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CHRONIQUES ORIENTALES.

CHRONIQUES ORIENTALES.


Moyen-Orient : mon plan pour la paix

 

Georges Corm

 

 

 

Un rêve « dissident » de règlement global
L’administration américaine, largement suivie par les gouvernements européens, place trois éléments majeurs au cœur de sa vision d’une solution globale aux conflits du Proche-Orient : l’éradication du Hamas à Gaza et en Cisjordanie comme du Hezbollah au Liban, du moins de leurs branches militaires ; la mise au pas des régimes iranien et syrien, qu’elle estime opposés à sa politique de stabilisation de la région ; la généralisation de la démocratie et de l’état de droit dans les sociétés arabes de la région.

 

La victoire sur le terrorisme proche-oriental dépendrait du succès de cette politique, que les gouvernements, les partis politiques et la société civile arabes devraient mettre en pratique avec vigueur. Elle permettrait alors de trouver une solution au problème palestinien, car Israël, ainsi rassuré sur son avenir et sur son insertion pacifique dans la région, pourrait rendre quelques territoires et tolérer l’émergence d’un Etat palestinien.

 

Aux yeux de nombreux médias et partis politiques occidentaux, les actions des armées américaine et israélienne dans la région n’ont pas d’autre but : il s’agit de délivrer le monde du fléau du terrorisme et de faire régner la paix et la démocratie. Voilà, en quelques mots, la doctrine occidentale sur le Proche-Orient.

 

La vision exposée ici est une vision « dissidente », qui sera traitée d’irréaliste et de dangereuse. Il nous semble néanmoins nécessaire de la présenter. Elle reflète, à notre sens, les aspirations de très nombreux démocrates et pacifistes de la région – qu’ils soient juifs, chrétiens ou musulmans. Largement inspirée du droit dit par la « communauté internationale » sur le conflit israélo-palestinien depuis 1947, cette vision part de la constatation de bon sens que la violence qui affecte l’ensemble libano-syro-palestinien est largement le produit des occupations israéliennes de territoires de ces trois pays depuis des décennies et du traitement subi quotidiennement par les populations occupées, en infraction aux principes généraux du droit et aux principes humanitaires.

 

1. Conformément à l’esprit du droit dit par les Nations unies sur la guerre judéo-palestinienne puis israélo-arabe en 1948 et 1949, la terre de Palestine, de la Méditerranée au Jourdain, est une société ouverte et pluricommunautaire ; aucune communauté religieuse n’y a un droit exclusif à la domination politique et à la force armée ; Jérusalem est une ville ouverte gérée par un conseil municipal composé de juifs, de chrétiens et de musulmans en nombre égal.

 

2. Conformément à l’avis de la Cour internationale de justice de La Haye en 2004, le mur construit par Israël en Cisjordanie pour y enfermer les habitants d’origine de ce territoire doit être détruit sans tarder, afin que les Palestiniens soient totalement libres de leurs mouvements et de leurs déplacements à l’intérieur de la Cisjordanie et vers la bande de Gaza. Leurs déplacements à l’extérieur – sauf l’entrée sur le territoire israélien – ne seront plus contrôlés par l’Etat d’Israël, mais exclusivement par l’Autorité palestinienne et par les services de police de l’Egypte et de la Jordanie aux frontières terrestres de ces Etats. Israël doit immédiatement lever les blocus aérien, maritime et terrestre qu’il maintient sur la population palestinienne.

 

3. Les habitants des colonies israéliennes implantées en infraction à la convention de Genève seront autorisés à demeurer dans leurs habitations après indemnisation par l’Etat israélien des Palestiniens dont les terres ont été saisies – en tenant compte d’un taux d’intérêt légal qui sera celui du taux interbancaire pour les dépôts en dollars à un an sur le marché de Londres.

 

4. En application de la résolution 194 adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies le 11 décembre 1948, les Palestiniens et leurs descendants expulsés ou ayant fui l’avance de l’armée israélienne en 1948, puis en 1967, pourront jouir d’un droit de retour sur l’ensemble du territoire historique de la Palestine ou être indemnisés par l’Etat d’Israël.

 

5. L’armée israélienne devra évacuer dans les quinze jours les zones qu’elle occupe en Cisjordanie et à Gaza et céder la place à une force internationale de protection de la population palestinienne des territoires occupés.

 

6. A l’issue d’une période de sept ans, un référendum sera organisé dans les territoires occupés depuis 1967 par Israël et en Israël même pour savoir si les citoyens des deux peuples souhaitent vivre dans un même Etat fédéral ou unitaire, ou bien dans deux Etats séparés.

 

7. Un fonds d’indemnisation de la population palestinienne des territoires occupés sera constitué, financé à parts égales par les pays du G8 et les pays arabes membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), à titre de réparation pour l’occupation et l’oppression subies durant les dernières décennies.

 

8. Quelle que soit la solution choisie, l’Etat israélo-palestinien ou les deux Etats israélien et palestinien devront déclarer leur neutralité dans l’ordre international et ne pas entretenir de relations privilégiées, militaire ou politique, avec les grandes puissances et les puissances régionales.

