لماذا يعشق المثقفون
هذه "الديمقراطية " ؟
د. أحمد الخميسي
ترددت كثيرا في أن أكتب في موضوع د. البرادعي وترشيح البعض له رئيسا، بل إني تجنبت هذه الكتابة عن عمد منذ أن طرحت القضية التي ما زالت على رأس أولويات حركة النخبة السياسية لأتفادي المنطق السخيف الذي يقول بأنك إن لم تكن مع البرادعي فأنت مع الحكومة.
من حق البرادعي بالطبع مثل أي مواطن مصري أن يرشح نفسه لأي منصب، لكن السؤال يتعلق بمدى صلاحيته وبوجود برنامج محدد سياسي واقتصادي لديه خارج إطار العبارات العامة التي أطلقها البرادعي عن نزاهة الانتخابات وتعديل الدستور والحكم الرشيد.
تاريخ البرادعي هو تاريخ شخصية دبلوماسية شغلت منصبا رفيعا، وخلال ذلك صرح مرة واحدة بأنه ليس في برنامج إيران النووي ما يستحق التدخل، وردت كونداليزا رايس في حينه بأن البرادعي مجرد موظف في هيئة عامة وليس له أن يتدخل في السياسة وأن عليه أن يعرف حدوده. وأدهش البرادعي الجميع حين لم يعقب ولم يقدم استقالته، وهو موقفه ذاته عند غزو العراق بينما توفرت لديه معلومات بحكم منصبه بأن العراق لا يمتلك أسلحة دمار.
وحين تصب كل أقوال البرادعي في اتجاه تعديل الدستور، ونزاهة الانتخابات، فإنه يصب جهده في الاتجاه ذاته الذي تقنعنا به أمريكا من أن أساس مشاكلنا كلها ومصدر فرحتنا كلها هي " الديمقراطية " الشكلية، وليس غياب العدل الاجتماعي والفقر والأمية ووقف التنمية الصناعية والزراعية، والأخذ بالخصصة عمال على بطال. والمكتسبات الديمقراطية بالغة الأهمية لكن في إطار السعي للتنمية والخلاص من هيمنة صندوقي النقد والبنك الدولي، وإلا صارت " ديمقراطية " كتلك التي في العراق، أي تحت وطأة الدبابات صاحبة الصوت الأعلى في أي انتخابات. والعجيب ألا تجد حركة النخبة السياسية بين صفوفها شخصية واحدة تتفق عليها فرقها وأحزابها بعد ربع القرن من الصحف والمقرات والعمل العلني.
والعجيب ألا تجد النخبة " المعارضة " برنامجا لخلاص مصر من مشكلاتها إلا برنامج الثورة البرتقالية التى تغطي السماء بالألوان وتترك الواقع دون تغيير. المؤسف أيضا أن تقارن النخبة بين السيء والأسوأ، كمن يقارن بين الموت بالرصاص أو بحبل ناعم، ثم يلح في إقناعك بفائدة " الحبل "!
يعد البرادعي في معظم التصورات بشأنه بالديمقراطية ويضيف إن ما يسعى إليه هو دولة تقوم على "الحداثة والاعتدال والحكم الرشيد". أما برنامجه الاقتصادي والسياسي فهو البرنامج ذاته الذي افتقر في ظله تسعة وعشرون مليون مواطن مصري يعيشون تحت خط الفقر. قل لهولاء إننا سنرشح شخصية تأتيكم بالحداثة! وتشير الأرقام الحكومية الرسمية إلي أن هناك نحو 14 مليوناً من الشباب والفتيات أدركتهم العنوسة لاستحالة توفير مسكن، وأن نسبة حالات الطلاق بلغت أربعين بالمئة معظمها تحت ضغط المعاناة الاقتصادية، وأن نحو عشرين مليون فلاح يزرعون ثمانية مليون فدان يعانون من الجوع والاهمال. قل لكل أولئك إننا نحتشد لنأتي لكم " بالحداثة " وليس ببرنامج تنمية اقتصادية وعدالة اجتماعية، واسمع ماالذي سيقولونه لك. المعطيات كثيرة وكلها تشير إلي ضرورة العثور على مخرج لكن ليس بالثورة البرتقالية. هل هي مصادفة أن يكتب ديفيد شنيكر بمجلة فوربس الأمريكية عن البرادعي بصفته " أمل على ضفاف النيل " ؟. وأن يصرح مسئول بالخارجية الأمريكية بأن واشنطن ترغب في "ظهور عملية سياسية تنافسية في مصر" ؟.
