Apparemment, Bush fait cavalier seul. Sa stratégie de « la voie en avant » est équivalente à une fuite en avant. Rien ne le retient puisqu’il rappelle à tout un chacun qu’il est le maître en disant, avec arrogance, que « c’est moi qui décide » et que, en tant que tel, il ne renonce pas à sa stratégie du « chaos destructeur » qu’il compte porter à son point culminant. Rien ni personne ne peut l’arrêter sitôt que les résidus des néoconservateurs qui l’entourent encore tels Cheney, Rice, … lui ont signifié le chemin à suivre.
Qu’il soit mis en minorité par le peuple américain du fait de sa faible côte de popularité ou par les députés et les sénateurs ou à l’intérieur du parti républicain, qu’il ressemble à la peste étant donné que tous ces fanatiques qui l’approchaient ont fini par tomber les uns après les autres alors que d’autres attendent leurs tours après avoir subi la vindicte populaire, qu’il rate l’occasion de se réconcilier avec ses concitoyens en rejetant les propositions consensuelles du rapport Baker – Hamilton émanant des démocrates et des républicains et lui offrant une issue de sortie « honorable » du bourbier irakien, qu’il voit s’élargir les cercles d’opposition à ses projets néfastes aux officiers supérieurs de l’armée américaine, qu’il voit les citoyens anti - guerre s’activer et manifester massivement pour contrecarrer ses desseins catastrophiques, … ; Bush n’entend pas s’estimer défait en optant pour une autre ligne de conduite que celle de « maintenir le cap » pour décrocher la « victoire ». Autrement, son statut d’ « élu de Dieu » et de « croisé contre la terreur et pour la démocratie » ne vaudra plus rien. La « mission divine » dont il se croit chargée va tomber à l’eau. Alors, rien dans son palmarès de boucher vaincu ne redorera son blouson. Tous ses fanatiques retiendront qu’il fut un président inapte à traduire dans les faits ce qu’il n’arrêtait pas de faire sortir de sa bouche grande ouverte. En somme, pour ces faucons, Bush personnifie le prototype d’un personnage grincheux incapable de tenir ses promesses et, lamentablement, vaincu par ses pires ennemis parce qu’il a dévié de la ligne dure qu’il s’était juré de suivre quelles que soient les circonstances et les contraintes et parce qu’il a cédé sur bon nombre de dossiers dont le Liban, la Syrie, l’Iran, la Corée du Nord, ... Au lieu d’agir comme, auparavant, en Afghanistan et en Irak, Bush s’est contenté des voies diplomatiques, l’arme des faibles par ailleurs, alors qu’il fallait user de la force pour régler ces problèmes comme l’exige la véritable volonté d’intronisation des Etats-Unis en tant que seule superpuissance à laquelle il échoit d’imposer sa domination incontestable sur le monde.
Ces signes de faiblesse, émanant de Bush, vont entamer l’image de marque des Etats-Unis résidant en la toute puissance de leur force de frappe militaire et les affaiblir aux yeux de leurs ennemis et des états « voyous ». Ce qui est inacceptable pour les faucons et les néoconservateurs. Certains, parmi eux, s’empressent de dire que la formule adéquate, pour le cas de l’Irak, s’annonce comme suit : « en Irak, il faut maintenir le cap mais changer d’itinéraire »(1). Dans ce cadre, il n’est pas question de parler de rapatriement des troupes armées américaines ou de quoi que ce soit de ce genre. La colonisation directe va subsister indéfiniment en même temps que voit le jour une nouvelle division du travail entre les forces colonisatrices et les dirigeants irakiens de la façon suivante : « ma solution permet de couper la poire en deux : maintenir le cap, mais changer d’itinéraire. Je suggère d’évacuer les forces de la coalition des zones habitées d’Irak et de les redéployer dans le désert. De cette manière, les troupes peuvent rester indéfiniment en Irak, tout en évitant de subir son carnage urbain. Les troupes dirigées par les États-Unis peuvent ainsi à la fois effectuer des tâches essentielles (protéger les frontières, assurer le fonctionnement des infrastructures pétrolières et gazières, veiller à ce qu’aucun monstre du genre de Saddam Hussein ne s’empare du pouvoir) et mettre fin à leurs activités secondaires (faire régner l’ordre dans les rues, protéger leurs propres quartiers) »(2).