 

9. Le territoire du Golan syrien occupé par l’Etat d’Israël depuis 1967 sera rendu à l’Etat syrien, et des zones de sécurité démilitarisées seront installées des deux côtés de la frontière. Les colons israéliens vivant dans ce territoire seront autorisés à y demeurer aux mêmes conditions que les colons de Cisjordanie. Des relations diplomatiques et économiques seront établies entre les deux pays dès l’installation des zones de sécurité et le paiement des indemnités dues par les colons.

 

10. Après la restitution du territoire libanais des fermes de Chebaa encore occupé par Israël, l’Etat d’Israël déminera le sud du Liban, qu’il a occupé durant vingt-deux ans en infraction à la résolution 425 du Conseil de sécurité du Liban et en empêchant le déploiement de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) jusqu’à la frontière entre les deux pays. Des zones de sécurité démilitarisées seront installées des deux côtés de la frontière sous le contrôle des Nations unies. Un fonds d’indemnisation sera créé pour dédommager le Liban des pertes économiques répétées que lui a infligées l’Etat d’Israël depuis 1968 en invoquant le droit de représailles, qu’il a pratiqué de façon continue avec la démesure la plus extrême. Ce fonds sera financé à parts égales par l’Etat d’Israël, les pays du G8 et les pays arabes membres de l’OPEP en tenant compte des intérêts de retard tels que définis ci-dessus.

 

11. L’Etat d’Israël doit relâcher sans délai tous les prisonniers palestiniens de Cisjordanie et de Gaza, ainsi que du Liban et de la Syrie.

 

12. Les Palestiniens devenus citoyens israéliens devront jouir de droits égaux, civils et politiques. Le système électoral israélien devra leur assurer une juste représentation au Parlement israélien et dans les collectivités locales, ainsi que dans les institutions administratives, militaires et judiciaires du pays.

 

Geogres Corm

Ancien ministre libanais des finances, auteur de La Question religieuse au XXIe siècle, La Découverte, Paris, 2006, du Proche-Orient éclaté, 1956-2006, Gallimard, coll. « Folio », Paris, 2006, et de Orient-Occident, la fracture imaginaire, La Découverte, Paris, 2005.

 

Nom de code TIRANNT : les plans de guerre US contre l’Iran

 

Michel Chossudovsky

 

 

 

Dubaï, Émirats arabes unis, 21 février 2007 – Baptisé  du nom de code TIRANNT,  "Theater Iran Near Term" (« Échéance proche théâtre Iran »), par ses planificateurs militaires US, ce plan a déjà identifié des milliers de cibles en Iran dans le cadre d’un Blitzkrieg (guerre-éclair) du type « Shock and Awe »  (« choc et effroi ») qui en est à sa phase finale de préparation.

 

Selon le journal koweïtien Arab Times, une attaque contre l’Iran selon le plan TIRANNT pourrait survenir n’importe quand entre fin février et fin avril. Mais cette appréciation ne prend pas en compte la confusion dans laquelle se trouvent les forces au sol US en Iraq ni le retrait prématuré de plusieurs milliers de militaires britanniques du théâtre de guerre iraquien, dont une grande partie étaient stationnés dans le sud de l’Iraq, à proximité immédiate avec l’Iran. Révélé en avril dernier par William Arkin, un ancien analyste de renseignement US, dans le Washington Post, TIRANNT a été établi en mai 2003, suite à l’invasion de l’Iraq. 
 
"Début 2003, alors même que les forces US étaient sur le pied de guerre contre l’Iraq, l’armée de terre avait déjà commencé à mener une analyse pour une guerre de grande envergure contre l’Iran.  L’analyse, appelée TIRANNT, pour "theater Iran near term" (« Échéance proche théâtre Iran »), était couplée avec un scénario de simulation d’une invasion par le corps des Marines et d’une réplique de l’Iran avec des missiles. Les planificateurs US et britanniques conduisaient simultanément un jeu de stratégie sur la Mer Caspienne.  Et Bush donna l’ordre au Commandement stratégique US d’élaborer un plan d’attaque global contre des armes iraniennes de destruction massive. Tout cela va déboucher en dernière analyse sur un nouveau plan de guerre pour des « opérations importantes de combat » contre l’Iran, dont des sources militaires confirment désormais qu’il existe sous forme de projet [Ce plan d’urgence baptisé CONPLAN 8022 serait activé en cas d’un second 11 septembre, à supposer que l’Iran en soit l’instigateur].... Dans le cadre de TIRANNT, les planificateurs de l’Armée de terre et du Commandement central US on envisagé à la fois des scénarios à très court et à moyen terme d’une guerre contre l’Iran, incluant tous les aspects d’une opération importante de combat, depuis la mobilisation et le déploiement de forces jusqu’aux opérations de stabilisation après la guerre, suite à un changement de régime. » (William Arkin, Washington Post, 16 avril 2006).

