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LES PIEDS-BLANCS

LES PIEDS-BLANCS
Par
Marc-Édouard Nabe


Plus qu’un navet, une honte ! Grâce au film Indigènes, les Arabes de

France vont pouvoir courber l’échine la tête haute. C’est l’histoire de quatre

soldats algériens et marocains enrôlés dans l’armée française en 1943

et qui subissent les humiliations de leurs supérieurs, ce qui ne les empêche

pas de servir la patrie pas du tout reconnaissante. Apothéose : le simple soldat

qu’interprète Jamel Debbouze finit par se sacrifier pour tenter de sauver

le gradé qui l’a brimé !...

Avec Indigènes, on est repassé de la France « Black Blanc Beur » à la

bonne vieille Bleu Blanc Rouge. Il y avait longtemps qu’on n’avait vu une

telle apologie de la soumission... Car c’est le message de ce film de guerre

bourré de clichés : «Vous, fils d’immigrés qui voulez être français à part

entière, glorifiez le bon vieux temps des colonies où vos pères étaient

assez bêtes pour aller se faire tuer pour la mère patrie ! » Les tirailleurs

sont tiraillés entre leur désir de révolte et leur attachement au colon qui

les commande. Tout le monde est gentil : le caporal arabe, le sergent-chef

pied-noir et son colonel métropolitain. À tous les échelons, les bons sentiments

triomphent, dans la plus totale invraisemblance psychologique.

Le problème, avec ce bel élan de solidarité entre l’esclave et son maître

contre la barbarie, c’est que déjà, à l’époque, il avait tourné court... Spéculant

sur l’ignorance historique des jeunes Beurs d’aujourd’hui, la production

d’Indigènes se garde bien de révéler à son public que les Maghrébins, après

avoir servi dans l’armée française, aux côtés des Pieds-Noirs, ces derniers

les en ont remerciés en les exterminant par milliers le jour même (8 mai

1945) où ils prétendaient fêter la victoire comme les autres Français.

Si le metteur en scène avait eu des couilles, il aurait tourné la partie

prévue sur les massacres de Sétif, Guelma et Kherrata ! Rachid Bouchareb

a supprimé cette séquence parce qu’il ne voulait pas finir sur une note

trop hard qui eût choqué les Français suffisamment culpabilisés comme

ça, et compromis les chances de vendre son western mou... Bouchareb

promet de tourner la suite plus tard, mais en attendant, l’Algérie de

Boutéflika a refusé à Jamel son visa ! Même traitement que pour son

copain Enrico Macias... Les vendus ne sont pas les bienvenus dans le pays

qu’ils font semblant de défendre et qu’ils salissent. Il y a peut-être un

masochisme occidental, mais pas oriental !

C’est vrai que des indigènes engagés (souvent volontairement, les

cons ! ) ont participé aux combats contre les nazis, mais comment soutenir

sans rire que ce sont eux seuls qui ont « libéré» la France, l’Italie et la Corse

(pourquoi pas la Normandie?), comme les acteurs du film aiment à le clamer

sur tous les plateaux-télé où on les voit bien serrés, en brochette de

promo ? Ils vont bientôt affirmer que ce sont eux, les bras cassés, qui se

sont coltinés l’Afrikakorps ! Contrairement à la légende que colporte le film,

les troupes coloniales ne servaient pas plus de chair à canon que les autres.

Malgré leur racisme, les colons ne se planquaient pas derrière leurs «bougnouls

» pour monter au front. Le système colonial était fier de ses indigènes,

mais pas au point de les envoyer en premières lignes !

Ah ! Il fallait la voir, à Cannes, l’équipe du film chanter cet hymne à

la résignation qu’est Le chant des tirailleurs. Tous en smoking, fous de joie

d’avoir reçu le prix collectif d’interprétation pour avoir accompli cette

mauvaise action : redorer le prestige de la France qui a écrasé leurs pères...

Ô pingouins de Tizi Ouzou !

— C’est nous les Africains / Qui revenons de loin / Nous venons des colonies /

Pour sauver la patrie / (...) Car nous voulons porter haut et fier / Le beau drapeau

de notre France entière / Et si quelqu’un venait à y toucher / Nous serions

là pour mourir à ses pieds / (...) Et lorsque finira la guerre / Nous reviendrons

dans nos gourbis / Le coeur joyeux et l’âme fière d’avoir libéré le pays !...

