M. Geert Wilders prépare un court-métrage, dont personne ne sait rien, mais dont on dit qu’il va dévoiler la véritable essence négative de l’islam, la figure malsaine du Prophète ou peut-être encore les horreurs du Coran, etc. Quelle que soit le contenu, on comprend qu’il s’agit d’une pure provocation ! Le silence devrait être notre meilleure réponse !
Nous savons pourtant qu’en ces temps de tensions, tout peut arriver. Des gouvernements dans les pays à majorité musulmane, des organisations, des politiciens peuvent l’utiliser pour des enjeux politiques. Comme cela s’est produit avec la crise des caricatures danoises, certains gouvernements et / ou des organisations religieuses (radicale ou non) ont instrumentalisé toute l’histoire afin de mobiliser le peuple, et ainsi les détourner des vrais problèmes de leur propre pays ou pour obtenir un soutien populaire en attaquant "l’Occident" représenté comme" l’ennemi ". Une réaction émotionnelle incontrôlée est toujours possible et certains peuvent la nourrir à travers des déclarations incendiaires ou des "manifestations orchestrées" (par certains gouvernements ou organisations). Nul ne peut prévoir où cela va nous mener.
Les gens ont appris de la crise des caricatures au Danemark et beaucoup vont tenter de calmer l’atmosphère. D’autres acteurs ont des agendas politiques spécifiques et ce type de crise est pour eux une opportunité. C’est exactement ce que recherche Geert Wilders ! On peut espérer que le fait que Geert Wilders soit connu et reconnu comme un provocateur permettra aux gens de comprendre qu’il s’agit là d’un piège en refusant de s’y laisser entraîner. Tel serait le meilleur scénario.
Le gouvernement néerlandais a besoin de développer une politique préventive construite sur un discours clair déclarant que le gouvernement ne soutient pas (voire rejette ou condamne), le film et son contenu, mais qu’il n’a pas à intervenir dans cette affaire au nom de la liberté d’expression. Si, par ailleurs, un ambassadeur ou un politicien d’un pays à majorité musulmane demande une audience, il ou elle devrait être reçue et ce positionnement devrait clairement être répété. M. Wilders ne devrait pas être empêché de parler, ou être mis en prison (comme certains l’ont suggéré) : on doit répondre à ses arguments quand il y a arguments et simplement l’ignorer quand il agit d’une provocation orchestrée.
Marine le Pen a commencé son intervention en rappelant les grandes lignes de son idéologie et de sa politique. La France va économiquement et « identitairement » très mal et l’immigration est l’une des causes principales de cet état de fait. La recette qu’elle propose est assez simple somme toute… les 3 millions de chômeurs français trouveront du travail quand on aura stoppé l’immigration et expulsé tous les immigrés illégaux. Toujours le même refrain, les mêmes simplismes...
Sans doute a-t-elle dû penser que je la rejoindrais sur un terrain ou sur un autre. Ce ne fut pas le cas ! Il fallait critiquer ses attaques sur « l’immigration » (« devenue si massive »…c’est faux !) ; sur le « regroupement familial » qui met en péril la France (faux encore… le processus s’estompe et il ne représente que 1,5% des entrées sur le territoire) ou encore ses raccourcis simplistes établissant des liens entre les banlieues et l’immigration (la violence dans les banlieues serait due à la trop grande présence des immigrés…faux encore !). La « citoyenneté française » qu’elle met en avant est une citoyenneté culturellement monocolore aux relents arrogants et racistes : elle regrette les temps de « l’assimilation forte » où les Abdallah et les Fatima étaient invités à changer de prénom ! Le seul vrai moyen de lutter contre le racisme et la discrimination : aux Noirs et aux Arabes de se faire Blancs et invisibles et inaudibles !
Le conseiller de Marine Le Pen est venu à ma rencontre à la fin de la séance et m’a affirmé avoir réalisé tout ce qui nous opposait et pourquoi j’étais "si dangereux"… Je lui ai répondu que je savais, avant de venir, l’océan qui nous séparait et le danger que représentaient les thèses du Front National en général et de Marine Le Pen en particulier. Il m’a alors renvoyé à mon « Orient », à mon « étrangeté »…à mon statut d’ancien immigré ne comprenant rien à la culture occidentale et française ! J’aurais dû m’appeler Alain, sans doute, et il a dû reconnaître à travers mes "origines" un reste d’accent arabe... !
Les arguments de Marine Le Pen sont dangereux et il y a fort à parier qu’ils gagneront du terrain dans les années à venir avec ou sans le Front National. Nous sommes entrés dans une ère difficile et cela ne durera pas cinq ou dix ans. Certaines de ces thèses sont aujourd’hui présentes dans les dits et les non dits des politiques européennes et françaises. Il faudra que les citoyens « éternellement d’origine immigrée » viennent sur le terrain du débat politique, se fassent entendre et contredisent une à une les approches qui déplacent la question du malaise social en une affaire de « migration », de « culture » ou de « religion ». Ces problèmes sont sociaux et exigent des politiques sociales ! Il ne suffira pas de diaboliser l’ennemi, il faudra le confronter avec la force des idées et des arguments et l’énergie de l’engagement et de la résistance sociale et politique.
Le reste tient des petits calculs et des jeux politiciens ! A ces jeux, ce faisant, les populistes ont déjà gagné ! Et les politiciens absents, les intellectuels suffisants et les universitaires condescendants ont régulièrement perdu.
Dans une conférence de presse qui a suivi le débat, Marine Le Pen a affirmé que nous n’avions été d’accord sur rien C’est là le seul propos vrai et raisonnable que l’on puisse lui reconnaître.
