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CHRONIQUES ORIENTALES

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"Croisade" antiterroriste : la défaite de Bush 

 

Quelles réflexions vous inspire aujourd'hui la Coalition formée par les États-Unis pour entreprendre la guerre en Irak ?
La situation s'avère problématique pour les États-Unis. Tout en donnant l'impression de vouloir partir à terme d'Irak, ils renforcent leur contingent. L'attitude des Britanniques est particulièrement parlante. Tout en étant l'allié pro-américain occidental par excellence, c'est pourtant le pays qui insiste fréquemment sur le fait que les Britanniques seraient bien inspirés de quitter l'Irak. Cette attitude atteste des limites de la présence de la Coalition en Irak, mais aussi de certaines faiblesses, voire certains échecs, eu égard à la stratégie et aux ambitions qui avaient été affichées dans un premier temps. Plus grave, les Britanniques disent aujourd'hui : « Finalement, nous, dès qu'on peut, on part ». Lorsque, tôt ou tard, la Coalition aura effectivement quitté le territoire, le chaos auquel on assiste actuellement risque d'apparaître comme un épisode mineur par rapport aux menaces qui vont s'imposer par la suite à l'Irak. Parce que la stratégie de l'après-Coalition n'aura pas été pensée.
Malgré la mise en place d'un nouveau plan de sécurité en Irak, les actes de violence sont loin de s'estomper et la Coalition semble s'enliser. Quelles pourraient être les perspectives de sortie de guerre ?
Les perspectives de sortie de crise auraient dû être planifiées bien avant. Le grand tort des Américains est d'avoir agi comme s'ils étaient les seuls acteurs capables d'orienter la situation en Irak. Ils n'ont rien fait, du moins pas grand-chose, pour que des acteurs tiers, notamment l'ONU, puissent avoir un rôle positif dans le sens, non seulement de la sortie de crise, mais aussi de la reconstruction de l'Irak et de son avenir. Le fait que l'Amérique ait décidé d'attaquer l'Irak, pour de mauvais motifs de surcroît, pour se retrouver dans la situation actuelle est une catastrophe en soi. Il leur sera très difficile d'asseoir pacifiquement et positivement une nouvelle donne en Irak. La seule solution de sortie de crise disponible, c'est la consolidation institutionnelle, par la voie parlementaire. Sachant que les seules perspectives actuelles sont celles d'une fédéralisation de cette République d'Irak, c'est-à-dire une séparation de facto entre Kurdes sunnites et chiites. Dans le meilleur des cas, on assisterait à une sortie de crise positive si ces communautés acceptaient leurs différences et l'autorité d'un gouvernement central. L'hypothèse la plus redoutable serait une implosion de l'Irak après le départ des Américains, prélude à l'explosion. Car si l'Irak implose, les dégâts collatéraux seront inéluctables.
Quels sont les signes qui laissent entrevoir cette implosion ?
En termes de risques effectifs, il y a l'opposition sur le terrain entre groupes sunnites et chiites. Forcément, quand vous dites sunnites et chiites, vous pensez aux puissances et aux acteurs de la région. L'Arabie Saoudite estime que l'Iran est en train de capitaliser sur les chiites en Irak et a fait savoir récemment que si les États-Unis quittaient l'Irak, les Saoudiens ne laisseraient pas les sunnites à leur propre sort, et iraient au secours de leurs frères. S'agissant des puissances situées à l'extérieur de la donne irakienne, deux possibilités : soit elles interviennent à l'intérieur de l'Irak, - ce qui signifie une régionalisation du conflit -, soit elles laissent les acteurs des violences en Irak « faire des bébés » dans la région. Les germes de cette donne irakienne restent encore contenus pour l'instant. Mais l'exacerbation communautaire interirakienne et ses répercussions transnationales semblent inscrites dans la logique des choses.
Certains pays arabo-musulmans qui avaient soutenu la Coalition, s'estiment aujourd'hui « floués » par les Américains. Peut-on craindre un raidissement de leur part vis-à-vis des États-Unis ?