Savent-ils, ces rampouilles du show-biz, que c’est le chant préféré des

fins de banquets du Front National, celui que les anciens de l’OAS s’amusent

à gueuler entre deux Heili Heilo! dans les arrière-salles des brasseries ?

Oui ! En vantant les valeurs de la « Colo», les fils des Algériens torturés font

le jeu du FN ! Déjà à l’époque c’était la honte de chanter ça aux côtés des

colonisateurs de son pays, mais aujourd’hui, relancer ce cri d’esclaves

ravis, est impardonnable ! On dirait que les trentenaires collabeurs regrettent

de ne pas avoir vécu l’heureux temps de la colonisation...

 

Qu’ils se rassurent : ils en vivent un autre, celui de leur néo-colonisation,

à eux, par l’industrie du cinéma occidentaliste. Eux aussi sont

de bons soldats de la machine guerrière de démoralisation des troupes :

il s’agit de montrer les Arabes comme des demeurés qui se battent pour

trois tomates, ou qui servent comme de vraies petites soubrettes le café

au lit du Blanc qui leur donne des coups de crosse de fusil dans le ventre...

Jamais on ne verra un film où des Musulmans dignes de ce nom

seront montrés en action dans un vrai combat pour l’indépendance, la

liberté, l’honneur, la justice. C’est toujours : ou bien la dénonciation du

terroriste, ou bien l’apologie du supplétif !

Évidemment on peut toujours trouver pire : dans l’Histoire d’Algérie,

il n’y a pas eu que des Algériens engagés dans les troupes de leurs persécuteurs,

il y a 60 ans. Il y en a eu aussi d’autres qui, au moment de la

guerre d’indépendance, se sont rangés du côté des Français pour combattre

leurs frères dans leur propre pays ! On les appelle des harkis, et ces

deux sortes de jolis messieurs sont aujourd’hui représentés par les deux

comiques les plus célèbres de leurs générations, qui n’hésitent pas à

interpréter au cinéma et à la télévision les personnages les plus méprisables

de leur peuple : un Indigène pour Jamel, et un Harki pour Smaïn...

Il faut se rendre à l’évidence : en France, les comiques arabes finissent

en tragiques larbins.

Le seul auteur que cite Jamel l’inculte, c’est Albert Camus ! Cette fascination

de l’Arabe pour le Pied-Noir est tenace. Même après la décolonisation,

et sur plusieurs générations, il adore le Français. Dès l’indépendance,

on a même vu des Algériens venir en masse en France comme

pour «raccompagner» les rappatriés ! Incorrigibles !

Dire que le FLN s’est battu pour ça ! Des Arabes honteux, et fiers de

l’être. Nouveaux esclaves d’une France vautrée dans la repentance... Sauf

que certains occidentaux, sous prétexte de ne pas vouloir macérer dans

la culpabilité, s’absolvent de tous leurs crimes. Ils conviennent ( bien

obligés ) que la colonisation a été une saloperie, mais pour aussitôt revendiquer

le droit de tourner la page. Remettre à l’heure les pendules du

passé, c’est la meilleure façon de ne pas en être encombré pour foncer

vers l’avenir sur l’autoroute de l’ignominie ! Ainsi le criminel ne paye

jamais ses exactions : toujours manque la facture. Il lui suffit de dire que

se sentir coupable le ferait trop verser dans la haine de soi, et qu’il serait

malsain qu’il stagnât éternellement dans le remords, pour se retrouver

libre et impuni ! Le refus de l’autoflagellation, c’est bien pratique pour oublier

qu’on a donné des coups de fouet à d’autres !

Voilà pourquoi l’idée de colonisation est si bien portée aujourd’hui

où l’on fait semblant d’en dénoncer les méfaits. Les pourfendeurs de la

tyrannie de la repentance sont, comme par hasard, ceux qui prônaient la

guerre en Irak, ceux qui approuvent l’implantation de colons israéliens

en Palestine et plus globalement les massacres des peuples qui résistent

chez eux aux divers envahisseurs !

Au lieu de se déguiser en combattants d’hier, les Arabes français feraient

mieux de prendre les armes d’aujourd’hui. Il y a mieux à faire que

de pousser un gouvernement de droite à réévaluer les retraites de vieux

tirailleurs maghrébins dans le seul but de promouvoir un film larmoyant

post-onze septembre.

