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DIXIT

C'est l'antagonisme entre le courant ultralibéral et la pensée réactionnaire d’une certaine  gauche archaïque et réactionnaire en Tunisie qui, rendrait l’avènement de la démocratie impossible dans un proche avenir.
on a si longtemps pu brocarder dans notre pays, à juste raison,  une certaine opposition dite de gauche, à tord à mon avis, à la dictature  la plus bête du monde, car  l'absence d'un vrai courant républicain dans le sens philosophique et fondamental du terme, en son sein,   tient à son éclatement entre une pensée réactionnaire et une pensée ultra libérale à la fois antagonistes et inabouties, mais qui perdurent  en pourrissant les esprits sans aucune véritable résistance intellectuelle qui pousse au rassemblement , politique et syndicale et à la mobilisation de la société tunisienne autour de thèmes et de stratégies, historiquement liés à l’engagement des partis de gauche traditionnels .Tous ces gens là sont tenus par la peur de la souveraineté du peuple, ils vivotent en  bonne intelligence et  forment le terreau commun des pensées conservatrices les plus extrémistes.
Réactionnaires et ultralibéraux sont toutefois séparés par un profond clivage philosophique. Les libéraux authentiques, dont les islamistes tunisiens dans leur immense majorité, aujourd’hui plus que jamais,  acceptent par réalisme et certainement par conviction, une souveraineté populaire que les réactionnaires et autres ultralibéraux refusent par principe. La pensée ultralibérale s'inquiète assurément de la « folie » démocratique qui fait rêver tout peuple digne de ce nom en ce siècle du possible, le peuple tunisien par ses capacités n’échappe pas à cet absolu. «Le peuple qui peut tout est aussi dangereux, plus dangereux qu'un tyran», avertissait Benjamin Constant, oui d’accord mais les exigences du peuple  sont assumés et légitimes, tout simplement parce qu’il est responsable de ses choix. Mais, les ultra libéraux tunisiens parviennent à fonder théoriquement leurs craintes des majorités plébéiennes, ils ont tellement commis de crimes contre la nation tunisienne qu’ils ont tout à craindre d’une future démocratie où ils devront rendre des comptes. Il leur manque une réflexion sur le bien commun, qu’ils ont depuis si longtemps dévoyé et bradé, au nom duquel ils pourraient s'opposer à la loi du nombre. Prisonnière de l'individualisme et du matérialisme, la liberté qu'ils invoquent se réduit en Tunisie plus que dans tout autre pays à sa dimension maffieuse sur tous les plans, sur le plan économique surtout qui est à la base de tout. L’ultra libéralisme est orphelin d'une vision positive du pouvoir, il ne peut-être autrement en Tunisie, car depuis l’ « indépendance », il n’a exercé qu’un pouvoir destructeur et  illégitime. D'où son obsession à le limiter à ses propres prérogatives pour se protéger contre l’immense majorité des tunisiens réduits en esclavage.
La faille de la réaction est inverse. Ceux de certains  tunisiens qui même minoritaires divisent par la collaboration avec le pouvoir,  et sont son unique alibi, quand ils ne sont pas ses mercenaires. Sa détestation de la démocratie l'expose aux pires démons: nationalisme, xénophobie antisémitisme, arabo phobie, islamophobie, éradication ect…. La pensée réactionnaire, portée haut par les CHARFI, CHAMMERI, les communistes tunisiens, les femmes démocrates et autres  malades gauchisants, ne s'est jamais relevée de son implication dans le putsch du 7 novembre de la honte. L'oubli des libertés politiques par ce courant de pensée est inséparable de sa vision absolutiste de la souveraineté de la pensée unique  contre la volonté du peuple, le même état d’esprit qui avait plongé l’Algérie dans la guerre civile après la victoire du FIS, ceci dit une victoire du FIS avec un homme comme BELHADJ à sa tête n’aurait pas été une bonne chose pour l’Algérie, comme une NAHDA version GANNOUCHI est une catastrophe pour l’islam politique tunisien, mais n’est pas la question, ce sont les institutions et la constitution qui doit être fortes et au dessus des partis qui feront la démocratie. Les réactionnaires tunisiens s’opposent à la Révolution démocratique, à son  rassemblement et à sa cohésion parce qu’elle n'a pas déteint sur eux.
