Ce qui est en train de se mettre en place en Algérie forcément viendra à déborder sur le Maroc et la Tunisie ,ce sont la géographie , l’histoire , la langue, la culture , les mœurs , les traditions et la religion qui imposent cela, c’est dans la nature des choses et cela dépasse toute forme de rationalité ou de nationalisme théorique.La collaboration et la solidarité se fonts toujours à tous les niveaux , entre les dictatures et les différents dictateurs de ces pays , comme entre les groupes armés cela va de soi aussi ,et l’avenir donnera encore la preuve de cette réalité humaine évidente.En fait si on visite un peu l’histoire moderne , celle des répressions et de la lutte armée , résistance pour les uns , terrorisme pour les autres , un esprit simple et lucide comprendra mieux l’effroyable déterminisme US à tout idéologiser pour imposer ses point de vue et sauvegarder ses intérêts aux dépends de ceux du reste du monde , la « défaite » de l’Europe face à l’hégémonie américaine prend de plus en plus forme au Maghreb , et nous voyons réapparaître les vieilles méthodes de l’empire américains selon les directives néocons , de plus en plus, les despote du Maghreb, comme ceux d’Asie et d’Amérique latine hier, vont avoir à se soumettre à l’interventionnisme US qui fonctionne contre la prétendue menace intégriste musulmane avec la seule logique de la fameuse et fumeuse théorie des dominos , c'est-à-dire selon les stratèges de l’interventionnisme colonial, la logique de la multiplication des foyers de contagions par un ennemi des intérêts US pour installer le chaos dans une région , prendre le pouvoir et les en expulser. La théorie des dominos est une théorie géopolitique US qui date, selon laquelle un changement idéologique dans un pays peut provoquer le même changement dans les pays voisins, et que si ce changement n’est pas leur œuvre, il ne peut-être que celui de leurs ennemis et qu’il faut, à partir de là, forcément intervenir en passant outre toutes les lois internationales.
Cette théorie est une métaphore physique pour représenter la propagation possible par « contagion » (métaphore biomédicale) des idées et idéologies , en clair pour nous autres au Maghreb un maquis algérien puissant et actif qui pour une question évidente de survie débordera sur les territoires des pays voisins, territoires qui seront des sanctuaires pour lui et qui lui aussi fera de son territoire un sanctuaire pour eux ,dans une collaboration solidaire en ce qui concerne les objectifs et les stratégies .Expliquée de la sorte cette théorie, pour nos despotes et leurs alliés, elle sert d’alibi à tous les liberticides, il s’agit pour eux de donner un sens à leur crimes et leur oppression en donnant un visage et une légitimité à leur croisade contre le terrorisme international , cela permettra d’un seul coup de faire accepter l’illégitimité et l’horreur de leurs actions et de convaincre l’opinion qu’elle soit nationale ou internationale de la véracité de leurs discours. Cette théorie en vérité s'apparente à la notion de « co-évolution » en écologie où un changement chez un individu peut promouvoir et faciliter un changement chez un autre, d'après GREGORY BATESTON.
La théorie des dominos a été forgée par les militaires US dans le cadre de L'endiguement qui est la base de la stratégie de conquête de cet impérialisme, qui vise la zone d'influence US et ce à n’importe quel prix et par n’importe quel moyen , aujourdh’ui pour BUSCH et les néoconservateurs à dominence sioniste , leur zone d’influence c’est le monde entier .
Les États-Unis luttent en conséquence contre toute possibilité d'arrivée au pouvoir de l’Islam politique qu’il soit par les urnes c'est-à-dire par le déterminisme d’un peuple qui adhère à son discours, ou par la violence révolutionnaire qui peut-être et qui est dans la plus part des cas illégitime, et qui comme la dictature s’impose aux peuples. C'est notamment cette théorie qui justifiait l'intervention militaire en PALESTINE contre le pouvoir légitime du HAMAS.
Ce concept a été repris par les néo-conservateurs comme un élément de leur pensée, qui est à l'origine de la doctrine internationale de leur gouvernement. Selon les néo conservateurs, l'implantation de la démocratie dans un pays provoquera le même changement dans les pays voisins, jusqu'à la disparition des régimes autoritaires , mais la démocratie selon leur seuls points de vue ,celle qui les contraint à considérer la Tunisie de ben Ali , l’Algérie de Boutaflika et le Maroc de M6 comme des démocraties à protéger en protégeant en même temps leurs intérêts,face aux peuples de ces pays exploités et opprimés.