Les néo-indigènes de Bouchareb n’ont qu’une idée : sortir les anciens

des foyers Sonacotra... Heureusement, il y a d’autres Arabes dans le monde

qui trouvent plus essentiel de sortir les colons de leurs kibboutz de

Cisjordanie ! Le seul but dans la vie de ces « Beurs», c’est qu’on les laisse

enfin entrer en discothèque ! Mais qu’on ne permette pas à leurs frères

de rentrer en Palestine, ne semble pas les concerner... S’ils aiment à ce

point l’uniforme et les armes, les combats nobles, et la défense de l’idéal

patriotique, pourquoi ne vont-ils pas s’engager dans le Hezbollah, ou les

brigades des Martyrs d’Al Aqsa ? Même un Franco-Israélien comme Arno

Klarsfeld n’a pas hésité à endosser l’uniforme de Tsahal, là-bas sur le terrain

promis, pour servir sa « patrie ». Les Franco-Algériens, eux, sont trop

lâches, ils estiment que le conflit du Proche-Orient, il ne faut pas l’importer

en France. Évidemment, ça mettrait en péril leurs petites affaires...

Indigènes a été écrit, produit, tourné et médiatisé, en réaction à ce

qui s’est passé l’année dernière dans les banlieues parisiennes. Les émeutes

ont bel et bien été étouffées, et pas par la police. Par les « indigènes»

eux-mêmes! Ils sont morts pour rien, les deux gosses poursuivis par les

policiers et électrocutés dans le transformateur. Aujourd’hui, les Musulmans

sortent d’Indigènes transformés eux aussi, mais en collabos, ce qui

est peut-être pire que de l’être en cadavres... Et cette fois, Sarkozy n’y est

pour rien.

Debbouze, Starr, Bacri étaient venus à Clichy-sous-bois après la bagarre

pour donner une leçon de civisme aux « djeuns » en leur intimant

l’ordre de voter (c’est-à-dire voter à gauche bien sûr), mais ça n’a pas suffi.

Ils avaient essayé de leur expliquer que ce n’était pas une solution de

brûler des voitures et un gymnase... Le gymnase de 2005, on l’a retrouvé

en 2006, mais non brûlé celui-là, et plein de Sans-papiers. Cachan, c’est

le parcours obligé pour les tirailleurs médiatisés... Après le studio de

Canal + et avant celui de France 3, on se doit de passer par le gymnase

de Cachan. Ça fait partie de la promo d’Indigènes : aller en chapeau à la

Samy Davis Junior embrasser les « cousins» sur leurs paillasses en train

de crever de grève de la faim, prendre dans ses bras, pour la photo, un

bébé squatteur en pleine scarlatine, patauger un instant dans la diarrhée

d’un petit Malien, tout en évitant d’approcher sa maman tuberculeuse,

c’est bon pour le film...

J’espère que les «métèques», scandalisés très légitimement par le meurtre

accidentel de leurs copains foudroyés et plus récemment par le parquage

de familles africaines sans logements, ne seront pas convaincus

de se «calmer » en voyant des peoples milliardaires incarner de pauvres

Arabes qui ont accepté de donner leur vie pour un pays qui les exploitaient

comme des animaux ! Un nouvel automne de révolte serait le

bienvenu...

C’est bien sûr Jamel, coproducteur du film, qui s’est réservé le beau

rôle. «Beau», façon de parler, car c’est le personnage le plus répugnant

de l’histoire. Au moins, Roschdy Zem est amoureux d’une Française,

Samy Naceri protège son petit frère, et Sami Bouajila est un patriote

zélé en conflit avec la hiérarchie. Jamel, lui, incarne l’âne du bled, illettré

et content de l’être, un goumier quasi mongolien qui, plus il est

dominé, plus il lèche les bottes de son dominateur. Bref, celui qui s’humilie

avec une ambiguïté quasi homosexuelle aux pieds du chef, et qui

ne supporte pas, monsieur, que ses frères le traitent de femmelette !...

Rien de plus logique que l’acteur le mieux payé de France se soit réservé

le rôle qui lui va comme un gant : celui d’un collabo indécrottable

dans l’âme.

