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16 mars 2011 3 16 /03 /mars /2011 13:40

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Il y a 28000 ans, nous disent les scientifiques, disparurent les derniers Néandertaliens, ou les Homo néanderthalensis, pour laisser la suprématie aux Homo sapiens. Depuis l’être humain semble stabilisé, et rien ne laissait présager l’apparition d’une nouvelle espèce humaine.

 

Or en 1992, après la chute du mur de Berlin et la disparition de l’Union Soviétique, Fukuyama a prophétisé la fin de l’histoire et la suprématie du dernier homme, l’Homo libérodémocratis, né quelque part en Occident et déjà dominant aux USA, qui verra triompher sa « démocratie libérale », son capitalisme, son veau d’or, ses plaisirs d’ivresse, et son non-sens. C’est le nouveau rêve américain, le nouveau patrimoine « génétique » qu’il faut semer « worldwide » pour le bien-être de l’humanité.

 

Les « attentats » de 11 septembre 2001 donnèrent l’occasion aux soldats homo libérodémcratis, les porteurs de cette nouvelle doctrine universelle, de se mettre en marche pour faire la guerre aux forces de « ténèbres » qui s’y opposent dans le monde musulman, et d’apporter à ces musulmans et ces Arabes cette démocratie libérale leur permettant enfin d’évoluer à leur tour pour rejoindre la modernité.

 

La coalition des Libérodémocratis envoya ses soldats en Afghanistan, puis en Irak, pour y concrétiser le rêve coûte que coûte, et en faire des bases de conquête libérodémocratiste. Plusieurs années plus tard, le rêve semble tourner en cauchemar.

 

En Turquie, un voisin de l’Irak, régna une version locale de démocratie libérale militaro-laïciste dont les USA furent contents. Sauf qu’une majorité de Turcs a résisté à cette évolution forcée, et depuis 2002 ce sont les Turcs musulmans patriotes qui dirigent le pays en résistant courageusement à toutes les pressions libérodémocratiste-militaro-laïcistes.

 

Les USA tentèrent alors une autre expérience : Instaurons la « démocratie » dans ce qui reste de la Palestine occupée et développons y les affaires libérodémocratistes avec la bande à Abbas. On aura enfin la « paix » des braves. Mauvaise pioche, car les Arabes palestiniens ont choisi les forces ayant des gènes résistantes à cette évolution.

 

Mais les USA et leurs alliés libérodémocratistes, notamment les Britanniques, avaient d’autres pistes dans le monde arabe qui pourraient aboutir à l’accomplissement du rêve américain. La plus importante, sans doute, et qui semblait bien engagée, était celle de l’Egypte.

 

Moubarak père, en fin de vie, allait bientôt être périmé. Son fils Gamal, ayant le passeport britannique et un parcours d’initiation à  « Bank of America » à Londres, et bien entouré par des hommes d’affaires libérodémocratistes, pourrait incarner l’évolution voulue, reprendre l’Egypte et accélérer le changement. Or comme on vient de le vivre intensément ces dernières semaines, le peuple arabe de l’Egypte n’était pas d’accord et l’a fait savoir, tout en couleur de son sang. Les Libérodémocratis US s’affolèrent et se replièrent sur un autre plan. Moubarak nomma alors un vice-président bien que ce n’était pas une demande du peuple !, il promit que ni lui, ni son fils, ils ne se (re)présenteraient pas aux « élections » présidentielles prévues pour septembre 2011. Mais même cette mutation mineure fut rejetée par le système immunitaire du peuple Arabe de l’Egypte. Les événements en cours  confirment que la révolution avance et consolide ses acquis. Les Libérodémocratis se pressent pour visiter « Midân at-Tahrir » au Caire, prononcer quelque belles paroles et faire bonne figure, mais le peuple n’est pas, n’est plus dupe. D’ailleurs il ne l’a jamais été.

 

En parallèle, il y avait une autre piste que d’aucuns pourraient trouver invraisemblable. C’est la Libye, non pas celle qui est en train de faire sa révolution, mais celle du clan Kadhafi. De même que chez les Moubarak, l’étoile montante chez les Kadhafi qui devait mener à bien le projet libérodémcratiste, c’était le fils Saïf al-Islam, un jeune brillant de 38 ans qui s’était fait attribuer le titre honorifique de « Young Global Leader » par le Forum économique mondial de Davos en 2006.