C’est au forces de progrès de défricher  les voies d'un mariage entre l'idée de  bien commun  et celle de la liberté des tunisiens.
Pour l’opposition démocratique qui se tient à l’écart de ce marigot, au lieu  de focaliser uniquement   sur l’analyse de la question des instituions,  sur la débâcle du droit et des lois sous le règne de ben Ali, et pas seulement, je dirais même depuis les premières heures de l’ « indépendance »et leur fonctionnement, une opposition crédible et pragmatique  doit en permanence  mettre l’accent aussi sur l’acte de gouvernance et ses conditions aussi dans un futur tunisien sans ben Ali et avec un pouvoir politique  démocratique, cette différence et cette visibilité doit s’imposer aux tunisiens complètement  dématérialisés par une dictature qui les handicape en tout, et une opposition creuse dans ses grandes lignes, fragmentée dans l’isolement et empêtrée  dans ses égoïsmes et ses ego indignes. Il est évident que la justice dans son sens le plus fort, dans son essence humaine, philosophique et intellectuelle  dépend de  l’exercice effectif de la liberté des tunisiens, pour peu que les démocrates se posent cette question, arrivent  à en faire une ligne de conduite qui a priorité  sur tout le reste et le discours idéologique en premier lieu , ils entrent naturellement dans une dialectique audibles par  les tunisiens,  en particulier parce qu' ils admettent enfin que c’est à eux qu’il revient d’ entretenir un rapport lisible , transparent et réaliste avec la masse, sans compromissions ni reniements , ce rapport normal,  pour l’instant et depuis toujours est  indéterminé  avec le peuple tunisien. Le rapport au peuple tunisien, ou la façon dont on le considère, permettrait de juger et de classer les compétences et la consistance de chaque courant ou personnalité  à fédérer l’essentiel de l’opposition démocratique, de fixer les objectifs une bonne fois pour toute et d’apparaître aux yeux des tunisiens, comme de l’opinion internationale et la dictature, comme l’unique alternative  pour sortir la Tunisie de la crise et la remettre sur le droit chemin.
La dictature entretient avec les tunisiens et d’une façon permanente et pernicieuse  un dramatique rapport   d'objectivation, d'instrumentalisation ou encore, plus simplement, un rapport de maître à esclave. BEN ALI, comme BOURGUIBA hier,  ignore les tunisiens et leurs aspirations ,  il les atomise en individualités séparées et, comme le montre l’état lamentable de l’opinion publique tunisienne, interdit toute communication, toute véritable éducation et toute circulation de la connaissance et de l'information. Ben Ali cultive une démagogie sans  pareille qui séduit les décideurs étrangers, il flatte aussi  les tunisiens dans leurs bas instincts. L’indétermination de l’opposition et son hétérogénéité qui dans ses errements et sa suffisance suppose a priori une unité du peuple tunisien dans sa composition et dans ses aspirations, sans jamais avoir fait l’effort basique, vital et nécessaire de travailler ses fondements. Le peuple tunisien postindépendance, exsangue et laminé,  ne constitue pas sociologiquement et culturellement  une classe ou un ordre dans une vision politique et historique moderne, c’est là, à ce jour et à cette heure où réside la plus grande défaite des démocrates. Aussi le peuple tunisien  sous la Chappe dictatoriale et l’impuissance des élites démocratiques est loin d’être un ensemble de citoyens, titulaires de droits et soumis à un certain nombre de devoirs, soumis à une gouvernance légitime en raison de sa masse, du nombre, de ses passions et désirs qui ne sont pas toujours justes, mais naturels, de sa méconnaissance partielle de la chose politique, nous sommes même très loin d’une dictature éclairée, nous sommes  tout juste dans la désespérance de notre être national et humain.