نحن أيضا مع العملية التنافسية لكن ليس فقط من أجل مجرد " تنافسية " تكرس الأوضاع نفسها. لكن نخبة المثقفين تقيم المهرجانات لأنها تعشق هذه " الديمقراطية " التي يمكنك في ظلها أن تفتح فمك لتقول ما تشاء دون أن تجد طعاما تحشو به فمك أو مسكنا او علاجا أو تعليما. ي
عشق المثقفون هذه " الديمقراطية " لأن معظم صناعتهم " الكلام " والكلام يحتاج إلي صحف وأجور ومقالات وقنوات مرئية وسجالات، فمن كل ذلك تتشكل مصادر دخل خاصة مع دعم المؤسسات الأمريكية المالي لما يسمى المنظمات الخاصة. وهذه " الديمقراطية " هي خبز عدد كبير من المثقفين. أما غالبية الشعب المصري فإنها لا تستطيع أن تصبح كتابا وصحفيين ومؤسسي جماعات نوعية، ولهذا فإن تلك الغالبية تبحث عن حل آخر – خارج أطراف المعادلة - لمشكلاتها الكبيرة الحقيقية المؤلمة.
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أحمد الخميسي. كاتب مصري
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| Loin du peuple, près du Palais |
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Les intellectuels arabes, l’Islam, les dictatures et l’Occident |
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AUTEUR: Khalid AL-SHAMI خالد الشامي Traduit par Tafsut Aït Baamrane |
L’expression « les intellectuels arabes » n’est peut-être pas appropriée car elle désigne une réalité qui manque de cohérence et d’homogénéité. Cela en raison de plusieurs facteurs, cognitifs, sociaux et institutionnels, dans un monde arabe où coexistent plusieurs visions du monde, plusieurs cultures et plusieurs systèmes politiques. Quand le journal Al Quds Al Arabi, dans une interview au poète défunt Mahmoud Darwich, lui demanda de définir « les intellectuels arabes, sa réponse fut : « Il est plus facile de connaître le sexe des anges ». La confusion dans leur définition tient au rôle que l’on attend des intellectuels arabes, surtout dans cette période de transition historique de leur Oumma. L’expression « la crise des intellectuels » est apparue pour la première fois dans les médias arabes à la fin des années 1950. Un vaste débat s’était alors enclenché chez les intellectuels sur le caractère spécifique de leur rôle, alors que le débat au sein du socialisme arabe montant se concentrait sur le rôle des travailleurs et des paysans, comme base du progrès souhaité dans cette phase de transition.
Un demi-siècle plus tard, alors que nous sommes toujours dans une période de transition, le débat perdure, et le seul élément qui pose question, ce sont les
intellectuels eux-mêmes. S’il est difficile de trouver une définition de leur identité et de leur rôle, on peut juste détecter les signes de leur absence dans les processus de transition démocratique du monde arabe.
Ah oua nous
Les intellectuels arabes d’aujourd’hui ne ressemblent pas à Mustapha Al Manfaluti, dont
le Rapport des Nations Unies sur le développement humain dans le monde arabe porte en exergue cette citation : « L’homme qui tend sa main en demandant sa liberté n’est pas un
mendiant. Mais il cherche à reconquérir un droit qui lui a été dérobé par la convoitise humaine. Quand il l’a reconquis, il reste dans l’ombre, sans rien avoir à demander ni rien devoir à
quiconque. » Cette réalité entraîne la destruction des valeurs du savoir qui est la base essentielle du développement dans toutes ses formes. À l’exception de quelques voix éparpillées ça et là, les intellectuels arabes ne jouent pas le rôle qui devrait être le leur, d’orienter leur peuple en brandissant les valeurs de la liberté et de la justice. D’où leur échec à accomplir leur mission spécifique, qui serait de mobiliser pour des actes collectifs soutenus par la base populaire, en vue de faire aboutir les changements dans le système étatique. L’évolution démocratique ne peut pas avoir lieu sans cette mission. Mais les intellectuels font partie du problème et non de la solution de l’évolution démocratique, c’est la réalité du monde arabe d’aujourd’hui.
