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RÉFLEXIONS POUR UNE STRATÉGIE


RÉFLEXIONS POUR UNE STRATÉGIE
Par
B
ILEL







Former un groupe délimitant un intérieur et un extérieur pour permettre à ceux qui se retrouveraient à ce noyau constitué de l’opposition tunisienne d'aller vers une cohérence commune. Dans cette collectivité théorique et pratique, une certaine dynamique doit être mise à l'oeuvre, qui mettrait chacun sur un pied d'égalité tout en intégrant des capacités et des nuances d'opinion diverses. Cette collectivité, que nous appellerons par commodité le pôle démocratique tunisien, avancerait au coup par coup, associant chaque fois ceux qui approuvaient l'action engagée, sans qu'ils eussent à être d'accord sur un « programme » ou une « plate-forme ». Mais bien entendu, si l'on proposait telle action à tel ou tel, c'était parce qu'on pensait avoir en commun avec lui, une volonté d’action et d’engagement, plus qu'un désir de réflexions intellectuels et de positionnement idéologique, qui trouveront leur heure en temps voulu, seulement à l’instauration de la démocratie et autres d’institutions solides qui garantiront l’alternative et l’alternance. Le pôle démocratique tunisien n'essayerait pas de se faire un nom, ni une surenchère pour acquérir des privilèges ou pour s’imposer de facto à la société tunisienne, il ne peut-être par sa diversité, car cette dernière est nécessaire à sa réussite, qu’une dynamique pour la mobilisation et l’affrontement radical avec le régime, son rôle prendra fin naturellement dés lors que chaque courant politique tunisien aura le droit à la parole. Nos actes étant notre signature, nous devons tout faire dans la transparence, tirer dans le même sens et s’en tenir à l’objectif commun, c’est une question de rationalité et de crédibilité. L'activité commune reposerait sur un consensus souvent vécu comme exaltant , mais d’une façon abstraite ou par procuration par les tunisien : la pratique démocratique , et à notre niveau , il est essentiel de faire la démonstration et de donner la preuve de notre aptitude à faire de la politique autrement que ben Ali et ses tueurs , aujourd’hui une nouvelle façon de faire la politique est possible , pour les tunisiens spectateur de leur propre vie , elle est vitale , il y aurait des choses à faire et à dire et on se comprendrait sûrement et souvent très vite , bien plus vite en tous les cas que dans le schéma du militantisme classique , cloisonné et à la merci des humeurs et des stratégies spécifiques des appareils. L'absence de vote, de juridisme, donnerait la sensation d'une activité proche de ce qu'on peut considérer comme celle d’un front de libération national dans le maquis, avec la considération intellectuelle et humaine en plus. La psychologie, la discussion sur les états d'âme et l'influence des caractères et des « problèmes » affectifs, seraient rejetés, l’enjeu étant trop important, il est nécessaire que ceux qui font l’engagement de ce collectif ne pensent et n’agissent que pour l’avènement d’une Tunisie libre, le reste sera l’affaire de tous les tunisiens qui j’espère auront le dernier mot.
Cette forme d'organisation classique qui a toujours fait la preuve de son échec en Tunisie est du pain béni pour la dictature, elle encourage l’irresponsabilité, l’attentisme, la peur, la soumission et le mutisme. Un texte critiquable pouvait être diffusé, une initiative néfaste prise, sans qu'on fasse les réserves ou les rectifications nécessaires, puisque ce on n'avait pas d'existence définie. Les individus les plus « actifs », ceux du moins qui nous étaient imposés par un pouvoir médiatique tunisien et étranger, était donc les moins contrôlés par l'activité commune (CNLT, LTDH ect…). Quant à l'absence de psychologie, si nous y songeons parfois avec mélancolie , chacun dans son coin , chacun dans son impuissance , en voyant dans quelle soupe baignent tant d'entre nous, en voyant combien les comportements caractériels ont pris de l'importance dans l'évolution ultérieure et dans les ruptures qui l'ont ponctuée, nous ne devons pas oublier que ce refus était en partie un aveuglement qui nous conduisait parfois à tolérer des comportements que nous ne devons plus supporter aujourd'hui.
L'absence de formalisme doit normalement nous empêcher de sombrer dans les maladies des sectes et des clans: sclérose doctrinale et organisation de l'organisation, le défaut des perspectives clairement définies, sur lesquelles on se serait mis d'accord après une discussion plus formelle, aurait l'inconvénient d'entraver la critique des activités, puisqu'on ne pourrait s'appuyer sur un accord formulé. Il est vrai que cet effort de formulation nous privera du concours d'une partie des éléments gravitant autour de la résistance tunisienne dans son sens le plus large, mais moi je reste d’accord qu’il vaut mieux un petit groupe discipliné et déterminé, compétant et intègre, qu’une masse d’individus hétéroclites et s’engageant avec parcimonie sur les sujets triés et qui les arrangent. Il n'est pas sûr que la dispersion par l’éclatement numérique sera un bien: nous y aurions peut-être gagné en précision, mais un foisonnement aurait été perdu, qui n'a porté ses fruits que plus tard, dans nos têtes et dans d'autres.