Ainsi, l’armée américaine va élire domicile en Irak une fois pour toutes en étant, savamment, protégée contre les attaques mortelles causant des pertes humaines parmi ses soldats. Cette situation lui offrira, aussi, le loisir d’étaler ses forces contre les pays voisins et de contrôler parfaitement l’intérieur de l’Irak. Malgré son extrême faiblesse qui a fait dire à Nouri EL Maliki, l’actuel premier ministre irakien, que « Bush n’a jamais été aussi faible », Bush s’est ressaisi dans un élan, semblable au dernier soupir d’un mourant, en défiant tout le monde tout en « gardant le cap » et en appelant à l’envoi de nouvelles troupes en Irak. En définitive, il a opté pour la stratégie de l’escalade dont les chances de réussite s’avèrent très discutables du fait que Bush, lui – même, part, dans cette aventure, d’une position de faiblesse à l’intérieur et à l’extérieur des Etats-Unis. Ce simple constat préjuge de lendemains qui déchantent pour Bush d’où l’intérêt de se pencher sur la question à la lumière des changements survenus et, de façon générale, en défaveur de Bush et de ses quelques serviteurs inconditionnels.
A ce niveau, Bush n’a pas attendu longtemps pour commencer à être la cible de plusieurs attaques provenant des députés et sénateurs républicains et démocrates, des officiers supérieurs de l’armée, de la société civile américaine, de nombreuses personnalités étrangères qui considèrent sa stratégie comme « non mûre » ou qui voient que la solution réside dans le départ des forces alliées de l’Irak dans des délais précis, … Tout ceci ne semble pas avoir raison de l’arrogance de Bush qui n’en finit pas de croire en la « victoire » là où il a échoué lamentablement depuis 2003 surtout. Il ne fait que répéter à ceux qui veulent encore l’entendre qu’il faut lui « laisser une chance » pour mener à bien ce qu’il n’a pas pu accomplir durant plus de trois années. Pour ce faire, il a besoin d’autres renforts de troupes et du financement nécessaire pour venir à bout des ennemis de « liberté » en Irak et ailleurs. C’est-à-dire qu’il s’engage à emprunter des voies pleines de risques pour le peuple irakien et pour les troupes américaines en particulier dans un contexte où même ses alliés les plus proches tels Blair, par exemple, qui annonce une diminution du nombre de soldats en Irak. Devant cet entêtement, Bush parait prendre le chemin du suicide du fait qu’un ensemble de facteurs objectifs et subjectifs ne plaident pas en sa faveur.
Il n’y a, pour cela, qu’à prendre en considération les toutes premières réactions originaires des propres rangs du parti républicain à l’encontre de Bush et de sa nouvelle stratégie en Irak. En voilà quelques unes qui en disent long sur l’isolement de Bush au sein de son camp. Des sénateurs s’expriment à haute voix pour marquer leur nette opposition avec la « ligne dure » du président et pour émettre des doutes sur ses chances de réussite. Ainsi, « le républicain Chuck Hagel estime qu’il "n’y a pas de stratégie. C’est une partie de ping-pong avec les vies américaines. Ces jeunes hommes et femmes que l’on envoie dans la province d’Anbar, en Irak, à Bagdad, ne sont pas des pions, ce sont des vies réelles. Et on ferait mieux d’être fichtrement sûr de ce qu’on fait, nous tous, avant d’envoyer 22 000 Américains de plus dans ce bourbier »(3). En réduisant à néant la « stratégie » de Bush et en faisant allusion aux dangers qui guettent le nouvelles troupes en Irak, il s’agit bien de montrer qu’un tel plan ne mène à rien et n’aura aucun effet sur l’issue de la guerre sinon d’exposer les vies des jeunes soldats à la mort. Ce qu’affirme Richard Lugar, l’ex-président républicain de la commission des affaires étrangères au sénat, en ne mâchant pas ses mots par cette déclaration : « je ne suis pas convaincu que le plan du président Bush réussisse »(4).
