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LA QUILLE ?

LA QUILLE ?
Par
Bilel


Si notre  existence en tant que tunisien , arabe  et musulman se résume  dans le seul fait d’être tombé là,dans cette incroyable situation délétère depuis  presque vingt ans nous diminue ,  on le  sait trop comment, dans une sorte de  non vie au beau milieu d’un monde proche de nous  par la géographie  et même la culture et l’histoire ,c’est que notre défaite  sera aussi en quelques sorte  la défaite  de toutes les valeurs qui ont permis au genre de survivre  à sa folie.L’occident  qui depuis longtemps et même avec  beaucoup d’imperfections et de crimes s’est accompli devait faire son examen de consciences et essayer de réduire  ses tensions sans avoir  à s’isoler  derrière la puissance des ses armes matérielles.Nous tunisiens démocrates  nous avons l’ambition d’exister dans un monde de fraternité et de solidarité , un monde existant par  notre propre histoire mais aussi par la qualité de ses hommes, nous n’aurions pas  d’autre issue que de tenter de la récupérer cette histoire  et surtout de la redéfinir   dans sa dimension culturelle  et même spirituelle  , la réformer par  l’effort et l’ijtihad , celle de nos actes et  de notre conscience collective à exclure  de nos espaces de vies toute forme  de sectarisme  ,de traditions dégradantes , et de coutumes figés  dans des temps paranoïaques ,  au mieux, en lui donnant un sens qui de lui-même exclut  toute forme dogmatique et tout fatalisme suicidaire. Seulement, et  dans ce cas, nous pourrions nous sentir vivants et  responsables de nos exigences à la liberté , à la citoyenneté et au bonheur collectif d’exister en tant que peuple tunisien déterminé .C’est seulement  en nous libérant de cette dictature  d’un autre âge  qui nous détruit en détruisant tous nos repères que nous  nous sentirons vraiment responsables de ce que nous sommes en vérité. Il est très facile d’argumenter en disant que ce que nous sommes, c’est ce que le monde a fait de nous. Nous avons été lourdement conditionnés par notre hérédité, par un passé difficile, nous avons été  élevé dans un contexte familial, dans une langue, dans une classe sociale, dans une religion, dans une idéologie politique sans  souvent nous poser la question  de l’auto-critique. Nous avons reçu nos principes moraux et notre culture d’une société, qui ne nous a pas demandé notre avis, mais qui nous a très tôt inculqué ses règles, beaucoup d’entre elles  ne signifient plus rien pour nos sociétés  et ne servent qu’à affirmer d’inutiles blocages, à alimenter les malentendus  et à démotiver les bonnes volontés. Nous avons été formés, préformés  et même déformés dans notre manière de penser.C’est trop facile  Comment dès lors pourrions -nous encore prétendre à une quelconque responsabilité à l’égard de ce qui existe , à l’égard de nos révoltes , de nos principes , de nos enfants et de ce qui reste  encore vivant même d’une façon artificielle de notre patrie.Le vrai combat que nous avons à mener  doit se limiter  à l’essentiel , c'est-à-dire  à débarrasser le tunisien de tous ses lieues communs  qui font de lui  un assisté  , et qui le consolent par l’emphase  , les codes et les limites d’un ordre qui s’apparente plus à un chaos intérieur , un désordre psychique et psychiatrique  qui sert  en toutes circonstances , beaucoup plus nos oppresseurs que nous même. 

   Ce type d’argumentation est une  démission de notre  liberté. Ce que nous sommes, ce n’est pas une simple chose disposée là, nous sommes, porte en lui une conscience de soi, et dans cette seule mesure, nous sommes, abrite aussi une potentialité libre, créatrice, qui porte la responsabilité de nos actes dans le monde. Ce monde que nous mettons si facilement hors de nous parce que la violence dictatoriale , ce monde de dérives  qui nous est imposé et  qui jouit  de notre respect aveugle pour l’autorité  et  les ordonnances des interdits, c’est notre monde et ce qu’il recèle n’est pas séparable de notre  action en lui , à partir de là nous devons être convaincu que nous sommes  plus prés , et que nous avons plus d’affinités  avec les forces  de progrès où qu’ils se trouvent  ,avec  leurs différences  et  leurs visions humanistes ,qu’avec nos  coutumes et nos traditions  qui sont en vérité  le meilleur terreau de nos abjections et des monstres qui nous ruinent.Ce monde des idées , de progrès et du droit nous a toujours appartenu  même dans notre décadence, autrement et à travers les âges, dans l’espace arabo-musulman  ou en Tunisie  n’auraient pas existés les millions  d’hommes libres et résistants à l’injustice et à l’arbitraire. Il n’est pas séparable de nous, ce monde qui nous environne plonge ses racines en nous, il n’existe pas tout seul et il est  en vérité une partie importante de notre mémoire mise sous scellées  par les tyrans. Aussi bien, nous ferions  mieux de dire que nous sommes responsable  de tout ce qui arrive dans notre Tunisie et  dans le monde et les autres aussi.