Vous pensez à la Libye dont les positions ont évolué en fonction de la situation irakienne. Après un assouplissement évident, en décembre 2003, de la Libye vis- à-vis des États-Unis, la période d'après l'invasion de l'Irak a conduit à une forme de désenchantement du colonel Mouammar Kadhafi. Par ailleurs, le Guide libyen constate qu'après avoir renoncé à ses ambitions nucléaires, il n'a pas obtenu, surtout de la part des États-Unis, les compensations attendues, qu'elles soient d'ordre économique ou politique. C'est en cela que la Libye se sent flouée. Certains États qui, paradoxalement, sont les plus proches alliés des États-Unis - Jordanie, Arabie Saoudite, Égypte - se montrent encore plus critiques, car ils ont peur pour leur avenir. Les Saoudiens craignent de voir les chiites suivre l'exemple irakien, et entretiennent un fantasme selon lequel les chiites pourraient faire allégeance aux Iraniens. Or les chiites sont concentrés sur les zones riches en pétrole de l'Arabie Saoudite. La crainte de la monarchie sunnite wahhabite saoudienne, c'est de les voir faire sécession sur le territoire et s'accaparer le pétrole, ce qui réduirait les sunnites à un total dénuement.
Cette crainte peut-elle amener l'Arabie Saoudite à durcir sa position vis-à-vis des États-Unis ?
Oui et non. Un fait nouveau s'est produit fin mars au sommet de la Ligue arabe à Riyad. Le souverain saoudien a appelé les Arabes à s'unir, tout en estimant que la situation en Irak est une occupation illégitime. C'est presque une révolution de la part de l'Arabie Saoudite, qui a toujours privilégié le panislamisme sur le panarabisme dont il s'est toujours méfié. Les Saoudiens constatent que l'islamisme politique est en pleine expansion, et la plupart des populations du Moyen-Orient s'identifient à un islamisme chiite. Donc, pour l'Arabie Saoudite, il est plus payant et efficace de jouer la carte du panarabisme, sachant que d'autres ont déjà capitalisé sur l'islamisme. C'est à l'aune de ces bouleversements inédits qu'on peut comprendre les craintes qui pèsent sur certains pays. Mais tout cela ne signifie pas que les Saoudiens sont en train de jouer la rupture vis-à-vis des États-Unis. Au contraire, c'est une manière de dire aux Américains : nous voulons de bonnes relations avec vous, mais à condition qu'elles soient basées sur des principes qui garantissent nos avantages acquis et nos intérêts.
Comment expliquer le silence des pays arabes dans le bras de fer qui oppose Washington et Téhéran à propos du dossier nucléaire ?
La plupart des gouvernements arabes ne veulent pas aller à l'encontre de leurs opinions publiques. L'une des cartes jouées par l'Iran, c'est la question israélienne et les sentiments liés au judaïsme. La crainte est réelle chez les dirigeants arabes de voir cette stratégie iranienne susciter une forte adhésion au sein de leurs populations, quelles soient sunnites ou chiites. Ils ménagent donc leurs critiques vis-à-vis de l'Iran, afin de ne pas heurter une partie de leurs populations. Par ailleurs, il est à préciser que ces pays, les pays du Golfe en général, l'Arabie Saoudite en particulier, redoutent un leadership de l'Iran au niveau régional, qui serait contraire à leurs propres intérêts stratégiques.
À quelques mois de la fin du mandat de George W. Bush, quel bilan tirer de la lutte contre le terrorisme ?
La guerre contre le terrorisme de Bush a montré ses limites. L'Irak qui devait être l'une des étapes pour l'éradication du terrorisme, en est devenu aujourd'hui un vivier. Al Qaida a pignon sur rue en Irak et y est très actif. Même si les mesures sécuritaires dans la lutte contre le terrorisme sont nécessaires, la menace s'est amplifiée. Et je vois mal, d'un point de vue occidental, comment un discours « sécuritaire » pourrait produire un effet vis-à-vis d'un Ben Laden qui a des opinions bien arrêtées sur ces différentes orientations. Mais, si on ne peut changer Ben Laden, on peut par contre empêcher des gens de le rejoindre. Il faut leur apporter des réponses ou des arguments politiques. Or, les États-Unis ont évacué les perspectives politiques et ont privilégié les options militaires. Résultat, la légitimation par beaucoup de gens de la stratégie d'Al Qaida et de Ben Laden, ou la tentation pour certains, issus du monde musulman ou non, de rejoindre les rangs du mouvement terroriste. Et ce, pour combattre non seulement les Américains, mais, in fine, une certaine idée de l'Occident. La stratégie de Bush n'a pas résolu le problème du terrorisme et a finalement accentué les risques d'un choc des civilisations. Cette administration américaine, tellement éloignée de la culture politique d'un Bill Clinton, aura été la plus contre-productive dans le contexte des affaires internationales. On n'a jamais été autant confronté à des malentendus au niveau international. Cette administration a été tellement arrogante, peu respectueuse de ses partenaires à l'international que son successeur, quel qu'il soit, aura toute latitude pour récupérer la donne, pour rattraper le coup et montrer que les méthodes Bush appartiennent au passé...
Barah Mikaïl par Lucien Ahonto / Continental Magazine / mai 2007
 
