Le sens de l’intérêt général
Par
Naoufel
L'intérêt général du peuple et de la nation tunisienne s'opposera toujours à l'intérêt égoïste de quelques uns, voire au sectarisme de beaucoup. La passion et l'émotion font perdre la raison à certains et non des moindres, ainsi, entraînent la haine et la corruption de la dictature de ben ALI qui prend racine dans nos modes de vie et notre subconscient collectif. Le jour où nous serons tous éclairé par l'Histoire sur ce qui a ébranlé le pays, le degré de responsabilité de chaque tunisien qui a participé au désastre postcolonial, l'amalgame entretenu par certains politicards de la dictature comme de l'opposition tendant à occulter la vérité, la tentation à pousser à l'ethnocisme, au clanisme, et au tribalisme devenu art de gestion des affaires de l'Etat, je mets tous ces crimes à la solde des dictatures comme des partis potiches et collaborationnistes, ce jour là nous pourrons nous considérer comme un peuple libre et moderne.
Je salue tous ces résistants tunisiens qui ne cessent de jeter un éclairage pour une meilleure compréhension et une bonne interprétation des problèmes qui agitent les tunisiens et surtout sa diaspora, pour un jeune tunisien né dans l'exil calamiteux de ses parents, c'est un travail plus que vital, c'est devenu pour nous une raison de vivre. Le malheur de la TUNISIE provient essentiellement du manque de sens de l'intérêt général de la part aussi bien des tunisiens ordinaires que des hommes qui détiennent les pouvoirs au sein du régime tyrannique de BEN ALI. Ce qui est vrai pour tout le monde arabe, l'est particulièrement pour la TUNISIE dont l'actualité nous fournit malheureusement le lot des preuves quotidiennes de sa décomposition.
"Le propre de l'homme est d'être entièrement tourné vers le dehors, de représenter essentiellement un être d'activité, de travail." disait VOLTAIRE
Ainsi, bien que purement égoïste en son principe, l'intérêt a été en outre appelé à se développer en intérêt collectif, sous le couvert de l'axiome de l'harmonie entre l'intérêt de l'individu et l'intérêt général. L'intérêt général peut être défini comme un ensemble de valeurs, une sorte de fonds communs, un bonheur auquel un groupe, une nation, une collectivité ou un État aspire, dans notre pays malheureusement et à tous les niveaux tout cela n'existe pas. A l'heure où la TUNISIE traverse une crise politico-économique et sociale chronique et qui résume en elle seule la situation qui prévaut actuellement sur le "monde" de la barbarie et du non droit formé par certains pays, la question de l'intérêt général mérite d'être soumise à la réflexion des tunisiens qu'ils soient militants ou pas. Point n'est besoin de démontrer que concevoir un projet politique et le mettre en œuvre sans avoir pour objectif la satisfaction de l'intérêt général ne sert à rien. Ce qui est, pour le moins, insensé.
Le mépris de l'intérêt général en TUNISIE par les uns et les autres est plus que criant et déplorable. Ce n'est donc pas étonnant si on en est arrivé à une situation de marasme économique et politique tant décrié. La vérité est que le sens de l'intérêt général fait défaut (consciemment et inconsciemment) à tous, à commencer par les dirigeants politiques de l'opposition, ne parlons pas de la dictature, l'intérêt privé et particulier est sa raison d'être, les citoyens ordinaires en passant par les cadres et les intellectuels s'il en reste.
L'intérêt général des tunisiens, c'est la sécurité, sécurité de leurs biens et sécurité de leur intégrité physique, c'est la vérité d'institutions libres et autonomes, c'est la démocratie, le droit et la loi. L'intérêt général des tunisiens, c'est d'avoir accès rapidement aux hôpitaux et dispensaires aussi bien en ville qu'en province avec un nombre conséquent de médecins. L'intérêt général des tunisiens, c'est de voir leurs salaires régulièrement payés ne serait-ce que pour leur donner un pouvoir d'achat et donc de permettre la continuité des services publics afin de satisfaire l'intérêt général des citoyens. Or, les arriérés de salaires continuent de s'accumuler. L'intérêt général des tunisiens, c'est de voir leurs enfants aller à l'école pour préparer leur avenir et prendre un jour la relève de leurs aînés pour servir le pays comme cadres, commerçants, artisans, agriculteurs. Or, tout le monde sait que l'école, en TUNISIE, fonctionne de façon irrégulière et médiocre, débouche la plus part du temps sur le chômage et la misère. Et j'en passe. Pour toutes ces raisons dont la cause est la dictature de BEN ALI, mais aussi l'opposition qui ne s'investit pas sur ce terrain et n'apporte même pas un début de réflexion, on comprend pourquoi leurs discours ne trouvent pas d'échos auprès de la grande masse, ils ne sont pas porteurs d'espoirs et de projets crédibles. Ils finissent par se recroqueviller sur un appareil figé purement clanique et tribal. Les dirigeants de l'opposition de tous bords doivent également comprendre que l'intérêt général se distingue de l'intérêt partisan. Quand on est dans l'opposition, il paraît normal de défendre les idées et les intérêts de son parti. Mais pour sortir de l'immobilisme et du ghetto actuel, mortel et suicidaire ou l'enferme la dictature depuis des lustres, elle doit exploser les limites de ses petites prétentions dans la cohérence, même si elle doit être confronté à d'autres réalités qui ne coïncident pas forcément aux idéaux politiques et partisan du parti d'origine de chacun de ses membres. La sagesse intellectuelle commande d'une part de s'adapter aux nouvelles donnes en s'expliquant devant ses militants, être transparent et d'autre part et surtout privilégier l'intérêt général coûte que coûte; quitte à sacrifier ses intérêts partisans. il s'agit pour les opposants tunisiens de progrès de dépasser leurs divisions stériles et de se dire qu'ils appartiennent à un même pays, qu'ils ont le même ennemi, qu'ils sont dans la même galère et que le seul fonds commun qui les rassemble est finalement l'intérêt de tous les tunisiens .
Les démocrates tunisiens ont un rôle fondamental à jouer pour l'instauration de la liberté et du progrès en TUNISIE, du respect de l'état de Droit. C'est pourquoi ils doivent toujours se laisser guider dans leurs lourdes tâches par le sens de l'intérêt général. Ce qui implique leur impartialité, leur totale indépendance, leur véritable inamovibilité, des moyens humains sans aucune exclusive ni mise à l'écart. Est-il le cas aujourd'hui dans l'opposition tunisienne ? Sinon, pourquoi et comment en est-on arrivé là ?