Le Chaos et l’Instant.* Et le soleil qui n’est plus de son temps. La neige des étés, les torrents du printemps ! Quelle folie nous traîne et nous entraîne A tuer, à mourir, à détruire sans gêne ?
Le miroir du déluge d’hier le lendemain, L’histoire se répète du soir le matin. En mon cœur le chaos que la création guette, Délires du cosmos que mon histoire répète
L’univers échaudé et mes larmes glacées, Les signes de la fin tout juste commencée : Plus de saisons, plus d’ordre, plus d’horizon, Sans racines, sans mémoire, sans même de noms.
Et soudain... l’arbre qui invoque et l’étoile qui prie J’entends l’harmonie des sources de la vie Les tensions, les déchirures, les contradictions Envolées. Paix de l’instant, et Salâm est Son Nom. POEME DE TARIQ RAMADAN.
Foi, comme la liberté, la justice, la solidarité ne sont pas de l'ordre de la croyance, elles ne découlent pas de l'opinion. Elles sont la résonance de la complétude de l’Être, du moins pour l’être accompli, elles doivent l’être ainsi, il s’agit d’une question de principes et d’éthique, surtout sur le plan de l'engagement civique et politique. Elles doivent être une intuition profonde d'un accomplissement évident et conscient, être responsable et intègre au monde du devenir dans notre Tunisie mise en pièces doit couler de source dans toute la diversité de l'opposition à la barbarie de la dictature. Le sentiment intime que la vérité, la résistance et la dignité du combat, la valorisation de son humanité ne céderont pas la place ni à la peur ni au chaos de l’ignorance et de la brutalité, seront toujours pour beaucoup dans la dynamique de l'engagement des tunisiens, surtout les plus jeunes. Cette grâce est une conquête, c’est l’écho intemporel de l'absolu au sein du relatif, le relatif qui nous mène plus souvent qu’à notre tour, non pas au compromis, mais aux compromissions, à l'attentisme et à l'indifférence. Elle est le phare éternel servant de balise sur la voie du renoncement, beaucoup de tunisiens durant notre grande et unique histoire et jusqu’à Abbou, et quelques autres aujourd’hui, sont dans cet état d’esprit et cette plénitude. Aussi, pour eux et nous, nous devons , nous qui refusons les ténèbres et l’horreur du totalitarisme, apprendre et nous référer, quelques soient nos sentiments et nos différences, à leur exemple , Se convaincre pour convaincre et faire la vague que la liberté est un appel de l'intérieur ; elle est cette présence sereine et rassurante qui du cœur de l'Être invite à s'offrir à elle sans réserve, à s'abandonner corps et âme pour enfin nous embraser, de fierté et de béatitude, oui je suis consciente que ce que j’écris tient de la Foi avec tout ce que cela suppose de certitudes, oui je sais que la part du doute est souvent salutaire à l’esprit et à l’âme de celui ou celle qui veut se surpasser et surpasser les contingences, mais sur le plan personnel, il n’y’a que le Coran qui m’oblige, et lutter pour la liberté est à ce niveau un devoir, le premier et le plus fondateur, qui me fait aimer les autres, mes semblables frères humains, donc me rapprocher de mon créateur, je ne vois aucun paradoxe à la dévotion et à l’engagement en politique, ou dans la vie de la cité, d’être soi-même sans renier la différence des autre, l’essentiel c’est de faire la part des choses et de chercher dans la paix et la concorde de concilier, tout ce qui à priori semble inconciliable, peu de tunisiens sont aujourd’hui capables de s’inscrire honnêtement et courageusement dans cette démarche, pourtant , contre l'immoralité de la dictature, c'est notre voie et notre planche de salut, c'est dans l'esprit de la non-violence, et le choix de l'humanisme et des valeurs qui toujours seront l'unique et le dernier recours au genre, il suffit de relire notre histoire universel pour le constater. La plénitude ne réside pas autre part qu'en nous-mêmes, et à bien voir et analyser les choses, ce qui sépare les tunisiens et les fragmente, tient souvent de l’artifice, est beaucoup moins important que ce qui naturellement peut et doit les rassembler. La réalité impersonnelle, informelle, intemporelle, qui réside à la source-même du MOI tunisien, parce que l’éducation, l’histoire, les conquêtes, est en vérité plénitude, c’est cela qui doit nous ouvrir au progrès et à la tolérance, au vivre ensemble sans se renier, ni renier notre nature. Aussi ne s'agit-il pas d'ajouter quoi que ce soit à ce MOI pour connaître la félicité, pour avancer et aller vers l’essentiel, mais de le dépouiller, de le désidentifier afin que celui-ci apparaisse dans toute sa vacuité. Aussi, lorsque l'illusion d'être quelqu'un ou quelque chose s'évapore, se dévoile alors une conscience abyssale commune à notre véritable condition dans toute sa complétude. Cette réalité absolue qui constitue depuis toujours ce qui est accompli en soi est l'ultime refuge, l'axis mundi, l'espace infiniment présent où toute limite est