L’internationale de l’islamisme ? un mirage 

 
 
Les attentats qui ont frappé le Maroc et l'Algérie ne sont pas la conséquence d'une stratégie coordonnée des groupes islamistes de ces pays sous l'égide d'Al Qaïda. Plutôt un mal national.
A vingt-quatre heures d'intervalle, des attentats suicide ont frappé le Maroc et l'Algérie. Il y a trois mois, c'est en Tunisie qu'avaient lieu des affrontements armés entre la police et des islamistes. Dès lors, une question, source de grande anxiété s'empare des esprits. Le terrorisme est-il en train d'imposer son agenda au Maghreb ? Les groupes islamistes armés peuvent-ils y établir leur pouvoir par des actions concertées ? Cette zone risque-t-elle de devenir une base arrière d'Al Qaïda aux portes de l'Europe, fragilisant encore un peu plus la sécurité du continent ?
Face à cette situation, il y a deux erreurs d'analyse à éviter : nier la réalité de la menace en serait une. Mais sombrer dans le catastrophisme n'est pas de mise. La Tunisie est présentée comme un modèle de stabilité, même si l'inquiétude des responsables grandit. Le Maroc va voter en septembre. Le pays est considéré comme stable et paisible, malgré des zones d'extrême pauvreté. Casablanca avait été durement touché en mai 2003 et un attentat a eu lieu en mars 2007. L'Algérie, où des élections législatives se tiendront en mai, semblait sortir peu à peu des horreurs de la guerre civile. En frappant le siège du gouvernement au cœur d'Alger et en faisant 33 morts et 222 blessés, les terroristes ont voulu démontrer qu'ils conservaient une grande capacité de nuisance.
Pour autant, il n'y a pas de coordination stratégique des mouvements terroristes. Certes, le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) s'est rebaptisé en septembre dernier Organisation d'Al Qaïda au Maghreb. Mais il s'agit plus d'échanges de service que d'amplification de la menace. Le GSPC bénéficie du prestige de la " marque " Al Qaïda, et celle-ci s'attribue des coups d'éclats d'un groupe déjà existant. Les groupes armés en Algérie se cachent dans les montagnes et sont constitués de combattants aguerris. Depuis quinze ans qu'ils mènent des actions armées, ils ont créé des dégâts terribles en Algérie, mais n'ont jamais fait vaciller le pouvoir. Au Maroc, les salafistes recrutent dans les quartiers déshérités et laissés à l'abandon par l'Etat, et de ce fait le lien d'allégeance avec lui sont de plus en plus distendus.
L'appel a un Djihad global est donc la couverture d'actions de groupes différents dont les racines et le fonctionnement sont nationaux, au-delà de références idéologiques communes.
Face au terrorisme, le risque zéro ne peut pas exister. Les services de sécurité des pays du Maghreb sont loin d'être inefficaces mais ne doivent pas relâcher leurs efforts. Les régimes de la région commettraient une erreur en concluant que l'élévation de la menace terroriste doit les conduire à stopper les réformes en cours, politiques et sociales. Il leur faut au contraire, au nom même de la lutte contre le terrorisme, accélérer les ouvertures démocratiques et renforcer très nettement la lutte contre la pauvreté. Afin de détruire l'un des terreaux dont se nourrit le terrorisme.
Pascal Boniface / Challenges / 19 avril 2007
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Le printemps du Liban contre l’axe usraélien
Jacqueline Amidi
03/06/2007
http://www.effedieffe.com/tasti/img/bey1.jpg
Beyrouth: la manifestation du 1er décembre 2006, organisée par l’opposition guidée par le général Michel Aoun et sayyed Hassan Nasrallah
Beyrouth, 31-5-2007 - George Orwell écrit un jour: «En ce temps de duperie universelle, dire la vérité est un acte révolutionnaire».
Il suffit de parcourir les journaux – de gauche ou de droite, si on en distingue encore la différence! – pour se rendre compte qu'il s'agit sans vergogne de proxénétisme médiatique.
Et les télévisions?
Des lupanars qui turbinent sur le trottoir de la globalisation.
L'information est dictée par le «Grand frère» et partout on a droit désormais aux mêmes nouvelles, formulées avec les mêmes termes et le même ton. Un tapage et un rabattage de médiatisation totalitaire en somme, une vraie politique de terrorisme qui constitue à proprement parler la désinformation.
Les sacro-saints journaux télévisés sont avalés, ruminés et digérés sans scrupule! La masse s'engraisse en liesse des bassesses, mensonges et vulgarités proférés par tous les mass média.
Tout semble bien aller vers le pire!
«Ça va!», criait le diable victorieux dans la chanson de Jacques Brel. (1)
 
Du temps de la guerre froide, les deux pôles USA-URSS se tenaient à distance, se scrutaient, s'évitaient, se pointaient et se relâchaient. Et avant de se frotter, ils prenaient bien la peine de raisonner, se mesurer, s'équilibrer et se calmer. Car une guerre n'est pas un jeu d'enfant!
Mais depuis la chute de l'URSS, place libre à la dictature américaine: on décide allègrement guerre par ci, extermination par là, destruction et mort de n'importe quelle nation.
Depuis 1991 USA la faucheuse n'a plus retenu son appétit de larmes et de sang.
Aujourd'hui la Russie s'éveille et se renouvelle, après la longue léthargie qui suivit la chute du totalitarisme communiste.
Il était temps de reprendre quelques éléments d'équilibre, au niveau de la politique internationale! Peut-être aurait-on enfin droit prochainement à des temps plus humains et pacifiques.
Le contrepoids d'une Russie nouvelle au gangstérisme global israélo-américain, et peut-être même un contrepoids chinois, rééquilibreraient alors dans une certaine mesure les pouvoirs entres les états et les forces géopolitiques. Il serait temps.
 
1. La machine de l'agression et son grain de sable
Aujourd'hui la machine usraélienne de l'agression, de la destruction et de la terreur est prête à être lancée à nouveau contre le Liban et le Moyen-Orient.
Mais chaque machine, tôt ou tard, a son grain de sable pour la mettre en panne.
Et grâce à Dieu, l'acte révolutionnaire de dire la vérité est encore un vent qui enfièvre les esprits qui combattent la duperie universelle.
Leur devise: le vrai, le bien et le beau. La passion pour la justice est leur arme.
Le Liban est en train de vivre actuellement sa période la plus périlleuse et décisive.
Le monde a décidé de le rabattre encore, ce vieux Cèdre, afin de lui interdire toute possibilité de liberté et de renaissance.
Mais le voici pointer, le premier grain de sable (grand et fort, en réalité, comme une montagne): la manifestation tant attendue et voulue du peuple libanais, qui a commencé le vendredi 1er décembre 2006.
La majorité du peuple, guidée par le général Michel Aoun et sayyed Hassan Nasrallah, décide alors de tenir les rênes des événements, manifeste massivement depuis des mois son opposition et livre son combat:
A. contre ceux qui veulent continuer dans la même politique de corruption, de concessions et de trahison;
B. contre le gouvernement anticonstitutionnel de Fouad Siniora et ses alliés, des filous qui ont fait du Liban leur propriété privée, prenant le peuple en otage, troquant notre sort contre leurs louches intérêts de vieux mafieux.
Le sit-in ne s'est pas arrêté d'un jour, depuis lors. Et ne doit pas s'arrêter.
Qu'on chasse cette vieille carcasse décrépite de la malencontreuse politique libanaise moisie et putréfiée! Et que l'ère de la justice et de la légalité prenne l'envol!
 