 
Les démocrates tunisiens doivent se soucier en premier lieu d’être dans le peuple et leur étymologie doit être dans  rapport patent avec lui. Ils doivent se fixer, comme devoir dans leurs actions quotidiennes, le souci du peuple ; l’opposition ne peut avoir aucun passe droit à ce sujet et  doit tirer de lui sa légitimité. Ainsi, le « mandat » de tout opposant à la dictature tunisienne , républicain et démocrate, doit être  fondé dans la mesure où il émane de ce même peuple, à charge de préciser le mode précis de désignation, et d’ailleurs il n’ya que quelques possibilités pour ce faire et ne peut l’être que par le biais des partis qui forment le bloc démocratique et qui n’ont aune ouverture sur le régime de ben Ali, c’est  pour les opposants occuper le terrain et harceler  la dictature sur toutes les questions publiques avec tout ce que cela comporte de sacrifices, et aussi avoir une cohérence visible aux tunisiens  qui refusent les opportunistes et les démagogues. Bien sûr, ce bloc démocratique  par essence désigne  des réalités et des conceptions différentes, mais il est représentatif d’une force insoumises qui  dans la cohérence  pourra organiser une grande partie de la nation tunisienne qui manifestement refuse le totalitarisme et la piraterie, c’est une certitude même pour BEN ALI qui refuse toute réforme, toute élection honnête et ce à n’importe quel niveau. Pour l’instant ce bloc démocratique nous renvoie à des faits historiques distincts et des pensées peu compatibles intellectuellement entre les courants divers qui le forment,  mais dans une phase de libération nationale, il ne s’agit pas de broder il faut aller sur et à l’essentiel, car la dictature est mortelle pour toute forme de différence La plus part des opposants tunisiens actuels, surtout ceux encensés, à juste titre ou pas ce  n’est pas le problème, désignés comme  étant l’élite,  penchent vers une certaine forme  de  populisme à une échelle réduite bien sûr , dans leur petit cercle , la plus part sont inconnus des tunisiens, leur populisme se veut une  déclinaison révolutionnaire moderne et moderniste qui défend les tunisiens sans les tunisiens, ce populisme archaïque de bric et de broc  défend l'idée selon laquelle il est du devoir d'une élite éclairée, consciente des jeux de force et des intérêts profonds, de défendre  et de libérer le peuple, mais qui ne se donne pas les moyens de ses ambitions, c’est en cela que réside le drame  de l’opposition tunisienne et du peuple tunisien aussi. Ce dernier, d’après ces élites,  ne peut à lui seul, exprimer et réaliser ses aspirations. Il faut donc parler et agir pour lui et surtout pour son bien dont il n'est pas toujours conscient, cette stratégie  creuse, dure depuis toujours en Tunisie, plus light elle ne ressemble pas moins dans la plus part de ses aspects à la pensée profonde de Bourguiba  hier et de ben Ali aujourd’hui. Les consciences éclairées tunisiennes doivent comprendre ,qu’ il faut avant toute chose  considérer  que la politique a pour fin le peuple, et il est nécessaire de prendre appui sur ce dernier afin de penser l'Etat démocratique  du futur tunisien, s’opposer avec rigueur à la dictature et à ceux  qui font   du peuple un usage rhétorique, qui  dans leur  discours politique , ils  le posent  comme fin en parole et, en réalité, comme moyen. Dans le cadre d'une démocratisation de la Tunisie qui ne peut être que populaire, la question est d'importance. Cette démocratisation, même si elle n'est pas faite par le peuple, est faite pour lui. Elle doit réunir les conditions de la liberté populaire. Dans notre  démocratie, ainsi que dans notre  dans la république, le peuple tunisien  doit absolument être  au confluent des diverses forces politiques,  les forces politiques républicaines et démocratiques tunisiennes diverses devront  agir pour le bien des tunisiens  et vouloir les représenter au mieux de ses intérêts.