Ainsi, selon les néo-conservateurs, durant le mandat de George Walker Bush, plusieurs événements se sont produits, en liaison avec cette politique :
Mais en vérité au Maghreb ce ne sont plus les peuples ou une partie d’entre eux qui risquent de faire la révolution, ce sont les despotes autocratiques qui risquent de poser des problèmes, ce sont eux qui créent l’insécurité, la violence, l’extrémisme et le terrorisme. Ce que ce monde doit craindre ce ne sont pas ces tunisiens , algériens ou marocains qui ne veulent pas de leur tyrans et qui s’épuisent à les dénoncer à toutes les instances internationales sourdes à leurs souffrances , ce que le monde doit craindre c’est le comportement débile de ces despotes et leurs quelques centaines de déséquilibrés mentaux qu’ils lâchent sur des peuples désarmés et épuisés par toutes les formes de crimes imaginables , ce sont eux qui forment les extrémistes et qui sont les meilleurs pourvoyeurs des maquis et du terrorisme. Pour faire face à ce risque de proliférations en chaîne, il faut plus de justice, de liberté et de dignité pour le peuples du Maghreb, tout le reste comme partout ailleurs dans le monde est un faux calcul qui se retournera un jour contre ses concepteurs.
L’Algérie pour ses matières premières et la puissance de ses services répressifs est le premier dans un système de défense des intêtrets impérialistes établi selon cette logique au Maghreb , les extrémistes ,AL quaida en tête l’ont bien compris, que ce poste stratégique tombe, tous les autres s’écroulent à sa suite comme s’écroulent aussi toutes les pièces d’un jeu de dominos lorsqu’on fait tomber la première, et soyons sûr que les despotes tunisiens quitteront le navire qui coule comme des rats , ce seront les démocrates qui paieront les pots cassés.
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La théorie des dominos
Driss El Fahli
La théorie des dominos est connue en sécurité. Elle est loi en ce sens qu'une catastrophe n'arrive jamais sans incidents précurseurs. C’est des maillons-incidents d'une seule chaîne, dont l'aboutissement est la catastrophe. Retirez un seul maillon et le pire est évité. La loi des dominos conduit donc, si rien n'est retiré, à des emmerdements maxi selon le principe de Murphy. A bon entendeur, salut!
Voilà donc que l'Empire nous invente la “loi des dominos démocratiques". Cette loi de bon aloi est perlée diplomatiquement pour ne pas faire hors la loi. Selon cette “table des lois”, si mon voisin est quelque chose, je finirais par devenir cette chose (que Dieu m'en préserve). Autrement dit, un seul poisson frais et la pêche du “chouari” (sac à dos des ânes) devient fraîche. Une théorie bien “pansée” pour nous emballer! Ainsi, pour faire disparaître la corruption, on pourrait mettre un seul honnête homme par administration. L'honnêteté va se propager comme la grippe. On pourrait alors demander tous les actes que l'on veut sans graisser la patte à personne et gérer le bien d'autrui sans le prélèvement de la dîme personnelle d'usage.
Pensez donc, si l'Irak devient une démocratie, grâce à la théorie des dominos démocratiques le bédouin koweïtien donnera plus de droit à sa femme. Le chamelier saoudien permettra à la sienne de conduire sa Toyota 9 places plastifiées. Le primaire jordanien ne tuera plus sa fille parce qu'elle a fricoté avec un garçon d'une autre tribu. Finalement, la politique n'est que l'art d'habiller ses intérêts avec le tchador de la chose publique. Dominos démocratiques ou dominos tout court, c'est la même galère, retirez un fou et la catastrophe n'arrivera pas.