 

Saif al-Islam, nous raconte le « Guardian », a fait de longs séjours entre 2002 et 2008 dans une riche et prestigieuse banlieue de Londres, afin de préparer son doctorat à « London School of Economics » (LSE), une école qu’il a généreusement financée via la « Fondation internationale Kadhafi pour le développement » qu’il préside. C’est là, nous dit le Guardian, qu’il s’est approché des services de renseignements britanniques, le fameux MI6, pour initier les négociations aboutissant au démantèlement du programme nucléaire libyen en 2003, et permettant à la Libye de retourner au sein de la « communauté internationale » dominée par les Homo Libérodémocratis.  Aussi, durant cette période, Saif al-Islam a pu nouer des relations avec des personnalités influentes de la famille royale, politiques et financières, comme son ami Nathaniel Philip Rothschild. Le Guardian nous apprend également que le gouvernement britannique et la LES étaient aussi impliqués dans un programme de « Formation en Direction et en Management » pour 400 futurs dirigeants libyens.

 

Toujours au Guardian, on découvre, qu’entre 2006 et 2008, un cabinet de conseil US, le « Monitor Group », avait un contrat de plusieurs millions de dollars avec le régime de Kadhafi, afin d’améliorer sa réputation en Occident et de mettre l’accent sur l’émergence d’une nouvelle Libye. Mouammar Kadhafi devait être présenté comme un penseur et un intellectuel indépendant. Ce programme impliquait l’intervention de plusieurs intellectuels US qui devaient rencontrer Kadhafi et donner une image plus positive du régime dans les médias. On cite parmi ces personnalités des gens comme Francis Fukuyama, et surtout Richard Perle, le Prince des Ténèbres... Un autre document du « Monitor Group » propose de publier un livre pour promouvoir le dialogue autour des idées de Mouammar Kadhafi en tant que philosophie politique.

 

Le régime Kadhafi était de retour comme allié potentiel des USA et l’Occident. Un grand boulevard fut ouvert devant ce retour notamment après la libération en 2007 des infirmières bulgares et du Médecin palestinien, accusés d’avoir contaminé volontairement environ 400 enfants libyens par le virus VIH – on se souvient la médiation de notre première dame de l’époque, Mme Cécilia Sarkozy, suivi de la vente d’armes françaises à la Libye. Suite à cette évolution « positive » de Kadhafi, le Washigton Post a publié un article intitulé « La Libye de Kadhafi : Un allié pour l’Amérique ? », dans lequel l’auteur, Benjamin R. Barber, conclut :

 

« Cela semble nous échapper, mais sans dépenser un seul dollar, ou envoyer un seul soldat, les USA ont un partenaire potentiel dans ce qui pourrait devenir une démocratie émergente au milieu de la côte nord de l’Afrique. Ce partenaire possède des ressources vitales en gaz sans soufre et en pétrole, un littoral méditerranéen pur, une population musulmane non-islamiste, des capacités de renseignement cruciales pour la guerre contre le terrorisme. Kadhafi, par exemple, s’oppose ardemment à al-Qaïda du fondamentalisme wahhabite financé par l’Arabie Saoudite ».

 

Quelque quatre ans plus tard, Kadhafi père en chute libre, dans une dernière tentative pour gagner du temps afin de massacrer son peuple, confirme sa vérité en s’adressant au monde occidental dans une interview à la chaine turque TRT Television ce mardi 8 mars, pour lui dire que sans lui l’Europe sera envahie par les immigrés clandestins, et surtout qu’il est le garant de la stabilité dans la bassin méditerranéen, y compris pour l’Etat sioniste :

« Si Al-Qaïda réussit à s'emparer de la Libye, ce sera une catastrophe, alors la région toute entière, jusqu'en Israël, sera la proie du chaos ». 

 

Avec la fin proche de Kadhafi, les Homo libérodémcratis perdront un allié important qu’ils avaient réussi à dompter et à préparer sa relève. Leur rêve ne se réalisera pas. Les peuples arabes dont la révolution qui est loin d’être finie (ensemble, c’est la grande révolution arabo-musulmane, et non pas des révolutions arabes séparées), ne tomberont pas dans le piège des déclarations admiratives des représentants des Homo libérodémocratis. Nous ne sommes plus en 1916 quand les Arabes ont succombé aux chants de sirènes britanniques pour se révolter contre les Turcs, alors que ces Britanniques avec les Français se partageaient le Moyen Orient en signant les accords de Sykes-Picot. Depuis les peuples arabes et biens d’autres peuples, des Humains encore libres, ont bien retenu les leçons de l’histoire, les mensonges et les tromperies, ça ne marchera pas.

 

Les peuples ont changé et Allâh, dans Sa majesté, changera leur situation.

 

Yad-La-Joie

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