 
 
 
La démocratie tunisienne  ne pourra pas se faire sans le peuple tunisien aux énormes potentialités et je dirais même que c'est lui qui la fera ou elle ne sera pas, il faut que certains usurpateurs et autres  négociateurs avec les ordres établis descendent de leur nuage, la dictature sera là tant que  la masse tunisienne ne sera pas mobilisée contre elle, et  à sa fin  les tunisiens  n’accepteront pas de maîtres penseurs et de représentant autoproclamés. La société tunisienne, est culturellement ouverte à la dimension  et à la pratique démocratique, car dans ses propres fondements et dans sa pratique civile et humaine, c’est une  société qui agit par elle-même et sur elle-même, elle est seulement opprimée par une oligarchie violente  qui l’handicape d’une façon mortelle dans son ouverture sur le monde  et la jouissance des fruits de son travail , elle est  une victime expiratoire d’un braquage, d’une prise d’otages qui durent  depuis cinquante ans. L’idéal de sa libération totale de ses entraves, de ses tares , de la dictature et des impostures et l’instauration d’une démocratie  totale constitutionnelle et institutionnelle, et elle a tous les moyens humains, sociaux économique et culturels de le faire, c’est de s’éclater et s’épanouir  dans sa propre nature en une  société sans médiations,  car elle prendra elle-même, de sa propre autorité, les décisions qui la concerneront. Au fond, cette définition de la démocratie fait l'unanimité à mon avis chez les tunisiens de bon sens, les plus nombreux, et quelques soient  leur engagement. Le peuple tunisien de ce troisième millénaire est une donnée sociale plus qu’évidente, il n’y’a que les archaïques qui n’ont pas compris cela, ou se réfugient dans leurs petites certitudes, car la vérité est mortelle pour eux. Le peuple tunisien n'est pas une unité artificielle, il inclut des différences notables et importantes entre les individus et les groupes. Il n'est pas  un principe d'unanimité et c’est tant mieux , c’est même une sacré chance, c’est un peuple majeur parcouru de passions diverses et parfois contradictoires, on peut y distinguer des factions et des oppositions, des fois  il est même une  proie facile pour  des démagogues et des sophistes qui surenchérissent sur ses démissions et ses avatars, mais tout cela n’est que  le signe d'une conscience de l'inégalité de fait et d'un désir d'égalité. Un peuple qui agit comme régulateur de la vie politique et sociale, voilà  sa projection.
Le collectivisme, l’unanimisme,  est une doctrine démagogique qui ne s'inscrit nulle part dans les faits. Elle est peu compatible avec l'individu et ses aspirations. Cependant la démocratie ne peut se concevoir sans une idée de l'égalité et même sans la passion de l'égalité, mais le rêve, l’initiative sont des données essentiels pour des sociétés de progrès, pour notre pays ce sont la dictature et la réaction qui font obstacles aux énergies des tunisiens réduits en esclave.  La démocratie tunisienne de demain doit absolument  échapper  au populisme et être déterminé à ce que  la question de la représentation politique, si elle restera  relativement importante, ne soit pas fondamentale car la vie sociale ne se joue pas là. Pour cela il est important que la société civile et la décentralisation  assurent l'équilibre quotidien de la vie sociale. Pour que les  hommes politiques quel qu’ils soient   ne mettent  pas en danger la démocratie, que leurs ambitions soient nécessairement limitées pour ne menacer en rien l'équilibre de la société. La multiplicité des points de vue et tendances devra  s'exprimer par le biais des  les associations et à tous les niveaux. Qui seront donc le lieu fondamental de l'expression des divergences, de l'affirmation de libertés parfois conflictuelles. Ce passage de la catégorie de liberté au pluriel doit être signalé parce qu'il n'est pas question de se demander ce qu'est la liberté, de tenter de trouver une unité. En revanche, on donne droit à une diversité d'actions. Ces associations, ainsi que l'expression de la pluralité, mettront le peuple tunisien à l'abri du populisme, de la manipulation politique.
 
Ainsi nous devrions nous assurer et donner l’exemple dés maintenant dans notre façon de nous opposer à la dictature du ressort du droit et de la politique de s'assurer toujours en toutes circonstances du respect des libertés, d'éviter que des individus ne s'affirment au détriment des autres, dissolvant ainsi le lien social, la démocratie reste avant tout un mode de vie et donc, en son fond, possède une dimension sociale avant d'être politique. Ainsi, le peuple possède-t-il une fonction sociale éminente qui est le fondement même du souci démocratique.
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