La décision de cibler l’Iran ne doit pas nous surprendre. Déjà sous l’administration Clinton, le Commandement central US (USCENTCOM) avait formulé en 1995 des « plans de théâtre de guerre » pour envahir d’abord l’Iraq puis l’Iran.
"Les intérêts généraux et les objectifs de sécurité nationale exprimés dans la Stratégie nationale de sécurité  (NSS) et dans la Stratégie militaire nationale (NMS) du Président constituent les fondements   de la stratégie opérationnelle du Commandement central US. La NSS ordonne la mise en œuvre d’une stratégie de double « containment » (=limitation de l’expansion de l’ennemi, terme forgé pour qualifier l’encerclement de l’Union soviétique pendant la Guerre froide, NdT) des deux États-voyous que sont l’Iraq et l’Iran, dans la mesure où ces deux États représentent une menace pour les intérêts US, pour d’autres États dans la région et pour leurs propres citoyens.  Le double containment est destiné à maintenir l’équilibre des forces dans la région sans dépendre ni de l’Iraq ni de l’Iran. La stratégie opérationnelle de l’USCENTCOM est basée sur nos intérêts et focalisée sur les menaces. L’objectif de l’engagement US, tel qu’il est défini dans la NSS, est de protéger les intérêts vitaux des USA dans la région : un accès ininterrompu et sûr pour les USA et leurs alliés au pétrole du Golfe.» 
En accord avec le séquençage des opérations établi par le CENTCOM en1995, les plans pour cibler l’Iran ont été activés dans le cadre de TIRANNT immédiatement après l’invasion de l’Iraq. Confirmée par Arkin, la composante opérationnelle de l’agenda militaire concernant l’Iran a été lancée en mai 2003 « quand les concepteurs de modèles et les spécialistes du renseignement ont assemblé les données nécessaires pour une analyse de scénario à grande échelle en vue d’une guerre contre l’Iran. » (Arkin, op cit). En octobre 2003, divers scénarios pour une guerre contre l’Iran ont été envisagés.

"L’Armée de terre, la Marine, l’Aviation et les Marines ont tous préparés des plans de bataille et ont passé quatre ans à construire des bases et à s’entraîner pour l’"Operation Iranian Freedom" (« Opération liberté iranienne »). L’Amiral Fallon, nouveau chef du Commandement central US, a hérité de plans informatisés portant le nom TIRANNT (Theatre Iran Near Term)." (New Statesman, 19 février 2007)
 
Simultanément, les diverses composantes parallèles de TIRANNT ont été mises en place, notamment le "Concept d’opérations" des Marines.
 
"Les Marines, entre-temps, ont été non seulement engagés dans les plans de guerre du CENTCOM, mais se sont concentrés sur leur propre spécialité, l’ « entrée forcée ».  En avril 2003, le Corps des Marines a publié son "Concept d’opérations" pour une manœuvre contre un pays fictif, qui explore la possibilité de déplacer des forces de navires vers la terre ferme, contre un ennemi donné, sans établir auparavant une tête de pont sur la côte. Bien que l’ennemi du Corps des Marines soit décrit seulement comme un pays révolutionnaire profondément religieux nommé Karona, il s’agit indubitablement de l’Iran – avec ses Gardiens de la révolution, ses armes de destruction massive et ses ressources pétrolières.
 
Divers scénarios impliquant les missiles iraniens ont aussi été examinés dans une autre étude, démarrée en 2004 et connue sous le nom de BMD-I (défense de missiles balistiques – Iran). Dans cette étude, le Centre d’analyse de l’armée de terre  a modélisé les performances des systèmes d’armement US et iraniens pour déterminer le nombre de missiles iraniens dont on pourrait s’attendre à ce qu’ils percent les défenses de la coalition (occidentale). 
 
