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LE MAROC AUX ENCHERES
Le magasin
larbi maaninou
Gros, demi-gros et sans faire dans le détail, un certain regain d’organisation sociétale se fait jour pour pallier les insuffisances d’un Etat sans queue ni tête…
De fondations en fondations, de conseils en conseils, il est en train de se constituer une belle fédération de la gouvernance en lieu et place d’un gouvernement dont les prérogatives n’ont jamais été aussi fragiles, même si le discours facétieux tente d’en faire un organe de représentation d’une chambre où le clair-obscur est loi.
Chaque jour produit son butin de nouveautés dépendant directement du Cabinet Royal et que le gouvernement (tous départements confondus) doit assimiler pour s’en imprégner absolument. Sans broncher. Et sans faire montre d’un quelconque trébuchement ou faux pas.
La messe est dite. La presse aux ordres ou à la recherche d’un ordre fera état du génie marocain et transmettra ses vœux les plus chaleureux à celles et ceux qui ont enfin compris que « la multitude vile » n’a d’autre avenir que celui tracé par une caste qui vit dans le meilleur des mondes et oublie que les gens d’infortune ou de très modestes fortunes cherchent à vivre dans un monde meilleur.
Mais restons un instant dans le domaine des droits humains et tentons de comprendre comment a-t-on pu traduire le texte de la constitution (qui est loin de se conformer aux textes internationaux auxquels elle se réfère) pour faire admettre de telles prérogatives à des instances qui dépendent du pouvoir d’un seul homme, certes citoyen de son état mais ni éligible ni électeur dont la fonction et les directives sont sacrées et inviolables. Ce pouvoir hors normes ne permet aucune remise en cause de ses actes et statue, à la place de tous les autres acteurs de la société, lorsqu’il le décide.
Aujourd’hui il faut admettre que les deux chambres n’ont de valeur que symbolique, pour une consommation externe à la limite du folklore; que le gouvernement n’est en fait qu’une administration aux tâches répétitives; et que les véritables détenteurs de la mise en œuvre de la politique du pays se réunissent dans ce grand magasin pour tracer les grandes et petites lignes d’un Etat qui ne ressemble à aucun autre.
Et comme lorsqu’il s’agit de la Défense ou du Palais Royal, les budgets de ce magasin ne sont pas discutés. Quelquefois inconnus… Souvent élastiques.
Certains de nos parlementaires doivent jubiler pour ce nouveau « travailler moins et gagner plus » !!!
Dernièrement Ali El Himma, très proche collaborateur du roi a lancé un mouvement de « tous les démocrates ». Cet homme du sérail, magasinier de son état, a suivi pour l’avoir organisée toute la politique du royaume, en tant que conseiller et patron des services. Aujourd’hui, il a démissionné de ses responsabilités gouvernementales (ce n’est pas du Jospin !) pour monter un groupe parlementaire né de rien et qui grossit de jour en jour.
On n’a pas fini avec ce qu’on appelait jadis partis cocotte minute….
Prochaine étape : son groupe parlementaire sera, sans doute, le plus important en nombre et son nouveau parti politique le plus ouvert à toutes les bonnes volontés désireuses de renforcer l’arbitraire et l’artifice pour faire fructifier, en contrepartie, un patrimoine en souffrance.
En gros, demi-gros et je vous passe les détails des pièces détachées jetées pour la « bonne cause ».
Gagnant-Gagnant comme dirait un chef d’état européen copieur avéré de notre sacrée politique d’ouverture / abattoir.
La politique se fera en piratant le droit, un peu comme à Derb Ghalef.
Et comme dirait Sartre : « Ne vous retournez pas tout le temps comme ça, à droite et à gauche, vous me donnez le tournis. »
Le génie, l’intelligence, la connaissance et l’expérience se mettront au seul service d’un bien-être solitaire et égoïste et d’un dédommagement conséquent intrinsèquement offert pour un silence sans conscience.
Enfin le Maroc aura un grand magasin en guise de gouvernement.
En gros, demi-gros et dans tous leurs détails on trouvera tout à la Nouvelle Samaritaine !!!
Klab ou Chaklab ! La société civile et le mouvement démocratique, s’ils perdent leur vigilance, risquent de se retrouver au service des urgences de la pensée unique.
Etape suivante à prévoir : division en mille morceaux de ce qui ressemble de près ou de loin à des mouvements respectueux de la démocratie et des droits humains, en mal d’organisation et de conviction.
Ce que fait en plein jour Ali El Himma n’est que le début d’un combat contre les forces vives de notre pays et il devient urgent que l’ensemble de ce mouvement se soumette et s’inflige la modestie en vue d’une unité d’action et de réflexion large et efficace. Car il s’agit de sauver ce que nous avons de plus précieux : la liberté, la tolérance, la solidarité, l’égalité et la démocratie. LA DIGNITE.
Sinon Cassius Clay El Him²a l’hospitalier hébergera chez lui une nouvelle formation de féodaux éclairés et modernistes. En stage intensif. Certains et les plus efficients issus de la belle école de l’ancienne « nouvelle gauche » et de l’UNEM des années 70 et 80. Tous les CV seront étudiés de près par la grande épicerie. Les conditions nécessaires et suffisantes pour postuler aux postes d’enrichissement personnel et de reconnaissance au sein de la communauté nantie.
Nos anciens amis perdront leur étoile mais le DROIT gardera toujours la sienne parce que nous la valons bien. Notre histoire, nos martyrs, nos disparus, nos victimes et toutes celles et tous ceux qui aiment la vie parce qu’ils (elles) savent aimer la vie doivent garder raison et poursuivre leur combat pour un Maroc calme, serein, imaginatif et présent. DEMOCRATIQUE.
Ceux qui avaient défendu le droit et qui ont choisi aujourd’hui d’aller se confondre en excuses devant l’injustice et l’intolérance méritent de subir l’acerbe critique du sage envers ceux qui « grappillent au château les choses de rebut » Balzac.
Ces noyaux durs, nés de la déconfiture d’une certaine politique de consensus et d’unanimité nationale, dont les ambitions ont été mieux comprises par les chefs magasiniers que par cette société de plus en plus enfouie dans le désespoir et en bute à un pouvoir d’achat laminé, massacré à la tronçonneuse, font fausse route et exacerbent la crise.
Embauchés à la tête du client, sans programme clair, sans liberté et sans référence sérieuse et solide aux instruments internationaux relatifs aux droits humains, ils ne rendent pas service au pays. Parce qu’ils prônent aujourd’hui l’oubli, l’impunité et l’endormissement de la justice.
Un sacrilège pour des « anciens défenseurs » de la dignité humaine qui haussent de plus en plus le ton pour faire l’apologie d’une constitution, de lois et de décisions qu’ils considéraient, du temps de leur perspicacité, « liberticides ». Peut-être « à l’insu de leur plein gré »…
Le plus important n’est pas ce que certains de nos anciens amis ont obtenu à un prix trop cher mais ce que notre pays mérite comme Etat. La déchéance des mœurs politiques appelle au redressement, dans la plus grande unité, de l’ensemble des femmes et hommes qui luttent pour un Etat de Droit.
A propos comment dit-on magasin chez nous ?
COMMENTAIRE :
NO COMMENT, juste, il faut remplacer le mot MAROC par TUNISIE.