Cette théorie a été semi-reprise par A. Wahid d'Al Hayat, dans sa livraison du 26/03/03, dans le cadre de la relation explosive américano-irakienne. Sans aller dans les recoins de son analyse, ce journaliste à contre-courant nous dit, dans la langue d'Oum Kaltoum, qu'à toute chose malheur est bon. Les Arabes devraient arrêter de pleurer sur leur sort qui n'est pas encore tiré et s'occuper de l'après-guerre. Les Américains ont entrepris la 3ème guerre du Golfe comme prolongement naturel des deux précédentes. Cette guerre n'est pas une guerre de religion, n'est pas une guerre de pétrole, n'est pas une guerre d'occupation, mais une espèce de guerre “sainte” pour poser le premier domino démocratique au Moyen-Orient. Une fois en place, la démocratie fera son travail de contagion du voisinage. L'Irak futur risque même de rafler le leadership arabe à l'Égypte s'il se montre bon élève…
Quelle maladie, ce dollar! Il tue le journalisme même quand son impact est atténué par l'effet de change égyptien. Si on continue à dire que l'avenir de l'Irak c'est l'Égypte, les Irakiens ne vont jamais capituler. Il faut bien manger, on sait tous que le journalisme qui ne vend pas se vend. En attendant, Shock & Owl (choc & hibou) continue à vouloir faire peur (choc & effroi) à ces pauvres Irakiens. Une mise en scène son et lumière produite par des bombes spectaculaires. Ce n'est pas nouveau. Souvenez-vous, ce type de guerre s'appelait Blitzkrieg. Il fut utilisé par Frederick Von Paulus et les “boches” d'hier pour faire hibou à l'Union Soviétique de 1939 et au dictateur de Stalingrad. On connaît le résultat de la supériorité technologique incontestable d'antan de l'armée allemande et sa faillite face au soutien populaire russe autour de Staline. Ibnou khaldoun n'est pas américain, l'histoire n'est pas un éternel recommencement. Bon, j'en ai marre d'être choqué par les images de guerre, trop d'images tue l'image. Repu, je m'en vais passer un week-end calme et serein à Essaouira. C'est une ville qui ne ressemble à aucune autre, “Sea, Sun and Jumbee”, avec sécurité et spiritualité en prime. Je vous échange votre “guerre & haine” contre un “peace & love” à portée de main.o
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Un mort et 9 blessés dans un attentat anti-américain
ALGÉRIE - 10 décembre 2006 - AFP
Un attentat contre un bus transportant des employés d'une société américaine a fait dimanche un mort, le chauffeur du bus, et neuf blessés, dont huit étrangers, à Bouchaoui, à l'ouest d'Alger, a annoncé le ministère algérien de l'Intérieur.
Outre le chauffeur tué de nationalité algérienne, l'attentat a fait neuf blessés: un Américain, 4 Anglais, deux Libanais, un Canadien et un Algérien, a précisé le communiqué officiel.
Un des deux blessés libanais est "grièvement" atteint, et huit blessés devaient quitter l'hôpital dans la soirée de dimanche après avoir reçu les soins nécessaires, a-t-il ajouté.
Selon le ministère, un bus a été atteint par une bombe artisanale qui a explosé à son passage, dimanche à 17h30 (16H30 GMT), dans la commune de Staouéli, qui abrite la forêt de Bouchaoui, près du Club des Pins.
"Une enquête a été ouverte pour déterminer la nature et l'origine de cet engin explosif", selon le communiqué, qui ne fait état d'aucune revendication.
Le bus reconduisait à l'hôtel Sheraton, sur la côte ouest d'Alger, les employés de la société américaine BRC (Brown Root and Condor), une filiale de la compagnie publique algérienne Sonatrach et de l'Américaine Halliburton.
Plusieurs passagers du bus se seraient blessés en tentant d'échapper du véhicule. L'un d'eux se serait violemment heurté à un arbre en se jetant par la fenêtre du bus, selon des sources concordantes, non confirmées officiellement.
Des témoins ont affirmé à l'AFP avoir entendu une intense fusillade à la suite de l'explosion. Les forces de sécurité ont bouclé tout le quartier.
L'attentat n'a pas été revendiqué dans l'immédiat. Selon les témoins, plus de deux cents membres des forces de sécurité se sont déployés dans un bois proche, la forêt de Bouchaoui, où le ou les auteurs de l'attentat se seraient réfugiés.
C'est le premier attentat depuis l'explosion le 29 octobre de deux voitures piégées devant les commissariats de police de Dergana et de Réghaia à l'est d'Alger. Ces deux attentats avaient fait trois morts et 24 blessés, selon le bilan officiel.
Il a eu lieu dans une zone très sécurisée, qui abrite notamment le Palais des Nations, une salle de conférences réservée aux grandes manifestations nationales et internationales.