La planification au jour le jour du traitement de l’équipement en missiles de l’Iran échoit au Commandement stratégique US à Omaha. En juin 2004, Rumsfeld a alerté le commandement pour qu’il se prépare à appliquer le CONPLAN 8022, un plan global d’attaque qui inclut l’Iran. Le CONPLAN 8022 prévoit que les bombardiers et les missiles soient prêts à entrer en action dans les douze heures suivant un ordre présidentiel. La nouvelle force d’intervention, m’ont dit mes sources, est surtout préoccupée par le fait que, dans le cas où elle serait appelée à procéder à des frappes globales rapides contre certaines cibles en Iran en cas d’urgence, il faudrait faire savoir au Président que la seule option possible est nucléaire. »  (William Arkin, Washington Post, 16 avril 2006).
"Choc et effroi"
La planification militaire US prévoit que l’OTAN et Israël auront des tâches spécifiques dans le cas d’une attaque contre l’Iran. La marine allemande est déployée formellement sous mandat de l’ONU dans la Méditerranée orientale. Des bases de l’OTAN en Europe seraient aussi impliquées.
Comme cela a été documenté par Global Research, des manœuvres militaires de grande envergure ont été conduites depuis l’été dernier par l’Iran et ses alliés de l’Organisation de coopération de Shanghai, dont la Russie e la Chine. De leur côté, les USA ont mené des manoeuvres au large des côtes iraniennes.
Ce qui est maintenant envisagé par Washington, c’est un recours à une force militaire écrasante en représailles pour une non-obéissance iranienne alléguée. C’est là évidemment le prétexte, la justification pour déclencher une guerre. Le Pentagone a également envisagé des représailles contre l’Iran dans le cas d’une novelle attaque du type 11 septembre :
"Un troisième plan a été établi pour arrêter et répondre militairement à une autre attaque terroriste majeure contre les USA. Il inclut des longues annexes qui offrent toute une série d’options de représailles militaires rapides contre des groupes terroristes, des individus ou des commanditaires étatiques, selon ceux que l’on croit être derrière les attaques. Une nouvelle attaque (du type 11 septembre) pourrait fournir à la fois une justification et une opportunité – qui manque aujourd’hui – pour s’en prendre à certaines cibles connues, à en croire des responsables actuels ou passés de la Défense qui sont familiers de ce plan.
Ce plan détaille « quels terroristes ou mauvais garçons nous frapperions sans prendre de gants. Mais pour le moment, nous avons encore les gants », a dit un responsable, qui a demandé à garder l’anonymat vu le caractère sensible du sujet (Washington Post, 23 avril 2006)
Ce document militaire présume qu’une seconde attaque du type 11 septembre – « qui n’existe pas pour le moment » - pourrait utilement fournir à la fois « la justification et l’opportunité » pour déclencher une guerre contre « certaines cibles connues [l’Iran et la Syrie] ». 
Cibles civiles
Des informations parues dans la presse du Moyen-Orient confirment que les frappes aériennes prévues ne seraient nullement limitées aux installations nucléaires iraniennes.  Le QG du commandement central en Floride  Florida (CENTCOM) a déjà sélectionné une liste complète de cibles militaires et civiles. Des sites industriels, des infrastructures civiles – routes, systèmes d’adduction d’eau, ponts, centrales électriques, tours de télécommunications, bâtiments gouvernementaux – sont désignés pour ce Blitzkrieg. «  Un simple raid pourrait voir frappées 10 000 cibles par des avions décollant des USA et de Diego Garcia » (Gulf News, 21 février 2007).
En attendant, les USA ont travaillé à obtenir des soutiens pour leurs plans suite à la tenue d’une conférence régionale sur la sécurité dans les Émirats arabes unis.
Guerre nucléaire
Les planificateurs militaires sont censés être favorables à l’usage d’armes conventionnelles. Le recours à des armes nucléaires tactiques, qui font désormais partie de l’arsenal opérationnel au Moyen-Orient, n’est pas envisagé, du moins dans la première étape du Blitzkrieg parrainé par les USA. Il n’en reste pas moins que le fait que l’on fasse savoir que les armes nucléaires sont une option possible dans le théâtre de la guerre conventionnelle indique que leur usage fait partie intégrante de la planification militaire.
Si l’Iran répondait aux attaques US par des frappes ciblées sur des installations US en Iraq et dans les pays du Golfe, les USA pourraient répliquer par des attaques nucléaires « préventives » contre l’Iran. Le scénario le plus vraisemblable est que l’Iran, suivant la logique de sa propre planification militaire, riposterait aux attaques US et déploierait des forces au sol à l’intérieur de l’Iraq occupé. 
 
En novembre 2004, le Commandement  stratégique US a conduit une importante manoeuvre d’application d’un « plan de frappe globale » baptisé « Éclairage global ». Cette opération comprenait une simulation d ‘attaque contre un « ennemi fictif » (l’Iran) avec des armes conventionnelles et nucléaires. Suite à cette manœuvre, le Commandement  stratégique a déclaré être en état de préparation avancé.
 
Dans ce contexte, CONPLAN est l plan opérationnel découlant du Plan de frappe globale. Il est décrit comme » un plan à proprement parler que la Marine et l’Aviation traduiront en un ensemble de frappes pour leurs sous-marins et bombardiers » 
 
« CONPLAN 8022 est le plan général chapeautant l’ensemble des scénarios stratégiques prévus incluant des armes nucléaires et parmi lesquels un choix sera fait. »
 
Il est particulièrement concentré sur ces nouveaux types de menaces – Iran, Corée du nord -, les proliférateurs ainsi que les terroristes », a-t-il dit. « Rien ne dit qu’ils ne peuvent recourir au CONPLAN 8022 pour des scénarios limités contre des cibles russes et chinoises » (Selon  Hans Kristensen, du  Nuclear Information Project, cité dans le Fil d’informations économiques japonais, op cit)
 
Le recours à des armés nucléaires tactiques est envisagé dans le CONPLAN 8022 à côté de celui à des armes conventionnelles, et fait aprtie de la doctrine de la guerre préventive de l’administration Bush. En mai 2004, la Directive présidentielle de sécurité nationale n°35 intitulée Nuclear Weapons Deployment Authorization  a été émise. Bien que son contenu reste confidentiel, on peut supposer qu’elle se rapporte au déploiement d’armes nucléaires  tactiques sur le théâtre de guerre moyen-oriental conformément au  CONPLAN 8022.
 
(Pour plus de détails sur l’option nucléaire US, voir Michel Chossudovsky, Nuclear War against Iran, January 2006, The Dangers of a Middle East Nuclear War, February 2006, Is the Bush Administration Planning a Nuclear Holocaust , February 2006)
 
 
 
Israël est prêt
 
Les préparatifs de guerre en Israël ont été en cours depuis la fin 2004. L’aviation israélienne attaquerait l’installation nucléaire iranienne de Bushehr en utilisant des bombes anti-bunker de fabrication Us et israélienne. Les attaques devraient avoir lieu en trois vagues séparées « avec une protection contre les brouillages de radar et de communications fournie par des AWACS et autres avions US volant dans la région » (Voir W Madsen, http://www.globalresearch.ca/articles/MAD410A.html ).
 