Le républicain George Voinovich, quant à lui, réfute l’allégation selon laquelle l’envoi d’autres troupes est de nature à assurer la sécurité nationale des Etats-Unis en disant que « après une réunion de trois heures avec de hauts responsables du renseignement, trois entretiens à la Maison-Blanche et plusieurs auditions, je suis encore plus sceptique maintenant qu’avant à propos de l’impact [du plan Bush] sur notre sécurité nationale »(5). De tels exemples rendent compte du fait que les mensonges de Bush n’arrivent plus à convaincre même ses plus proches supporters au vu des résultats de plus de trois années d’occupation de l’Irak. Pendant toute cette période, les événements ont pris une telle tournure que tous les rêves chimériques de Bush et de son équipe de néoconservateurs se sont révélés irréalisables sur le terrain des opérations et se sont soldés par des échecs cuisants contrairement aux vœux du gang Bush. D’autre part, les alliés les plus proches tels que Blair et Howard, après avoir cautionné la stratégie de Bush, se contentent de préciser qu’ils ne sont pas prêts à envoyer d’autres troupes en Irak.
Malgré tous ces indices qui doivent faire réfléchir l’administration américaine, Bush ne semble écouter que ces faucons déchus qui en appellent toujours à « maintenir le cap » même si toutes les personnes saines d’esprit s’accordent à dire que l’envoi de 21500 soldats de plus ne va rien changer à la donne et que les jeux sont faits en Irak. Par ailleurs, le financement d’une telle mésaventure perdue d’avance augmentera les coûts de la guerre en les élevant aux niveaux records enregistrés lors des guerres de Corée et du Vietnam puisque « depuis 2001, le Sénat et la Chambre des représentants ont voté en tout 503 milliards de dollars de crédits pour les guerres en Irak et en Afghanistan, selon le bureau du budget du Congrès. Les dépenses d’entretien des troupes au jour le jour ne cessent de gonfler et approchent maintenant 10 milliards de dollars par mois. Le secrétaire adjoint à la défense, Gordon England, souligne qu’après quatre ans en Irak, les hélicoptères, avions et autres véhicules blindés usés ou détruits doivent être remplacés. Douze soldats ont été tués le 20 janvier après le crash d’un hélicoptère et 13 autres dans des attaques à la veille de l’arrivée en renfort, dimanche, de 3 200 soldats. A la fin de l’année, nul doute que le coût de la guerre dépassera largement les 600 milliards de dollars approchant en termes réels ceux des conflits du Vietnam (660 milliards en dollars d’aujourd’hui) et de Corée (690 milliards) »(6).
Chacun sait qu’une bonne partie de ce budget militaire sera financée à coups de coupes sur les secteurs sociaux, comme la santé, qui profitent aux catégories pauvres de la société américaine. C’est ainsi que Bush règle les problèmes de santé des peuples américain et irakien en tuant les irakiens et en laissant périr les américains. Son aveuglement ne peut le conduire, effectivement, qu’à l’amplification des tueries et du chaos dans les pays envahis en échange de victoires qu’il a tant souhaitées et dont il est incapable.
