LES VASES COMMUNIQUANT
PAR ASSIA
L’économie globale est un monde d’anarchie, un monde sans règles,
sans lois, sans pactes sociaux. Un monde dans lequel les entreprises, les instituts financiers et l’ensemble
du secteur privé peuvent agir dans un environnement totalement dérégulé et soumis. Mais c’est aussi un
monde dans lequel les terroristes, les criminels et les trafiquants de drogue vaquent en toute liberté
à leurs occupations, et profitent d’énormes dividendes. Sur cette terre, 400 familles ont une fortune correspondant au revenu annuel de la
moitié de l’humanité, 2,6 milliards de
personnes disposent de moins de deux dollars par jour pour vivre , sous-alimentés , manquant de soins ,
d’éducation et de loisirs.. Les causes du terrorisme ne sont pas à rechercher uniquement dans le fanatisme extrémiste religieux mais aussi dans la pauvreté qui sévit dans le monde, dans
les pays aux régimes dictatoriaux, et le manque total de libertés et de démocratie,
notamment dans les pays islamiques.
L’ensemble des bouleversements que nous devons constater dans un cadre strictement national et
tunisien, est dû au fait que la politique et l’économie n’ont jamais eu de
fondements éthiques. Si elle ne repose pas sur des fondements éthiques, la politique devient inconstante, versatile et imprévisible. C’est pourquoi il est
nécessaire, que l’opposition à la dictature de BEN
ALI se penche en priorité sur la question de l’éthique et de la politique. Ce qui est déterminant dans notre cas précis,
et dans le combat contre la folie de ben Ali, c’est que la conception de
l’être humain que nous donne la morale humaine, c’est-à-dire la démocratie, se différencie de
l’image de l’être
humain véhiculée par
d’autres philosophies ou idéologies sectaires, comme celle des Talibans , des communistes ou de ce gauchisme
délétère et pernicieux , quand il n’est pas réactionnaire et
fascisant.
A la question de savoir quelles sont les bases nécessaires à une cohabitation ordonnée des
tunisiens dans leurs singularités, notre histoire nous apporte de nombreuses réponses, il nous suffit de respecter les règles fondamentales et républicaines, les différences,
les institutions et la constitution, pour ce faire.
La pauvreté engendre la criminalité, la barbarie et l’analphabétisme. Nous devons
être convaincus, nous devons comprendre que les conséquences, notamment financières, sociales et culturelles, d’une politique ultralibérale par exemple, sont plus lourdes que les coûts nécessaires au fonctionnement
d’un Etat social judicieux. L’être humain, le tunisien massacré par la dictature et le capital, ce sont les deux pôles que nous devons ramener à un
dénominateur commun, le libéralisme sans la spéculation ne
peut que favoriser la solidarité et la paix sociale. Toute autre démarche, tout concept politico-économique qui oublie les êtres
humains, et qui veut supprimer ainsi l’état social, est un non sens et nous
mène dans une impasse, droit dans le mur des déchirures et de la confrontation. Le deuxième critère important,
est que l’être humain est un être social. Il ne peut pas vivre sans les autres, donc nous devant travailler à réduire ce qui idéologiquement nous sépare,
et renforcer nos convergences au nom du bien général de la nation tunisienne. Pourtant la solidarité, par exemple dans les pages économiques des grands journaux de la mondialisation, est toujours problématisée. On disserte sur ce que
doit signifier l’amour du prochain dans un monde globalisé, mais on ne fait rien pour qu’elle prenne forme et domine les actions. Nous sommes tous les prochains de ceux qui sont dans la misére, en cela la Tunisie et les tunisiens doivent participer à la marche du destin commun de l’humanité, à leur niveau, juste en
donnant l’exemple à l’échelle de leur pays. La base de la solidarité de notre civilisation humaine
réside dans le devoir d’aider ceux qui sont dans la détresse. Aujourd’hui, on dit le
contraire: chacun doit veiller sur soi-même. En remettant en question la solidarité, on détruit aussi la substance
de notre civilisation