La clarification théorique et la confluence entre les membres du groupe constitué est essentiel pour la naissance d'un mouvement peu nombreux, mais cohérent, capable de se faire connaître et d'entretenir un minimum de relations agissantes avec l'expérience politique qui consiste à mobiliser le plus grand nombre de tunisiens autour d’une ou plusieurs idées d’actions ponctuelles mais efficaces car elles dérangent les habitudes du système dictatorial et oblige l’opposition classique à l’affirmation de ses prétentions sans aucune mollesse frilosité et autres calculs qui depuis si longtemps ont aseptisé toute forme de lutte ayant ou pouvant exister dans la société tunisienne . Nous avons sûrement raison sur la décantation en train de se faire, certainement aussi sur la formation de pôles capables de réflexion et même d’action, car l’immobilisme est notre pire ennemi, l’allié objectif de ben Ali et à la longue détruira tout sens critique et tout sens de l’honneur des tunisiens.

la résistance à toutes les offensives de la dictature, et les attaques contre ses bastions les plus solides sont possibles à condition de créer des instruments spécialement adaptés à ce genre de combat. La nature, l'organisation et le fonctionnement de cette résistance doivent donc répondre non pas au désir de mettre sur le papier un bel organigramme, mais à des nécessités précises et pressantes.
La première de ces nécessités était de bien mettre au jour les mécanismes de l'action culturellement et politiquement subversive transparente et plurielle parce que représentative des réalités tunisiennes contre la dictature, si l'on veut avoir quelque chance de s'y opposer.
Il fallait d'abord se libérer des images traditionnelles qu'évoquent les mots d’opposition « radicale »parce qu’elle est en échec, ou opposition collaboratrice parce que dés le premier jour cette dernière a fait la démonstration de sa nocivité et que son existence ne sert que d’alibi au régime de ben Ali, voire de cinquième colonne qui est souvent la cause première de l’attentisme et de l’amorphie de l’opposition « radicale ». A l'origine de la tradition révolutionnaire, on concevait la révolution comme un acte par laquelle peuple , sa majorité impose sa volonté aux politiques et aux courants idéologiques , or dans la situation tunisienne le décalage entre l’opposition et le peuple est aussi important , voire plus , qu’entre ce dernier et les maître. Du pays. Dans cette conception initiale, les conditions économiques du néolibérale et mafieuse imposés au pays , par ben Ali , sa clique de pilleurs et leurs complices internationaux , créent d'elles-mêmes une situation objectivement révolutionnaire, et les masses tunisiennes si elles étaient prises en main par un travail politique intelligent , par une communication active de toutes les instants finiraient par intervenir d’une décisive pour donner le dernier coup de boutoir à la citadelle ennemie, même sans les violences du grand soir.face à l’appareil répressif et rodé de cette machine de guerre de ben Ali, la subversion culturelle est un atout vital pour notre camp, qui consiste à créer délibérément ,de façon volontariste, dit-on souvent) les conditions psychologiques du renversement de la société bourgeoise.
L'objectif premier est de prendre main un groupe, quelles qu'en soient la composition et l'étendue (entreprise, université, profession, commune, etc. jusqu'à une société tout entière), non pas forcément en détenant la majorité au sein de ce groupe, mais en étant capable d'agir sur l'esprit, les sentiments, les comportements de la majorité. Par quels moyens ? Par la propagande directe que tout le monde peut voir, certes, mais aussi par des voies plus indirectes. Il s'agit essentiellement de faire perdre aux individus leur autonomie profonde, leurs armatures mentales et morales, leurs racines. Il faut pour cela les détacher de leurs valeurs traditionnelles, les amener à renoncer à leurs idées du bien et du mal, du beau et du laid, du vrai et du faux, de l'autorité légitime, de l'appartenance à une communauté historique, etc. Privés de ces armatures et de ces racines, les individus deviennent réceptifs aux slogans de la propagande, dociles aux mots d'ordre de contestation et de revendication, mûrs pour un changement de société.
C'est un travail d'agit-prop (agitation et propagande), qui se fait grâce à l'action, à tous les niveaux, d'agitateurs bien formés, qui ne sachent pas seulement provoquer des troubles, comme le mot pourrait le laisser croire, mais qui soient surtout capables de faire agir les gens dans un sens conforme à la stratégie du parti.
Action sur les esprits, formation des agitateurs : l'université est décidément un terrain de choix pour l'action subversive ainsi conçue.