De la sorte, bien des observateurs considèrent que la campagne de l’administration Bush contre l’Iran est une vaine tentative pour camoufler les échecs cumulés et prévus en Irak. Mais, défait comme il est, il n’ose pas le prouver en déclarant « haut les mains » comme ses ancêtres cowboys. Son arrogance à s’estimer le maître du monde lui a coûté des critiques sévères de la part de Poutine qui a passé en revue la vision du monde selon Bush en ces termes : "qu’est-ce qu’un monde unipolaire ? Même si on essaie d’embellir ce terme, il signifie simplement un seul centre de pouvoir, un seul centre de puissance et un seul maître", a-t-il déclaré. "Cela n’a rien à voir avec la démocratie, qui veut que la majorité prenne aussi en compte l’opinion de la minorité. Il y a des gens qui n’arrêtent pas de nous donner des leçons de démocratie (...) qu’ils ne suivent pas eux-mêmes"(7). Tous les subterfuges sur la domination du monde et la propagation de la démocratie, servis par Bush et les néoconservateurs, sont dénoncés à voix haute. La mégalomanie et l’unilatéralisme qui s’en suit ont agi de telle façon que "les actions unilatérales n’ont pas résolu les conflits, elles les ont aggravés"(8). C’est là probablement que se situent les objectifs du gang Bush qui, faute de victoires annoncées auparavant, ne compte plus que semer son « chaos constructeur » dans le plus grand nombre de pays. Ne serait – ce pas là la traduction concrète de ce slogan, digne de Bush, « après moi le chaos ».
Notes
1 – Daniel Pipes, En Irak, il faut maintenir le cap mais changer d’itinéraire, fr.danielpipes.org
2 – Idem.
3 – Le Sénat américain défie George W. Bush et sa stratégie irakienne, fr.news.yahoo.com/25012007/342/le-senat-americain-defie-george-w-bush-et-sa-strategie.html, jeudi 25 janvier 2007, EuroNews.
4 – Irak : cuisant échec de Bush au sénat, Ledevoir.com
5 – Idem.
6 – Eric Leser, Le coût des guerres en Irak et en Afghanistan équivaut à 1 % du PIB américain, lemonde.fr, 22/01/2007.
7 – Vladimir Poutine dénonce une « vision unipolaire » du monde, lemonde.fr avec Reuters, 10/02/2007.
8 – Idem.
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Le Président George W. Bush et le vice-président Dick Cheney jouent inconsciemment le rôle du Dr. Jack Kevorkian en aidant l’Etat d’Israel à se suicider. C’est la conséquence inévitable de l’attaque aérienne et aux missiles prévue contre l’Iran.
Le paysage rempli d’impacts et chaotique de l’Irak, du Liban et de l’Afghanistan et les immenses files d’attente de candidats devant les bureaux de recrutement d’Al-Qaeda et d’autres terroristes témoignent avec éloquence des conséquences involontaires des politiciens myopes de Washington et de Tel Aviv.
Par Ray McGovern
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Photo : Sharon raconte à son ami Bush l’histoire des 3 étapes. Demandez à un Irakien ou à un Palestinien s’ils la trouvent drôle.
Hypnotisés. Malheureusement, c’est le meilleur mot pour décrire ceux d’entre nous qui se rendent compte de l’inexorable marche folle vers une guerre avec l’Iran et un danger croissant pour la sécurité d’Israel, en particulier à moyen et à long terme.
Une attaque américaine et/ou israélienne contre l’Iran libèrera les chiens de guerre. Ces chiens ne sont jamais allés à l’école de l’obéissance. Personne ne leur refusera une chance de mordre, et l’arsenal d’armes nucléaires d’Israel ne pourra rien faire pour les museler.
Selon moi, jamais depuis 1948 l’existence même d’Israel n’avait été autant en jeu. Bush/Cheney et les responsables israéliens ne sont-ils pas capables de le voir ?
Quel dommage que personne ne semble avoir lu l’avertissement de notre premier président sur les effets nocifs des alliances embrouillées.
L’ironie suprême est que dans leur ferveur à aider, comme d’habitude, Israel, Bush et Cheney semblent être dans l’ignorance totale qu’ils descendent une allée qui les mène à la falaise.