Sauf que dans la vraie vie, l’exploité sait se faire exploiteur. Désormais,

Jamel a le bras long: il joue à l’éleveur de poulains. Il coache, drive,

brieffe de jeunes disciples pas drôles, des « renois » et des «beurs » encore

et toujours, chargés de perpétuer l’esprit du «lutin à la main dans la

poche ». Le persifleur antisarkoziste forme à son image les « princes du

stand-up», c’est-à-dire une nouvelle génération d’esclaves bien couchés

devant les derniers amateurs ringards de l’humour Canal+.

Jamel s’offusque que l’État, par rétorsion au moment des premières

velléités d’indépendance en 1959, ait gelé injustement les pensions

des tirailleurs survivants, mais lui aussi sous-paye les petits soldats

de son Jamel Comedy Club ! Facile après pour ce faux bon samaritain

d’exhiber sous les projecteurs de malheureux vieillards rescapés

et de leur tirer les larmes. Oui ! Les anciens vont être augmentés

grâce au succès du film, mais tout le bénéf sera pour Jamel et ses

potes !... Chirac leur a proposé des clopinettes supplémentaires, mais

les anciens combattants auraient dû l’envoyer se faire foutre ! Pas d’aumône

tardive ! Trop tard ! Dignité avant tout !... Et si Jamel trouvait la solde

des vieux trop maigre, il n’avait qu’à la gonfler de son flouze à lui, il a

les moyens !

Quand Le Nouvel Observateur fait sa Une sur la gueule de fiotte épanouie

de Jamel Debbouze sur fond de drapeau tricolore, et qu’il lui fait

se poser la question : «Pourquoi j’aime la France », il faut savoir entendre

sa vraie réponse, la cachée, la non-dite : « J’aime la France parce qu’elle se

sent tellement coupable qu’elle a fait de moi une vedette, et c’est comme

ça que je peux la baiser et lui soutirer le plus de fric possible. »

L’hypocrisie est la seule politique des nouveaux indigènes : un sournois

comme Jamel en a fait sa seconde nature. Il joue sur tous les tableaux

: «beur» et français, racaille et gendre idéal, pitre et sérieux, citoyen

et «rebelle »...L’essentiel, c’est qu’on ne le considère plus comme un Arabe!

Quelle horreur ! Être «arabe», c’est trop dangereux, on vous associe trop

aux terroristes d’AlQaida...Regardez Zidane qui a explosé en vol tellement

il se sentait mal de se nier ainsi en permanence !

On m’oppose souvent que Zidane est kabyle, d’accord, mais s’il ne

tenait pas à ce qu’on l’associe au destin des Arabes, pourquoi n’a-t-il

jamais protesté quand on l’appelait «beur», et d’où vient qu’il n’est pas

choqué qu’on le considère comme un Algérien ? Si Yazid était aussi

« français » que l’affirment les sourcilleux, pourquoi alors ne chantait-til

jamais La Marseillaise en ouverture de ses matches ?

 

Aujourd’hui, les Kabyles sont berbères ; les Beurs sont français ; les

Libanais sont phéniciens... Personne n’est arabe, sauf les terroristes !

Quand les nouveaux Indigènes disent que « le Beur n’existe pas », c’est

pour signifier que c’est le Français seul qui doit exister. Depuis leur succès,

ils trouvent que « beur » c’est raciste, mais ils continuent à dire

« black » sans problème. Au fait, pas beaucoup de Noirs dans Indigènes...

C’est comme si les tirailleurs sénégalais n’avaient jamais existé. À entendre

les «nouveaux Indigènes», ils sont comme leurs ancêtres : des Français

d’Afrique du Nord comme les autres serviteurs de la patrie. Ce relent

d’Algérie Française années 50, au sein même de la «communauté»beure

d’aujourd’hui, pue. On pensait que les plus ardents défenseurs du «rôle

positif de la colonisation » se recrutaient parmi les anciens gauchistes

reconvertis dans l’américanisme par peur de l’Arabe... Ce sont désormais

les Francais d’origine arabe qui font en permanence l’apologie de la

France coloniale parce qu’au moins, à l’époque, elle les considérait comme

français tout en les méprisant comme arabes !

«L’amour de la France », il ne pisse pas très loin chez les néo-indigènes.

La France qu’ils aiment, c’est celle de Nike et d’Adidas, celle des

4X4 et des I- Pod, de la PlayStation et des écrans Plasma... Ce que les

Indigènes défendent dans la France, c’est ce qu’il y a de pire : le «patrouillotisme

» comme disait Rimbaud, le drapeau, les clairons, les casques, les

vareuses... Déroulède 2006... Aucun des quatre acteurs n’a fait son service

militaire bien sûr. Il y en a même un qui a été objecteur de conscience !

