Une des causes de la défaite des démocrates tunisiens et ce depuis l’indépendance, a été leur incapacité à gagner l’hégémonie idéologique (toutes ses versions démocratiques) dans la société tunisienne et à faire front à l’offensive que le néo-colonialisme a lancé sur le terrain contre les souhaits des peuples nouvellement indépendants. Les démocrates tunisiens , hier , pris sous le feu conjugué du néocolonialisme et de leur homme de main Bourguiba, n’avaient pas su montrer aux tunisiens que le choix politique qui leur était offert à ce moment là était un choix fondamental , cette déviance et cette tare mortelle persiste aujourd’hui dans ce morbide face à face entre une dictature de plus en plus violente aidée par les même néocolonialistes , et des démocrates complètement décalés du peuple, et enfermés dans leur camisole de force, réduits au paraître, des fois à l’usurpation , l’imposture, la forfaiture et à l’impuissance. Aujourd’hui pourtant le choix est simple pour les tunisiens , qu’il faut mobiliser autour de choses simples et transparentes , des choix clairs , de véritables choix de société : d’un côté , une société démocratique , humaniste , libérale et sociale avancée , protectrice des libertés ; de l’autre , une société totalitaire , lugubre , bureaucratique , dans laquelle on ne peut entrer qu’en se prostituant et en vendant son âme , mais dans laquelle on ne peut plus sortir que par le fer , le sang et très souvent les pieds devant. Et, à cette fin, la dictature a réussi à instrumentaliser plus de mouvements « culturels » qu’on croit. Souvenons nous , par exemple, de la collaboration de certains perspectivistes, quelques nahdaouis, quelques communistes, beaucoup d’arrivistes et d’opportunistes à l’infamie du 7 novembre 1987qui , dans un premier temps , ne sont pas du tout apparus comme des partisans de l’éradication et de l’autoritarisme benaliste ou ne se sont manifesté jusqu’à inspirer l’horreur, qu’au bout de quelques temps. Aujourd’hui, leur heure de gloire est passée : ils ont servis ! Cette profonde insuffisance idéologique des démocrates tunisiens tient, en fait, à une évolution culturelle forte ancienne. Depuis l’Andalousie et la décadence , sommes nous sortis de ce climat de profond irrationalisme qui fait que nos contemporains sont blasés , désabusés , attentistes et ne croient pas à la possibilité de comprendre la société pour la transformer ?franchement je ne vois as l’intérêt de prendre le train en marche et de s’absoudre de tout dans la confortable aliénation , à ce sujet même un esclave peut mourir heureux et idiot , des bons maîtres cela existe aussi , nous devons trouver notre propre voie , pas contre les autres , mais pour nous et refuser les faits culturels accomplis , sous prétexte que les dominations occidentales post guerres mondiales ont mis un terme à presqu’un siècle d’illusions scientistes , on veut renier l’idée même que notre société et notre civilisation pouvaient faire l’objet d’une connaissance objective ( ce qui ne signifie pas évidemment que l’on soit en mesure de parvenir à une conceptualisation achevée).Mais il ne nous faut jamais oublier que l’idée même que les mouvement de la société tunisienne puissent être connus comme phénomène social total a beaucoup régressé , par manque de volontaires , d’assiduité , d’engagement et de courage purement idéaliste. Il faut pousser à l’éclosion et à l’existence des intérêts sociaux en Tunisie suffisamment puissants et surtout suffisamment organisés , pour imposer leur développement à tous les acteurs de la vie politique tunisienne , et en premier lieu l’opposition démocratique ( j’ai lu quelque part , c’est récemment que je suis venue à la politique de mon pays , l’apparition d’une troisième opposition , j’ai lu les différentes interventions des uns et des autres , jeunes et vieilles générations , je trouve que son blocage , son déficit et sa disparition est dû au manque total de synergie , et à l’opportunisme de certains qui font du monopole du débat et de l’initiative un art de vivre , plutôt qu’une stratégie de combat). Aujourd’hui encore et de plus en plus, les intérêts sociaux qui prétendent investir l’espace politique tunisien brillent par leur incohérence, demeurent fragmentaires et contradictoires. Nos fondamentaux culturels qui se nourrissent d’histoire , la calamité de l’exotisme post colonial et touristique qui se repaît d’une ethnologie révisionniste et même souvent négationniste , les soucis gestionnaires des familles dévastées sur tous les plans , et ceux publics et privés , qui fondent cette économie de proximité , marginale de survie pour la plus part des tunisiens , l’art morbide de cette dictature de gouverner ce peuple opprimé, sont les vecteurs principaux d’une décadence et de sciences parcellisées. On atteint ainsi et bientôt une limite qui n’a été franche en si peu de tems en aucune société : une société ne peut promouvoir la connaissance scientifique ou autres, ses valeurs, son histoire, la culture de sa propre nature, de son ordre établi, de ses idées reçues, de sa dynamique inconsciente, que si la transformation de cette nature est l’objectif principal des forces qui dirigent cette société.