                                                    ***

Ainsi.La résistance à toutes les offonsives de la dictature, et les attaques contre ses bastions les plus solides sont  possible à condition de créer des instruments spécialement adaptés à ce genre de combat. La nature, l'organisation et le fonctionnement de cette résistance doivent donc répondre non pas au désir de mettre sur le papier un bel organigramme, mais à des nécessités précises et pressantes.

La première de ces nécessités était de bien mettre au jour les mécanismes de l’action, culturellement et politiquement subversive transparente et plurielle,  parce que représentative  des réalités tunisiennes contre la dictature,  si l'on veut avoir quelques chances de s'y opposer.

Il fallait d'abord se libérer des images traditionnelles qu'évoquent les mots d’opposition «classique »parce qu’elle est en échec , ou opposition collaboratrice parce que dés les premiers jour cette dernière a fait la démonstration  de sa nocivité , et que son existence ne sert que d’alibi au régime de ben Ali , voire de cinquième colonne  qui est souvent la cause première de l’attentisme et de l’amorphie , l’apathie , l’inertie de l’opposition « classique » , et bien entendu et malgré tout résistante  .on doit concevoir la mobilisation résistante à la dictature comme un acte par laquelle le  peuple , sa majorité impose sa volonté aux politiques et aux courants idéologiques , or dans la situation tunisienne  le décalage entre l’opposition et le peuple est aussi important  , voire plus , qu’entre ce dernier et  les maîtres tyrans du pays , car ces derniers s’imposent à lui par toutes les manières , la confiscation , la désinformation et l’occupation des espaces  vidés par ses soin en utilisant la menace et la violence. Dans cette conception initiale, les conditions économiques de l’hérésie  néolibérale et mafieuse imposés au pays , par ben Ali , sa clique de pilleurs et leurs complices internationaux , doivent créer   d'elles-mêmes une situation objectivement révolutionnaire,à nous d’influer sur les événement et de mettre en branle une dynamique , simple , visible et lisible ,  et les masses tunisiennes si elles sont prises en main par un travail politique intelligent  , par une communication active de toutes les instants finiront par intervenir d’une, d’une manière ou d’une autre , mais certainement  d’une   façon décisive pour donner le dernier coup de boutoir à la citadelle ennemie, même sans  les violences du grand soi , plus que jamais les tunisiens sont à bout du rouleau.Face à l’appareil répressif et rodé  de cette machine de guerre de ben Ali,  la subversion culturelle est un atout vital pour notre camp, qui consiste à créer délibérément ,de façon volontariste, dit-on souvent) les conditions psychologiques du renversement de la dictature.

L'objectif premier est de prendre main un groupe, quelles qu'en soient la composition et l'étendue ( ce que les gens de nawaat essaient de faire  en ce moment va dans ce sens à mon humble avis , le problème reste en la circonstance la composition de l’équipe et surtout  l’homogénéité de sa démarche intellectuelle  et  diverses , à ce propos ,  un groupe déterminé et réduit  peut produire un travail considérable , cohérant , parce qu’il évite la dispersion et la surenchère inutile , tout doit être pris en considération et sollicité , entreprise, université, profession, ONG,médias etc. jusqu'à la société tunisienne  tout entière .Actuellement sur les satellites par exemple , il est possible de louer  des tranches horaires pour des transmissions radiophoniques qui toucheront la Tunisie , et les frais pour ce genre d’opération ne sont pas extraordinaires), non pas forcément en détenant la majorité au sein de ce groupe, mais en étant capable d'agir sur l'esprit, les sentiments, les comportements de la majorité. Par quels moyens ? Par la propagande directe, l’action directe et transparente (il est vrai que là, à ce niveau, l’anonymat, malgré le respect et la compréhension évidente qu’on peut avoir pour les anonymes et autres pseudos,  pose problème) que tout le monde peut voir, certes, mais aussi par des voies plus indirectes. Il s'agit essentiellement de faire perdre aux individus leur autonomie profonde qui frise souvent l’abandon et le renoncement, leurs armatures mentales et morales, leurs racines qui les poussent au fatalisme  et à une sorte de soumission  génétique quasi suicidaire. Il faut pour cela les détacher de leurs valeurs traditionnelles, les amener à renoncer, voire à mettre de côté,  leurs idées du bien et du mal, du beau et du laid, du vrai et du faux, de l'autorité légitime, de l'appartenance à une communauté historique, un clan, un courant, un parti  etc. Privés de ces armatures et de ces racines, les individus deviennent réceptifs aux slogans de la propagande, dociles aux mots d'ordre de contestation et de revendication, réceptifs à une prise de conscience somme toute évidente  et juste,  mûrs pour un changement de société qui les sortira, ainsi que leur pays, des ténèbres de l’arbitraire et du sous-développement.