La zone abrite aussi des dizaines de résidences touristiques d'Etat, dont la plupart ont été affectées à des ministres et des hauts responsable pour les mettre à l'abri d'éventuels attentats.
Selon les autorités algériennes, il n'y aurait plus qu'un seul groupe armé en activité en Algérie, le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), qui se serait affilié à l'automne au groupe Al-Qaïda, selon le numéro 2 de cette organisation Aïman el-Zawahiri.
M. Zawahiri avait menacé de charger le GSPC d'organiser des attentats en France.
Peu auparavant, le GSPC avait menacé de s'attaquer à des intérêts étrangers en Algérie.
Le GSPC compterait moins de trois cents hommes armés dans le pays, qui sont concentrés dans les régions forestières de Kabylie, à l'est de la capitale, selon les sources officielles.
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ATTENTAT DE BOUCHAOUI : QUESTIONS ET LEÇONS
Par ClaudeMONIQUET, Président de l’ESISC
En résumé:
- L’attentat de Bouchaoui témoigne de la réalité du ralliement du GSPC à al-Qaïda.
- Les intérêts occidentaux sont à nouveau visés en Algérie, pour la première fois depuis des années.
- Le GSPC semble avoir retrouvé une partie de sa force de frappe et, en tout état de cause, est présent à Alger.
- D’autres attentats sont à craindre, en Algérie et peut-être ailleurs dans la région ; ils seront dirigés prioritairement contre les intérêts français et américains.
A) Préambule
Dimanche, en fin de journée, un attentat a visé, à Bouchaoui (15 kilomètres d’Alger),
deux bus transportant des employés de la société américaine Brown Roots and
Condor (BRC). Bilan : un mort et neuf blessés (voir notre brève analytique du 11
décembre, 19 :12).
Un évènement banal, à première vue, dans un pays où un terrorisme que l’Etat
algérien s’acharne à qualifier de «résiduel » tue, au minimum, plusieurs centaines
de personnes par an. Et rien de comparable, bien entendu, avec les massacres
quotidiens qui se déroulent en Irak. Pourtant, cet attentat « mineur » - pour autant
que l’on puisse employer ceterme lorsqu’il y a mort et mutilations d’hommes –
mérite que l’on s’y arrête car il pourrait bien être chargé de lourdes
significations. Et ce, pour trois raisons : le lieu de l’attentat, la cible visée
et lemode opératoire.
B) Le lieu de l’attentat
Le lieu de l’attentat, d’abord: il s’est produit dans grande banlieue d’Alger, dans
un quartier extrêmement protégé où habitent plusieurs hauts
responsables du gouvernement et qui abrite des entreprises étrangères et
un grand hôtel international, le Sheraton. Ce quartier s’est particulièrement
développé depuis une dizaine d’années, précisément parce qu’il permettait, non loin
de la capitale, de vivre et de travailler à l’abri du terrorisme. L’hôtel Sheraton, lui,
abrite des expatriés qui y vivent à l’année et des hôtesofficiels du régime. Nous y
avons-nous-mêmes séjourné il y a quelques années à l’occasion d’une conférence
internationale et nous pouvons donc témoigner que l’endroit est particulièrement
sécurisé.
Pourtant, un commando lourdement armé (voir ci-dessous) a pu y
pénétrer, y préparer un attentat, passer à l’action et, apparemment,
décrocher après celle-ci sans être autrement inquiété.
Par ailleurs, on notera que, depuis des années, la plupart des actions violentes
impliquant des terroristes se résument souvent à des accrochages qui se produisent
dans des zones montagneuses ou boisées et, le plus souvent, très éloignées de la
capitale. Depuis plusieurs années, celle-ci n’avait plus été le théâtre d’attentats. Or, le
29 octobre dernier, des attentats contre les commissariats de police de Reghaia et de
Dergana (des quartiers périphériques d’Alger) avaient fait trois morts et 24 blessés.
La nouvelle attaque de ce week-end est donc le troisième attentat à se
dérouler non seulement dans l’Algérois mais, de plus, à proximité
immédiate de la capitale. Cette action signe, de manière peu équivoque,
l’existence d’au moins une cellule terroriste active (et, sans doute, au vu
de ses modes opératoires, assez importante et très structurée) dans la
région d’Alger. Une première depuis le début des années 2000 et, en tout état de
cause, une mauvaise nouvelle pour un gouvernement qui a tout joué sur la politique
de « réconciliation nationale» pour tourner définitivement la page des années de
plomb.