Provocation et prévention
Quand il s’agit de rejeter des discussions directes avec l’Iran ou entre Israel et la Syrie, l’influence et les motifs du vice-président sont plus transparents que ceux de Bush.
C’est sûr, Cheney a déclaré récemment à Wolf Blitzer sur CNN que la politique de l’administration concernant l’Irak serait "un énorme succès de l’histoire", mais ne croyez pas ceux qui disent que Cheney "délire".
Lui et ses amis néoconservateurs sont fous à lier. Ils ont insisté sur une confrontation avec l’Iran pendant de nombreuses d’années, et ils ont vu l’invasion de l’Irak dans ce contexte.
En faisant allusion aux récentes initiatives des militaires américains, Robert Dreyfuss a décrit correctement les néocons en disant qu’ils "croisaient les doigts dans l’espoir que l’Iran répondrait par une provocation, aggravant ainsi de façon inexorable ce qui est maintenant une guerre froide."
Mais qu’en est-il du président ? Comment expliquer sa fixation à vouloir accrocher le wagon de l’Iran ?
L’influence de Cheney sur Bush s’est toujours montrée considérable depuis que le comité de recherche composé d’un seul homme pour un candidat à la vice-présidence de 2000 a choisi Cheney.
Le vice-président peut jouer du violon à Bush. Mais quelles cordes utilise-t-il ici ? Où est la résonance ?
L’expérience a montré que le président était quelqu’un d’impressionnable avec un penchant pour accorder beaucoup d’importance à ses premières impressions et à s’accrocher à des gens supposés être des âmes soeurs - que ce soit le Président russe Vladimir Poutine (de confiance, à première vue), au directeur de la CIA, George Tenet, un type qui veut toujours se faire des amis, ou à l’ancien Premier Ministre israélien suintant de testostérone, Ariel Sharon.
Sa relation avec Ariel Sharon était d’un intérêt particulier. Le Général à la retraite Brent Scowcroft, un maître de la discrétion avec les médias, avait trouvé convenable de dire au Financial Times de Londres, il y a deux ans et demi, que Sharon avait "hypnotisé" Bush et "qu’il l’avait enroulé autour de son petit doigt."
En tant que président du prestigieux Comité Consultatif des Renseignements Etrangers sous George W. Bush et conseiller à la sécurité nationale sous son père, Scowcroft était bien placé pour le savoir - et pour tirer des comparaisons.
Il a été sommairement viré après avoir fait ses commentaires au sujet de Sharon et il est maintenant persona non grata à la Maison Blanche.
Syndrome de déficit de compassion
George W. Bush a rencontré Sharon pour la première fois en 1998, quand le gouverneur du Texas a été emmené en visite au Moyen-Orient par Matthew Brooks, à l’époque directeur exécutif de la Coalition Juive Républicaine.
Sharon était Ministre des Affaires Etrangères et il a emmené Bush faire un tour en hélicoptère au-dessus des Territoires Occupés par les Israéliens.
Le 3 août 2006, McClatchy a envoyé une histoire de Ron Hutcheson qui citait Matthew Brooks :
"S’il y a un point de départ à l’attachement de George W. Bush à Israel, cela remonte au jour, vers la fin de 1998, où il se tenait sur le sommet d’une colline où Jésus a prononcé le Sermon sur le Mont, et quand, les yeux débordants de larmes, il a lu tout haut son hymne préféré, "Amazing Grace". `Il était très ému. C’était une expérience déchirante. Il est revenu chez lui avec Israel dans son coeur. Je pense qu’il avait été profondément touché."
Bush a fait une référence gratuite mais révélatrice à ce voyage lors de la première réunion de son Conseil de Sécurité Nationale (NSC) le 30 janvier 2001.