C'est un travail d'agit-prop (agitation et propagande), qui se fait grâce à l'action, à tous les niveaux, des agitateurs bien résolus  et surtout conscient de la lourdeur de la tâche, qui ne sachent pas seulement provoquer des débats de fond, organiser des petites actions ponctuelles, comme le mot pourrait le laisser croire, mais qui soient surtout capables de faire agir les gens dans un sens conforme à la stratégie du groupe pour provoquer par petites mobilisations successives un effet boule de neige et une culture de l’engagement.

Action sur les esprits dans une stratégie simple  et résiduelle, qui sera lien formel  réaliste et convaincu des « agitateurs » ; pour cela,  le net  est décidément un terrain de choix pour l'action subversive ainsi conçue.

Le net tunisien   est apparu chez les jeunes  pour des raisons qui ne tiennent pas au simple hasard. C'est en effet la jeunesse qui a été depuis toujours le secteur le plus rudement attaqué par les dictatures successives, et elle a été, de tout temps,  en première ligne parce qu'elle offrait à l'offensive et au besoin démocratique de toute la population tunisienne un terrain de choix et un objectif stratégique de première importance.

L'importance stratégique de la jeunesse tunisienne  dans cette  entreprise de conquête de la société apparaît à l’évidence, il ne s’agit pas d'éviter le débat à ce sujet et surtout sa pertinence. Outre l'intérêt qu'elle représente en elle même en tant que grand acteur  de l'activité nationale,et de l’avenir du pays ,  elle exerce une influence qui s'étend bien au delà de ses limites. Elle a essentiellement en charge, tout simplement, le présent et le futur du pays. Pour tout  parti politique tunisien responsable et ambitieux , la jeunesse est donc à la fois un vivier où il choisit et forme les cadres et les militants dont il a besoin, et un centre de diffusion à partir duquel il fait passer ses idées , il est grand temps de donner à cette jeunesse la place et l’importance qu’elle mérite , la dictature essaie depuis toujours de la clientéliser , elle réussit dans peu de cas , mais la grande majorité de la jeunesse tunisienne n’est pas dupes des atermoiement et des magouilles de ben Ali , elle est  laissée en jachère à survivre dans le désespoir sans aucune organisation , le jour où cette force  sera organisée  pour répondre honnêtement à ses attentes et à celles du pays tout entier , cela sera la fin de la dictature , sur le long terme le travail d’un groupe comme celui de Nawaat ou d’autres groupe doit s’inscrire dans cette perspective vitale , mais avec toute transparence et simplicité  , sans aucune exclusion.

Si l'on considère les intellectuels et politiques tunisiens  des trente années qui ont suivi  « l’indépendance », on constate que pour la plus part, sans doute, ils ont généralement l'esprit de système : ils aiment les belles constructions abstraites et générales, même si elles ne tiennent pas compte des contraintes et de la complexité des faits. Beaucoup sont donc naturellement attirés par les expériences des autres peuples, dans lequel ils trouvent un système complet, universel, qui prétend expliquer tous les phénomènes économiques, sociaux, politiques, et qui en même temps, il leur donne l’illusion à ces tunisiens engagés, qu’il fournit dans l’absolu les moyens de modifier la réalité, de changer le tunisien et la Tunisie.Mais il ne faut pas se tromper de combat , l’avenir de la Tunisie ne pourra être qu’enfanté par notre histoire et notre mémoire collective , notre passé est riche de références et d’enseignements , et notre futur grâce à lui peut facilement s’inscrire dans le progrès et la civilisation humaine , sans d’autres drames ni déchirures inutiles


 

Ps :

Un autre groupe dont je tairais le nom pour l‘instant est très avancé dans un travail de rassemblement  des forces vives tunisiennes pour  combattre la dictature , ce groupe ,  quand on saura les noms de ses initiateurs et autres personnes qui le composent , en temps voulu ,  prouvera l’étendue de ses compétences , et la crédibilité de ses propositions et démarches.Je tiens personnellement à remercier la discrétion  , le sérieux et l’ouverture d’esprit des personnes qui nous ont contacté à ce sujet  et de la grande valeur morale et patriotique de leur initiative , la Tunisie et les tunisiens ont  vraiment plus que jamais besoin de ce genre de mouvement , d’organisation  , de volontarisme et d’engagement pour briser  l’engrenage et le cercle vicieux  où nous enferme la dictature de ben Ali.Nous sommes beaucoup à vouloir participer et à travailler pour changer les choses dans notre pays , et je suis sûr et certain que les volontaires ne manqueront pas pour répondre à ce genre d’opération de salut public ,  et de salut national.

 

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