abolie, ou toute quête est possible. La grande bascule dans le Soi n'est autre qu'un chavirement dans ce qui nous est le plus intime, le plus familier, et quoi de plus évident, que la liberté, la dignité et l’honneur, qui sont les seuls, vrais et uniques manques des tunisiens, et soient en premier lieu des conquêtes sur nous-mêmes. La demande de démocratie est le dévoilement à la fois bouleversant et évident de ce qui constitue notre réalité la plus vivante, la plus lumineuse, la plus fondamentale, notre réalité confisquée par les ténèbres, et flouée par nos manquements. A la lumière de cette révélation, au jour d’aujourd’hui la question "Qui sommes-nous ?" perd tout son sens, celle-ci correspondant au fait que nous ignorions l'impersonnalité et l'intemporalité de notre nature la plus essentielle, de nos fondements historiques et de nos attentes les plus évidentes. En d'autres termes, l'éveil est la réalisation du "nous sommes" dans toute sa pureté ; un "nous sommes, qui doit être pour nous tunisiens conscients et libres, malgré tout en parfaite communion avec l'instant présent qui, dans sa complétude, se suffit alors à lui-même, c’est l’acte fondateur de notre cohésion, et la mise en place et en route, d’une dynamique nouvelle à laquelle la dictature et le népotisme ne sauront pas contredire, ni par la violence assumée, ni par la désinformation et le mensonge. S'engager
J'ai toujours eu le sentiment que le discours idéologique opposé à la spontanéité de la majorité des tunisiens, engagés ou pas, aux immuabilités historiques et humaines, sociologiques et culturelles de la Nation tunisienne, était une dichotomie fausse et dangereusement réductrice. Dans un pays où nous avons tous été décentrés au profit de toutes sortes de pressions sociales plus ou moins puissantes, il semble qu'une vision de l’engagement qui transcende ces visions manichéennes ait un rôle important à jouer, je dirais même pour la question tunisienne qui dérive sans aucun horizon vers une effroyable déroute, que c'est le rôle le plus important.
De quoi est-il question en politique dans notre pays? Il est question à mon humble avis de profane de la relation entre le domaine des sens, des attentes, des rêves et des espérances et l'objet ordonné de leur perception, relation qui doit être envisagée comme une métaphore étendue des choix de vie possibles. Une politique véritablement expérimentale et progressiste n'est pas nécessairement une politique qui jongle avec des idées et des matériaux à moitié assimilés pour se faire la surprise de voir ce qu'il en sort, c'est plutôt une forme de discours vivant, qui offre, à chaque instant, de nombreuses voies possibles vers son propre futur, ce sont ces projections pragmatiques et apaisées qui font l’attente de la majorité des tunisiens. Nous sommes , et nous ne pouvons être, en tant que résistant à une dictature mortifère, qu’ une multiplicité, précisément pour échapper à l'opposition abstraite du multiple et de l'un, c’est justement ce qui tue l’opposition démocratique depuis toujours et qui rouille ses vérités, une multiplicité pour échapper à la dialectique et la démagogie ,pour une cohérence de combat, convaincue et volontaire, pour arriver à penser le multiple à l'état pur et accepter l’autre dans le partage des valeurs civilisées, pour cesser d'en faire le fragment numérique d'une Unité faible et sans aucune adresse, ou une Totalité perdue dans des combats d'arrière garde, mais au contraire l'élément organique d'une Unité ou Totalité en ordre de bataille qui a un objectif commun clair et lisible . Pour ma génération c'est encore difficile de se satisfaire du peu, pour elle la pluralité, le pluralisme politique sera toujours et à jamais à l'ordre du jour, car il est porteur de sa propre dynamique, alors différentes choses en découlent, on doit comprendre non seulement comment s'articulent les références du passé, mais aussi les implications sociales générales et culturelles singulières et différenciées, de la situation dans laquelle ils surgiront, se développeront et s'affaibliront effectivement, parce qu’elles n’auront d’autres choix que de se soumettre aux impératifs généraux, choisis et plébiscités par le peuple, c’est dans cette démarche, qui ne fera pas l’économie d’une nécessaire autocritique , que naitront les obligations et les pactes futurs entre toutes les singularités de l’opposition démocratique tunisienne. C'est une sorte de passage d'un état à un autre, où n'importent ni le début ni la fin, ni les blessures, ni les rancunes et l’absurdité des ego, mais, plutôt, le pas encore et le plus dont ils portent l'empreinte. Il ne faut pas être un grand visionnaire pour constater, que dans l’état actuel où se trouvent les consciences tunisiennes éveillées, que notre énergie s'investira pleinement dans des objectifs concrets dans la mesure où ils sont aptes à rendre visibles les forces qui agissent sur eux.