Ce premier décembre 2006, on peut dire qu'il fut le début du véritable printemps libanais. Printemps de l'unité libre et souveraine du Liban. Unité en marche victorieuse depuis mars 1989, date du début de la «Guerre de libération» conduite par le général Michel Aoun contre l'occupation syrienne. Marche qui s'est poursuivie en juillet-août 2006, date de la défense et de la victoire du Hezbollah et du Liban contre l'agression israélienne. Marche qui se poursuit toujours, sous la conduite du général Aoun et de sayyed Nasrallah.
 
2. Qui est l'opposition?
Qui sont ceux qui manifestent contre le gouvernement?
Tout d'abord, le sit-in qui se déroule encore aujourd'hui dans les deux places du centre de Beyrouth – Place Riad Solh et Place des Martyrs – n'est pas exclusivement organisé par le Hezbollah, comme disent les médias occidentaux.
Mais aussi:
A. par le Courant Patriotique Libre (CPL), parti du général Michel Aoun;
B. par les Marada, maronites du Nord du Liban fidèles à la famille Franjieh, représentée aujourd'hui par Sleimane Franjieh, petit fils de l'ancien président de la République libanaise;
C. par les sunnites ayant à leur tête Omar Karameh, ancien premier ministre et député, actuellement leader de Tripoli, et Oussama Saad, député de Saïda;
D. par les druzes de l'émir Talal Arslan.
Que demandent-ils tous ces libanais, toute communauté confondue (d'ailleurs tout le mouvement représente une entente purement politique et n'a rien à faire avec des questions confessionnelles)?
Ils demandent la chute de ce gouvernement qui s'est approprié des fonctions qui ne lui reviennent pas.
Ces collabos des ennemis usraéliens du Liban – qui se font appeler anti-syriens et qui jusque hier encore miaulaient sous la botte syrienne – ces serviteurs de plusieurs maîtres, ces marionnettes qui représentent le régime actuel, sont une minorité qui s'accroche au pouvoir sans tenir compte de la volonté électorale du peuple, et qui veut absolument poursuivre dans son existence illégitime et anticonstitutionnelle.
Les manifestants demandent donc la chute de ce gouvernement et la formation d'un nouveau gouvernement d'unité nationale, qui devrait promulguer une nouvelle loi électorale selon laquelle se dérouleraient les élections législatives pour élire un nouveau parlement qui à son tour élirait le nouveau président de la république.
C'est alors qu'on pourrait parler d'une vraie démocratie, et non de celle, factice, qui nous est imposée, à la Bush.
 

3. Qui est le général Michel Aoun?
 
Le général Aoun est le seul homme politique libanais à avoir combattu l'occupation syrienne du temps où il était à la tête de l'armée libanaise, puis quand il était chef du gouvernement et enfin durant son exil. Lui, le vainqueur de la prodigieuse et héroïque bataille de Souk el Gharb en mars 1989 contre l'armée d'occupation syrienne. Lui, l'âme du Liban rebelle durant la "Guerre de Libération".
Quand à la fin du mandat présidentiel d'Amine Gémayel ce dernier lui confia un gouverne-ment transitoire, le 22 novembre 1988 (fête de l'indépendance libanaise), le général Aoun s'exprimait en ces termes:
«[...] Libanais, Nous voulons recouvrer une patrie avant toute chose. Le temps est révolu où l'on reculait devant l'annonce de ses convictions. Elle est terminée cette politique du mensonge réciproque et de la profanation des valeurs les plus sacrées. On nous a assez méprisés et leurrés, et nous leur avons suffisamment emboîté le pas en nous méprisant nous-mêmes, en négligeant nos intérêts et en nous désistant de notre volonté [...]».
«En toute simplicité, sincérité et détermination, nous exigeons notre droit. Nous voulons notre droit à une patrie entière [...]».
«Notre terre, notre peuple et notre dignité ne sont pas des marchandises à vendre ou à hypothéquer dans un quelconque marché régional ou international. [...] Nous déclarons notre volonté d'investir toutes nos capacités et nos relations fraternelles et amitiés internationales dans l'objectif de la libération de notre patrie et de mettre un terme à l'humiliation de notre peuple. Comme nous déclarons que nous résisterons politiquement, économiquement et militairement à toute occupation et atteinte à notre souveraineté sur notre territoire».

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L'affiche qui annonce la signature du livre du général Aoun «Une certaine vision du Liban»

Déjà on devine de son discours combien il devait déranger les ennemis du Liban, parce qu'il parlait de libération et de résistance. Et le peuple s'enflamma, l'appuya, l'adopta et lui fut fidèle.
Fidèle encore aujourd'hui.
Les convoque-t-il à une manifestation?
Une marée humaine accourt. Dès le début, à chaque discours adressé à ce peuple qu'il aime plus que tout, il engage son allocution par «Grand peuple du Liban!».
Et jusqu'aujourd'hui, chaque jour, il redit les mêmes vérités et confirme ses programmes sans y avoir changé un iota, tandis que le gang de traîtres minoritaires (qui se disent "majoritaires", forts de la loi électorale imposée par les syriens et surtout s'appuyant sur les tricheries électorales éhontées desquelles ils ont quand même eu besoin pour pouvoir s'affirmer) changent de masque et quémandent les trente deniers aux portes de toutes les ambassades des pays complices des agresseurs du Liban.
 