Après avoir annonçé qu’il abandonnerait le rôle de médiateur "honnête" existant depuis des décénnies entre les Israéliens et les Palestiniens et qu’il penchait de façon prononcée pour Israel, Bush a indiqué qu’il laisserait Sharon résoudre le conflit comme il le voudrait.
À ce moment-là, il a évoqué son voyage en Israel avec la Coalition Juive Républicaine et le survol des camps palestiniens, mais en disant qu’il ne se sentait pas du tout concerné par le sort des Palestiniens.
Dans "A Pretext for War" (ndt : Un Prétexte pour la Guerre), James Bamford cite Bush : "La situation ne semblait pas bonne en bas." a-t’il dit avec un froncement des sourcils. Puis, il a dit qu’il était temps de mettre fin aux efforts de l’Amérique dans la région : "Je ne vois pas bien ce que nous pouvons faire là-bas en ce moment".
Et voilà pour le Sermon sur le Mont. La version que j’ai lue met un accent sur le fait de travailler activement pour la justice. Il n’y a aucune suggestion que les larmes suffisent.
Le Secrétaire au Trésor de l’époque, Paul O’Neill, qui était présent lors de la réunion du NSC, a rapporté que Colin Powell, le nouveau Secrétaire d’Etat, a été pris complètement par surprise devant cet abandon nonchalant de la politique de longue date. Powell a objecté, en prévenant que cela déchainerait Sharon et que "les conséquences pourraient être graves, en particulier pour les Palestiniens."
Mais selon O`Neill, Bush a juste gesticulé, en disant, "parfois une démonstration de force de la part d’un côté peut vraiment clarifier les choses". O`Neill dit que Powell a semblé "effrayé". Mais on peut parier à coup sûr que le vice-président n’a été nullement effrayé.
Un récit semblable reflétant le désordre de manque de compassion de Bush saute aux yeux en lisant "The One Percent Doctrine" (ndt : "La Doctrine du Un pourcent") de Ron Suskind.
Le Prince Abdullah, le leader de facto de l’Arabie Saoudite, était fort en colère en avril 2002 quand il est arrivé à Crawford pour contester la décision de Bush de prendre parti pour Israel et d’abandonner le rôle américain de médiateur honnête dans le conflit israélo-palestinien.
Avec l’épithète "d’homme de paix" fraîchement accordé à Sharon par Bush qui lui résonnait toujours dans les oreilles, Abdullah a commencé en insistant sur le fait que le président et ses collaborateurs regardent une vidéo de 15 minutes. Elle montrait le chaos en Cisjordanie, les tanks fabriqués aux Etats-Unis, des enfants ensanglantés et morts, des mères en larmes.
Puis, toujours sans un mot, ils sont tous entrés dans une autre pièce où les Saoudiens ont commencé à faire des demandes spécifiques, mais Bush a semblé distrait et insensible. Après quelques minutes, le président s’est tourné vers Abdullah et a déclaré : "Allons faire un tour. Juste vous et moi. Je vais vous montrer le ranch."
Bush n’était évidemment tellement pas préparé à discuter du sujet avec ses invités saoudiens que certains des collaborateurs du président ont vérifié ce qui s’était produit.
Le dossier du briefing pour le président avait été détourné vers le bureau de Cheney. Bush ne l’avait jamais eu, donc il ignorait totalement ce que les Saoudiens espéraient accomplir en faisant le voyage à Crawford. (Il y a un doute que cette expérience ait été courante au cours des six dernières années et qu’il y ait en effet deux décideurs à la Maison Blanche, l’un d’eux contrôlant la circulation des documents.)
Bush n’était pas privé de briefings de contexte. En effet, il a montré une préférence à les obtenir du premier ministre Sharon qui, avec son haut responsable militaire, le Général Yoav Galant, a informé le président à Crawford (en 2005) et dans le Bureau ovale (en 2003) du programme d’armes nucléaires de l’Iran.
