oui c’est là et dans la chaîne invisible qui me relie comme un
cordon ombilical à ces saintes folles d’amour et de vie, que j’ai saisi l’humilité, oui grâce aussi au sacrifice de nos emmurés aux gens comme JEBALI , HENI , ABBOU , HOSNI, ZOUARI et des
centaines d’autres , et surtout les plus anonymes qui n’ont aucun saint à qui se vouer , grâce à tous ceux là et leurs compagnes , leur courage , leur sacrifice et leur dignité tient de la
révélation , de la grâce et certainement d’une forme de liberté acquise malgré tout sous les miradors et la botte des tortionnaire , que j’ai donné un vrai sens à ma vie.
Leurs pensées, leurs souvenirs et leurs mots qui m’enferment sont ceux des héros , que le népotisme craint , la tyrannie et la réclusion transcendent lorsqu’elles ne les a pas détruits.
Leurs combat et leur témérité sont des cris de l’intérieur portés par des milliers et des millions de noumènes qui font la nique aux nervis de ce système aveugle.
Notre liberté totale et radicale est en train de germer dans ces tréfonds de la misère
humaine qui saigne notre patrie ,grâce à eux et plus encore à leurs compagnes , nous en sortirons plus forts et plus déterminés à nous comprendre et à nous aimer , afin que plus
jamais la bête immonde ne ressurgisse ni dans notre pays , ni en nous. Dans leurs enfers ces hommes et ces femmes sont resté dans l’humanité , ils sont un peu et beaucoup de sa
résurrection face à l’horreur sans nom qu’ils subissent , qui dans sa chaire , qui dans son esprit et la séparation de l’être aimé , nous devons pour être dignes les entendre et les
écouter , et s’investir avec eux , derrière eux , corps et âme pour briser ce mur de silence et de tabous derrière lequel les meilleurs d’entre nous agonisent , cette honte qui nous colle à
la peau comme une maladie honteuse et qui lâchement nous incite , les uns et les autres , à détourner le regard de ce qui nous gêne et à facilement à nous disperser dans nos petites et misérables
contingences , nos suffisances aliénées et bourgeoises.La prison tunisienne est un enfer codifié , elle prive des milliers de tunisiens de leur vie , des hommes et des femmes , des hommes
et leurs femmes , leurs enfants , parents ,amis et voisins proches ou lointains ,elle les prive de simple vie et d’une mort paisible et naturelle , des tunisiens qui n’ont commis d’autres
crimes que de vouloir vivre libre, de penser librement , de parler librement , de choisir librement et d’écrire librement, elle les prive de leur dignité d’être et d’êtres humains , dans un pays
transformé en couloir de la mort où l’attente est plus terrible que l’exécution.
Nous n'oublierons jamais, nous ne pardonnerons jamais, c’est écrit dans le regards
de ces belles et douces femmes, mes mères, mes sœurs asséchées par le manque de tendresse et d’amour, dans ces phrases amputés de leurs enfants, qui de leur innocence creusent
et fouillent encore plus leur malheur et leur mélancolie.
-où est papa ? Pourquoi il est là ? Il va rentrer avec nous ?
Autant de questions sans réponse, ou plutôt avec une seule et unique réponse «
chaque chose a une fin, Dieu et grand et clément » allez faire comprendre cela à un ange, autant lui dire que nous vivons dans le meilleur des mondes et que ben Ali est notre
sauveur. Tant de blessures qui ne se refermeront plus jamais, et autant de cri de l’intérieur sans échos , suspendus dans le ciel obscur de cet immense désert des
sentiments, devant la prison de GABES comme devant toutes les prisons mouroirs de ce pays sans nom, et bientôt dans toutes les rues et ruelles de la bourgade la plus
isolée du pays , j’imagine chaque jours comme ce jour , et vécu par des centaines et des milliers de familles comme un jour de deuil, là se joue toutes nos réalités et ce qui
sera notre avenir.