Aujourd’hui, tous autant que nous sommes, tunisiens tenus en échec par une médiocre dictature, nous perdons sans cesse nos idées. C'est pourquoi nous voulons tant nous accrocher à des opinions arrêtées, à défaut d'autres choses. Quand il suffit seulement que nos idées s'enchaînent , suivant un minimum de règles constantes, et l'association des idées n'a jamais eu d'autres sens, nous fournir ces règles protectrices, ressemblance, contiguïté, causalité, qui nous permettent de mettre un peu d'ordre dans nos idées, pas si éloignées qu’on le croit, de passer de l'une à l'autre suivant un ordre de l'espace et du temps, empêchant notre fantaisie, le délire, l’ego, le réflexe partisan, marchand de nous limiter aux mots d’ordre archaïques et passéistes, empêchant la manipulation et les jeux de rôle de la dictature qui nous ont toujours mené au malentendu et à la rupture. Aujourd’hui plus que jamais, que ce soit en Tunisie ou dans l’exil, on a peur de ce qui est. Mais qu’on le veuille ou non, la réalité est là, qui se rappelle à notre bon souvenir. L’organisation politique moderne est fort simple, ce sont les acteurs politiques qui sont d’une complexité souvent suicidaire. Mais, comme toujours, la simplicité n’est pas facile à accepter, tant il est vrai que l’on préfère, en général, la tranquillité des évidences, des concepts établis ou des poses intellectuelles. On se complaît dans ses pensées fades, où la virtuosité creuse la dispute à la surenchère plus ou moins innocente, et inconsciemment, nous faisons le jeu de notre mortel ennemi, qui lui, ne s’encombre pas de calculs ou de prévisions. Les incantations moralistes des donneurs de leçons, de cette armée de l’ombre qui a failli et ce depuis des lustres, broyée par les calculs et les compromissions, ne sont plus de mise, aucun tunisien n’est moral ou honnête et véritable, tant qu’il subit dans la peur et le mutisme, cet ordre abject et ce népotisme studieux. Pas plus que ce déluge d’eau tiède, où les bons sentiments le disputent aux pensées convenues. Disons le plus franchement, il suffit de ne pas se limiter au copinage et à son lot d’hypocrisie, l’intensité du présent tend à prévaloir sur tout discours partisan ou idéologique. L’instant est bien l’horizon dans lequel se reconnaît la créativité, l’engagement et le labeur quotidien du tunisien, quel qu’il soit, et pour dynamiser les consciences vers l’unique objectif valable pour tous, tous les tunisiens civilisés : la démocratisation de la TUNISIE, il est plus que temps de travailler sérieusement, et à tous les niveaux. Ainsi, parmi les tares conformes à un mode de pensée déphasé, il y a la stigmatisation de ce qui serait un réalisme socioculturel envahissant, le supposé choix vital entre une société occidentale absoute de toute malformation, naturellement civilisée et progressiste, et une société tunisienne qui a ses propres valeurs, valeurs considérés par une minorité de nocifs comme passéistes et rétrogrades. Comme ces appels, articles et autres invectivent sonnent creux, et ils nuisent plus aux tunisiens démocrates qu'à la dictature !ces médiocres maîtres penseurs usent la raison et encore plus les tripes. Incapables qu’ils sont, au nom d’une soi-disant moderne vision quelque peu datée, de saisir l’immaîtrisable viridité d’un idéal national en gestation depuis la décolonisation et qui dépasse toutes ces fausses contingences. Idéal qui, justement, est une réponse au retour du tragique et sa pérennité, le tragique pour le peuple tunisien arabe et musulman est le colonialisme, sa pérennitéla dictature. En effet, sans qu’ils en aient, forcément, conscience, les protagonistes denotre TUNISIE moderne et espéréeen gésine, ces forces barbaresen leur horreur, savent bien que la nation tunisienne, et les solidaritésqu’elle engendre, est un bon moyen de gérer une vie sociale faite de choses muables qui ne pourront jamais se compromettre avec leur népotisme.
*Un trés merci à mon ami TARIQ et à BOURDIEU par leurs oeuvres de me pousser humblement au questionnement.