Voici le discours du général Aoun le vendredi 1er décembre 2006, journée de l'immense mouvement de protestation organisé par l'opposition libanaise et soutenu par la majorité du peuple libanais, plus déterminé que jamais:
«Grand peuple du Liban!»
«En ces moments historiques, je m'adresse à vous dans une atmosphère pleine d'espoir et non d'appréhension, car nous avons la conscience tranquille et nous cherchons à atteindre nos objectifs nationaux de façon à garantir la sécurité, la souveraineté et l'indépendance de notre patrie. Aujourd'hui, nous concrétisons ensemble les concepts nationaux et éthiques qui ne sont plus des slogans creux mais une réalité vécue dans chaque maison et dans tous les cœurs. Nous consolidons aujourd'hui l'unité nationale qui est devenue un mode de vie que nous choisissons pour l'avenir». [...]
«Nous avons suffisamment de détermination, de patience et de sagesse pour chercher à obtenir le retour du fils prodigue à ce grand peuple qui n'aspire qu'à unifier tous ses fils». [...]
«C'est une honte de faire des distinctions entre les Libanais sur des bases confessionnelles. Nous nous sommes réunis sous la bannière nationale et nous en sommes fiers sans aucune honte à ressentir devant le monde entier». [...]
«La décision libre est de nous rencontrer entre libanais et par l'entente sur la politique intérieure, la politique étrangère et celle de défense, nous obtenons notre libre décision et cela ne peut se faire que par l'entente des Libanais sur la politique intérieure, la politique étrangère et la politique de défense du pays». [...]
«Nous comptons préserver nos amitiés et établir des liens d'amitié avec tout le monde, à l'Est comme à l'Ouest, à condition que ceux-ci respectent notre volonté nationale et nous laissent décider de nos questions internes».
«Nous considérons que tout appui au gouvernement Siniora de quelque État qu'il vienne n'est point un soutien amical mais vise à provoquer des confrontations au sein de la société et que le complot vise le Liban et son unité nationale». [...]
«Nous souffrons aujourd'hui d'une marginalisation systématique et certaines parties au pouvoir veulent provoquer une atmosphère de confrontation que nous ne cherchons pas. Nous autres, nous sommes ouverts au dialogue et nous cherchons toute accalmie qui nous conduirait à une unité nationale où tous les libanais participeraient à l'élaboration de ses décisions. [...]». (2)
 
Mais déjà en janvier 1989, lors de la rencontre à Tunis avec six ministres arabes, quand ces derniers lui demandent quelles étaient ses intentions quant à ses projets de réformes politiques à effectuer au Liban, le général répond:
«Je suis personnellement avec toutes les réformes auxquelles consentirait librement le peuple libanais. Je ne suis pas ici pour représenter ou remplacer une partie ou le tout du peuple libanais. Depuis 1972, il n'y a pas eu d'élections au Liban. Assurons des élections libres au Liban et nous aurons tous à nous plier au verdict populaire. Pour cela deux conditions préalables, imposées par la nature de la situation sur le terrain, sont à remplir. Il faut procéder au désarmement des milices et au retrait de toutes les forces non-libanaises du territoire libanais. L'armée pourrait s'apprêter à assurer la sécurité sur tout le territoire libanais et une commission de l'ONU et de la Ligue arabe pourra superviser le déroulement du scrutin. Si vous pensez que je suis ici au nom des chrétiens libanais, détrompez-vous, je ne porte pas ce mandat. Je suis le chef d'un gouvernement libanais légal et constitutionnel, j'assume mes responsabilités et mon devoir».
Il est évident qu'après de telles déclarations, le général Aoun – pour les ennemis du Liban: USA, Israël et Syrie – était désormais l'homme à abattre. C'est quelqu'un qui leur met les bâtons dans les roues, leur trouble-fête.

Durant la «Guerre de libération» contre l'occupation syrienne, en 1989, quand désormais il était clair que la Syrie, appuyée par la politique israélo-américaine (avec la complicité de certains pays arabes, dont toujours l'Arabie Saoudite), acheminait le Liban vers sa disparition et son anéantissement, le général Aoun, dans un mélange de vérité amère et d'humour, expliqua aux libanais la situation en ces termes:
«On nous convoyait dans un cercueil vers notre dernière demeure. Et nous avons soulevé le couvercle, leur criant que nous étions toujours vivants».
Et d'ajouter: «Nous comptons sur nous-mêmes uniquement. Nous sommes dans une situation de légitime défense. Les forces syriennes occupent notre pays et nous attaquent à l'intérieure de nos frontières. Nous combattons l'armée syrienne sur notre territoire et pas en Syrie. C'est notre droit le plus élémentaire».
Accuser aujourd'hui le général d'être un "prosyrien"?
Accuser aussi d'être "prosyrien" le peuple qui le suit?
Le général Aoun est le seul homme politique libanais à avoir le plus payé à cause de son combat acharné contre l'occupation syrienne, qui prit fin en avril 2005.
Et il a subi 14 ans d'exil.
Et il est le seul, avec la majorité du peuple qui l'appuie, à payer encore.
Pas à cause de la Syrie, qui désormais s'est retirée du Liban, mais à cause des vieux vassaux de la Syrie: cette même minorité qui aujourd'hui – illégitimement et anticonstitutionnellement, avec un style typiquement mafieux – veut "gouverner" contre une majorité du peuple libanais qui n'en veut pas.
 