Voici quelques aspects de cette problématique : - La longue durée des régimes dictatoriaux dans le monde arabe a créé une situation décrite par le rapport comme un état de « soumission populaire ». Et un grand nombre d’ « intellectuels arabes » ont été atteints par cette maladie. Ils ont préféré opter pour cet héritage plutôt que de défier la réalité telle qu’elle est. - Les intellectuels arabes sont atomisés et fragmentés, par la peur, la cupidité, les ambitions personnelles et l’égotisme, en plus des divergences idéologiques et politiques. Ces conflits se voient très bien dans leurs relations entre eux, avec les régimes et avec l’Occident. - Il ne faut pas sous-estimer l’importance du rôle de la répression pratiquée au quotidien par les régimes dictatoriaux contre les intellectuels indépendants, qu’ils considèrent comme une des principales menaces à leur pouvoir. Elle joue un rôle clé dans l’obstruction mise au développement humain dans cette partie du monde. Même les régimes de « « dictatures éclairées » dans le monde arabe ne reculent pas devant le recours aux méthodes brutales des régimes les plus policiers pour étouffer les voix libres, sans plus prendre de gants. Les dernières affaires en date - celle du blogueur égyptien Cheb Mohammed Adel, emprisonné depuis plusieurs semaines [20 novembre 2008, NdT] pour avoir écrit ce qu’il pensait sur son blog, ou l’écrivain syrien Michel Kilo, condamné pour avoir signé l’Appel de Beyrouth [ sur les relations syro-libanaises, en 2004, NdT] - ne sont que des rappels permanents de cette réalité. Mais en même temps les « intellectuels du sultan » (la voix de son maître) perdent leur aura et leur capacité à communiquer avec les jeunes générations du monde arabe, ce qui les enfonce encore plus dans leur galère. D’où l’échec des journaux gouvernementaux égyptiens, des institutions bénéficiant de gros budgets, qui ont des pertes annuelles d’un milliard de guinées [= 130 millions €]. La campagne des blogs contre la torture est un indice de ce que la réalité commence à changer dans le monde arabe.
- Les intellectuels indépendants ont échoué malgré la noblesse de leurs intentions à établir des canaux de communication ne serait-ce qu’avec les citoyens arabes de niveau scolaire moyen, à plus forte raison avec la masse illettrée, pour qu’ils fassent le lien dans leur esprit entre les problèmes de l’évolution démocratique et ceux du quotidien qui assaillent l’écrasante majorité de la population. Ainsi, pour prendre un exemple, le mouvement Kefaya(« Assez ! ») en Égypte a été obligé de modifier son discours afin d’aborder les problèmes de la hausse des prix, alors qu’au départ il se limitait à s’opposer à la prolongation du mandat présidentiel et à demander des élections libres ou à revendiquer des choses qui n’étaient pas prioritaires pour la majorité des citoyens, ce qui l’a cantonné dans un ghetto élitiste, privé du soutien décisif de la base populaire. - Les uns ont accepté un rapport avec l’État analogue à celui du serviteur avec son maître, et les autres, en mettant la barre haute à leurs critiques, sont devenus des ennemis de l’État talonnés par la peur, qui les fait courir plus vite que les trottoirs. Ce qui les a empêchés d’ouvrir un dialogue, tant avec le sommet qu’avec la base. Au lieu de cela, les régimes dictatoriaux persistent à éviter tout débat objectif par peur de créer une réalité culturelle nouvelle, qui imposerait à l’État de respecter les intellectuels et pousserait en direction d’un changement démocratique.