Les bombes anti-bunker peuvent aussi être utilisées avec des charges nucléaires tactiques. La B61-11 est la version » nucléaire » de la BLU 113 « conventionnelle ». Elle peut être larguée d’une manière très similaire à celle des bombes anti-bunker conventionnelles.
(Voir Michel Chossudovsky, http://www.globalresearch.ca/articles/CHO112C.html et aussi http://www.thebulletin.org/article_nn.php?art_ofn=jf03norris ).
Selon un article récent du Sunday Times (7 janvier 2007) de Londres,  "Deux escadrons aériens israéliens sont en train de s’entraîner pour faire sauter une installation iranienne en utilisant des « destructeurs de bunkers » nucléaires à faible teneur, selon plusieurs sources militaires israéliennes. »
Si l’Iran devait répondre à des attaques usaméricano-israéliennes en frappant des cibles militaires Us en Iraq et dans les pays du Golfe, la guerre pourrait enflammer toute la région, auquel cas les USA pourraient réagir sous forme d’attaques nucléaires « préventives » sur l’Iran, en utilisant des ogives nucléaires tactiques anti-bunker.
Déploiement naval
Trois groupes navals d’attaque, comprenant le Stennis, l’ Eisenhower et le Nimitz, ont été déployés dans le Golfe arabo-persique, selon Gulf News. "Le groupe d’attaque Stennis porte désormais la présence navale US dans le Golfe à un haut niveau. Le Stennis et le porte-avions Dwight D. Eisenhower, qui sont déjà dans la région, vont être bientôt rejoints par le porte-avions Nimitz. (Gulf News,  21 février 2007). Selon des sources militaires britanniques, la Marine US peut mettre six porte-avions en ordre de bataille dans un délai d’un mois.
Les manœuvres « Bouclier Vigilant 07 »
 
De septembre à décembre 2006, les USA ont mené un nouveau scénario de guerre froide dirigé contre l’Iran et leurs ennemis de l’époque de la guerre froide : baptisées « Bouclier Vigilant 07 » , ses manoeurves n’étaient pas limitées au seul théâtre moyen-oriental mais incluaient aussi la Russie, la Chine et la Corée du Nord.
 
Les détails de ces manœuvres sont contenus dans un briefing du Commandement Nord US (NORTHCOM) daté d’août 2006 (révélé par William Arkin dans son article du 6 octobre 2006 dans le Washington Post). 
Les ennemis désignés sont Irmingham [l’Iran], Nemazee [la Corée du Nord], Ruebek [la Russie] et Churya [la Chine].
Redéploiement de troupes US
Comme confirmé par des sources militaires, des milliers de soldats US ont été redéployés des bases militaires US en Allemagne et en Italie vers des destinations inconnues. On peut supposer qu’ils ont été dispatchés sur le théâtre de guerre moyen-oriental dans l’éventualité où les frappes aériennes entraîneraient une  guerre au sol avec l’Iran.
Le Pentagone, contredisant ses propres déclarations, a réfuté comme « ridicules » les informations de la presse faisant état des préparatifs pour une attaque tout azimut contre l’Iran « à court terme ».
Entre-temps, l’Iran a déclenché des manoeuvres militaires de trois jours baptisées Eghtedar (Grandeur). Ces manœuvres, dans lesquelles sont engagées des forces navales, aériennes et terrestres, sont plus importants que celles de l’été dernier. Elles doivent se dérouler dans 16 des 30 provinces d’Iran. Leur objectif déclaré est de tester la préparation défensive de l’Iran en cas d’attaque US.
La complaisance de l’opinion publique occidentale – y compris du mouvement antiguerre US – est inquiétante. Aucune préoccupation n’a été exprimée au niveau politique sur les possibles conséquences de telles attaques, qui pourraient évoluer vers un scénario de troisième guerre mondiale, avec la Russie et la Chine se rangeant aux côtés de l’Iran. En dehors du Moyen-Orient, la guerre contre l’Iran et les dangers d’escalade ne sont pas considérés comme dignes de faire la Une. Tout cela contribue à rendre la guerre réellement possible, ce qui pourrait déboucher sur l’impensable : un holocauste nucléaire sur une grande partie du Moyen-Orient. Il faut remarquer qu’un cauchemar nucléaire pourrait survenir même si des armes nucléaires ne sont pas utilisées. Le bombardement des installations nucléaires iraniennes avec des armes conventionnelles déclencherait une catastrophe de type Tchernobyl avec des retombées radioactives de grande envergure.
 

Original : Global Research
Traduit de l’anglais par Fausto Giudice, membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est en Copyleft pour tout usage non-commercial : elle est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner sources et auteurs.
URL de cet article : http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=2091&lg=fr
 

 

 

 

L’Iran sera-t-il envahi?
Pr Chems-Eddine Chitour

http://www.palestine-solidarite.org/iran_ria.jpg

Photo Ria Novosti

"Qui veut noyer son chien l´accuse de la rage".