C) La cible choisie
La cible choisie est particulièrement symbolique puisqu’il s’agit des
travailleurs d’une société américaine. Deux remarques s’imposent de prime abord:
d’abord, depuis plusieurs années, les étrangers n’avaient plus été ciblés par le
terrorisme en Algérie, ensuite, et même au plus fort de la crise des années quatrevingt-
dix, jamais des ressortissants ou intérêts américains n’avaient été attaqués. En
frappant des étrangers travaillant pour une société américaine, les
terroristes effectuent donc, en une seule fois, un double saut qualitatif.
Le GSPC (Groupement salafiste pour la prédication et le combat), qui a
revendiqué hier soir l’attentat de Bouchaoui, met d’ailleurs en garde contre de
nouvelles attaques contre les intérêts américains en recommandant aux
Algériens de se tenir « à distance des intérêts des infidèles pour éviter tout dommage
qui pourrait vous advenir en vous mêlant à eux au moment où ils sont visés ».
On soulignera que le GSPC, après avoir longtemps gardé une position
attentiste par rapport à la mouvance du Djihad global et s’être concentré
sur le Djihad local, s’est officiellement rallié, courant 2006, à al-Qaïda.
L’annonce officielle de ce ralliement avait été faite le 11 septembre dernier, cinq ans
jour pour jour après les attentats de New-York et Washington, par Ayman al-
Zawahiri, numéro deux d’al-Qaïda, qui avait annoncé dans une déclaration vidéo
que le GSPC avait fait allégeance à Oussama Ben Laden et intégré la mouvance al-
Qaïda. Al-Zawahiri ne cachait pas vouloir faire de l’organisation algérienne le fer de
lance d’attaques à venir contre la France et contre les Américains, le GSPC étant
appelé à devenir « un os dans la gorge des croisés américains et
français ».
Des intérêts longtemps divergents se rencontraient ainsi. Le GSPC, fortement
affaibli en Algérie, - il n’y compterait plus que quelques centaines de
membres actifs –pouvait espérer se refaire une deuxième jeunesse en se
liant au terrorisme international. Al-Qaïda, quant à elle, pouvait espérer
trouver, enfin, l’organisation qui lui permettrait, d’une part, de frapper la
France et, d’autre part, de s’installer durablement dans le Maghreb.
Car le GSPC, dopé par cette alliance, a désormais des visées régionales. Ainsi, ces
derniers mois, plusieurs ressortissants marocains ou tunisiens ont été arrêtés alors
qu’ils tentaient de se rendre en Algérie pour s’y entraîner dans des maquis du GSPC.
D)Lemode opératoire
Pour commettre l’attentat de dimanche, le GSPC a dû, obligatoirement,
effectuer des repérages étalés sur plusieurs jours de manière à vérifier
les horaires des bus qui ont été attaqués. Il a ensuite posé des charges
explosives le long de la route et a encore eu la capacité de développer une
puissance de feu suffisante pour faire plusieurs blessés, tout en
affrontant les gendarmes qui escortaient le convoi. Après quoi, les
terroristes semblent s’être retirés sans subir de pertes malgré l’ampleur des
opérations de ratissage menées par les forces de l’ordre (il y a fort à parier que, après
une telle action, les autorités n’auraient pas manqué de faire état de la mort ou de la
capture de certains des assaillants, si cela avait été le cas…)
Plus que de la chance, cette séquence d’action semble prouver de bonnes
capacités de recueil de renseignement, un réel savoir-faire tactique, une
grande décision dans l’action et la possession de moyens militaires
performants et bien utilisés, le tout accompagné par une grande
discipline, dans l’approche comme au feu et dans la retraite. L’opération
elle-même a été, de surcroît, servie par une logistique apparemment sans
faille, que ce soit dans la fourniture des armes, dans la mise à disposition des
moyens de déplacement et dans le choix et la gestion des planques sur lesquelles les
terroristes se sont probablement repliés.
Bref, ici aussi, un nouveau qualitatif : le GSPC qui a commis l’attaque de
Bouchaoui ne semble plus avoir grand chose à voir avec l’organisation
aux abois à laquelle on s’était habitué depuis quelques années.
