Chronique d'une débâcle annoncée
Par
DERBALI
Que se soit partout ailleurs dans le vaste monde, ou plus encore dans d'atroces et rétrogrades dictatures comme notre chère Tunisie, la culture et l'art dans toutes leurs composantes doivent nécessairement, pour être crédibles, nobles, et participer à l'épanouissement du citoyen, véhiculer la réalité quotidienne et le libre choix majoritaire, le désir profond de la libération sociale et son déterminisme. Installer des espaces de résistance qui trouvent forcément leurs repères et puisent leurs énergies dans la reconnaissance publique et le plébiscite populaire, aux dépens des institutions étatiques obsolètes, mises au service du Parti unique et du fourbe Zinétron bey de Carthage. La culture et l'art peuvent fédérer et libérer le peuple tunisien, la fonction artistique aujourd'hui plus que jamais en Tunisie a besoin d'hommes de valeur et d'abnégation ; pas de médiocres fonctionnaires, des bénis oui-oui qui mangent à tous les râteliers, qui vendraient père et mère pour un passage-télé-radio ou une subvention de complaisance; la fonction artistique doit oeuvrer à la prise de conscience nationale; elle peut être l'élément essentiel pour dénoncer le conditionnement et la censure ; elle a un devoir d'assistance vis-à-vis des masses censurées, bâillonnées, abruties par la médiocrité ambiante qui règne sur tous les réseaux du Savoir et du progrès. Or, aujourd'hui, nos chevaliers de la culture et de l'art, honorés par des médailles en chocolat de Zinétron-le-mal-fini, se complaisent dans leur suffisance, dans leur lâcheté morale et intellectuelle, dans l'éloge pétasse et dégoûtante du fou de Carthage, dans la valorisation aveugle et débile du système honni, dans ces stratégies de fils de putes brutaux et ignares qui avilissent notre intelligence, dans ces crimes prémédités contre le peuple tunisien dans son ensemble.
L'art tunisien, du 1er au 7ème, est recalé dans la forfaiture et le vomi ; le film tunisien est tellement vide de sens qu'il ne vaut même pas le prix de sa matière première. Quel gâchis de temps, d'argent et de pellicules ; les sujets traités n'ont rien à voir avec la réalité des gens ; d'horribles montages de délires insipides qui ne valorisent ni le vécu ni les aspirations de la Nation. Pourtant, les sujets ne manquent pas en Tunisie. Au secours Pasolini, Godart, et Cie... Quel beau scénario, quelle geste révolutionnaire, ce père licencié de son travail pour activités syndicales, réduit à l'état d'animal, de légume qui, pour survivre, va essayer de vendre ses enfants au marché à bestiaux de Douz.
Fils de pute d'auteurs dramatiques, comiques de mes 2, voilà le mépris qui tient vos frères humains, la tête plongée dans la fosse sceptique de Zinétron. Voilà une oeuvre à la Zola, où êtes-vous artistes miliciens au service du despotisme et des ténèbres! Des citoyens qu'on arrête, qu'on torture, qu'on liquide pour délit d'opinion ! Même sous Staline, des artistes, des hommes dignes de ce nom, au risque de tout, ont osé dire NON, ont dénoncé l'horreur. En bref, chers artistes de foire du grand cirque du fumier Zinétron, des sujets à débattre, des oeuvres à accomplir dans le tragique, dans le comique, dans le risible, dans le sérieux, dans le respect de soi-même et des autres, en Tunisie ça se ramasse à la pelle, à tous les coins de rue, dans tous les caniveaux. A chaque mot que prononce l'immonde ordure de Zinétron, à chaque apparition de Leïla, la coiffeuse, ce médecin malgré elle, à chaque transaction financière des 7 familles, à chaque gros arrivage de bananes, de pommes, de pneus, de pièces détachées dans les ports de Tunisie.
Ce qui vous manque chers artistes tortionnaires en plus du talent, c'est la dignité et le courage. Vous êtes devenus des marionnettes baisables à souhait, des tubes digestifs, des oies qu'on gave, votre trahison vis-à-vis du peuple tunisien vous donne le droit de réclamer, auprès de vos maîtres penseurs, le gîte et le couvert et le salaire des Judas. Vous méritez tous les égards de ce grand artiste de la déconfiture qu'est Zinétron l'imbécile, vous êtes quand même et de loin, sa botte secrète, son coup bas, son arme la plus efficace : avoir survécu dans la diarrhée du prochain combattant suprême à vie. Ne craignez personne, affichez-vous où vous voulez, l'art et la culture tunisiens sont dans l'égout, et vous, vous n'aurez jamais de fins de mois difficiles.
Ps :à mes amis et mes frères les vrais artistes tunisiens , Mohammed Bhar , Chaker Limam ,Nahdi, Belgamrra et quelques autres…