L’injustice et le non droit en Tunisie tue la démocratie ,et les hommes dignes
trépassent dans l’adultération de leur identité physique ,morale , nationale et humaine , portés disparus pour le monde des vivants ,et leurs misérable vie ne dépend que
du veille de leurs proches ou des caprices d’un système pénitencier peuplés de détraqués et d’assassins, des nervis sans foi ni loi , sur qui la dictature compte
pour mater ces irréductibles et terroriser leurs proches , mais les femmes , nos femmes , ces pauvres hères à leurs bardas suspendues ,et au minuscule instant d’apercevoir
l’autre aimé et désormais adulé , rien qu’avec leur amour brisent le silence , ridiculisent l’horreur et font des gardiens et des bourreau les prisonniers de leur propre
engeance , aujourd’hui , demain ou après demain peut-être semble dire leur sourire et leurs yeux de biches enfiévrées par le manque, quand même coquines , rieuses ,
sereines et même taries par toutes les larmes versée , elles qui aujourd’hui font face pour porter leurs amoureux et les pères de leurs enfants aux nues , pour les absoudre de la
culpabilisation et de la charge de l’animosité et de l’inquiétude. Demain ou après demain peut-être semblent dire ces femmes d’emmurés , prisonnières sans aucun statut , aux
pouvoirs et à ses hommes de main , demain peut-être ou après demain , vos femmes viendront comme nous subir ces affronts , mais nous qui sommes aujourd’hui à vos pieds subissant
votre mépris , vos crachats lubriques et votre haine gratuite , nous qui savons la brûlure de l’instant , nous n’appartenons pas au même monde que vous et ne comprendrons jamais
votre barbarie.
«Adiirabia wa admintani….. Ayam ridah ya zameni hatha hatha wakhoud omri »c’est fou ,à quelques pas de moi , une sœur a qui
on a enlevé et emprisonné son mari la nuit de ses noces , chantait cette chanson de Farid d’une façon surréaliste ,dans un lieu surréaliste , dans un amour impossible , elle si
belle et ses grands yeux d’amoureuse séparée de son amour par toute la haine et la folie du monde, ne maudit personne , elle chante son hymne d’amour et les larmes de son cœur
son âme et ses tripes irradient l’atmosphére,amour qui coule dans ses veines , inaccessible aux assassins ,et que personne ne les lui enlèvera jamais , qui d’entre nous est aussi libre
qu’elle ? Cette bonté et cette volonté qui suintent de son rêve éveillé, si seulement une petite minorité de tunisiens d’entre nous les avaient, les années de braise dans
notre merveilleux pays ne seront plus qu’un mauvais souvenir, et même le refus et l’amnésie et qu’importe le prix à payer il sera toujours dérisoire par rapport à ce qu’a
subit, ce que subit le pays, et ce qu’ils nous préparent les monstres dans leurs forges démoniaques.
Au loin, la rumeur annonciatrice d’une pluie acide et refrognée qui ne
surprend plus personne dans le pays fait son habituel tour de veille, maître ABBOU a été confirmée dans sa condamnation par une juge scribe, et simple porte parole d’un
déni de droit, de justice, porte parole et langue fourchue d’une sentence, qui sera à jamais sa marque d’infamie. comme ben Ali est la nôtre.
Je sais que tu n’as pas sommeil
Pour toi mon amour
Je prie et je veille
Sans compter les jours.
Compter les jours
C’est toujours pareil
Ça brûle l’amour
Et dresse les écueils
J’ai gardé de toi
L’odeur de ton rire
L’embrun de ta voix
Creuse mes désirs
Je te maudis des fois
Et je voudrais mourir
D’être si loin de toi
Vivante dans mon cercueil
PS: aux femmes tunisiennes , aux femmes JEBALI ,MARZOUKI, ZOUARI , MANAÏ , KARKER, YAHYAOUI, HENI , CHABBI , à celles -là , mes soeurs et mères et aux milliers d'autres anonymes ,qui sont le socle , l'âme et le sang de la résistance aux ténèbres , et qui sans elles rien n'est et ne sera possible , à celles que je connais personnellement et d'autres pas , celles avec qui j'ai partagé le pain et le sel , à BOREL mon amour et ma fraternité jusqu'à la mort.