E) Les erreurs de BRC
Les premiers responsables de la sécurité des employés et expatriés des grandes
sociétés occidentales sont évidemment ceux qui les envoient sur place.
De ce point de vue, on s’étonnera que, plus de quatre ans après l’attentat
de Karachi qui avait coûté la vie à plusieurs techniciens français se
déplaçant, précisément, en autobus, les responsables de la sécurité de
BRC aient continué à privilégier pour leurs employés ce mode de
déplacement. Celui-ci a, en effet, le double désavantage d’être
particulièrement visible et de permettre aux terroristes d’espérer faire
un « carton plein » en maximalisant le nombre de victimes potentielles
d’une attaque.
La présence plus ou moins massive de policiers et de gendarmes autour de ces
convois n’offre qu’une illusion de protection mais peut, au contraire, agir comme un
aimant sur les terroristes auxquels elle signale, de surcroît, l’importance du convoi.
La réponse à cette menace est pourtant connue et réside en l’utilisation de voitures
individuelles (éventuellement blindées), ne transportant que quelques personnes à la
fois et couvertes par un dispositif de sécurité léger mais disposant d’une grande
puissance de feu. Outre le fait que l’ensemble est plus discret et nettement
plus mobile, en cas de drame, l’ampleur de celui-ci est évidemment
limitée.
En guise de conclusion
On aimerait se tromper mais les faits sont parlants. Faute d’une réaction appropriée
des services de sécurité algériens et d’une coopération sans faille entre l’Algérie, le
Maroc et la Tunisie, mais aussi entre ces pays et leurs alliés hors-zone, on est peutêtre
à la veille d’une nouvelle flambée de violence terroriste non
seulement en Algérie mais peut-être dans l’ensemble du Maghreb et en
France.
Si cette hypothèse pessimiste se réalise, on pourrait assister à une succession
plus ou moins rapprochée d’attentats visant non plus la population,
comme dans les années quatre-vingt-dix, mais les autorités et les intérêts
étrangers. L’image de corruption des autorités et le sentiment antioccidental
prévalant dans une bonne partie du monde arabe depuis 2001
pourraient permettre au GSPC et aux organisations qui le rejoindraient
de procéder à des recrutements importants du point de vue numérique,
et offriraient dès lors à la mouvance du Djihad globale la perspective
d’ouvrir un « nouveau front » nettement plus proche de l’Europe et de ses
Croisés que ne l’est le front irakien.
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Le GSPC revendique un attentat anti-américain
ALGÉRIE - AFP
Le Groupe salafiste pour la Prédication et le Combat (GSPC), lié au réseau Al-Qaïda, a revendiqué l'attentat anti-américain qui a fait dimanche un mort et neuf blessés, dont huit étrangers, à Bouchaoui, à l'ouest d'Alger, dans un communiqué mis en ligne mardi.
"Les moujahidine ont mené dimanche une attaque à la bombe contre un bus transportant au moins 20 croisés, qui a fait un nombre indéterminé de tués et de blessés, avant de regagner leurs bases sains et saufs", affirme ce communiqué, mis en ligne sur le principal site islamiste, mais dont l'authenticité ne pouvait pas être établie avec certitude.
Cette opération, baptisée dans le communiqué "conquête de Bouchaoui", constitue "un cadeau modeste à tous nos frères moudjahidine qui sont en train d'endurer les affres de la nouvelle croisade contre l'islam", ajoute le texte.
Le groupe appelle également les musulmans d'Algérie à "s'éloigner des intérêts des infidèles pour éviter d'être atteints durant les attaques contre les croisés".
Selon le ministère algérien de l'Intérieur, l'attentat visait un bus transportant des employés de la société américaine BRC (Brown Root and Condor), une filiale de la compagnie publique algérienne Sonatrach et de la société américaine Halliburton.
Le chauffeur, de nationalité algérienne, avait été tué, alors que les neuf blessés étaient un Algérien, un Américain, quatre Britanniques, un Canadien et deux Libanais, d'après un communiqué officiel.
Le GSPC s'est affilié en septembre au réseau terroriste Al-Qaïda.
Son ralliement a été officiellement annoncé le 11 septembre par Ayman Al-Zawahiri, "numéro deux" d'Al-Qaïda.