PS : Il y a un point néanmoins sur lequel nous avons été d’accord : l’opposition aux tests d’ADN. Pas pour les mêmes raisons toutefois. Marine Le Pen n’objecte rien sur
l’indignité du principe et sur le scandale de la proposition. Elle pense tout simplement que ce projet est irréaliste et n’est que de la poudre aux yeux. Au passage, elle nous livre les
éléments d’une stratégie gouvernementale à méditer : la proposition des tests ADN aurait été lancée à dessein, avec ses excès, pour attirer les énergies résistantes dans une direction
alors qu’une autre politique très dure était mise sur pieds à coup de nouvelles lois et de nouveaux décrets. Heureux, et leurrés !, ceux qui se sont mobilisés pour s’opposer aux
tests ADN (auxquels ils ont temporairement réussi à barrer la route) : ils n’auront malheureusement pas réalisé qu’il s’agissait surtout d’une manoeuvre, d’une distraction
stratégique. Intéressant, et il n’y a pas à s’étonner que Marine Le Pen comprenne si bien la politique de Nicolas Sarkozy...sur certains dossiers, et notamment celui de l’immigration, c’est
blanc bonnet et bonnet blanc...sensiblement teinté
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She is the daughter of Europe’s best-known far-right firebrand. He is Europe’s most controversial Muslim intellectual.
A face-to-face debate between Marine Le Pen, vice president of the National Front of France, and Tariq Ramadan, an Oxford academic barred from entering the United States, was predictably combustible and laced with mutual distrust : Both sides insisted on bodyguards.
But the more insightful outcome of this private debate on immigration Monday night was that the two highlighted many of the same problems, while offering very different prescriptions.
Europe’s treasured welfare state is at breaking point, both asserted in interviews following the debate. Europe’s ethnic minorities suffer from discrimination and risk growing more resentful of the white majority, they agreed. By 2050, they said, the Continent could see its identity profoundly transformed by immigration.
All these themes speak to widespread concerns among Europeans, making the Le Pen-Ramadan standoff emblematic of a much larger confrontation playing out between those in Europe who broadly believe immigration is at the heart of the problem and those who argue that it is part of the solution.
On Monday night the battle lines were swiftly drawn between two equally quick-witted and experienced public speakers.
"If we go on like this, Europe will no longer be Europe, it will turn into an Islamic republic," insisted Le Pen, 39, who is expected to succeed her father, Jean-Marie Le Pen, at the helm of the National Front before the next presidential election.
"We are at a turning point, and if we don’t protect our civilization it will disappear," she said. "Yes, I’m attached to the nation. I want to preserve our cultural and historic identity."
If the postwar benefit system is creaking and if second-generation immigrant youths in tower blocks suffer from discrimination and unemployment, she said, it is because too many immigrants have been let in and because those immigrants have not made enough of an effort to integrate.
Immigrants need to assimilate by adhering to cultural and social norms and by learning the language before coming to a European country, she said.
"It’s true, if you’re called Fatima it’s harder to get a job than if you’re called Marine," Le Pen said, "but why don’t they give their children French names to show that they want to integrate ?"
Ramadan, a Swiss citizen of Egyptian origin who is author of the book "Western Muslims and the Future of Islam," took a very different view.
"If Europe wants to succeed, it needs more immigrants," said Ramadan, 45. "Who is going to do the jobs Europeans don’t want to do ? Who is going to pay for the welfare state ? Europe is aging, and its population is shrinking."
But immigration is about more than just economics, he said : "I can’t accept that we talk only about our interests and not about people living under dictatorships or in poverty. You want immigrants to learn the language and develop an attachment to Europe’s universal values before they have even left their countries."
He added : "How can we preach European values if we don’t apply those values in the way we treat immigrants in the first place ?"
Discrimination against second-generation immigrants was not a matter of a name change, he scoffed. ("So everybody should just be called Marine and all is well ?")
"We need to stop Islamizing the problem, and we need to stop talking about minorities," he said. "I tell Muslims : You are not a minority, you are citizens. You can have a different culture and a different name and still adhere to the same laws and democratic values."
"What we need is a new narrative, a new ’we,’ a multicolored, multicultural European identity," he said. "Immigration is a fact whether you like it or not. Europeans need to psychologically integrate that into their world view."
The event, which was organized by the private debating club Kitson, featured two ambiguous personalities.
Le Pen has avoided the blunt anti-Semitic remarks that gained her father his reputation. It was her idea to feature a girl who looks North African on the National Front’s election posters last year and to court suburban youths with the argument that those who did have citizenship would also benefit from the party’s flagship proposal to give the French priority over immigrants in everything from jobs to housing.
But her party did badly in the May elections, in part because Nicolas Sarkozy’s successful presidential campaign aggressively backed restricting immigration and bolstering national identity.
"I’m not the one obsessed with color," Le Pen said defiantly Monday before adding, "The National Front was in favor of French Algeria, remember ?"
Ramadan, meanwhile, has been described by his fans as a "Muslim Martin Luther" who is helping to midwife a modern European Islam and by his critics as a Islamist waging a covert war against Western values. Ramadan is a grandson of Hassan al-Banna, founder of the Muslim Brotherhood, which seeks to resist what it considers Western domination and to create an Islamic state.
Ramadan was barred from entering the United States on suspicions that he "endorses or espouses terrorist activity," an allegation he emphatically denies. He is careful not to call for violence. When he argues against the French law banning Muslim head scarves and other religious garb from public schools, he puts it like this : "It’s against human rights to ban it ; it’s against Islam to impose it."
There was one other thing Len Pen and Ramadan agreed on : Mainstream politicians who take a tough line on immigration, like Sarkozy, pose the biggest threat to Europe’s social fabric. Le Pen grumbled that they steal arguments and votes from the National Front ; Ramadan complained that they make Le Pen’s ideas acceptable to average voters.
Source : Herald Tribune