Le monde vit dans une atmosphère de bruits de bottes qui rappelle étrangement les quelques semaines avant un certain 17 mars 2003 prélude à une invasion, une atomisation de l´Irak et à la pendaison, après un simulacre de procès, de son président, Saddam Hussein. «L´option d´une attaque aérienne, écrit Lucio Manisco, député européen, contre les implantations économiques et militaires de l´Iran, qui est à l´étude chez les stratèges du Pentagone depuis plus de deux ans, est entrée en phase d´actualisation en novembre dernier après la défaite républicaine aux élections du Congrès et les revers de plus en plus catastrophiques des opérations militaires et politiques étasuniennes en Irak. Le dernier voyage de la secrétaire d´Etat, Condoleezza Rice, au Moyen-Orient, était destiné officiellement à faire redémarrer les négociations de la Feuille de route entre Israël et la Palestine. En réalité -a écrit l´ex-assistant secrétaire d´Etat, James Dobbins, sur le New York Times -le véritable objectif de cette mission a été celui de lancer une coalition anti-iranienne parmi les gouvernements arabes les plus conservateurs, et de contribuer au financement et à l´armement de milices anti-Hezbollah et anti-Hamas au Liban et en Palestine».(1)
En janvier dernier, l´ancien chef d´état-major de l´armée russe, le général Léonid Ivashov, a prédit une attaque nucléaire des Etats-Unis contre l´Iran d´ici avril prochain. «Dans quelques semaines», a-t-il écrit, nous allons voir une machine de guerre informationnelle se mettre en marche. L´opinion publique est déjà sous pression. Il y aura une hystérie militariste anti-iranienne croissante, des nouvelles fuites d´information, de désinformation. Ensuite, il y a le général Oded Tira, l´artilleur en chef des Forces de défense d´Israël qui a déclaré qu´une frappe américaine sur l´Iran est essentielle pour l´existence même de l´Etat juif. (2).
Tira a exhorté, de façon explicite, le lobby d´Israël aux Etats-Unis à se tourner vers Hillary Clinton et les autres candidats démocrates potentiels à l´élection présidentielle américaine, afin qu´ils soutiennent une action immédiate de Bush contre l´Iran. En attendant, l´accusation israélienne, selon laquelle l´Iran lui pose une menace existentielle, portée l´année dernière par Ehoud Olmert devant le Congrès américain, s´est insinuée dans le discours américain officiel.

Le «bien» contre le «mal»