4. Qui est le Hezbollah?
 
Comme le déclare le député britannique George Galloway, le Hezbollah «n'est pas une organisation terroriste, c'est Israël qui est un État terroriste. [...] Le Hezbollah fait partie de la résistance nationale du Liban et essaie de repousser Israël – ayant repoussé avec succès la plupart des israéliens de leurs terres en 2000 – du reste de leurs terres et de reconquérir ces [...] prisonniers libanais qui ont été kidnappés par Israël selon les termes de leur occupation illégale du Liban». (3)
Qui sont donc les hezbollahis?
Des résistants, qu'on veut surtout diaboliser à tout prix.
Pourquoi?
Pour ne pas avoir permis un retour glorieux de Tsahal en Israël l'été 2006.
Pour avoir résisté à la brutalité de l'armée israélienne.
Pour avoir peut-être déclenché le déclin du despotisme bush-olmertien.
Pour avoir enfin mis dans l'embarras cet État d'Israël édifié sur le mensonge et le sang.
Rappelons, d'abord, que sous occupation étrangère les formations paramilitaires de résistance et de libération ont toujours existé.
Qu'Israël nous épargne donc ses plaintes, puisque la formation libanaise paramilitaire du Hezbollah a existé surtout et d'abord pour faire résistance, sur sa propre terre, à l'occupation israélienne du Liban en 1982, les chiites ayant souffert le plus – de toutes les communautés libanaises – de cette occupation, payant le tribut le plus lourd en vies de civils.
 
Et puis, Israël même a connu ce type d'organismes.
Sauf que ces organismes hébreux étaient illégaux et terroristes, vu que le pays où ils ont eu naissance à l'époque n'était pas le leur, et s'appelait Palestine. Et la Palestine, après la première guerre mondiale, était sous mandat britannique.
En 1937 sont donc fondées les formations juives paramilitaires clandestines: l'Irgoun (renommée pour ses actions terroristes à l'époque, contre les palestiniens et les britanniques à la fois) et la Haganah (qui, suite à la naissance de l'État d'Israël en 1948, formera le noyau de l'armée israélienne).
La Haganah, avec à sa tête Ben Gourion, et l'Irgoun de Menahem Begin se sont entretuées d'ailleurs, et de ces frères ennemis c'est la Haganah qui l'a emporté sur l'Irgoun, dans le souci «d'unifier le fusil», paraît-il.
Passer par le sang, comme toujours! Mais pour un "bien commun" pour juifs seulement, bien entendu.
C'est-à-dire chasser ou tuer les palestiniens, s'emparer de leur terre, pour voir finalement naître l'État d'Israël.
 
Pour en revenir au Hezbollah, et pour les âmes agitées et anxieuses, rappelons aussi que «par la voix du président de l'Union en exercice au 1 août 2006, l'Union Européenne signale que le Hezbollah ne sera pas inscrit sur la liste des organisations terroristes». (4)
Le Hezbollah est par contre considéré «terroriste» par les États-Unis, Israël et leurs compères.
De toute manière, pour ces seigneurs, ou on est avec eux ou on est «terroriste».
Mais ce raisonnement si stupide n'a aucune valeur et est totalement absurde: syllogisme sans prémisses.
L'ONU non plus ne classe pas le Hezbollah dans la liste des organisations terroristes, même si le Conseil de sécurité appelle à son désarmement. (5)
Un autre détail, juste une mise au point, pour rassurer les anxieux et trouillards: Hezbollah déclare ne soutenir d'aucune façon Al-Qaïda et ne rien avoir à faire avec ses trop suspects "complots islamistes" (ou israélo-américains?).

http://www.effedieffe.com/tasti/img/BEI10204101700.jpg
Sayyed Hassan Nasrallah, Secrétaire général du Hezbollah
 
Enfin, depuis qu'il a signé en février 2006 le Document d'entente avec le général Aoun, le Hezbollah travaille pour un équilibre politique intérieur, prône l'entente et le dialogue «sans ingérence extérieure» (c'est à dire sans aucun ordre à recevoir de la part de quiconque, Syrie et Iran inclus), et son chef, sayyed Hassan Nasrallah, appelle au dialogue et se prononce en faveur d'un gouvernement d'unité nationale, ayant donc choisi en fin de compte une voie de droiture et mettant en route, surtout grâce à l'entente avec le général Aoun et le Courant patriotique libre, le processus de guérison des plaies du Liban.
«Les deux hommes [Aoun et Nasrallah] ont affirmé que leur objectif est la souveraineté, la protection et l'indépendance du Liban, ainsi que l'édification d'un État fort, capable d'assurer le bien-être et la protection des citoyens, capable d'assumer ses responsabilités, au lieu de jeter la faute sur les autres. "Avec ce document", a insisté le général, "nous n'aurons plus besoin de nous rendre auprès des différentes capitales étrangères, à la recherche de solutions à nos problèmes"». (6)
 