Désolé si je trouve cela bizarre. C’était notre travail à la CIA. Je parie que Sharon et Galant étaient plus percutants.
Il y a, sans aucun doute, quelque chose de plus en jeu dans l’attitude de Bush et son comportement concernant Israel et la Palestine.
On n’a pas besoin d’être un psychologue pour avoir une preuve suffisante de ses tendances oedipiennes. Ce n’est pas un secret que le président a critiqué en privé ce qu’il perçoit comme étant des erreurs de son père.
Suskind, note par exemple, que Bush a défendu son penchant pour Israel en disant à un ancien employé de la politique étrangère : "Je ne vais pas soutenir mon père et tous ses copains arabes !"
Et il semble certain qu’Ariel Sharon a raconté au jeune Bush les efforts de James Baker, le Secrétaire d’Etat de son père, pour faire l’impensable ; c.-à-d., présenter une quantité de revendications arabes dans les accords qu’il a essayé de négocier entre Israel et les Palestiniens. Il semble clair que c’est l’une des raisons pour lesquelles le rapport Boulanger-Hamilton était mort à l’arrivée.
Avec des amis comme ça...
George W. Bush peut avoir les meilleures des intentions dans sa ferveur à défendre Israel, mais lui et Cheney ont la plus myope des politiques. Les responsables israéliens risquent beaucoup s’ils prennent du réconfort dans la rhétorique du président, en particulier vis-à-vis de l’Iran.
Je suis constamment stupéfait de découvrir, quand je parle dans le pays, que la grande majorité des Américains instruits pense que nous avons un traité de défense avec Israel.
C’est faux, mais on peut aisément voir à quel point ils sont trompés.
Écoutez le président il y a exactement deux ans :
"Il est clair que si j’étais le responsable d’Israel et que j’avais écouté certaines des déclarations des Ajatollahs iraniens au sujet de la sécurité de mon pays, je serais aussi préoccupé par le fait que l’Iran possède une arme nucléaire. Et, comme Israel est notre allié [sic] - et du fait que nous nous soyons très fortement engagés dans le soutien à Israel - nous soutiendrons Israel si sa sécurité est menacée.
Nous ne faisons aucune faveur aux responsables israéliens en leur donnant l’impression qu’ils ont carte blanche dans leur région - particulièrement en ce qui concerne l’Iran - et que nous les tirerons d’affaire, quoi qu’il arrive."
N’ont-ils rien appris du passé récent ?
Loin d’améliorer la sécurité d’Israel, l’invasion étasunienne de l’Irak et l’encouragement de Washington dans l’attaque inefficace d’Israel contre le Liban l’été dernier ont eu comme conséquence plus de pépinières de terroristes contre Israel.
Cela semblera un jeu d’enfant comparé à ce qui nous attend si les Etats-Unis et/ou Israel bombardent l’Iran.
Résultat : il y a une menace croissante d’attaques-suicide en Israel. Les deux plus dangereux travaillent à la Maison Blanche.
Ray McGovern
Source : http://www.antiwar.com
Traduction : MG pour ISM
Provenance : alterinfo.net
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Apartheid médical, les Noirs des Etats-Unis utilisés comme cobayes |
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Harriet Washington |
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Traduction intégrale de l'interview sur Democracy Now d'Harriet Washington, chercheuse en science médicale, auteur d'un livre : « Apartheid Medical : l'Histoire Sombre de l'Experimentation Médicale sur les Américains Noirs de l'Epoque Coloniale à Aujourd'hui ». Ce livre révèle la face cachée de la recherche scientifique et les racines du déficit de santé des afro américains. Il examine aussi des abus moins connus et se penche sur des pratiques médicales non éthiques et les mauvais traitements subis par les noirs aujourd'hui encore dans les établissements de soins. |
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Apartheid Medical : l'Histoire Sombre de l'Experimentation Médicale sur les Américains Noirs de l'Epoque Coloniale à Aujourd'hui |