Se référant d´une manière générale à la guerre contre la terreur, définie de façon vague, Cheney a, récemment, déclaré à Fox News: C´est un conflit existentiel.
C´est la sorte de conflit qui va conduire notre politique pour les 20, 30 ou 40 prochaines années
. Sa fille Elisabeth a écrit dans un édito du Washington Post, en janvier: L´Amérique est confrontée à une menace existentielle. A un moment, quelque part, nous devrons combattre ces terroristes jusqu´à la mort. Nous ne pouvons pas négocier avec eux ou ´résoudre´ leur Djihad. La machine de guerre informationnelle" à laquelle, écrit Gary Leupp, Ivashov fait allusion, a déversé la désinformation plus vite que ne peut le digérer le public. Pendant la montée en guerre contre l´Irak, l´accusation principale contre Baghdad (reçue avec scepticisme aux Nations unies) était que ce pays possédait des armes de destruction massive menaçant le monde entier, y compris New York City. Bien qu´Israël ait attaqué et détruit en 1981 le réacteur nucléaire irakien construit par les Français, Osirak, à présent, il bat fiévreusement tambour pour une guerre américaine contre l´Iran. Et comme Cheney l´a fait ostensiblement remarquer, si les Etats-Unis n´attaquent pas l´Iran, Israël pourrait le faire sans qu´on lui demande. Il est plus que probable, si cela se produit, que ce sera une collaboration.
La rhétorique est connue: le régime iranien est antisémite: le président Ahmadinejad nie l´Holocauste et appelle à ce qu´Israël soit rayé de la carte; Ce qu´a dit Ahmadinejad, citant l´ayatollah Khomeyni (qui est mort en 1989) était que l´occupation de Jérusalem sera effacée de la page de l´histoire. Cette déclaration un peu vague a été faite en langage poétique mais ne se réfère à aucune carte, sans parler d´un génocide. D´ailleurs, En août 2006, Ahmadinejad a déclaré que l´Iran n´était une menace pour aucun pays, pas même pour le régime sioniste.
Pour les faucons américains et israéliens, l´Iran cache l´existence d´un programme illégal d´armes nucléaires, un programme qui menace l´existence de l´Etat hébreu; par conséquent, il est coupable de planifier, de commettre un génocide -la question principale, comme dans l´affaire irakienne, est celle des ADM et, en particulier, la perspective prochaine d´une attaque nucléaire iranienne sur Israël produisant un second Holocauste...L´extermination consciente et diabolique de tout un peuple- dans ce cas, un peuple considéré par de nombreux chrétiens évangéliques américains comme étant le Peuple élu de Dieu, dont la restauration d´un Etat au XXe siècle augure vraiment la parousie: la deuxième venue du Christ tant désirée. Cette bataille du bien triomphant du mal aura lieu à Armagueddon.
En décembre 2006, l´ambassadeur des Etats-Unis, John Bolton, a appelé la Cour pénale internationale de l´ONU à inculper Ahmadinejad pour incitation au génocide. Il est temps d´agir. Nous avons reçu des signes avant-coureurs, sans ambiguïté, sur ce que sont ses intentions. En décembre 2006 aussi, le dirigeant du Likoud, Benjamin Netanyahou, a convoqué sept diplomates étrangers en Israël à un meeting afin de les presser de se joindre à Israël dans des efforts pour mettre fin au programme nucléaire de l´Iran. Selon un reportage paru dans le quotidien israélien Ha´aretz, cette rencontre était le premier événement dans une campagne internationale de relations publiques. Elle comprendra une proposition pour porter plainte contre le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, devant la Cour pénale internationale, pour crimes de guerre. Et ses plans pour commettre un génocide y seront présentés.
La presse étasunienne se réfère systématiquement au programme d´armes nucléaires iranien comme s´il était évident que l´Iran en avait un. Pendant ce temps, la plupart des Américains ne savent probablement pas que tous les pays ont le droit d´enrichir l´uranium et que les pays dépourvus d´un programme nucléaire (à l´instar du Japon, de l´Allemagne, des Pays-Bas et du Brésil) l´ont enrichi sans que les Etats-Unis ne protestent. La plupart des Américains ne savent probablement pas que Mohamed El-Baradei, ne cesse de dire qu´il n´y a aucune preuve que le programme d´enrichissement de l´Iran soit lié à un programme militaire. C´est vrai qu´après une rencontre avec Condoleezza Rice en mars 2006 (dans laquelle elle a accepté de lever les efforts étasuniens de le renvoyer de la tête de l´Aiea), il a déclaré que l´Aiea n´était pas à ce stade en position de conclure qu´il n´y a aucun matériau ou activité nucléaire non déclarés en Iran. L´administration Bush a utilisé cette déclaration alambiquée à la double négation, ainsi que la déclaration de septembre 2005 de l´Aiea sur l´Iran, pour justifier ses préparatifs de guerre.(2)
D´autre part et à en croire Escobar, on peut dire que l´Administration Bush est en train d´obtenir ce qu´elle veut au Moyen-Orient. Pour combattre un croissant chiite fictif (une construction du roi Abdullah de Jordanie), elle a fortement encouragé le croissant sunnite (l´Arabie Saoudite, l´Egypte, la Jordanie, le Koweït et les Emirats arabes unis), exacerbant ainsi jusqu´au paroxysme
la stratégie qu´elle avait déjà appliquée en Irak: le sectarisme comme paramètre doré du diviser pour mieux régner" impérial. Historiquement, poursuit Escobar, les Sunnites et les Chiites ont coexisté malgré des tensions sociales. Mais jamais ces tensions n´ont été aussi cyniquement exploitées -par Washington- comme dans l´Irak d´après l´invasion et tout le Moyen-Orient. L´axe de la peur arabe sunnite coopère gaiement. Le roi Abdullah d´Arabie Saoudite s´est même plaint dans un journal koweitien que l´Iran essayait de convertir au chiisme les Arabes sunnites. Même Israël s´allie maintenant, par tous les moyens, à l´Arabie Saoudite contre l´Iran La Mecque/Jérusalem contre Qom; les Musulmans et les Juifs luttant contre les Musulmans.(3)
La division sunnite-chiite entretenue par les USA doit impliquer le pétrole. L´Arabie Saoudite est directement confrontée à l´Iran au sein de l´Organisation des pays exportateurs de pétrole. Dans une interview du 19 janvier, donnée à la chaîne arabe Al-Manar, le secrétaire général du Hezbollah, le Sheikh Hassan Nasrallah, a analysé avec finesse comment la libanisation est liée à l´irakification et, plus largement, à la division Sunnites-Chiites au Moyen-Orient. Et tout a à voir, bien sûr, avec le Nouveau Moyen-Orient de Bush. Pour Nasrallah: En bref, le -Nouveau Moyen-Orient- signifie une série d´Etats-croupions divisés selon des lignes religieuses, sectaires et raciales, du Liban à la Syrie, à l´Irak, à l´Iran, à la Turquie, à l´Afghanistan, au Pakistan; toute la route vers l´Arabie Saoudite et le Yémen et le reste des Etats du Golfe, jusqu´à l´Afrique du Nord. Et là, je voudrais mettre chacun en garde, dans le monde arabe et islamique, quelle que soit la secte ou la religion à laquelle il s´identifie, qu´il soit musulman ou chrétien, shiite ou sunnite ou druze, quelle que soit sa race, arabe, kurde, turque, etc. Quiconque peut croire que le Nouveau Moyen-Orient lui garantira son propre Etat indépendant, et ça sera peut-être le cas, mais il ne doit pas ignorer qu´un des piliers central de ce Nouveau Moyen Orient est le conflit continuel entre ces Etats-croupions.(3)
Qu´en est-il de la puissance iranienne? Dans une interview en date du 3 février, Chirac a, de ce point de vue, répété que l´éventuelle acquisition, par la République islamique, de l´arme nucléaire était une éventualité dangereuse, très dangereuse, avant de souligner que ce danger n´était pourtant pas d´ordre strictement militaire. A supposer que l´Iran acquière d´ici quelque temps une bombe nucléaire, peut-être une deuxième un peu plus tard, cela ne lui servira à rien, a dit Chirac. En effet, a-t-il poursuivi: Où l´Iran enverrait-il cette bombe? Sur Israël? Elle n´aura pas fait 200 mètres dans l´atmosphère que Téhéran sera rasée. Il est aussi ridicule de décrire le régime iranien comme une menace pour les Etats-Unis, qui a la moitié du budget militaire total de la planète, des troupes basées dans 120 pays et des bases en Afghanistan et en Irak qui entourent (et menacent) l´Iran.
Cependant, en Israël même, censé être marqué par l´anéantissement, la menace putative iranienne est relativisée. Ephraïm Halevy, l´ancien chef du Mossad, la redoutable agence d´espionnage, a récemment réfuté la notion selon laquelle l´Iran pose une menace existentielle à Israël. Aujourd´hui, Israël est indestructible, a-t-il déclaré. Il n´est pas si simple de penser que vous avez un dispositif entre les mains et que vous pourrez le lancer sur un site particulier et rayer une nation de la carte. Israël a eu connaissance de cette menace [de la part de l´Iran] pendant plus de 15 ans et a observé cette menace grandir. Vous devez supposer qu´Israël n´est pas resté sans rien faire... ou [à attendre] que quelqu´un d´autre fasse le boulot. L´Iran peut-il détruire Israël? Je ne pense pas que cela soit faisable en des conditions purement opérationnelles.(2)
D´une façon tout à fait mélodramatique, et calculée, s´exprimant via satellite à la 7ème Conférence de l´Institut de politique et de stratégie [IPS], tenue au Centre interdisciplinaire de Herzliya, Alan Dershowitz, professeur à Harvard, a averti Israël qu´il risque d´avoir à se débrouiller seul, à l´avenir. Il s´est appuyé, pour étayer ses propos, sur quatre événements récents qui, selon lui, pourraient causer une tempête de force I dans les relations très étroites, ceci mis à part, entre les USA et Israël.
Israël doit se tenir prêt à perdre le soutien de l´Amérique, dans les années à venir, sur les plans tant diplomatique qu´économique.
Mon message, en direction d´Israël, est le suivant: Soyez forts, et soyez prêts à vous démerder tout seuls.(4)
La technique de diabolisation de l´autre avant de l´attaquer est toujours la même. Témoignant devant la commission sénatoriale sur les relations avec l´étranger, Zbigniew Brzezinski, conseiller à la sécurité nationale du président Jimmy Carter, a émis une critique acerbe de la guerre en Irak et averti que la politique de l´Administration Bush menait inexorablement à la guerre avec l´Iran.