Les intellectuels et l’Occident
La relation des intellectuels avec l’Occident est un déterminant majeur dans la feuille Tout en montrant un désintérêt total pour la défense des intellectuels indépendants et des opposants, l’Occident s’empresse de protéger tout intellectuel qui sème le doute sur la religion musulmane et ses symboles. Une question reste ouverte : est-ce que les USA de l’ère Obama confirmeront, dans les faits et non en paroles, leurs engagements en faveur du changement démocratique en arrêtant de soutenir les régimes totalitaires, s’ils veulent vraiment un développement dans un Moyen-Orient sécurisé et stable, en comprenant que l’Islam modéré est une composante culturelle et sociale authentique dans cette partie du monde qui ne peut être ignorée dans l’accomplissement d’un vrai changement démocratique. Ce qui rend nécessaire d’établir des rapports avec les mouvements islamiques modérés qui s’opposent à la violence, qui sont une force légitime pouvant être un soutien pour le changement démocratique et la stabilité à long terme.
Pays et citoyen De droite à gauche et de haut en bas
1 - Pièce de théâtre Le printemps de la culture
Éducatif Progrès dans la pensée Le personnage -> Les services compétents 2 – Haine Querelles doctrinaires Confessionnalisme Atteinte à la sûreté du pays Régression
Désunion Le personnage -> Les services compétents Les intellectuels et l’Islam politique
La monté de « l’Islam politique » a constitué un facteur important dans la représentation culturelle et politique dans le monde arabe durant les
trois siècles écoulés. Au-delà du consensus supposé sur les bases incontestables que constituent la liberté et la justice pour le discours des intellectuels, les divergences éclatent dès
qu’on aborde la question des alliances et des loyautés, pour le plus grand bénéfice des régimes en place.
Les savants du Sultan Un changement vers un système démocratique Il n’existe pas de définition complète ou de recette unique du changement démocratique. Cela ne serait ni logique ni souhaitable. Les mécanismes du changement doivent venir des racines culturelles et des coutumes et traditions spécifiques de chaque pays, pour refléter les attentes et les ambitions propres à chaque peuple. Il ya cependant des signes sur lesquels tous les chercheurs s’accordent, qui sont essentiels pour tout système démocratique : - l’État de droit, qui assure un minimum de droits et de devoirs aux citoyens dans un cadre légal et pose des garde-fous à l’action de l’État ; - l’État doit s’engager à exercer le moins de violence possible contre les citoyens, et ce, dans un cadre légal ; - un gouvernement du peuple, élu par le peuple, défini par une constitution, qui puisse être contrôlé et sanctionné par les citoyens en application de la loi ; - un appareil bureaucratique indépendant avec une décentralisation des pouvoirs afin que ceux-ci ne tombent pas aux mains d’un seul homme, d’un seul groupe ou d’un seul secteur. Certains intellectuels disent : « Commençons par des élections libres ». D’autres pensent que des réformes de l’enseignement, de la culture, de l’économie et du social suffiraient à susciter une évolution naturelle vers la démocratie, car celle-ci n’est qu’une des manières d’exercer le pouvoir et non la solution magique de tous les problèmes. Il est aussi difficile de savoir combien de temps prendrait une opération de changement démocratique. D’autres considèrent que la démocratie verrait le jour avec la fin de la dictature et que des élections libres permettraient une transition pacifique. Cette définition signifie que le changement démocratique a pris 40 ans en Italie et au Japon et qu’il ne sera jamais complet en Afrique du Sud. Le changement démocratique implique la construction d’institutions démocratiques et que la confiance en celles-ci s’installe, et cela demande beaucoup de temps. C’est une opération de longue durée, dont l’issue est incertaine.
En Europe de l’Est et en Amérique latine, il en a été autrement : la transition vers des régimes démocratiques et stables n’a pas pris beaucoup de
temps.
Source :المثقفون والاسلام والديكتاتورية والغرب Article original publié le 19/12/2008 Sur l’auteur Tafust Aït Baamrane est membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteur, la traductrice et la source. URL de cet article sur Tlaxcala : http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=6633&lg=fr |