Et ils donnent tous des leçons de défense extasiée de la nation, ils ne tarissent

pas d’éloges lyriques pour l’armée française qui repoussa si vaillamment

les barbares... Ils veulent faire partie de l’Histoire de France, rien

que ça ! Ah ! Les prétentiards ! Tout ça parce qu’ils sont nés à Grenoble ou

à Gennevilliers !

Tous ces «Beurs» médiatiques ne sont qu’une bande de clowns cocaïnés

qui ne font que ralentir la juste révolte des vrais Musulmans qui souffrent

aujourd’hui dans ce pays. La plupart des Arabes nés en France sont

des paumés dans leur identité, tordus dans tous les sens par vingt ans

d’intégration à la SOS Racisme, et élevés dans le mépris occidental et

l’ignorance de l’Orient véritable. Beaucoup d’Arabes français profitent

du racisme réel dont ils sont souvent victimes pour cacher leur incompétence,

leur lâcheté, leur manque de goût, leur inculture crasse, et leur

fainéantise intellectuelle.

À cause de leurs complexes mal soignés par la décolonisation, je serais

prêt à trouver quelques excuses aux jeunes Maghrébins, et même à la

rigueur aux enfants de harkis que la France a laissés pourrir dans de véritables

camps de concentration... Seulement, ils ramènent sans arrêt leurs

gueules en rivalisant de démagogie avec les pires beaufs antiracistes ! Ils

ne veulent plus du mot «intégration » mais du mot «banalisation » ! Tous

ex- « ratons » banals en effet, et banalement aux ordres du pouvoir des

néo-colons «sympas» qui leur donnent les moyens médiatiques d’exprimer

leur fair-play en échange d’une belle paire de baskets immaculées.

Les voilà, les nouveaux maîtres de la rebelle attitude conformiste et

institutionnalisée. On les voit arriver de loin, chaussés de Nike à virgules

et d’Adidas à trois bandes ! C’est les Pieds-Blancs qui ont remplacé

les Pieds Noirs... Regardez leurs chaussures de sport éblouissantes: avec

ça, ils se sentent forts et riches ! Pieds-Blancs qui colonisent en choeur

les Français coupables et les Arabes résistants. Ces traîtres revalorisent la

servitude du colonisé en échange d’un peu de reconnaissance sociale

dans leur pays d’adoption, car ils ont beau faire, il ne sera jamais le leur,

c’est mal connaître les Français «de souche », de droite comme de gauche !

Le néocolonialisme des ex-colonisés est pratiqué à longueur de films,

de disques, d’émissions de télé, de one man shows... Ils sont tellement stupides

et avides qu’ils ne s’aperçoivent pas qu’ils se font mépriser autant,

sinon plus que leurs parents !

Ah ! Il faut la voir, la nébuleuse des Pieds-Blancs, très bien foutue commercialement

parlant, avec son rap à la con, son slam débile, son hip-hop

faiblard, ses spectacles ineptes, tout un turbin démago et pernicieux,

toute une entreprise de désarabisation organisée ! Racailles respectées,

les Beurs banalisés, « nikisés » jusqu’au trognon, ont pris la place des soixante-

huitards dans la fonction de diriger les consciences. Ce sont eux, les

ennemis aujourd’hui. Comme le rock opprima les foules pendant cinquante

ans, le rap prend le relais ! Avec ses prétentions politiques et poétiques,

le rap, cette plaie ouverte — une de plus faite au monde noir —

occupe désormais tout l’espace... Filiation évidente ! Issu comme le rock

du saint jazz, le rap n’a rien apporté en vingt ans, quoi que vous en disent

les télérameux et autres inrockuptables, ni en musique ni en textes : toujours

la même lancinante revendication sociale, la rage calibrée du souspoète

à la mords-moi le 9-3 : de l’indigence pour indigènes ! De Doc

Gynéco suçant Sarko à Abdel Malik suçant Bruel, tous sont des « indignés

» pathétiques, réciteurs bas de plafond et fumeurs d’herbe au ras des

pâquerettes...

Triste constat pour les âmes fières : après le 11 septembre, la guerre en

Irak, et au sortir de celle du Liban, une seule sorte d’Arabes a pris le pouvoir

culturel en France : les Pieds-Blancs !

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