Durant l'agression israélienne contre le Liban en juillet-août 2006, dans son discours du 3 août diffusé par la chaîne Al-Manar, sayyed Nasrallah prononce une allocution dont voici certains passages:
«Le Liban a besoin aujourd'hui d'une volonté nationale qui rassemble, afin que les sacrifices ne soient pas vains. Nous tenons à assurer cette volonté et cette solidarité. Nous tenons, à cette étape, à ce que le gouvernement soit puissant afin qu'il assume ses responsabilités nationales en faveur du Liban et de son peuple. Nous tenons à collaborer avec le gouvernement et tous les courants et forces politiques pour présenter un Liban unifié et cohérent autour de ce qui protège et assure ses intérêts nationaux. Et nous agissons sur cette base [...]. L'essentiel est que nous résistions pour être victorieux, si Dieu le veut, et nous serons vainqueurs, si Dieu le veut. [...]».
Et «je confirme que la victoire sera pour tout le Liban, avec toutes ses régions, ses confessions, ses courants et ses institutions officielles et populaires, en premier lieu [...]. La victoire sera, pour les gens de la résistance et son public en particulier, un puissant moteur pour l'amour et la concorde avec tous les Libanais [...]».
«Cette victoire sera un catalyseur pour la reconstruction du Liban, plus beau qu'il n'était, un Liban beau mais fort, un Liban beau mais digne. Cette victoire sera un catalyseur pour l'unité et la complémentarité, et non un facteur de domination et d'orgueil».
«Cette victoire sera un puissant mobile pour concrétiser notre unité nationale que notre peuple a réalisée ces jours-ci. Réalisée grâce aux valeurs de Jésus, paix sur lui, et aux valeurs du messager de Dieu, Muhammad, prières et paix sur lui. Les valeurs de l'entraide, de la solidarité, de l'amitié, de la fraternité, de l'inquiétude partagée, de la coopération et de l'amour que tous les gens ont manifestés [...]».
«Nous ne cherchons pas les querelles ni les inimités, nous sommes à la recherche de l'unité, de la concorde, de la coopération et de la solidarité, et tout ce que nous voulons est le bien et la dignité pour notre patrie et notre nation, et pour ce but, nous dédions nos âmes et notre sang, et c'est ce que nous possédons de plus cher».
 
L'intellectuel israélien Michel Warshawski dit de Nasrallah: «J'écoute avec beaucoup d'attention Nasrallah, et comme bien d'autres commentateurs en Israël, je constate que ses discours sont raisonnables et [qu'il] fait preuve d'une grande responsabilité. Tout le contraire de l'occident, qui prétend être le rempart de la civilisation et dont par contre transparaît une rhétorique fondamentaliste. On croirait assister à un renversement des valeurs: le camp laïc qui s'abandonne au fanatisme, et celui religieux qui, bien qu'il parte d'une conception différente, fait tout pour ne pas prononcer des discours confessionnels». (7)
Et Aoun, le 5 décembre 2006, interviewé par Frédéric Pons dans Valeurs actuelles, déclare: «Le Hezbollah est un mouvement de résistance contre l'occupation, un partenaire libanais qui défendait le Sud pour le libérer. [...] J'ai discuté avec Hassan Nasrallah. C'est un croyant, serein, déterminé, mais pas fanatique».
Et à propos de l'"Axe Damas-Téhéran", le général répond: «[Il] est le sous-produit de la politique produite par les États-Unis et l'Europe. Mon seul axe est libanais». (8)
Parmi les militants du Hezbollah il n'y a plus, comme au début du mouvement, des pasdarans (ces volontaires iraniens qui arrivaient au Liban en passant par la Syrie pour aider la formation des militants chiites).
Les hezbollahis sont tous des libanais.
Ils ont leurs députés au parlement.
Et, selon la Constitution libanaise, la communauté chiite aussi doit être équitablement représentée au Gouvernement.
C'est pour cette dernière raison, entre autres, que la démission collective des ministres chiites (à cause de la violation et du refus d'application de tous les accords pris au moment de la formation du gouvernement Siniora) laisse en état d'inconstitutionnalité fla-grante le désormais "pseudo-gouvernement" Siniora.
Qui pourtant refuse de démissionner, fort de la protection mafieuse des États-Unis et de celle des États complices.
 
Pour ce qui est de sa présence militaire sur le terrain, il reste au Hezbollah la dernière démarche souhaitable: que ses combattants soient intégrés à l'Armée libanaise, avec tout l'honneur qu'ils méritent.
Ce qui d'ailleurs ne pourra se faire que quand un gouvernement, une présidence et un parlement du Liban auront rejoint les conditions constitutionnelles, législatives et militaires nécessaires à prouver leur volonté et leur capacité de défendre le pays contre n'importe quelle menace extérieure, venant d'Israël ou de la Syrie
Aujourd'hui, vouloir désarmer le Hezbollah serait un acte de haute trahison.
Parce que cela équivaudrait à garder le Liban sans défense face aux menaces croissantes des israélo-américains et de leurs milices à l'intérieur du Liban, le Hezbollah ayant assez prouvé l'été dernier – et auparavant en mai 2000 – qu'il est actuellement la seule force au Liban en mesure de repousser les agressions israéliennes et de protéger militairement le pays.
On a attribué au Hezbollah des prises d'otages occidentaux entre 1985 et 1991.
Sa responsabilité n'a jamais été prouvée.
Quant aux actes de terrorisme qu'on lui attribue, il est intéressant d'observer deux incidents qui ont eu lieu en Argentine: le 17 mars 1992 une bombe fait trente morts à l'ambassade israélienne d'Argentine; le 18 juin 1994, un attentat fait quatre-vingt-sept morts dans un centre communautaire juif.
L'État argentin a d'abord accusé formellement l'Iran et le Hezbollah d'être impliqués, et plusieurs membres de la communauté chiite argentine ont été arrêtés puis relâchés, faute de preuves.
La Cour suprême argentine jugea alors infondée la piste chiite, se dirigeant plutôt vers une piste israélienne.