L’impatience d’Israël

On se souvient que Brzezinski, s´était opposé à l´invasion de l´Irak en mars 2003 et a publiquement dénoncé la guerre comme étant une erreur monumentale de politique étrangère. Il a attiré l´attention des sénateurs sur un reportage du New York Times, paru le 27 mars 2006, concernant une rencontre privée entre le président et le Premier ministre, Tony Blair, deux mois avant la guerre. Dans l´article, a affirmé Brzezinski, on cite le président qui déclare être inquiet du fait qu´il risque de ne pas y avoir d´armes de destruction massive à trouver en Irak, et qu´il est nécessaire de réfléchir pour trouver d´autres prémisses pour entreprendre cette action. Confronté à la possibilité de ne pas en trouver avant l´invasion prévue, M.Bush avait parlé de plusieurs moyens de provoquer une confrontation. Il a décrit les différents moyens de le faire.(5)
Enfin, dernière intoxication, Israël a démenti, samedi 24 février, les allégations selon lesquelles le pays serait en négociations avec les autorités américaines sur une permission pour un couloir aérien au-dessus de l´Irak dans les préparatifs d´un plan visant à attaquer les installations nucléaires de l´Iran, a rapporté le quotidien Yedioth Ahronoth. Le journal britannique Daily Telegraph a rapporté, samedi matin, qu´Israël menait des négociations avec les Etats-Unis sur une permission pour survoler l´Irak, au cas où l´Etat hébreu lancerait des raids aériens sur les installations nucléaires de l´Iran. Le seul moyen de faire cela est de survoler l´espace aérien contrôlé par les Etats-Unis, a indiqué le Daily Telegraph, citant un haut responsable du ministère israélien de la Défense.(6).
Aux dernières nouvelles, et alors même que les Six sont réunis à Londres pour discuter de nouvelles sanctions contre Téhéran, l´Iran est prêt à examiner positivement une demande officielle de négociations de la part de Washington, mais rejette la condition préalable de la suspension de l´enrichissement d´uranium, a déclaré lundi, 26 février, Ali Larijani, secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale. Nous verrons si la paix sera au rendez-vous.

1.Lucio Manisco: Iran. Plans de guerre de Georges Bush pour mettre en déroute l´ennemi il manifesto. 21 janvier 2007
2.Gary Leupp -Counterpunch. Accuser l´Iran de génocide avant de l´atomiser. Info-palestine.net Dimanche 11 Février 2007
3.Pepe Escobar: Wa3ad Traduction: MR pour ISM Mardi 13 Février 2007.
4.Alan Dershowitz Traduit de l´anglais par Marcel Charbonnier ww.herzliyaconference.org/Eng/ArticleID=1638&CategoryID=230.
5.Brzezinski: Déposition devant le Sénat: 2 février 2007 wsws.org
6.Agence Xinhua 25 Février 2007 http://www.alterinfo.net/index.php?action=572271

Les nouveaux Barbares
Michel Warschawski

 

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