   

    Notre responsabilité en tant que démocrates qui refusons  depuis toujours ,et  jusqu’à sa fin j’espère ,le fait accompli de cette dictature ignoble qui nous purge depuis presque vingt ans de toutes nos valeurs et toutes nos énergies,et plonge notre patrie et nos compatriote  dans une désespérance  et une décadence sans nom,  surgit a l’intérieur de l’état de veille que nous nous sommes imposés par nos choix et  même nos pactes  militants pour la liberté et les droits de l’homme ,deux valeurs qui ne peuvent que nous réunir,et ce rationnellement  malgré nos singularités et nos différences, elles sont  la marque de la morale de notre combat  et l’acte d’accusation indélébile contre une dictature inhumaine .Mais nous contenter  de  parler de responsabilité dans le monde onirique est dramatique dans notre cas, nous ne pouvons en parler que dans le monde de la vie qui nous est ouvert , c'est-à-dire  au contact du peuple tunisien , dans sa réalité  , dans son quotidien  , combler ce vide  qui nous sépare de lui  en nous impliquant  au-delà du simple discours ,et cela suppose  un mouvement d’ensemble , un mouvement compact  ,pour efficacement et sur tous les terrains de lutte depuis si longtemps délaissés par les démocrates ,porter la contradiction  à une dictature  qui ne fait que remplir le vide par le vide , les rares fois où elle a eu à la subir notre intelligence et notre sens du devoir ,  elle a donné la preuve au monde entier de sa nature  archaïque et rétrograde , l’attaquer sur tous les fronts et  l’affaiblir  c’est  certainement  un travail titanesque mais qui   ne nous coûte rien dans notre état d’esclave , il suffit seulement  que la volonté de quelques justes , leurs sacrifices  s’expriment , et pour que ces hommes apparaissent à la lumière du jour  ,il faut surtout que les appareils politiques  brisent leur carcan  et choisissent  une stratégie unificatrice , un front  uni contre la dictature et surtout aux yeux des tunisiens  , sa visibilité sera la garantie pour notre peuple de sa nécessité , de sa vérité   et sera au yeux du monde entier le meilleur révélateur  de ce terrible mensonge et cette terrible horreur qu’est la dictature tunisienne. Dans un front uni de l’opposition tunisienne ,    l’étendue de notre mobilisation et de notre engagement  supposera un pragmatisme et une ouverture à toute épreuve , ainsi qu’une grande lucidité  qui ne laissera aucune place à la surenchère  et aux opérations de diversion  qui ne manqueront pas  comme d’habitude de voir le jour .Une position collective qui voit bien au-delà de la perception à courte vue d’un simple inventaire de constats  sans conséquence, pour anticiper des conséquences lointaines dans le temps et l’espace , et ne pas se limiter  aux « actions » ponctuelles  que nous impose la propagande de la dictature.

    Il est extrêmement facile de se déresponsabiliser  soi-même en rejetant la faute sur un l’autre , c’est même devenu une spécialité tunisienne , naturelle chez la dictature , terrible  de suffisance chez les démocrates tunisiens qui pensent et réfléchissent  leur pays , ceci dit et d’une façon générale , c’est  même une tendance très présente et même largement encouragée dans la postmodernité ; et c’est aussi la pente de la faiblesse et du défaitisme qui minent nos valeurs et nos jugement , nous sommes il ne faut pas l’oublier des démocrates et à partir de là  par rapport à la dictature  ,nous pratiquons dans une « vérité » qui ne supporte pas  les arrangements ni les forfaitures , la fin   ne doit jamais justifier les moyens utilisés  pour  nous libérer et libérer notre pays  , c’est pour cela  que les arguments  , la rigueur  du travail politique , le discours  doivent être transparents  , justes et porteurs  d’espoirs  .

 

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