Les États-Unis, dans leur "chasse à la sorcière terroriste islamiste" et toujours en quête de preuves (qui peinent tellement à arriver!), ont voulu «utiliser le souvenir des attentats de Buenos Aires de 1992 et 1994 pour étoffer leur dossier contre les musulmans chiites. La plupart des encyclopédies continuent en effet à attribuer ces massacres au Hezbollah ou à l'Iran. Mais ces accusations ont fait long feu, la Justice argentine s'est orientée entre temps vers une piste israélienne. Du coup, Washington fait pression pour geler une enquête qui devient gênante. Pour étoffer ses accusations contre le "croissant chiite" (Iran, Syrie, Hezbollah libanais), Washington a décidé de verser au dossier les attentats commis à Buenos Aires au début des années 90. Il est en effet communément admis dans les pays atlantistes qu'ils furent l'œuvre de terroristes musulmans».
«Or, cette version des faits a été entre temps démentie par la Cour suprême argentine qui s'est, au contraire, orientée vers une piste israélienne. Une opération a donc été montée par les néo-conservateurs pour renverser le cours des choses. À la suite d'une réunion qui s'est tenue à Washington en mai 2006 et à laquelle ont participé deux hauts magistrats de Buenos Aires, de fortes pressions ont été exercées à la fois sur le gouvernement et sur la justice argentine. En réplique, un groupe de citoyens argentins conduit par le docteur Oscar Abdura Bini vient de porter plainte devant le Tribunal de Grande Instance de Buenos Aires nommément contre l'American Jewish Committee et les procureurs Nissman et Martinez Burgos pour entrave à la Justice [...]».
En réalité «[...] les deux attentats auraient été commis par des agents israéliens pour casser l'antisionisme de la communauté juive argentine»(!). (9)
 
Tout cela est bien étrange et très intéressant.
Un incident assez bizarre est signalé mercredi 9 août 2006, quand la police aéronautique militaire, en Argentine (encore!), a arrêté un important diplomate israélien qui transportait dans sa valise une quantité considérable d'explosifs. Ce diplomate se dirigeait vers le Chili et a été arrêté pendant qu'il montait sur l'avion. Excessivement enragé et offensé, il lança à la police l'"horrible" accusation: «Antisémites!». (10)
«Le cas du diplomate avec l'explosif – commente Maurizio Blondet – devient alarmant, surtout que "peu de semaines avant l'attaque d'Israël en Palestine et au Liban, la DAIA [Delegación de Asociaciones Israelitas Argentinas] et le Centre Wiesenthal ont commencé à émettre des communiqués mettant en garde sur la possibilité d'un troisième attentat en Argentine».
Et ce n'est pas la seule fois que des israéliens sont attrapés avec leurs explosifs, en flagrant délit comme on dit, car le 6 août 2006 deux israéliens sont attrapés à Saint-Domingue en possession d'appareillages militaires, incluant aussi des instruments pour la localisation géographique des communications et pour la vision nocturne. (11)
Que font donc ces globe trotters avec ces matériels explosifs ou militaires, pris – à temps, des fois, heureusement! – en flagrant (et non virtuel) délit?!
Pris réellement à temps et en flagrant délit, donc. Et non comme les rafles habituelles de présumés terroristes et arrestations préventives, comme souvent on entend à la télévision et on lit sur les journaux: arrestations de personnes dont la grande majorité est par la suite relâchée, faute de preuves.
Qui a parlé dans les journaux internationaux de ces israéliens arrêtés en Argentine et à Saint-Domingue en août dernier?
Mais les médias et journalistes "embedded" ont l'ordre de garder cela parmi les nouvelles occultes.
 
5. Qui sont ceux-là qui se disent "anti-syriens", appuyés par l'Occident?
 
On nous harcèle, sur tous les médias, que l'Occident appuie monsieur Siniora et qu'il faut sauver son gouvernement!
Qui a dit que l'Occident actuel devrait, ou pourrait, être un modèle pour nous?
Un Occident anti-chrétien, prêcheur de l'assassinat-avortement, de l'assassinat-euthanasie, de la pédophilie, de l'adultère, des gay pride. Un Occident modèle de la mort, de Sodome et Gomorrhe, défenseur des pouvoirs «démonocratiques» («démonocratie», dont le pouvoir vient du mal, du démon).
Eh bien, cet Occident, nous, libanais, nous n'en voulons pas.
Pour nous, l'Occident remonte au temps où la chrétienté était son identité: l'Occident des valeurs morales, civiques et culturelles qui n'y sont plus.
L'Occident c'est d'abord l'Europe du temps glorieux des cathédrales.
Des saint Benoît, saint Dominique et saint François.
Des rois et des poètes qui s'inspiraient de Dieu. Des Charlemagne, saint Louis et Isabelle la Catholique.
Quand l'Europe chrétienne et épique reviendra, alors oui, nous adhérons.
Aujourd'hui l'Europe agonise. Il faut la sauver.
L'aider à se redresser. Et ne pas fléchir devant les avortons et les adultérins des civilisations, à savoir les États-Unis, ce «pays des enfants», comme le dit gentiment Jacques Brel.
Et qui sont donc ces Siniora et ce qui reste de ses ministres (6 ont déjà démissionné et un a été assassiné) soutenus par l'Occident?
 
Revenons à l'assassinat de Rafic Hariri.
Pourquoi, deux ans après, l'affaire est encore enrobée de mystère?
Pourquoi la commission Mehlis n'est jamais arrivée au bout des investigations?
Et pourquoi continue-t-elle à piétiner avec Brammertz, qui pourtant a bien admis, à plusieurs reprises, que la Syrie coopère positivement à l'enquête?
Pourquoi les tentatives (documentées!) de fabriquer de faux témoignages d'accusation?
Pourquoi, dans ces conditions, mettre en marche un tribunal international et l'imposer au Liban, sans discussions de ses clauses, sans garantir le respect élémentaire de la souveraineté judiciaire du Liban, sans même avoir encore juridiquement des accusés ni des preuves (mais ayant déjà préalablement des "coupables": ceux qui sont exigés par les mafias internationales "politiquement correctes" des agresseurs du Liban et de leurs complices libanais du "14 mars")?
Po
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